Crédit Consommation

US : In debt we trust !!!!

US : In debt we trust !!!!

Un océan de cartes de crédit/ La grande crise de 2008 n’a donné qu’un bref coup d’arrêt à l’endettement des ménages

C’est la face immergée de l’iceberg de dettes de l’Amérique. La masse des emprunts contractés par les ménages, dans une société où «on est ce que l’on doit». Où votre crédibilité financière tient aux montants de vos emprunts – ou plutôt à vos capacités, sinon de les rembourser, du moins de les prolonger.

Rapportées aux revenus gagnés par les ménages, les mensualités des prêts à la consommation à rembourser se sont certes tassées depuis les sommets de la bulle. Ce poste de dépense demeure encore élevé au regard de son poids il y a seulement vingt ans. L’encours total des prêts dits «reconductibles» – la limite de crédit offerte sur votre carte – n’a pas davantage changé d’échelle. Ceux-ci représentent environ 825 milliards de dollars, sur un total de crédits à la consommation de quelque 2700 milliards.

Le chômage – ou la crainte de perdre son emploi – n’incite certes guère les Américains à recourir à des emprunts supplémentaires. Pour ceux qui sont propriétaires, l’écroulement de la valeur de leur maison – celle-ci est revenue, en moyenne, dix ans en arrière – ne le permet tout simplement pas: la limite de crédit «conso» accordée à un ménage reste encore le plus souvent déterminée par la valeur de son pavillon. Ceux ayant survécu financièrement aux premières années de la crise remboursent, en outre, un peu plus leurs crédits. Ceci explique en partie pourquoi les emprunts dont les mensualités ne sont plus payées – le taux de «délinquance» – sont plus bas depuis six ans, situation paradoxale en période de crise. Toute nouvelle dégradation de la conjoncture pourrait rendre cette gestion de leur passif par les ménages plus délicate ces prochains trimestres, prévient déjà l’agence Fitch.

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Mais la nouvelle réalité à laquelle la crise a donné naissance n’a en rien transformé les ménages états-uniens en «M. et Mme Watanabe». Leur propension à épargner – qui s’était un peu emballée durant les mois de «fin du monde» connus en 2008 – est vite retombée. Elle reste bien inférieure à celle affichée ne serait-ce que dans les années 1980.

Toute stabilisation de l’immobilier va, en outre, rouvrir les portes du paradis à crédit pour ceux ayant réussi à conserver leur maison durant les années noires.

Enfin, le niveau plancher des taux d’intérêt n’incite par vraiment à lever le pied: la proportion de crédits contractés à taux variables n’a même jamais été aussi importante. Ce qui laisse présager de sérieuses difficultés si les taux venaient à monter. Personne ne l’envisage au cours des deux prochaines années. Ensuite…

L’ampleur de la dette étudiante/ Les crédits aux étudiants représentent 8% de la dette des ménages américains

Après la crise des subprime, la crise de la dette étudiante? Les observateurs économiques sont toujours plus nombreux à en être convaincus: la dette des étudiants est la nouvelle bombe à retardement susceptible de faire voler en éclats le système financier américain. Car si les universitaires d’outre-Atlantique recourent depuis longtemps aux crédits pour financer leurs études, le montant total de cette dette étudiante atteint désormais des sommets. De 548 milliards au début de 2008, elle est passée à plus de 914 milliards de dollars à la fin juin selon les chiffres de la Réserve fédérale de New York.

Autrefois considérée comme légitime (à l’inverse d’une maison ou d’une voiture, les connaissances acquises le sont à jamais), cette dette est aujourd’hui un fardeau pour des millions de familles américaines. D’après un récent rapport de l’institut de recherche Pew, près d’un foyer sur cinq (19%) avait contracté un emprunt pour financer des études en 2010. Soit deux fois plus qu’il y a vingt ans.

La dette étudiante ne concerne pas seulement un nombre toujours plus élevé d’Américains, elle s’est également majorée au fil du temps. En moyenne, un étudiant endetté devait rembourser 26 682 dollars à la fin de ses études en 2010 contre 23 349 dollars trois ans plus tôt. Toujours selon l’institut Pew, la dette des étudiants ­représentait 5% de l’endettement total des ménages américains en 2010 contre 3% en 2007. La Réserve fédérale de New York évoque même 8% à l’heure actuelle.

Selon le Bureau de la protection financière du consommateur, créé en juillet 2011 pour, entre autres, promouvoir l’accès équitable au crédit, l’ampleur de cette dette nuit à la croissance économique du pays. Car l’achat d’une voiture ou d’une maison n’est plus, forcément, la priorité d’un étudiant surendetté au moment de recevoir sa licence universitaire. D’autant que, dans une Amérique en crise, un diplôme n’est plus synonyme d’emploi garanti.

Pourtant, ils sont toujours davantage à se lancer dans des études secondaires. Selon le National Center for Education Statistics, le nombre d’étudiants dans les collèges américains a progressé de 19% entre la rentrée scolaire 2007 et celle de cette année. Une progression qui se reflète également du côté du taux de non-remboursement des dettes étudiantes. Ainsi, selon un rapport du Département américain de l’éducation publié fin septembre, 13,4% des étudiants ayant obtenu un prêt ont été incapables de le rembourser au cours des trois premières années de leurs études. Un pourcentage qui s’élève même à 22,7% pour les instituts privés.

Par Pierre-Alexandre Sallier et Par Sébastien Dubas/Le Temps oct12


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