Art de la guerre monétaire et économique

En être ou pas : Le dilemme éthique d’investir au Myanmar

En être ou pas :  Le dilemme éthique d’investir au Myanmar

  

Le Myanmar, ce pays asiatique voisin de la Chine et de la Thaïlande sous la gouverne d’une junte miliaire depuis près de 50 ans, possède d’importantes quantités de pétrole, de gaz naturel et de pierres précieuses. La nation qui subit la répression économique des États-Unis et de l’Europe pour la violence de son gouvernement envers ses citoyens ouvre peu à peu ses frontières aux investisseurs étrangers, selon le magasine Bloomberg Markets. Une situation qui les laisse devant un dilemme éthique particulier.

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Ainsi, malgré la forte répression de la junte militaire, le Myanmar offre « d’énormes » occasions. Même si son économie demeure fragile, celle-ci qui devrait croître de 5,3 % en 2010 soit à un rythme similaire à celui qu’elle devrait enregistrer cette année, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Stratégiquement situé entre l’Inde et la Chine, le pays possède des réserves minières, gazières et hydrauliques. Depuis 2005, la demande extérieure pour ses mines, sa forêt et ses produits agricoles ont contribué à ce qu’elle affiche un surplus commercial, selon la Banque mondiale.

Toutefois, le pays demeure pauvre. Le PIB intérieur brut par habitant se chiffre à 582 $ US, loin derrière son voisin, la Thaïlande, qui en affiche un de 4620 $. Cette situation s’explique en partie par le fait que, depuis 1988, plusieurs pays occidentaux sanctionnent le Myanmar. En effet, sa junte militaire n’a pas reconnu l’élection démocratique de la chef de l’opposition Aung San Suu Kyi, la condamnant à demeurer sous résidence surveillée.

Dans une entrevue exclusive avec Aung San Suu Kyi, Bloomberg Markets, celle-ci simplifie la situation du pays en catégorisant deux types de citoyens : ceux qui n’ont rien à manger et ceux qui n’ont plus de place pour entasser leurs richesses. Si elle prenait le pouvoir, elle viserait à mettre en place un meilleur partage des richesses.

L’inflation galopante vient empirer la pauvreté de la population. Alors que le FMI chiffre l’inflation à 7,3 % en 2010, un professeur d’université interrogé par Bloomberg l’évalue à 30 %.

Les habitants ne peuvent toutefois pas s’enrichir en investissant dans les marchés financiers du pays. Ils n’ont pas accès à une bourse nationale. La seule chose qui ressemble à une bourse est une loterie non officielle qui permet de miser sur la clôture de l’indice boursier thaïlandais.

Malgré les sanctions imposées par les pays occidentaux, d’autres investissent dans cette terre vierge. Des firmes chinoises, indiennes, coréennes, thaïlandaises et malaisiennes profitent des ressources naturelles de ce pays.

Même si la junte militaire du Myanmar ne semble pas sur le point d’être évincée par des protestataires, un peu comme cela a été le cas lors du récent printemps arabe, l’un des plus vieux régimes totalitaires pourrait perdre un jour le pouvoir.

Entre-temps, les investisseurs sont face à un choix, résume Bloomberg Markets : injecter de l’argent dans une économie fragile, mais prometteuse ou attendre tout en regardant leurs rivaux profiter de cette situation en faisant peu de cas des crimes du régime totalitaire contre sa population.

source Bloomberg Markets mars2011

 

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