Commentaire de Marché

L’Edito du Wolf : Bernanke l’illusionniste ou l’effet de (T)richesse

 Commentaire du Wolf : Bernanke l’illusionniste ou l’effet de (T)richesse  

QJ

  Le marché des bons du Trésor américain s’est considérablement affaibli depuis l’automne. Deux facteurs expliquent cette tendance : une embellie des statistiques économiques américaines (par exemple, une révision à la hausse des estimations de croissance du PIB au T3) et un accord fiscal scellé entre Zorrobama et les Républicains, qui pourrait accroître le déficit à hauteur de 857 milliards USD sur les dix années à venir. Le rebond du marché obligataire ces dernières années est-il pour autant terminé ?

PLUS DE PUT BERNANKE EN SUIVANT :

Il est trop tôt pour le dire. Les investisseurs qui vendent des obligations par crainte de l’inflation (provoquée par la croissance de la demande réelle ou par l’irresponsabilité budgétaire) doivent tenir compte de la persistance d’un chômage élevé et du désendettement continu des ménages. Ceux qui vendent par peur d’une offre excédentaire doivent garder à l’esprit que l’assouplissement quantitatif ne se limitera peut-être pas à deux vagues et que la Fed peut en théorie continuer à acheter des titres….

Compte tenu des ventes massives intervenues sur les marchés d’emprunts d’État, la classe d’actifs est devenue manifestement survendue par rapport aux actions qui apparaissent du même coup, AQ oblige, quant à elles en phase de sur achat manifeste si on prend comme le fait à juste titre David Rosenberg un P/E calculé selon la méthode de Shiller

« Stocks are overvalued at the present levels. For December, the Shiller P/E ratio says stocks are now trading at a whopping 22.7 times earnings! In normal economic periods, the Shiller P/E is between 14 and 16 times earnings. Coming out of the bursting of a credit bubble, the P/E ratio historically is 12. Coming out of a credit bubble of the magnitude we just had, the P/E should be at single digits. »

Source: Haver Analytics, Gluskin Sheff 

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(cliquez sur le graphique pour l’agrandir)

CL

Maintenant et compte tenu du PUT BERNANKE appliqué aux marchés financiers il apparaît que quelque soit la méthode appliquée pour le calcul des PER les marchés actions apparaissent au mieux à leur juste valeur et en moyenne largement surachetés….Les graphs qui suivent le prouve largement…
 

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Pour rappel et pour bien situer les choses la politique monétaire de Bernanke s’apparente à une version réactualisée typiquement néokeynésienne  d’une relance économique qui s’effectuerait par un surcroît de consommation de dettes de la part de ménages et autres zinzins, surconsommation   transmise par l’illusion du fameux effet de richesse reflet d’une pseudo santé des marchés actions et immobiliers gonflés à l’hélium des AQ(assouplissement quantitatifs)….La question à quelques trillions de dollars devient alors : que fera Bernanke le « chancelier » de la FED une fois les AQ vides ?

Les Etats-Unis devraient trancher en 2011 le sort de leurs géants du financement des prêts immobiliers Fannie Mae et Freddie Mac, qui survivent grâce au cadeau qui leur a été fait à Noël 2009 de leur prêter des fonds publics sans limite. 

C’est dans une relative discrétion que le gouvernement avait supprimé, un 24 décembre 2009, le plafond de 200 milliards de dollars aux sommes pour renflouer « Fannie » et « Freddie ».  Ce plafond n’a pas encore été atteint puisque pour le moment, le Trésor a injecté 152,8 milliards de dollars dans le capital des deux entreprises. Mais cela fait plus d’un an que l’exécutif dit rechercher pour elles un nouveau statut, le moins coûteux possible pour les contribuables. 

Mis sous tutelle publique en septembre 2008 pour éviter une faillite, les deux groupes sont des piliers de l’immobilier américain. Ils détiennent 3.900 milliards de dollars de titres adossés à des prêts immobiliers: l’Etat fédéral garantit donc à travers eux près de la moitié de ces prêts.En 2011, le débat doit être ouvert par un rapport de l’exécutif. 

