Another BRIC in the Wall

Une banque genevoise raille les sanctions de l’Europe et des US contre la Russie

Une banque genevoise raille les sanctions de l’Europe et des US contre la Russie

Dukascopy tourne en dérision Merkel, Obama, Hollande et Barroso, à travers un dessin animé

La banque Dukascopy, spécialisée dans le courtage de devises et de métaux précieux, se moque des Etats occidentaux. A travers un dessin animé en ligne, l’établissement s’efforce de décrédibiliser – avec une finesse humoristique toute relative – les puissances à l’origine des mesures de représailles contre la Russie.

Le décor de l’épisode intitulé «Anti-Russian Sanctions»: Angela Merkel, Barack Obama, François Hollande et José Manuel Barroso, endormi, parlent stratégie. Le scénario, lui, met en scène des propositions de sanctions plus loufoques les unes que les autres. «Nous allons cesser toute exportation de fromage et de champagne vers la Russie», propose le chef d’Etat français, avec un accent à couper au couteau. Chaque idée est ensuite illustrée sur le terrain, à travers des exemples fictifs plus ou moins cocasses. Dans le cadre de la proposition française: deux douaniers russes hilares trinquent à la vodka en avalant des cornichons pour conjurer l’embargo de Paris.

Et son homologue américain de renchérir: «Nous allons fermer tous nos restaurants franchisés de Russie.» Là encore, on voit des agents de l’Oncle Sam retirer une enseigne McDonald’s, pour la remplacer par celle d’un établissement imaginaire: «Russian Borsch».

La chancelière allemande réveille ensuite brutalement l’ex-président de la Commission européenne qui était en train de ronfler. Elle l’invite à participer à ce tour de table grotesque. «On va capturer toutes les femmes russes et les obliger à cuisiner pour nous», invente José Manuel Barroso. «Idioten!» s’exclame alors Angela Merkel. La séquence se termine par un gros plan sur Vladimir Poutine en tenue de boxeur, s’acharnant sur un sac de frappe en forme de Crimée.

«Made in Riga»

«Notre approche, certes peu conventionnelle, fait partie du dispositif de divertissement de la banque, explique un porte-parole de Dukascopy, établissement propriété d’un ancien physicien au CERN, le Russe André Duka. Nos dessins animés, réalisés dans nos studios à Riga [Lettonie] à raison de 25 productions par an, sont très appréciés par la clientèle. Nous n’avons jamais reçu de commentaires négatifs à leur sujet.»

PAR D. N./ Le Temps 26/7/2014

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ee92e7e2-142d-11e4-befc-d0fb0d39023d/Une_banque_genevoise_raille_les_sanctions

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Nouvelle salve de sanctions économiques de l’Union européenne contre la Russie

PAR PIERRE-ALEXANDRE SALLIER/ Le Temps 26/7/14

Les 28 Etats de l’Union étendent la liste noire d’entités et d’individus russes et ukrainiens. Des sanctions économiques plus larges, qui viseraient notamment les banques russes, sont en préparation

Vendredi la liste de 15 personnes et 18 entités ukrainiennes et russes supplémentairesa été officiellement publiés en soirée par Bruxelles. Cet allongement de la «liste noire» doit être suivi de sanctions économiques plus larges, sectorielles, auxquelles les ministres des Affaires étrangères ont donné leur feu vert, mardi. Parmi les quatre secteurs évoqués jeudi figure la défense, domaine sensible alors que plusieurs nations – notamment la France et ses porte-hélicoptères – fournissent les forces russes.

Les marchés des capitaux sont également concernés. Le Financial Times a révélé qu’une interdiction de souscrire aux emprunts ou actions placés par les banques d’Etat russes sur les marchés européens était à l’étude. «En dépit de leur taille, les deux grandes banques étatiques Sberbank, VTB – et la semi-étatique Gazprombank – reflètent les fragilités du pays et sont dépendantes des financements extérieurs», prévient Gagik Sargsyan, responsable de Polixis. Selon cette agence genevoise conseillant le secteur financier sur les risques liés à l’ex-URSS, «toute sanction contre ces établissements aurait un impact sérieux sur l’économie russe». La semaine dernière, la Russie s’était déjà vu couper l’accès aux prêts officiels de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). «Cette mesure fragilise la confiance bien au-delà des montants en jeu, car les PME financées par la BERD font souvent figure de vitrine», avertit Gagik Sargsyan. Ces mesures de rétorsion ne sont pas exemptes de risques. «Le financement des sociétés d’Etat russes fait vivre tout un écosystème d’avocats et de courtiers à la City», rappelle ce connaisseur des réseaux russes.

