Behaviorisme et Finance Comportementale

La Bourse, la vie : La bourse à feu et à sang

La Bourse, la vie :  La bourse à feu et à sang

 Le Bangladesh voulait son parquet boursier. Mais rien n’a préparé le pays et ses investisseurs à une hausse de 100% dans la dernière année, suivie d’une perte de valeur de 90 % en moins d’un mois.

PLUS DIRRATIONALITE ET DE CUPIDITE EN SUIVANT :

La plus récente chute de 10 %, dimanche, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : plus de 5000 investisseurs ont protesté devant le parquet de Dhaka, la capitale bangladaise, s’insurgeant contre la suspension de la négociation décrétée par le Dhaka Stock Exchange, incendiant des commerces et bloquant des rues dans le quadrilatère du parquet. La police a répliqué à coups de gaz lacrymogène et de canons à incendie, en plus de charger la foule et donner la bastonnade aux manifestants.

Qu’est-ce qui a pu mettre ces 5000 Bangalais en rage à ce point ? La Bourse locale, le Dhaka Stock Exchange, a fermé ses portes «sur ordre de la commission de régulation» après avoir dégringolé de 9,25% en moins d’une heure de cotation. Au final, hier, l’indice des vingt plus grosses capitalisations boursières bangladaises, le DSE 20 (composé essentiellement d’établissements bancaires et d’assurance, et de pharmaceutiques), a reculé de 8,6%, pour une capitalisation boursière de 2412 milliards de taka, soit 26,2 milliards d’euros. C’est la valorisation du seul titre Air Liquide au sein du CAC 40, et c’est presque quatre fois moins que celle de Total, la plus grosse capitalisation de l’indice parisien avec 95 milliards d’euros.

Il s’agit de la pire perte en une seule journée dans l’histoire de cette petite place financière d’Asie du Sud, extrêmement volatile depuis un mois, après avoir enregistré un plus haut historique le 5 décembre. Le principal indice, le DSE 20, avait alors atteint un record à 8918 points, soit une hausse de 90% en un an !

Selon de nombreux analystes, la chute a en partie été provoquée par la Bangladesh Bank qui a augmenté ses taux d’intérêt et les obligations de réserves de fonds propres pour les banques, dans le but de lutter contre l’inflation.

Les cours des actions ont doublé dans la denière année, incitant des centaines de milliers d’investisseurs à rejoindre la parade des rendements mirobolants : même les banques ont succombé à l’enthousiasme, investissant jusqu’à 90 % de leurs dépôts.

Le nombre de comptes sur marge a explosé -passant de 500 000 à 3 millions depuis 2006- et les les régulateurs permettent dorénavant que jusqu’à 50 % des investissements soient financés à partir de l’effet de levier.

Pas étonnant que de tels rendements aient pu inciter à la frénésie de la part des Bangladais, pas toujours expérimentés.

Pas étonnant aussi alors que la chute des cours provoquent des remous, alimentés toujours par l’inexpérience des uns et des autres

«Toute mon épargne est partie» 

Les investisseurs bengalis ont amnifesté contre la chute brutale de leur Bourse lundi. La police a réagi.

Le marché est « un bain de sang », a commenté auprès de l’AFP un investisseur, Arif Mohammad Khandker. « J’ai déjà perdu 3.000 dollars aujourd’hui, soit le tiers de mes investissements. J’ai vu le crash de 1996 mais c’est aujourd’hui bien pire ». 

En 1996, la Bourse avait perdu les trois quarts de sa valeur en quelques mois, affectant des milliers d’investisseurs particuliers. 

« J’ai perdu cinq millions de taka (70.000 dollars) sur mes 10 millions de taka investis (en Bourse). C’est insensé, toute mon épargne est partie », a confié à l’AFP un autre investisseur, Monirul Islam.

Bangladesh, un pays peuplé et une économie en croissance

Le Bangladesh, pays membre du Commonwealth depuis 1972, atteste d’une croissance annuelle moyenne de 5% à 6% par an depuis 1996, malgré l’instabilité politique dans le pays. Selon la Banque mondiale, «parmi les obstacles les plus importants à la croissance on trouve la mauvaise gouvernance et la faiblesse des institutions publiques ».

