Analyse Technique

Le Bubble detector ou comment détecter une bulle sur les Marchés Financiers

Le Bubble detector ou comment détecter une bulle sur les Marchés Financiers

 Dans la presse financière anglo-saxonne, la détection des bulles financières est souvent évoquée sous l’angle de l’étude statistique des données de marché (cours, volumes, record des actions, etc.).

Un premier grand groupe d’études (Présage d’Hindenburg, Syndrome Titanic…) se base sur des données comme le nombre d’actions qui ont battu leur plus haut ou le nombre d’actions qui montent ou qui baissent, et ce afin de déterminer le moment à partir duquel un marché haussier commence à s’essouffler dangereusement.

Ils comportent toutefois de nombreux inconvénients: ils peuvent souvent donner de faux signaux d’achat ou de vente et ils nécessitent un historique de données assez long. Or pour de nombreux marchés (et notamment en Europe), ce genre de données n’est pas encore disponible.

Le deuxième grand groupe de méthodes consiste à analyser les moyennes mobiles d’un indice, en prenant une moyenne mobile à court terme (typiquement 50 jours) et une moyenne à long terme (200 jours). En phase de hausse, la moyenne courte se situera au dessus de la moyenne longue. Quand le marché se retourne, la moyenne courte croisera à la baisse la moyenne longue, ce qui donne un signal de vente.

Le problème est qu’il faut parfois pas mal de temps avant que la moyenne courte passe sous la moyenne longue, ce qui peut faire perdre de nombreux jours dans les phases de correction. La solution est de prendre une moyenne courte moins étendue (par exemple une moyenne des cours sur 20 jours), mais dans ce cas-là, le risque de faux signaux est beaucoup plus élevé. Enfin, ce type d’indicateurs marche nettement moins bien dans les marchés indécis et volatils.

Une bulle se forme sur les marchés depuis janvier

Bref,  » la plupart des méthodes traditionnellement utilisées ne nous paraissaient pas satisfaisantes, résume Adil Reghai (Head of Equity & Quant Research, Natixis). Depuis un an, nous avons développé un nouvel indicateur, le Bubble Detector. Nous l’avons testé empiriquement sur les données du passé, notamment sur les deux grandes crises financières de ces dernières années « .

Ce « détecteur de bulles » additionne les cours de l’ensemble des constituants d’un indice, divisé par le nombre de constituants, et compare le niveau moyen à son évolution passée sur une longue période. Au plus celui-ci se situe dans le haut de la fourchette, au plus le marché entre dans une phase de hausse.  » Le Bubble Detector donne des signaux particulièrement forts sur le moment où le marché se retourne, en particulier en sortie de crise. La réactivité de l’indicateur peut également être accrue en augmentant le poids des dernières données « , souligne Nicolas Huth (Analyste Quant, Natixis).

Sur l’univers du S&P500, le rendement annuel moyen de ces stratégies aurait ainsi pu être supérieur à 30% avec un risque relativement limité. Le Bubble Detector identifie également les apports de chaque secteur à un mouvement de hausse ou de baisse, ce qui permet de ressortir les secteurs chers ou attrayants.

Depuis le début janvier, le Bubble Detector indique que les marchés européens sont entrés dans une nouvelle phase de formation de bulle. L’expérience du passé indique toutefois que ce genre de tendance haussière peut durer plus de 2 ans avant qu’un signal de vente ne soit émis.  » L’analyse quantitative et l’analyse fondamentale ne sont pas à mettre en concurrence, mais doivent se compléter « , conclut Geoffrey Babiarz (Equity Derivative Flow Analyst chez Natixis).

source l’Echo Mars11

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