Considérée comme intouchable depuis le début de la crise ukrainienne – Gazprom fournit le quart des besoins gaziers de l’Europe – l’énergie reste tenue à l’écart des sanctions. Même si les représentants de la diplomatie européenne ont aussi visé jeudi le secteur «des technologies sensibles, y compris dans le secteur énergétique». Washington a ouvert le feu en interdisant l’octroi de prêts en dollars de plus de trois mois à Rosneft, le bras pétrolier de l’Etat, ainsi qu’au producteur de gaz Novatek.

Empilées, les mesures ponctuelles déjà prises commencent à compliquer les liens financiers de la Russie. Ce, d’autant plus que l’amende record de BNP Paribas a rappelé, le mois dernier, ce qu’il en coûtait de flirter avec les interdits américains. Avocat genevois, Cyril Troyanov relate les récentes difficultés d’un client, dans l’impossibilité d’effectuer un transfert pour payer une facture en Suisse. «Mon premier réflexe a été de vérifier s’il était visé par les nouvelles sanctions», raconte ce spécialiste du droit commercial. Tel ne fut pas le cas. «En revanche, sa banque russe figure sur une de ces listes; raison probable pour laquelle UBS a rejeté l’opération.» Une anecdote à laquelle font écho les 76 milliards de dollars de sorties nettes de capitaux enregistrés par la Russie depuis le début de l’année – davantage que sur toute l’année 2013. «On voit l’argent russe affluer», témoigne un contact bancaire, contredisant les rumeurs de fuite des fortunes de Londres ou Genève. Afin d’enrayer l’exode, la banque centrale de Russie a frappé vendredi, en relevant le niveau des taux d’intérêt dans le pays. A Genève, lors du conseil général de l’Organisation mondiale du commerce, le représentant russe est intervenu pour rappeler l’illégalité des sanctions. Menaçant de porter plainte contre les Etats-Unis.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ef44d8a8-142d-11e4-befc-d0fb0d39023d/Nouvelle_salve_de_sanctions_%C3%A9conomiques_de_lUnion_europ%C3%A9enne_contre_la_Russie

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Russie: les sanctions peuvent se retourner contre l’UE

PAR RAM ETWAREEA BRUXELLES 26/7/14

L’Europe et la Russie sont très liées, surtout en matière d’énergie et de la finance

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Les sanctions européennes porteront, surtout à long terme, un coup dur à l’économie russe. Mais gare à l’effet boumerang en Europe. «Jusqu’à présent, les sanctions dites de phase I et de phase II n’ont pas provoqué des contrecoups sérieux sur l’économie européenne, fait remarquer Michael Leigh, politologue chez German Marshall Fund, un think tank international. Ce serait différent au moment où on passerait à l’étape suivante. Si la Russie devait prendre des mesures de rétorsion, les importations d’énergie (pétrole et gaz) en Europe et les créanciers européens seraient frappés en premiers.» Selon lui, si les Etats-Unis demandent à l’UE de durcir ses relations avec Moscou, c’est que leurs propres intérêts avec la Russie sont dix fois inférieurs à ceux entre l’Europe et la Russe.

Les nouveaux Etats membres de l’UE, tous d’anciens satellites de l’Union soviétique défunte, sont des partisans avoués de sanctions plus fermes. Ils restent très dépendants de la Russie, plus particulièrement en énergie, mais acceptent de subir les conséquences.

