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Les grandes banques suisses peu exposées aux pays européens endettés

Les grandes banques suisses peu exposées aux pays européens endettés

 Les deux grandes banques suisses UBS et Credit Suisse sont peu exposées aux pays de la zone euro en difficultés, mais ne sont pas à l’abri d’une détérioration de la situation, a annoncé jeudi la banque centrale helvétique.

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 L’exposition totale des deux établissements suisses vis-à-vis des pays de la zone euro en difficultés a reculé l’année dernière de 23,3% à 46 milliards de francs suisses (37,8 milliards d’euros), a précisé la Banque nationale suisse (BNS) dans son rapport annuel sur la stabilité financière. Les deux banques affichent une exposition de 2 milliards de francs suisses à la Grèce, 12 milliards à l’Irlande, 15 milliards à l’Italie, 2 milliards au Portugal et 15 milliards à l’Espagne.

 Environ la moitié de cette exposition est détenue vis-à-vis du secteur privé non bancaire, tandis que l’autre moitié est répartie à part égale entre le secteur public et les banques, a précisé la BNS. De l’aveu même de l’institut d’émission, cette exposition est « relativement faible en comparaison internationale ». A titre de comparaison, les banques françaises et allemandes affichaient fin 2010 respectivement une exposition totale de 56,7 milliards de dollars (39,6 milliards d’euros) et de 34 milliards à la Grèce.

 Face à cette exposition, l’agence de notation Moody’s a annoncé mercredi qu’elle envisageait d’abaisser la note de plusieurs banques françaises. Si les banques suisses sont bien moins exposées que leurs homologues européens, la BNS a averti qu’en cas de détérioration économique généralisée UBS et Credit Suisse ne seraient pas à l’abri de pertes.

Publié par Eric Vendin le 16/06/2011/afp

EN COMPLEMENT : La BNS juge les deux grandes banques encore vulnérables Par Sébastien Dubas/le temps

La Banque nationale a présenté son rapport sur la stabilité financière. De son côté, le Conseil des Etats a adopté un projet visant à renforcer le secteur financier

«La tendance est que les grandes banques doivent partout disposer de plus de capital», a déclaré ce jeudi Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse (BNS), lors d’une conférence de presse à Berne. Malgré une nette amélioration de la situation économique et financière du secteur bancaire en 2010, la BNS reste donc sur ses gardes. Dans son rapport annuel sur la stabilité financière publié hier, la banque centrale se montre particulièrement préoccupée par la situation économique d’UBS et de Credit Suisse.

A première vue, le constat est pourtant flatteur. Selon la BNS, les progrès du secteur bancaire sont ainsi largement attribuables aux deux grandes banques et à leurs 13 milliards de francs de profits réalisés en 2010 contre 4 milliards l’année précédente. Par ailleurs, la BNS relève que la masse sous gestion de ces deux banques reste historiquement élevée et que l’afflux significatif d’argent frais constaté au cours du premier trimestre 2011 semble confirmer une tendance entamée dès la fin de 2010. Toutefois, la banque nationale se méfie des aléas qui guettent les deux grandes institutions financières. Car si les risques de crédit tendent à s’amenuiser – en grande partie à cause de l’appréciation du franc –, ceux liés au marché sont toujours plus élevés. Dans son rapport, la BNS rappelle par exemple que même si les banques suisses ne sont exposées qu’à hauteur de 46 milliards de francs aux dettes des pays périphérique de la zone euro – Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et Italie –, une contagion à d’autres Etats pourrait conduire à des pertes substantielles pour le secteur bancaire suisse et porter atteinte à toute l’économie du pays.

Le fait qu’UBS et Credit Suisse soient parmi les grandes banques internationales les mieux capitalisées au monde ne suffit pas à rassurer la BNS. Selon Thomas Jordan, le problème vient du fait que «les risques de crédit et de marché restent élevés par rapport au volume des fonds propres auxquels les grandes banques peuvent recourir pour absorber des pertes». En d’autres termes, il est impératif qu’UBS et Credit Suisse augmentent leurs fonds propres et la qualité de ces derniers si elles entendent pouvoir faire face à une nouvelle crise financière. Car lors de la précédente, le rapport montre que le total des pertes subies par UBS s’élevait à 2,3% des actifs de la banque alors qu’elle était à même d’encaisser, tout au plus, 2% de pertes à fin 2010.

Alors que la BNS faisait part de ses inquiétudes quant aux deux grandes banques du pays, le Conseil des Etats adoptait, après deux jours de discussions et par 36 voix contre aucune, un projet visant à renforcer la stabilité du secteur financier. Les sénateurs avaient déjà suivi les propositions du Conseil fédéral suisse et s’étaient prononcés pour que les banques dont la taille représente un risque systémique pour l’économie affichent, en matière de fonds propres, 19% des actifs pondérés en fonction des risques contre 8% actuellement.

Les dirigeants de la BNS ont toutefois tenu à réfuter toute volonté interventionniste de leur part. «Définir la stratégie relève de la compétence du conseil d’administration pas du régulateur. Pour nous, une banque qui souhaite accroître ses risques doit commencer par renforcer son capital», a expliqué Thomas Jordan. Pour sa part, le président de la BNS Philipp Hildebrand a estimé «qu’une des leçons de la récente crise financière est que les Etats demeurent responsables de leurs établissements financiers en dépit de l’intégration croissante des marchés». «Même au sein de l’Union européenne, les banques irlandaises ont dû être sauvées au final par l’Irlande», a-t-il souligné.

De son côté, l’Association suisse des banquiers continue à soutenir «des règles visant à améliorer la stabilité du pays». Elle rappelle toutefois, par l’intermédiaire de son porte-parole Thomas Sutter, qu’il est «important de pouvoir réévaluer les mesures au vu des développements dans le monde». Autrement dit, il ne faut pas que les banques suisses soient les seules à se voir imposer de telles contraintes.

Quant à la BNS, «elle se réjouit de voir les grandes banques poursuivre leurs efforts en vue d’atteindre rapidement le niveau de fonds propres adéquat», explique Thomas Jordan. A titre d’exemple, le rapport cite notamment le refus d’UBS à payer des dividendes à ses actionnaires en 2010 – et ce malgré un profit net de 7,5 milliards de francs – et l’émission pour 2 milliards de francs d’obligations convertibles contingentes (CoCos) de la part de Credit Suisse. Pour Thomas Jordan, «ces démarches décisives ont déjà nettement renforcé les fonds propres capables d’absorber les pertes. Elles démontrent aussi que les deux grandes banques devraient tout à fait être en mesure de rassembler les fonds propres supplémentaires nécessaires.»

 

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