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Les Clefs pour Comprendre du Samedi 2 Février 2013: « Stay away of the public eye » par Bruno Bertez

Les Clefs pour Comprendre du Samedi 2 Février 2013:   « Stay away of the public eye » par Bruno Bertez

Une interprétation hâtive de notre texte  Les Clefs pour Comprendre du Samedi 2 Février 2013 : Les Banquiers, la Finance contre les Marchés, contre les Citoyens  pourrait faire croire que nous tombons dans le piège du soviétisme: à savoir le système est bon, ce sont les banquiers qui sont mauvais. Ce serait une grave erreur, une erreur théorique qui déboucherait sur de nouvelles catastrophes pratiques.

En effet, admettre que le système est bon, mais que ce sont les banquiers qui sont mauvais, débouche sur le réformisme bancaire. Il suffirait de mieux contrôler, encadrer, réglementer, et le système pourrait repartir auto-équilibré. Ainsi on validerait les réformes et réglementations bidons qui sont actuellement mises en place à titre de cosmétique. En particulier, on accepterait la confusion des rôles qui permet à la BCE de prétendre assurer le contrôle et la surveillance des banques.

    Non, ce ne sont pas les hommes qui sont nuls et malhonnêtes, les hommes ne font que s’adapter à un système et en tirer profit. Ils voient passer la confiture et, en passant, se servent, la confiture colle aux doigts. C’est la logique.

Ce qui est en cause, c’est, radicalement, fondamentalement, l’alliance organique entre le système bancaire et le système politique. Il y a un lien organique entre le gouvernement par la démocratie et la pratique bancaire du fractionnal banking couplée au monopole des fausses monnaies (fiat monney). L’un permet l’autre et l’autre permet l’un.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

La démocratie est la forme de gouvernement qui, sous prétexte de protéger de la violence naturelle et donc protéger le droit de propriété, s’octroie le droit de prélever sur les uns pour le donner aux autres. Prélever sur les producteurs pour le distribuer aux non-producteurs afin de sécuriser leur vote et se maintenir au pouvoir.

La Démocratie est par essence « court-termiste », elle fonctionne au détriment des producteurs de richesse et au bénéfice des receveurs de libéralités, subventions, aides, répartitions, distributions. Elle fonctionne au détriment d’une minorité et au bénéfice d’une majorité, par construction, majorité votante. 

L’histoire démontre le lien qui s’établit entre les banquiers et les gouvernements au fil des siècles pour confisquer l’épargne des uns, développer le crédit au-delà de l’épargne, fabriquer de la fausse monnaie, débaser la monnaie, imposer les fiat monnaies et finalement le fractionnal banking. L’évolution encouragée par les démocratie vers les méga-banques et banques à tout faire, gestionnaires du système de paiement, de l’épargne et distributrices du crédit s’inscrit dans ce processus de raccourcissement du temps, de baisse du taux d’intérêt et de spoliation des minorités productives.

Tout ce processus est un processus d’organisation du pillage de la minorité au profit de la majorité et surtout d’organisation de la prédominance du court terme, de la jouissance immédiate sur le long terme, l’abstinence et la jouissance différée.

La démocratie a structurellement, non seulement besoin de crédit, mais de plus en plus de crédit et de taux réels de plus en plus bas, au point de devenir négatifs. Normal, il faut favoriser et ratifier la jouissance immédiate. Ce faisant, bien sûr, on détruit les bases de la production, on s’enfonce dans une sorte d’économie minière qui consiste à creuser, à suivre le filon jusqu’à ce qu’il se trouve épuisé. Un pays comme la France, en avance dans cette perversion et cette déliquescence aurait depuis longtemps sombré dans la pauvreté et la régression, si l’épargne, au début du siècle dernier, n’avait été colossale et si la mondialisation voulue par les Américains n’avait pas ouvert de nouveaux champs d’extorsion avec la conquête économique des émergents.

La défense des minorités est, remarquez-le, toujours la même, face à la tyrannie confiscatrice de la majorité: attendez avant de prendre, laissez-nous d’abord produire les richesses que vous convoitez. Cette défense idiote ne procure, on s’en doute, qu’un sursis tout en validant les prérogatives confiscatrices des gouvernements et de leurs alliés.

La seule vraie défense est la mise à jour, la révélation de la logique cachée qui est l’œuvre. La mise à jour des liens organiques, des complicités. Seule la vérité est efficace et elle trouve toujours son chemin. Hélas, tout cela s’est construit au fil des siècles et ne disparaitra qu’au fil du temps, le temps de l’histoire. 

Et pour comprendre ce qui est à l’œuvre, il faut lire, étudier l’Histoire.
Nous vous conseillons la lecture de l’ouvrage de T. Parks intitulé:
Medici Money Banking Metaphysics and Art in Fifteen Century Florence.

