Behaviorisme et Finance Comportementale

L’«ogre» de la spéculation rôde à Londres Par Richard Dupaul

 L’«ogre» de la spéculation rôde à Londres Par Richard Dupaul

Le scandale de la manipulation des devises qui ébranle la Banque d’Angleterre, de grandes banques et la haute finance de Londres redonne des munitions aux pourfendeurs de la spéculation financière, un «ogre» qui menace toujours plus l’économie réelle. 

L’ex-gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, maintenant à la tête de la Banque d’Angleterre (BdA), est sur la sellette en raison d’un énorme scandale de manipulation des devises impliquant son institution et des banques internationales. 

Interrogé durant près de cinq heures la semaine dernière par une commission parlementaire, le Canadien aux commandes de la banque centrale britannique depuis moins d’un an s’est dit déterminé à faire la lumière sur ce dérapage «extrêmement grave». 

À ce jour, l’enquête des autorités en Amérique du Nord, en Europe et en Asie a conduit à la suspension de 22 négociateurs soupçonnés d’avoir influencé le cours des devises. Un employé de la BdA a aussi été suspendu. 

Quinze banques des deux côtés de l’Atlantique sont impliquées dans ce scandale qui touche le négoce de devises – une affaire de 5300 milliards US par jour -, soit le plus grand marché du monde. 

Mais quoi qu’en dise M. Carney, des experts clament que le problème ne se limite pas à une poignée d’individus attirés par l’appât du gain. Il découle plutôt de la spéculation laissée encore sans balises. 

À 95% spéculatif 

Conférencier, auteur de plusieurs livres et professeur à l’Université de Liège, en Belgique, Éric Toussaint explique dans une nouvelle analyse comment le marché des changes a explosé depuis 40 ans, si bien que sa taille dépasse largement l’économie réelle. 

Les banques sont les grands joueurs sur ce marché dont le vice majeur est le suivant: plus de 95% des échanges de devises sont de type spéculatif. Donc, une infime partie des transactions concerne des investissements concrets ou le commerce de biens et services. 

Selon Toussaint, les banques «usent et abusent» de leurs liquidités énormes pour faire des gains sur les différentiels de taux de change. 

Or, de 1970 à 2013, le volume des échanges sur les monnaies a été multiplié par plus de 500, passant de 10 milliards à… 5300 milliards US par jour. 

En théorie, le rôle du marché des devises est de faciliter les échanges commerciaux. Mais en 2013, les transactions liées au commerce de marchandises ne représentaient même pas 2% des échanges quotidiens de monnaies. 

En 1979, il fallait 200 journées d’activité du marché des changes pour atteindre le volume annuel des exportations mondiales. L’an dernier, 3,5 journées ont suffi. Le reste du temps, on a donc spéculé. 

En 2013, quatre banques contrôlaient 50% du marché des changes (Deutsche Bank et Citigroup, avec 15% chacune; Barclays et UBS, avec 10% chacune). En ajoutant six autres banques (dont HSBC et Bank of America), on atteint 80% du marché. La moitié des échanges a lieu à Londres, soit dans la cour de la BdA. 

«Cela indique à quel point ces activités […] sont déconnectées de l’économie productive», écrivait M. Toussaint dans un commentaire la semaine dernière. 

Un premier pas en Europe 

La spéculation en vue de faire un gros profit à très court terme, voire en quelques heures, est un «ogre hors de contrôle», a clamé la Banque mondiale durant la crise financière 2008-2009. De «la pornographie», rajoutait un jour le légendaire investisseur Warren Buffett. 

Pour d’autres, c’est surtout une menace pour l’économie réelle. 

Sur le marché vital des matières premières, par exemple, on achète et revend un peu plus cher des montagnes de blé ou de maïs dans le seul but de faire de l’argent. Nombre d’études ont fait ressortir les dangers de ce phénomène, qui a provoqué une flambée des prix alimentaires, il y a trois ans, mais aussi des émeutes dans des pays en développement. 

Face à la grogne populaire, un accord de principe a enfin été obtenu en janvier au Parlement européen pour mieux encadrer le marché des matières premières, qui repose sur des transactions effectuées à la nanoseconde. 

Chaque pays du Vieux Continent doit cependant mettre en pratique ces nouvelles règles, ce qui est loin d’être fait face à une forte résistance. Sur ce sujet complexe, le lobby financier rétorque que la spéculation a aussi du bon, notamment en améliorant la liquidité des marchés, ce qui aide les acteurs de l’économie réelle. 

Reste que le scandale des devises à Londres va redonner des munitions aux pourfendeurs de ces «casinos financiers». 

Et pour une rare fois, le milieu bancaire est inquiet. Les banques visées ont mis de côté un gros magot – 40 milliards US – pour couvrir leurs frais juridiques et les amendes prévues dans cette affaire. Assez pour qu’un ogre perde l’appétit?

