Guerre de Religions, guerre de Civilisation

Des dizaines de milliers de Kurdes se réfugient en Turquie pour fuir les combats syriens

Des dizaines de milliers de Kurdes se réfugient en Turquie pour fuir les combats syriens

PAR ATS/AFP/REUTERS 20/9/2014

Plus de 45 000 Kurdes de Syrie ont franchi la frontière turque pour fuir la progression des jihadistes de l’Etat islamique. Par ailleurs, 49 otages turcs détenus depuis trois mois par l’EI ont été libérés.

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Au moins 45 000 Kurdes de Syrie se sont réfugiés en Turquie depuis jeudi pour fuir les combats entre Etat islamique (EI) et combattants kurdes, a annoncé samedi le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus. Et les 49 Turcs otages des jihadistes en Irak ont pu être rapatriés.

«A l’heure où je vous parle, 45 000 Kurdes de Syrie ont franchi la frontière et sont entrés en Turquie en huit points de passage différents», a déclaré M. Kurtulmus à la presse.

La Turquie a été contrainte vendredi d’ouvrir sa frontière pour accueillir en urgence quelques milliers de Kurdes de Syrie poussés à l’exode par l’avancée d’EI autour de la ville syrienne d’Aïn al-Arab (Kobané en langue kurde).

Politique de «porte ouverte»

Après avoir un temps refuser l’entrée de ces réfugiés, les autorités turques ont finalement laissé entrer à la mi-journée une cohorte de plusieurs milliers de personnes qui se pressaient devant la localité turque de Dikmetas, essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara a justifié ce geste «exceptionnel» par la violence des combats qui se déroulent côté syrien. En vertu de sa politique de «porte ouverte», la Turquie accueille aujourd’hui près d’un million et demi de réfugiés syriens qui ont fui les combats qui opposent depuis 2011 les rebelles aux troupes du président Bachar al-Assad.

Otages turcs libérés

Par ailleurs, les 49 Turcs aux mains des jihadistes de l’Etat islamique dans le nord de l’Irak ont pu être rapatriés samedi par les services de renseignement turcs, après plus de trois mois de captivité, lors de ce que le président Recep Tayyip Erdogan a appelé une opération secrète de sauvetage.

Les ex-otages, parmi lesquels le consul général de Turquie à Mossoul, des enfants de diplomates ainsi que des militaires, avaient été faits prisonniers au consulat de Mossoul le 11 juin, lors de l’avance éclair des jihadistes de l’Etat islamique. Ils sont arrivés samedi matin à Sanliurfa, dans le sud de la Turquie.

Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, qui a accueilli à Sanliurfa (Turquie) le groupe des ex-otages, s’est refusé à donner des précisions sur les circonstances de leur libération.

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Le pape menacé

Les menaces de membres supposés de l’Etat islamique hors du Proche-Orient attisent par ailleurs les craintes d’attaques et d’attentats.

En Italie, la sécurité a été renforcée place Saint-Pierre, après l’interception par des services de renseignements étrangers d’un message menaçant évoquant une possible attaque au Vatican, selon le quotidien «Il Messaggero» samedi.

Dans une interview cette semaine au quotidien «La Nazione», l’ambassadeur d’Irak auprès du Saint-Siège, Habib Al Sadr, avait déclaré que «ce que l’Etat islamique autoproclamé a déclaré est clair»: «ils veulent tuer le pape. Les menaces contre le pape sont crédibles».

En Australie, le gouvernement va proposer la semaine prochaine au Parlement un renforcement de la législation antiterroriste, après avoir déjoué jeudi des projets d’assassinats d’EI sur son sol, a annoncé samedi le ministre de la Justice.

Sécurité renforcée à New York

Et aux Etats-Unis, le gouverneur de l’Etat de New York Andrew Cuomo a annoncé vendredi un renforcement des mesures de sécurité dans la ville: «il est clair que les tensions montent à l’international et que cette ville et cet Etat sont tout en haut de la plupart des listes de cibles», a-t-il justifié.

Andrew Cuomo a indiqué que ces mesures concernaient notamment les gares, le métro, les aéroports et les endroits publics très fréquentés, et qu’elles seraient «très visibles», impliquant la garde nationale et le déploiement de «centaines de personnes supplémentaires».

