Art de la guerre monétaire et économique

Brèves de trottoirs du Mercredi 28 Aout 2013 : le PC chinois reprend la main et remet au pas martial : Opposants politiques, Entreprises étrangères et Réseaux sociaux….

Brèves de trottoirs du Mercredi 28 Aout2013 : le PC chinois reprend la main et remet au pas martial : Opposants politiques, Entreprises étrangères et Réseaux sociaux….

Procès sous haute tension de Bo Xilai en Chine

Gardé au secret depuis son arrestation spectaculaire il y a 17 mois, l’ancien dirigeant communiste chinois Bo Xilai a été présenté jeudi matin en sept , pour la première fois devant un tribunal de Jinan, dans l’est de la Chine, pour répondre des accusations de corruption et d’abus de pouvoir. Les juges, qui travaillent sous le contrôle ferme des autorités du Parti communiste, ont expliqué qu’il était soupçonné d’avoir perçu, au fil de sa carrière à la tête des mairies des villes de Dalian et de Chongqing, au moins 21,8 millions de yuans de pots-de-vin et d’avoir ensuite usé de son influence pour saboter, en 2011, l’enquête pour meurtre menée contre sa femme. Son épouse, Gu Kailai, avait été condamnée l’an dernier pour son rôle dans l’empoisonnement en novembre 2011 de Neil Heywood, un Britannique avec lequel la famille de Bo Xilai faisait des affaires depuis des décennies. C’est cet assassinat qui avait provoqué, quelques mois plus tard, la chute du dirigeant communiste.

Agé de 64 ans, cet ancien membre du puissant Politburo, dont les ambitions et le populisme ulcéraient une partie des leaders du Parti, est le dirigeant le plus haut placé à comparaître devant la justice chinoise depuis le procès en 1980 de Jiang Qing, la veuve de Mao Tsé-toung, et de la «bande des quatre», des dirigeants maoïstes accusés d’avoir été les instigateurs de la Révolution culturelle. Sans surprise, il devrait être condamné dans quelques jours pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, mais ses interventions, probablement encadrées, vont être suivies de près en Chine, où le pouvoir promet plus de transparence dans la gestion des affaires de corruption qui touchent une large partie de ses cadres.

Et en matière de lutte contre la corruption, Pékin a décidé de frapper fort. Ou plutôt: Pékin a décidé de faire passer le message qu’il frappe fort… En témoigne la mise en cause de quatre membres de l’équipe de direction du géant pétrolier Petrochina.

Souvent accusé de s’en prendre exclusivement aux «petits poissons», le régime chinois attaque, cette fois, la première entreprise chinoise par sa capitalisation. Alors que l’un des vice-présidents de Petrochina a été accusé il y a deux jours, trois nouveaux membres de la direction du groupe ont démissionné ce matin, sous le coup d’une enquête, ce qui a fait chuter le titre Petrochina de près de 5% à la bourse de Hongkong. Alors que Xi Jinping, le chef de l’Etat, a jugé publiquement que la corruption représentait un risque pour la légitimité même du Parti communiste, son équipe multiplie les enquêtes dans ce domaine. La médiatisation exceptionnelle du récent procès de Bo Xilai est une illustration de cette volonté de transparence. Mais alors que Bo Xilai a été démis de ses fonctions sous l’ère Hu Jintao, les nouveaux dirigeants chinois cherchent aujourd’hui à faire éclater de nouvelles affaires, comme celle qui a fait tomber, au début de l’été, Liu Tienan, l’un des piliers de la NDRC, une commission centrale extrêmement puissante en matière économique.

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L’Internet chinois sous l’emprise croissante du régime

Les autorités chinoises ont identifié la source potentielle des menaces les plus déstabilisantes: Internet. C’est la conclusion qui s’impose au vu de la vague de fermetures de sites web, de comptes de microblog et d’arrestations intervenue ces derniers jours. 

Avant Hier, deux personnes étaient interpellées dans la province du Zhejiang (limitrophe à Shanghai), qui annonçait par ailleurs avoir fermé 1978 sites et bloqué 207 comptes «Weibo» – l’équivalent chinois de Twitter. Les autres provinces ne sont pas en reste: dans le Hebei, on annonce avoir fermé 9 sites, traité 124 rumeurs sur Internet et arrêté 11 personnes. Dans le Shanxi, 49 personnes ont été arrêtées et 144 dossiers traités.

Une campagne appuyée par le pouvoir central, comme en témoigne un éditorial de l’agence officielle Xinhua qui,il y a peu , appelait à lutter contre la propagation des rumeurs infondées sur le Web. Dans leur combat contre la liberté de parole sur le Web, les autorités utilisent, depuis le début, la même technique de communication: elles mettent en exergue des affaires d’escroquerie ou des rumeurs qui se sont révélées fausses pour mieux légitimer la reprise en main de la Toile.

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Nouvelles arrestations dans l’affaire GlaxoSmithKline en Chine

Les rebondissements s’enchaînent dans l’enquête pour corruption lancée par les autorités chinoises contre des cadres du groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK). L’ambassade d’Angleterre à Pékin vient de révéler qu’un citoyen britannique et son épouse avaient été interpellés cette semaine, probablement dans le cadre de ce dossier complexe. Ces deux personnes dirigent la société de gestion des risques ChinaWhys Co., qui mènent pour les grandes multinationales des enquêtes discrètes sur les affaires de corruption ou de contrefaçon dans le pays. Ils auraient récemment travaillé sur les accusations portées contre des employés du laboratoire britannique.

Pékin accuse, depuis le début de l’été, des responsables locaux de GSK d’avoir fait transiter près de 500 millions de dollars par des agences de voyages afin de verser des pots-de-vin à des responsables gouvernementaux, des cadres hospitaliers et des médecins afin de vendre plus de médicaments à des tarifs élevés. Glaxo avait admis, en juillet, que certains membres haut placés de son personnel pourraient avoir enfreint la législation chinoise et avait assuré qu’il coopérait pleinement avec l’enquête des autorités chinoises. Le titre du groupe avait été malmené en bourse suite à ces révélations.

Qui a dit que la Chine s’attaquait spécifiquement aux grands groupes étrangers présents sur son sol : Cet été, les producteurs de lait infantile ont été accusés de vendre leur poudre de lait à des prix excessifs, ce qui les a poussés à revoir immédiatement à la baisse leurs tarifs. Depuis, c’est le secteur pharmaceutique qui a fait l’objet d’investigations poussées. Et récemment, le chef du bureau anti-monopole de la NDRC a déclaré à la télévision publique que les secteurs pétrolier, bancaire, automobile et des télécommunications pourraient également faire l’objet d’investigations. Dans le monde de l’automobile en particulier, on pressent de plus en plus les foudres de Pékin, après que le ministre du Commerce a accusé les constructeurs de vendre leurs véhicules à des prix excessifs. En fait dans ce secteur les autorités chinoises semblent surtout  décidées à s’attaquer aux profits réalisés par les grands noms de l’automobile sur le territoire chinois. Le ministre du Commerce, Shen Danyang, a déclaré que les règles régissant le secteur allaient être revues, en particulier la relation entre les constructeurs et les concessionnaires. Les droits de ces derniers sont largement encadrés par les constructeurs, comme cela se fait dans d’autres pays. Mais, pour Pékin, cela entraînerait un surcoût pour le consommateur final…. 

 Pékin a beau nier toute forme de « racisme économique », les trois secteurs qui font ou pourraient faire l’objet d’enquêtes sont tous caractérisés par la force de frappe atypique des acteurs étrangers.

Source Les Echos Aout 2013

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