USA: les pénalités ont atteint 100 milliards de dollars

Les pénalités versées par les banques aux Etats-Unis depuis le début de la crise ont atteint la somme rondelette de 100 milliards de dollars (plus de 72 milliards d’euros), traduisant un durcissement de l’attitude des autorités à leur encontre, a révélé hier le Financial Times. Selon une enquête effectuée par le quotidien, qui porte sur les amendes et autres règlements à l’amiable des banques américaines et de leurs rivales étrangères, plus de la moitié de cette somme a été payée l’an dernier, soit 52,5 milliards de dollars.

Publié le 17 mars 2014/ La Presse

http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201403/17/01-4748311-logre-de-la-speculation-rode-a-londres.php

Manipulation des cours: UBS suspend quatre nouveaux courtiers 

UBS a suspendu quatre nouveaux courtiers dans le cadre d’une enquête mondiale portant sur des manipulations de taux présumées sur le marché des changes, selon Bloomberg. Un porte-parole du numéro un bancaire suisse à Londres a refusé de commenter l’information publiée mercredi 

Selon l’agence de presse, un trader spécialiste des marchés émergents à New York, figure parmi les quatre personnes concernées. Les trois autres travaillent à Singapour et en Suisse. 

Depuis les premières allégations sur une possible manipulation des taux de change en juin de l’an dernier, plus de 20 courtiers de certaines des principales banques du monde ont été mis en congé forcé, mis à pied ou licenciés. 

Les autorités britanniques enquêtent également sur le rôle de la Banque d’Angleterre dans cette affaire. Des enquêtes sont également en cours aux Etats-Unis sur cette affaire de manipulation des taux de change, potentiellement aussi explosive que le scandale du Libor. 

Enquêtes en Suisse 

En Suisse, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) et la Commission de la Concurrence (Comco) ont ouvert une enquête en octobre dernier. 

Les enquêteurs soupçonnent une entente illicite entre traders, qui auraient utilisé des forums de discussions sur Internet et des messageries instantanées pour influencer le taux de référence quotidien WM/Reuters. 

Cet outil est déterminé à intervalles réguliers pour 160 monnaies, par le calcul de la médiane des transactions réalisées pendant soixante secondes. Les transactions concernées auraient vraisemblablement eu lieu ces dernières années, après la crise financière de 2008. ATS 28/3/2014

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Yuan. Une chambre de compensation et de règlement pour sera établie à Londres.

La Banque d’Angleterre (BoE) et la banque centrale chinoise (PBOC) se sont mis d’accord sur l’établissement d’une chambre de compensation et de règlement pour le yuan à Londres, une décision qui consolide la place de la City dans l’échange de la monnaie chinoise.

Cet accord «sera signé à Londres le 31 mars et mettra en place la coopération entre la Banque d’Angleterre et la PBOC sur les opérations de compensation et de règlement du yuan à Londres», a indiqué le ministère britannique des Finances dans un communiqué. «Cette décision renforce encore la position de Londres comme le centre en Occident de l’échange de yuans», a ajouté le ministère. Une chambre de compensation assure une fonction essentielle sur un marché en garantissant la sécurité des opérations entre vendeurs et acheteurs.

Selon des données citées par le ministère, 62% des paiements en yuans en dehors de Chine ont lieu à Londres tandis que les gestionnaires d’actifs londoniens sont les seuls en Occident à pouvoir investir directement dans des actions libellées en yuans.

Cette annonce intervient alors que le Premier ministre David Cameron et le président chinois Xi Jinping ont discuté mardi de la coopération entre leurs deux banques centrales, en marge du sommet de La Haye sur le nucléaire, précise le ministère.

«Connecter la Grande-Bretagne avec les parties du monde ayant la plus forte croissance est au centre de notre programme économique. C’est pourquoi j’ai mis tant d’efforts au cours des trois dernières années pour faire en sorte que nous soyons le centre en Occident pour l’échange de la monnaie chinoise», a déclaré le ministre britannique des Finances, George Osborne. «Cet effort a payé et l’accord d’aujourd’hui, le premier hors d’Asie sur la compensation et le règlement (du yuan) est un grand pas en avant. C’est une grande nouvelle et je suis impatient de voir la nomination prochaine d’une banque en charge de la compensation», a-t-il ajouté. Lors de sa visite en Chine en octobre, M. Osborne avait signé avec le gouvernement chinois un accord visant à renforcer l’importance du yuan sur la place londonienne en autorisant les institutions financières basées à Londres à réaliser des investissements directs en yuans en Chine. Avant cela, la Banque d’Angleterre et la banque centrale chinoise avaient signé en juin un accord de «swap» monétaire, d’une durée de trois ans, visant à faciliter les transactions commerciales entre les deux pays.

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