La loi « Dodd-Frank » de réforme de la régulation financière, promulguée en juillet, prévoit d’ici au 31 janvier une « étude sur la façon de mettre un terme à la tutelle publique de Fannie Mae et Freddie Mac et de réformer le système de financement de l’immobilier ». Interrogé par l’AFP lundi sur l’avancement de ce rapport, le Trésor a affirmé qu’il serait livré à temps, mais s’est refusé à tout commentaire sur son contenu. 

« Nous avons entrepris de vastes consultations avec toutes les parties prenantes » et « nous nous sommes engagés à transmettre le rapport d’ici à la date décidée », a simplement rappelé un porte-parole du ministère, Matthew Anderson. 

A partir de mi-décembre, le Financial Times puis le Wall Street Journal ont fait état de fuites de sources proches du dossier selon lesquelles le gouvernement s’apprête à recommander de rendre Fannie et Freddie moins compétitifs, pour encourager le retour du privé. Il s’agirait d’abaisser le plafond du montant des prêts immobiliers qu’ils sont autorisés à reprendre, ou d’augmenter les commissions qu’ils demandent pour reprendre ces prêts. 

Diminuer progressivement l’emprise du secteur public sur le marché du prêt immobilier ne ferait cependant pas beaucoup avancer le débat. Les républicains, qui ont pris la majorité à la Chambre des représentants en novembre, ont une revendication beaucoup plus radicale: ils comptent tout simplement liquider deux groupes qu’ils considèrent parmi les principaux responsables de la crise financière. Dans un rapport publié le 23 décembre, le Bureau du budget du Congrès (CBO) les a prévenus que ce ne serait pas la panacée. 

« Une privatisation complète du marché hypothécaire secondaire poserait deux risques importants », écrivait cet organisme indépendant des partis: celui que sans intervention publique les crises financières dévastent l’immobilier, et celui de voir l’Etat tenté d’offrir encore une garantie implicite aux grands acteurs de ce marché. 

Le CBO examine d’autres solutions. Il imagine que l’Etat reprenne directement le rôle rempli aujourd’hui par Fannie Mae et Freddie Mac, ou qu’il invente un nouveau modèle hybride public-privé qui pousse moins au risque. Mais il se refuse à trancher entre ces possibilités, qui ont de graves inconvénients selon lui. Ce sera le travail des parlementaires, généralement peu pressés d’aller dire à leurs électeurs qu’ils vont se battre pour que l’Etat aide moins les candidats à un achat immobilier.

 Monètisation de la dette ou quand l’assouplissement quantitatif équivaut à repayer sa dette mais sans équivalent aucun en produits ou en vecteurs économiques. Ni dans le présent, ni dans le futur.

SAR

Il  devient très opportun de se pencher sur les conséquences de l’assouplissement quantitatif aux US et au Royaume Uni et de son inversion.

Historiquement, l’assouplissement quantitatif a toujours poussé les prix vers le haut.

 Le fait même pour une banque centrale d’acheter les Bons du Trésor de son pays (sa propre dette.. !!) devrait conduire à l’inflation puisque l’argent frais ainsi généré ne provient ni d’une augmentation des revenus fiscaux, ni d’emprunts sur le marché libre, mais d’un subterfuge. Voilà pourquoi l’assouplissement quantitatif équivaut à repayer sa dette sans équivalent en produits ou vecteurs économiques aucuns, ni dans le présent, ni dans le futur. A l’époque de Weimar, quand le politiquement correct ne gênait pas aux entournures, on faisait simplement tourner la planche à billets.

Pour l’heure, l’inflation, encore sous le joug des forces récessionnistes, n’est pas avérée. Néanmoins les graines sont plantées; elles finiront par germer. Dans l’intervalle, de 2010 à 2011, les besoins financiers outre-Atlantique atteindront 5 à 6 fois leurs moyennes historiques en dollars. Au risque de radoter, nous soutenons que cela fera monter les taux d’intérêt à long terme.