C’est tout autre chose pour les grandes économies qui, au fil des années, ont établi des liens solides avec l’économie russe. L’Allemagne, l’Italie, la France et même le Royaume-Uni, malgré la rhétorique de son premier ministre, David Cameron, ont, jusqu’à présent, préféré une politique de petits pas par crainte de rétorsion. L’an dernier, un tiers des exportations de voitures anglaises était destiné au marché russe. Par ailleurs, la City ne voudrait pas voir les oligarques russes qui y ont investi des milliards, partir sous d’autres cieux. Michael Leigh temporise en disant que la manne russe à Londres est importante, mais ne constitue pas plus de 6 à 7% de tous les investissements et que leur départ ne serait pas dramatique.

L’économie allemande est beaucoup plus imbriquée avec la Russie. Quelque 6000 entreprises allemandes travaillent avec des partenaires russes. Le pays importe 30% de ses besoins énergétiques de la Russie. C’est ce qui explique les initiatives de la part de la chancelière Angela Merkel pour amener le président russe à changer de politique.

500 entreprises italiennes

Les hommes d’affaires allemands ont investi 13 milliards d’euros en Russie l’an dernier. Selon un spécialiste, la baisse actuelle des échanges entre les deux pays fragilise déjà quelque 25 000 emplois allemands. Toutefois, selon une dépêche de l’AFP de vendredi, les hommes d’affaires allemands seraient finalement disposés à supporter les contrecoups des sanctions. «Si le prix doit être payé, alors nous le paierons», a-t-il déclaré un dirigeant.

La France fait beaucoup parler d’elle à propos de la livraison, cet automne, de l’une des deux frégates, une vielle commande au chantier naval de Saint-Nazaire. Celle-ci a fourni de l’emploi à 1000 personnes durant quatre ans. Les répercussions sur l’Italie pourraient être importantes. Les investissements russes ont donné une impulsion à son économie malade et les touristes russes font revivre plusieurs villes. Dans l’autre sens, pas moins de 500 entreprises italiennes réalisent de bonnes affaires sur le marché russe. ENI, ENEL et Saipem sont très actives dans l’énergie, la première étant le principal partenaire de Moscou dans le projet de South Stream, le gazoduc qui reliera la Russie à l’Italie. Huit banques Unicredit et Banc Intesa ont pignon sur rue.

Du reste, un affaiblissement de l’économie russe fera des dégâts collatéraux chez de nombreuses banques européennes. Celles-ci détenaient en 2013 des obligations d’un montant de 184 milliards d’euros. Les banques françaises, dont Société Générale et BNP Paribas, ont accumulé des créances de 51 milliards.

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http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a098caa4-1412-11e4-befc-d0fb0d39023d/Russie_les_sanctions_peuvent_se_retourner_contre_lUE 

Face aux sanctions, la Russie menace l’UE 

PAR AFP 27/7/14

Face aux sanctions, la Russie menace l’UE Moscou a déclaré samedi que les nouvelles sanctions de l’Union européenne visant les chefs des services de renseignement russes, en raison de son rôle en Ukraine, risquaient de mettre fin à toute coopération en matière de sécurité

L’Union européenne «a, à proprement parler, mis en danger la coopération internationale dans le domaine de la sécurité», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, dans une réponse courroucée à la décision de L’UE. 

L’UE a annoncé samedi qu’elle avait étendu la liste des personnalités politiques russes visées par les sanctions, dans laquelle figurent à présent le chef du Service fédéral de sécurité (FSB), Nikolaï Bortnikov, le chef des services de renseignement, Mikhaïl Fradkov, ainsi que le président tchétchène Ramzan Kadyrov. 

Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, ancien chef du FSB, figure également dans cette nouvelle liste. «L’élargissement de la liste des sanctions constitue un témoignage direct du choix des pays de l’Union européenne de revenir sur la coopération avec la Russie en matière de sécurité internationale et régionale», a déclaré Moscou, citant l’aggravation des crises en Afghanistan, au Moyen-Orient, et en Afrique du Nord. 

Condamnant ce qu’elle a qualifié de «mesures irresponsables», la Russie a indiqué qu’elle était certaine que «de telles décisions seront accueillies avec enthousiasme par les tenants du terrorisme international».

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