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Les Graphiques du Jour : La flambée du pétrole pourrait coûter cher à l’OCDE

Les Graphiques du Jour : La flambée du pétrole pourrait coûter cher à l’OCDE

 

La flambée du prix du pétrole pourrait coûter un demi-point de croissance d’ici à 2012 aux pays riches membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques, estiment les analystes de l’OCDE dans une étude intitulée The Effects of Oil Price Hikes on Economic Activity and Inflation, publiée mardi.

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«La récente augmentation du prix du pétrole pourrait avoir un impact modeste sur l’activité à court terme, écrit l’OCDE dans cette note. Si la hausse de 25 dollars du prix du pétrole enregistrée depuis la révolte tunisienne devait être durable, l’activité pourrait être réduite d’environ 0,5 point de pourcentage dans la zone OCDE d’ici à 2012 et l’inflation pourrait grimper de 0,75 point de pourcentage.»

Dans ses dernières prévisions publiées en novembre, le club des pays les plus riches de la planète tablait, dans sa zone, sur une croissance de 2,3 % cette année et 2,8 % en 2012. Selon l’OCDE, «aux faibles niveaux actuels d’inflation et de prévisions (d’inflation), la politique monétaire pourrait ne pas devoir réagir aux récentes envolées du prix du pétrole».

Des tensions sur les prix aux répercussions encore contenues

 

En six mois, le baril de pétrole brut est passé de 75 dollars à près de 115, une hausse comparable à celle observée en 2007 avant le pic de 2008 – Les cours élevés du pétrole inquiètent aujourd’hui certains investisseurs sur leurs incidences mais les niveaux actuels restent supportables pour l’économie mondiale

La fin de l’année 2009 et le début de l’année 2010 avaient presque fait oublier les tensions extrêmes sur les prix du baril de pétrole à partir de la seconde partie de 2007 jusqu’à ses plus hauts de l’été 2008. Mais aujourd’hui, les inquiétudes sont revenues dans le sillage des événements géopolitiques du Moyen-Orient, et plus particulièrement en Lybie. Ce pays ne se situe qu’au treizième rang sur le plan des réserves mondiales (avec 27 milliards de barils de réserves courantes, contre 223 milliards de barils pour l’Arabie Saoudite, en première position en termes de réserves) et ne compte, avec ses exportations de 1,4 million de barils par jour (mb/j), que pour 1,7 % de l’offre quotidienne mondiale. Cependant, les tensions sur les prix, déjà présentes à la fin de l’année dernière, se sont très fortement accentuées ces dernières semaines, même si la récente catastrophe au Japon peut faire baisser la demande.

Oil since 1861

Ces événements se conjuguent au fait que le marché du Brent se contracte de manière structurelle. « La production de brut en Mer du Nord est en effet passée de plus de 6 mb/j il y a une dizaine d’années à un peu plus de 3 mb/j aujourd’hui, et la tendance reste orientée à la baisse. Dans ce cadre, les arrêts de production en Libye, un producteur pourtant assez mineur (4,5 % de la production Opep), ont un impact disproportionné », constate dans une note de la fin du mois de février Hervé Liévore, stratégiste chez Axa IM.

Here's a look at non-OPEC production changes

 

Un lien chiffré entre le prix du baril et la croissance.

Mais quels sont les incidences de ces tensions sur l’économie ? La corrélation entre les prix du pétrole et la croissance économique est aujourd’hui bien analysée par les professionnels. Ainsi, François Chevallier, stratégiste à la Banque Léonardo, estime qu’« une hausse de 20 dollars par baril augmenterait la facture pétrolière des Etats-Unis de 80 milliards de dollars annuels, soit 0,54 % du PIB ». Or, le cours moyen du pétrole pour 2010 s’est établi à environ 80 dollars par baril, mais pour l’année en cours, cette moyenne pourrait être sensiblement plus élevée. Bank of America Merill Lynch vient, par exemple, de revoir à la hausse ses prévisions avec une moyenne attendue à plus de 100 dollars pour 2011, contre des anticipations précédentes à 87 dollars.

Avec les cours actuels, l’impact sur la croissance américaine serait de l’ordre de 0,7 à 0,8 % du PIB, des données confirmées par l’Institut français du pétrole, pour une croissance attendue de la zone de 3,2 %, selon le consensus de Bloomberg. « Compte tenu du poids de l’énergie dans l’inflation globale, voire de la part de l’essence dans les dépenses du consommateur (en particulier aux Etats-Unis), on pourrait s’attendre à une poussée un peu générale de l’inflation ou à l’émergence des premiers effets récessifs si le prix du baril reste aussi haut », explique Franck Nicolas, directeur de l’allocation globale et ALM chez Natixis AM dans son analyse sur le secteur des matières premières.

Pétrole et marchés d’actions.

 

Si les anticipations d’inflation modérée ne grèvent traditionnellement pas les marchés d’actions, il n’en va pas de même pour les effets récessifs que pourrait avoir cette flambée du brut. Par conséquent, certains professionnels expliquent le tassement des indices d’actions notamment par la hausse de cette matière première et ses implications possibles sur la croissance mondiale, même si les signaux restent positifs du côté des résultats et des indices de confiance des entreprises.

Oil's burden of GDP is nearing old highs

Sur le long terme, il est maintenant clair que le pétrole est voué à voir ses cours moyens augmenter, ne serait-ce que pour des raisons propres à l’amenuisement progressif des réserves. Ainsi, Robin Batchelor, gérant du fonds BGF World Energy chez BlackRock, estime qu’un nouveau cycle de hausse de l’or noir s’amorce. « L’offre peine à progresser à un rythme suffisamment rapide pour compenser la baisse relativement sévère des taux de production et satisfaire une croissance soutenue de la demande dans de nombreuses parties du monde », constate le gérant.

To keep up with demand, a lot is resting on future oil fields.
The peak of discovery was in the 1960s
source agefi+agences mars11
Since the start of QE I (up until very recently), oil and stocks have been very closely correlated

 

The long term trend of stocks priced in oil is brutal
You can see easily how the Mideast crisis blew out the spread between WTI and Brent Crude

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