L’Australie déjoue des meurtres projetés par l’Etat islamique sur son sol

PAR MARTIN PARRY/AFP 18/9/2014

L’Australie déjoue des meurtres projetés par l’Etat islamique sur son sol L’Australie a annoncé jeudi avoir arrêté 15 personnes et déjoué des assassinats sur son sol projetés par des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui auraient notamment eu l’intention de filmer la décapitation d’un civil

Plus de 800 policiers ont participé au coup de filet antiterroriste mené à l’aube dans des banlieues de Sydney et Brisbane, dans les Etats du Queensland et de Nouvelle-Galles du Sud (sud-est), avec l’objectif d’interpeller 25 membres présumés d’un même réseau.

Cette opération, la plus grande de ce type jamais organisée en Australie, survient une semaine à peine après que Canberra a relevé son niveau d’alerte face à la menace terroriste représentée par les combattants australiens de l’EI de retour du Moyen-Orient.

Les raids ont été décidés après l’interception d’un message d’un «Australien apparemment assez haut placé au sein de l’EI» exhortant «les réseaux de soutien en Australie» à y perpétrer des «meurtres» publics, a annoncé le Premier ministre Tony Abbott.

«Il ne s’agit donc pas seulement de soupçons mais d’intention et c’est la raison pour laquelle la police et les services de sécurité ont décidé d’agir», a-t-il ajouté.

Un suspect a été mis en examen et une arme a été saisie, selon la police.

«La police estime que le groupe contre lequel nous avons lancé cette opération aujourd’hui (jeudi) avait l’intention et avait commencé à planifier des actes de violence ici en Australie», a indiqué de son côté le chef de la police fédérale, Andrew Colvin. «Ces actes de violence consistaient notamment en des attaques aveugles contre des civils», a-t-il ajouté.

Selon la télévision publique ABC, les suspects prévoyaient en particulier d’enlever un civil au hasard à Sydney, de l’envelopper dans un drapeau de l’Etat islamique et de le décapiter devant une caméra.

La police s’est refusée dans l’immédiat à confirmer cette information.

Outre la récente décapitation de trois otages occidentaux par des jihadistes de l’EI, le mode opératoire envisagé rappelle le meurtre à l’arme blanche du soldat britannique Lee Rigby, attaqué le 22 mai 2013 en plein jour dans une rue du sud de Londres.

Deux Londoniens d’origine nigériane l’avaient renversé, lardé de coups de couteau et pratiquement décapité, sous les yeux de nombreux passants.

Une menace’très réelle’

«Ces gens-là, je regrette de le dire, ne nous haïssent pas pour ce que nous faisons, ils nous haïssent pour ce que nous sommes et la façon dont nous vivons», a affirmé Tony Abbott.

Une soixantaine d’Australiens combattent dans les rangs jihadistes en Irak et en Syrie, et une centaine fournissent, d’Australie, un soutien actif aux mouvements sunnites radicaux, selon les services de sécurité du pays.

Pour le ministre de l’Immigration Scott Morrison, qui siège au conseil national de sécurité, l’opération de jeudi fait la preuve de «la menace très réelle» à laquelle l’Australie est confrontée et «justifie la réponse musclée du gouvernement».

Deux hommes soupçonnés d’être des recruteurs pour le jihad avaient été arrêtés la semaine dernière à l’issue de la perquisition d’un centre islamique à Brisbane. Mercredi, c’est un bureau de transfert de fonds qui a été fermé, les services de renseignement le soupçonnant de servir au financement de l’EI.

Un peu plus d’un mois après Londres et pour la première fois depuis 2003, Canberra a fait passer vendredi 12 septembre son niveau d’alerte de «moyen» à «élevé», ce qui signifie que, sans nécessairement être imminent, «un attentat terroriste est probable».

«Les services de sécurité et de renseignement s’alarment du nombre croissant d’Australiens qui œuvrent pour des groupes terroristes comme l’Etat islamique, le Jabhat Al-Nosra et al-Qaïda. La menace qu’ils représentent augmente depuis plus d’un an», avait alors expliqué Tony Abbott.

L’Australie est fortement engagée aux côtés des Américains dans la lutte contre les combattants islamistes, avec la livraison de matériel militaire, d’armes, de munitions ainsi que d’aide humanitaire par l’aviation. Canberra va déployer 600 militaires – dont 400 personnels de l’armée de l’Air – aux Emirats arabes unis (EAU).

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