Le pays fait partie du cercle des «Next eleven» de Goldman Sachs, avec l’Egypte, l’Indonésie, l’Iran, le Mexique, le Nigéria, les Philippimnes, la Corée du Sud, la Turquie et le Vietnam, qui ont le potentiel de faire partie des meilleures croissances économiques du monde avec les BRICs (Brésil, Russie, Inde et Chine).

Le Bangladesh a connu une belle croissance en investissement direct à l’étranger. Exemple, plusieurs multinationales, dont Tata group et Unocal, y ont beaucoup investi, dans le secteur du gaz naturel en priorité.

Plus de la moitié de la richesse bangladaise est tirée du secteur des services -notamment le secteur bancaire (DhakaBank, IslamiBank, PrimeBak, RupaliBank, etc.). Mais près des deux-tiers de la population travaillent dans l’agriculture, avec le riz comme production la plus courante. Le thé et la moutarde sont également des produits phares du pays. Par ailleurs, l’industrie textile s’est fortement développée dans les années 1980. Elle emploie aujourd’hui plus de 3 millions de Bangladais, dont 90% de femmes.

Le Bangladesh a en outre largement profité du développement du microcrédit dans la région, insufflé par le devenu célèbre «banquier des pauvres» Muhammad Yunus, ce banglasais qui a reçu prix Nobel de la paix en 2006 après avoir créé la première institution de microcrédit, la Grameen Bank. 

EN COMPLEMENT : La pire crise boursière et financière serait provoquée par la nature et les humains

  Les plus grands dangers pour l’économie et la finance ne sont pas les récessions ou les bulles spéculatives, mais plutôt les catastrophes naturelles qu’elles soient inévitables ou provoquées.

Les bulles spéculatives qui explosent ont les caractéristiques de se manifester graduellement et par séquence, avec un creux provoqué par des mouvements de panique systémiques. Les investisseurs qui observent ces mouvements peuvent graduellement protéger leur capital en sortant des marchés au cas où un mouvement de panique perdure.

Je qualifie cette démarche comme une gestion directionnelle où l’on peut investir selon les tendances. Ces bulles sont provoquées par l’humain, à cause de sa prédisposition naturelle au risque et à la cupidité.

Lorsque les investisseurs réalisent que les prix baissent, ils sortent graduellement du marché.

Prenez l’exemple des périodes de mars 2000 jusqu’au début 2002 et de Juin 2007 à juin 2008 : Les pires secousses où la panique générale a explosé. Ce sont des masses importantes d’investisseurs dans le monde qui ont réagit.

L’investisseur qui suit ces tendances observe les points de retournement de situation et se prépare à rentrer de nouveau sur le marché. 

En examinant depuis 1926 toutes ces situations, il y a heureusement toujours eu de différentes vagues dans l’éclosion des bulles.

Le plus inquiétant, ce ne sont pas ces bulles provoquées par la spéculation mais les événements incontrôlables majeurs de source naturelle ou humaine.

Comment réagirait-t-on devant le tremblement de terre prévu en Californie et à la destruction potentielle de la ville de Los Angeles  (The big one), ou devant un super volcan à Yellowstone Valley ou face à la propagation l’extension d’un dangereux virus sans remèdes et transmissible entre les humains?

Les finances publiques sont déjà dans un état lamentable.

Quelles seront les réactions des marchés et de l’économie, dans telles situations qui sont généralement imprévisibles, incontrôlables et mondialisées?

Dans la vie d’un investisseur, il est fort probable que l’un de ces événements majeurs se produise.

Finalement, est-ce l’homme qui contrôle la nature, la société, l’économie et ses perturbations ou est-ce l’inverse ? Je crois, personnellement, que c’est fatalement interconnecté.

William André Nadeau Gestionnaire canadien de portefeuille janv11

EN BANDE SON :

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