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Crise 2.0: L’énergie plafonnera la croissance selon Steen Jacobsen/Saxo Bank

Crise 2.0: L’énergie plafonnera la croissance selon Steen Jacobsen/Saxo Bank 

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  C’est sur la notion de Crise 2.0 que Steen Jacobsen, économiste en chef de Saxo Bank depuis mars, cristallise ses vues des marchés. Il se refuse toutefois à être considéré comme fondamentalement baissier ou pessimiste. Pour preuve, voir l’indice boursier américain S&P culminer à 1385/1400 points laisse encore un petit potentiel. Même si l’économiste n’exclut pas non plus qu’une correction rapproche celui-ci des 1000 points. C’est que la croissance mondiale est en passe d’atteindre son pic et qu’il en va de même pour les marges bénéficiaires des entreprises: «Les coûts de production dans le monde sont soumis à une pression à la hausse et les salaires peuvent difficilement être contenus» explique-t-il. Mais surtout, la croissance est davantage menacée par les prix de l’énergie que par des hausses de taux d’intérêt. La banque centrée sur le négoce en ligne de devises, actions et dérivés est donc modérément optimiste sur les actions en général.

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Sans qu’il soit question de miser sur les obligations à long terme. Car même si la croissance devait se poursuivre, les obligations sous-performeraient, compte tenu des mesures qui seraient prises par les banques centrales. «Si nous avons raison en revanche et que nous nous dirigeons vers une crise 2.0, les investisseurs vont s’écarter des emprunts publics – ce que nous avons déjà vu pour les pays périphériques de la zone euro – mais aussi des obligations en général comme classe d’actifs. Pour acheter des actions». Une notion de Crise 2.0 qui, après la crise financière 1.0, se trouve donc marquée par les stigmates de dette publique. En écho aux mouvements d’assouplissement monétaire quantitatif – plus particulièrement QE 2 mis en place par la FED et dont elle est en passe de sortir. Pas vraiment d’ailleurs selon Steen Jakobsen, car la FED dispose encore de suffisamment de moyens susceptibles d’être réinvestis dans l’économie. Saxo Bank estime néanmoins que l’économie américaine va continuer de surperformer les autres grandes économies développées en 2011, compte tenu de la capacité du consommateur à y contribuer par ses dépenses. L’économiste juge pourtant une troisième série de mesures d’assouplissement quantitatif QE3 quasiment inévitable. D’autant que les négociations visant à comprimer le déficit budgétaire ne sont pas près d’aboutir à des résultats efficaces, compte tenu de la proximité des élections présidentielles aux Etats-Unis en 2012. Des mesures QE 3 qui auront d’ailleurs le même effet porteur que QE 2 sur les cours de l’énergie, les actions et les attentes d’inflation.

Les vues modérément optimistes de Saxo Bank sur les actions impliquent de ne pas être totalement investis dans les actifs risqués, et donc dans les actions, susceptibles de subir une correction. A court terme, il pourrait même être prudent d’étendre l’exposition aux obligations, en particulier dans des titres de débiteurs publics des pays «forts» de l’Europe ou des emprunts d’Etat de la Norvège, du Canada et de Singapour. Voire dans des actions d’entreprises suisses secrétant des dividendes élevés et des flux de liquidités prévisibles, des valeurs pharmaceutiques par exemple. A condition d’investir dans un panier pour atténuer la volatilité.  Sans négliger surtout de se repositionner résolument sur les actions à long terme. En termes de classes d’actifs, Steen Jacobsen se montre positif sur les secteurs agricoles, les matières premières et le secteur minier.

 L’économiste de Saxo Bank se singularise en outre en se montrant résolument positif à long terme sur le Japon, en termes relatifs.A la faveur du mouvement de rapatriement de fonds attendu pour mener à bien la reconstruction d’un pays qui a été, depuis une vingtaine d’années, le plus grand exportateur net de capitaux. Même si les pénuries d’électricité, au premier semestre, et les problèmes logistiques, auront un impact négatif sur la croissance de l’économie nipponne cette année. Des vues positives sur les actions nippones qui concernent tant le secteur exportateur que domestique: «les entreprises dotées d’une bonne gouvernance surtout». D’ailleurs, l’économiste en chef de Saxo Bank se montre aussi positif sur le yen. Alors qu’un engagement massif de la Banque du Japon dans une politique d’assouplissement quantitatif, pour contrecarrer une appréciation du yen, aurait pour effet de monétiser l’énorme dette du pays du Soleil levant.

S’agissant de l’Europe, Steen Jacobsen s’inquiète de voir les dernières législatives en Finlande bloquer pendant plusieurs semaines le plan de sauvetage du Portugal. «Mais qu’est-ce qui est le plus important pour un pays comme la Grèce: survivre en tant que nation ou assurer l’avenir de l’UE? Sans doute la première option». Dans ce contexte, il entrevoit une subdivision de la zone euro en deux groupes: une première «division»AAA ou AA réunissant les pays respectant le pacte de stabilité. Les autres pays se trouvant «relégués» en seconde division. Ce qui permettrait de maintenir la monnaie unique tout en améliorant la transparence.

Piotr Kaczor Zurich/Agefi avril11

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