Emploi, formation, qualification, salaire

La « saison des bonus » agite la City

La « saison des bonus » agite la City

Janvier sonnera le début de la « saison des bonus », à la City. Mais depuis la crise de 2008, cette pratique fait polémique, et encore davantage cette année où l’économie n’affiche pas une santé flamboyante. Le Premier ministre David Cameron et d’autres membres du gouvernement britannique ont déjà averti les banques qu’ils seraient très attentifs aux montants versés. Mais du côté des insitutions financières, on temporise et on parle même d’une baisse des montants versés.

Les bonus des banquiers britanniques, toujours ancrés dans la vie de la City malgré la colère qu’ils suscitent, sont scrutés cette année avec une hostilité encore accrue, le mauvais état de l’économie rendant leur justification de plus en plus difficile. La polémique sur la rémunération des banquiers, récurrente depuis la crise financière de 2008 dont le pays paie toujours la facture, a rebondi à l’approche de la « saison des bonus », en janvier. Les banques dévoileront alors les montants -parfois astronomiques- des gratifications accordées à leurs employés.

PLUS DE BONUS EN SUIVANT :

Contexte délicat

L’exercice s’annonce particulièrement explosif dans un environnement fortement dégradé par la crise de la dette dans la zone euro. Si besoin était, le campement installé depuis près deux mois par des militants anti-capitalistes autour de la cathédrale Saint-Paul de Londres rappelle chaque jour aux milliers d’employés entrant dans la City que leur popularité n’est pas au zénith.

Les poids lourds du gouvernement sont déjà montés au créneau pour signaler aux banques qu’ils observaient de très près l’évolution des rémunérations. « Nous avons besoin de banques plus solides, pas de plus gros bonus cet hiver », vient ainsi de mettre en garde le ministre des Finances George Osborne.

Jugeant la situation de la zone euro « exceptionnellement menaçante », la Banque d’Angleterre a de son côté explicitement demandé aux banques de limiter la distribution de bonus et de dividendes, et de renforcer à la place leurs capitaux.

Mardi, c’était au tour de la puissante Association des assureurs britanniques (ABI), qui représente d’énormes investissements dans le secteur financier, de faire entendre sa voix. Avec des performances en nette baisse, les banques ne « peuvent plus faire comme si de rien n’était », a affirmé l’ABI dans une lettre sans précédent, en souhaitant « une diminution significative des bonus et gratifications accordés à titre individuel ».

Parmi les cinq grandes banques du pays, Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland (RBS) ont un statut à part auprès de l’opinion: le coût phénoménal de leur sauvetage est en partie à l’origine du plan de rigueur draconien mis en oeuvre pour désendetter l’Etat. Des informations de presse sur le paiement prochain de 500 millions de livres (580 millions d’euros) de bonus par RBS ont obligé le Premier ministre David Cameron à intervenir. Il a jugé par avance un tel montant « inacceptable ».

Bonus en baisse

Selon l’institut économique CEBR, le montant global des bonus devrait pourtant être en baisse sensible au titre de l’année 2011, à 4,2 milliards de livres contre 6,7 milliards en 2010.

De nouvelles règles, comme l’étalement dans le temps du versement des primes, sont entrées en vigueur pour tenter de limiter les risques pris par les traders. Mais, à la demande des banques, aucun plafond individuel n’a été fixé. Connue pour sa générosité en la matière, Barclays a donc pu accorder en février plus de 7,5 millions d’euros à son patron, Bob Diamond.

La baisse globale des bonus pour 2011 a en outre été en partie compensée par une augmentation générale des salaires. Elle a aussi coïncidé avec des réductions massives d’effectifs, qui auront pour effet de préserver la part attribuée à ceux ayant eu la chance de conserver leur emploi.

Mal aimés du public et sous la menace d’un licenciement express, les anciens « golden boys » ne sont plus en position de force. Ce que l’Association des assureurs leur a rappelé avec une certaine cruauté. « Très peu de banques recrutent », a-t-elle souligné, en affirmant que « c’est la bonne année » pour faire plier leur personnel.

source AFP dec11

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s