C’est là que l’on trouve la fameuse citation, conseil à ses héritiers, du fondateur de la dynastie de banquiers: « Stay away of the public eye ».

BRUNO BERTEZ Le Samedi 2 Février 2013

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EN LIENS: Les Clefs pour Comprendre du Samedi 2 Février 2013 : Les Banquiers, la Finance contre les Marchés, contre les Citoyens par Bruno Bertez

Les Clés pour Comprendre du Vendredi 1er Février 2013: Laval, nous voilà ! Par Bruno Bertez

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7 réponses »

  1. C’était déjà clair !! Ou alors, c’est que les messages précédents étaient bien passés 😉
    Encore plus fort pourrais-je dire, à une nuance près pour moi : ce n’est pas le système démocratique qui est en cause, mais la bureaucratie qui a été mise en place avec.
    Max Weber l’avait déjà dit avec son analyse de l’organisation bureaucratique et Michel Crozier avec son phénomène bureaucratique avait réactualisé l’analyse en l’appliquant à la France d’avant 74 ! Là encore, pierre qui roule… Certains systèmes politiques sont plus protecteurs que d’autres face à ces dérives, c’est la mondialisation et le conformisme issu du village cher à Mc Luhan qui ont contribué à la perversion accélérée des systèmes organisationnels, au manque de force de rappel, à la perte des valeurs capitalistes etc. Ce n’est pas la responsabilité du système démocratique en tant que tel ; il peut être un facteur permissif car insuffisamment résistant, certes.

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  2. Et oui, la démocratie signifie peuple souverain et pas peuple libre. Le peuple a cru avoir été anobli à la révolution et se conduit donc comme les nobles le feraient par l’intermédiaire de l’état, c-a-d pille, asservit, viole, etc…
    Bastiat en parlait déjà à son époque. La monarchie, c’est la minorité qui opprime la majorité, la démocratie, c’est la majorité qui opprime la minorité, mais finit par opprimer la majorité.

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  3. Sur son blog, Laurent Pinsolle écrit :

    L’étude à laquelle je me réfère a été rédigée en 1999 par trois économistes. Elle est issue du ZEI, le Centre pour les Etudes sur l’Intégration Européenne de l’université de Bonn, dont je vous invite à visiter le site pour bien constater qu’il ne peut guère être accusé d’euroscepticisme, puisque son objectif déclaré est de « contribuer à trouver des solutions aux problèmes non résolus d’intégration européenne et la construction du rôle international de l’Europe ».

    Cette étude revient sur la scission de la Tchécoslovaquie au début des années 90. En juin 1992, les élections législatives produisent un résultat insoluble où, dans la partie Tchèque, une coalition de droite l’emporte alors que dans la région Slovaque, c’est la gauche qui l’emporte. Assez rapidement, les tchécoslovaques s’entendent pour couper le pays en deux au 1er janvier 1993. Et l’union monétaire qu’ils souhaitaient pourtant conserver se disloque dès le mois de février.

    La Tchécoslovaquie n’était pas une Zone Monétaire Optimale.

    Les auteurs concluent que ce sont des raisons politiques qui ont conduit à la rupture. Mais alors que l’Union Européenne se dirigeait vers la création de l’euro, ils se demandent tout de même si la Tchécoslovaquie était une Zone Monétaire Optimale et s’il y avait un sens à revenir à des monnaies nationales. Ils décrivent donc les trois conditions qui définissent une Zone Monétaire Optimale : le budget central, la mobilité des travailleurs et la convergence macro-économique. Et, surprise, leur résultat est négatif.

    S’il existait bien sûr un budget central, qui assurait des transferts importants, les deux autres facteurs n’étaient pas vérifiés. En effet, la mobilité des travailleurs entre les deux parties du pays était très faible malgré des différences de salaires qui auraient du y inciter. En outre, il n’y avait pas de convergence, les économies ne s’étant pas du tout rapprochées depuis l’après-guerre. Ils notent en revanche que la séparation a contribué à réduire les échanges entre les deux nouveaux pays.

    Des leçons pour la zone euro.

    L’exemple de la Tchécoslovaquie est redoutable pour les défenseurs de la monnaie unique. Voici un pays d’une taille limitée, qui a existé pendant soixante-dix ans, avec un budget commun, et dont on imagine que la convergence était facile. Mais non, ni l’unité budgétaire, ni l’autorité d’un Etat commun et autoritaire pendant si longtemps n’ont permis à la Slovaquie et à la République Tchèque de se fondre en ce que les économistes appellent une Zone Monétaire Optimale.