Si la mécanique de l’assouplissement quantitatif devait non seulement s’immobiliser mais encore s’inverser, les actifs au bilan de la Fed (notamment les Bons du Trésor ou des GSE-les fameux Fannie Mae et autre Freddie Mac ) ou de la BoE seront remplacés par des liquidités.

La vague inflationniste sera alors fonction du moment et de la rapidité avec laquelle les banques centrales réinjecteront ces fonds dans l’économie. La Fed sera bien forcée d’en libérer pour remplacer ceux drainés par les emprunts du Trésor, dont une bonne partie est destinée au paiement des intérêts, principalement aux créanciers étrangers. Distribuez trop peu et la récession revient au galop. Distribuez trop et c’est l’inflation qui décolle. Nous voyons un risque accentué de «péché par excès» par la deuxième offense, car c’est le seul moyen pour les gouvernements de ramener le ratio dette publique/PIB à des proportions raisonnables.

Il y a deux grandes écoles de pensée sur ce qui nous attend…

ainsi que deux autres écoles renégates.

Il y a ceux qui pensent que nous avons une reprise… bien que faible… qui se poursuivra et ramènera finalement l’économie à la vie. C’est la ligne adoptée par l’administration Zorrobama, le chancelier Bernanke et la majeure partie des économistes grand public au rang desquels les néokeynésiens font figure de porte parole….

Et puis il y a ceux qui pensent que la reprise ne se produira pas comme prévue… que les efforts de la Fed pour déclencher une reprise — ainsi qu’une demande vigoureuse de la part de l’Asie et des marchés émergents — mèneront à des niveaux élevés d’inflation, détruisant le dollar et les obligations. C’est ce que prévoit Marc Faber ou Peter Schiff . Il conseille d’éviter d’investir trop lourdement en liquidités, puisqu’elles pourraient être les premières victimes de l’inflation. Mieux vaut s’intéresser aux actions et à l’immobilier, dit-il. Votre Taulier ici présent est plutot à ranger dans le camp non retranché des inflationistes

Une troisième ligne de pensée est ce que Faber appelle « le déflationnisme dur » — représentée par Robert Prechter et Gary Shilling. Selon eux, le désendettement sera catastrophique — menant à la déflation pure et simple et portant le Dow sous les 1 000 points, par exemple.

Et puis il y a la ligne  que l’on peut l’appeler « déflationnisme doux » auquel s’apparente des économistes tels Albert Edwards ou Dylan Grice et qui puise ses sources dans les 3 précédents courants 

  1. il n’y a pas de reprise ; il n’y aura jamais de reprise ;
  2. la période de désendettement sera plus longue et plus dure que le pensent les gens… menant à des poussées de déflation et des doubles… voire triples… creux ;
  3. les autorités lutteront avec toutes les armes disponibles ;
  4. cependant, ils n’appuieront pas sur le « bouton nucléaire » — l’impression illimitée de devises — avant que le marché obligataire ne craque ;
  5. ce dernier ne craquera d’ailleurs pas tout de suite, parce que les autorités sont incompétentes ; elles n’arriveront pas à obtenir des taux d’inflation plus élevés — du moins pas de sitôt ;
  6. le dollar restera vigoureux. Les obligations vont grimper… pour l’instant ;
  7. le Dow chutera, mais pas sous les 1 000… et probablement pas sous les 5 000.

A méditer….

En juillet 2007, Chuck Prince,alors PDG de CITIGROUP, déclarait au Financial Times que « tant que la musique joue, vous devez vous lever et danser ». Alors prudence car au jeu des chaises musicales tout le monde ne sera  pas gagnant….

Je vous souhaite en tous les cas pour ma part et en toute sincérité de faire partie des élus en 2011…

EN BANDE SON :

 

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