    Ces soixante-dix ans d’histoire commune n’ont ni développé la mobilité de la population ni la convergence des structures économiques. Autant dire que ce qui n’a pas été possible en plusieurs décennies avec un Etat central fort sur un petit territoire est donc totalement impossible à l’échelle d’une zone euro aussi grande et diverse. Même un Etat extrêmement fort et autoritaire ne ferait pas du continent européen ou même d’un petit groupe de pays une Zone Monétaire Optimale.

    Bref, la lecture de ce rapport sur la séparation monétaire de la Slovaquie et la République Tchèque démontre que l’aventure de la monnaie unique est décidemment bien hasardeuse. Heureusement les auteurs concluent qu’une sortie de l’euro ne serait ni compliquée ni chère.

    Laurent Pinsolle.

    http://www.gaullistelibre.com/2013/02/fin-dune-monnaie-unique-le-precedent.html#more

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    • Tres interessant cette etude, il ne faut pas aussi oublier qu il y avait des enormes transferts de la Tchequie industrialisee vers la Slovaquie agricole et ceci depuis la creation en1918, comme en Italie entre Nord et Sud.

      Apres l invasion en 1968, c est surtout l armement lourd etc. qui etait produit en Slovaquie (parce que c etait le desir des dirigeants slovaques – Husak, president, etait Slovaque) et evidemment apres la chute du mur en 1989, la chute des exportations militaires a lourdement penalise cette partie, le chomage a ete bc plus important la bas, d ou un grand mecontentement des Slovaques…

      La population ne bougeait pas bc entre les deux parties, c est vrai, mais elle ne bougait pas non plus a l interieur p. ex. de la Tchequie non plus, bc plus a cause du manque de logements, des controles administratives severes et aussi des langues, elles sont tres proches, certes, mais differentes quand meme.

      Ce probleme de langues est aussi un grand probleme pour bouger en EU n est ce pas.

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  4. Démocratie ?
    __________
    Etienne Chouard nous dit sur son site « etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php »
    « Les élections n’ont rien à voir avec la démocratie. Certes, on peut avoir des élections dans une démocratie mais à condition qu’elles servent à élire des gens à des fonctions qui nécessitent une compétence. Pas pour exercer le pouvoir politique. Il ne peut pas y avoir de démocratie, du grec dêmos (peuple) et kratos (pouvoir) sans tirage au sort. C’est la seule procédure dans une démocratie digne de ce nom. Cela a été très bien connu pendant longtemps, d’Aristote jusqu’à Montesquieu. Et puis, il y a eu la Révolution française et l’avènement de l’école républicaine au XIXe siècle. On a alors oublié ce qu’était une vraie démocratie. Quand on nous rabâche dans les journaux, dans les livres, à la télé que démocratie = élections, on le croit. C’est un outil de formatage dont il est difficile de s’extraire ensuite. Pourtant, il suffit de travailler un peu, de revoir l’histoire de la pensée politique : Machiavel, Montesquieu, Rousseau… pour voir qu’une élection est aristocratique et non pas démocratique. Elle consiste à choisir le meilleur, aristos en grec. Ce n’est même pas objet de polémique. Il suffit de mettre les mots à l’endroit. Mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas bien. Je suis capable d’imaginer une aristocratie désirable. Si c’est bien les meilleurs qu’on élit, qu’on les contrôle tous les jours et qu’ils peuvent être virés à tout moment, ça peut être mieux qu’une démocratie. Je ne dis pas que c’est mal, je dis simplement que nous ne sommes pas en démocratie. »
    __________
    Ce que nous dénommons démocratie depuis la Révolution française, américaine etc. (révolution « bourgeoise » ou révolution des « marchands) est en fait un mode de « gouvernement représentatif », le peuple n’a pas de pouvoir sauf celui d’élire, le peuple n’écrit pas les lois, les représentants n’ont ni mandat impératif ni mandat révocable.
    La « démocratie » n’est pas en cause. Une aristocratie en a remplacée une autre, l’aristocratie de l’argent a remplacé celle de la terre.

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  5. Il faut voir de quelle démocratie on parle. Elire un « président » qui ensuite décide de tout (= la France), ce n’ est pas la démocratie, c’est juste la « chance » de pouvoir élire son roi et passer les cinq années suivantes à prier pour qu’ il ne soit pas trop mauvais.
    Le démocratie, la vraie, on la voit en Suisse, et à ma connaissance, assez peu d’ autres endroits.

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  6. Pour pousser cette logique au bout, peut-être que le seul moyen de créer une liberté économique dans notre monde est de dessaisir la monnaie du politique en supprimant toute action des gouvernements sur le mode d’échange. La monnaie pourrait être tout ce que deux individus conviennent entre eux. Reste à redéfinir le mode de financement des fonctions régaliennes de l’état ou de la zone politique.

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