A PROPOS

A propos et mise au point : Il faut que l’argent meure… Par Bruno Bertez

A propos et mise au point : Il faut que l’argent meure… Par Bruno Bertez

Le paragraphe ci-dessous est extrait d’un article récent sur ce thème de « When money dies ».  Il constitue  le cœur de notre thèse.

« Nous voudrions poser le problème autrement. Au lieu de considérer qu’une nouvelle crise violente et fatale va se produire ou est inéluctable, nous voudrions suggérer que le processus en cours est un processus d’apprentissage, de transition, vers un nouveau Système qui inclut le risque de crise, mais qui dispose de moyens pour éviter de sombrer. On construirait une sorte de boucle d’auto-régulation. Boucle qui pérenniserait la Sphère Financière en tant que telle, dans une relative autonomie manipulable. »

C’est, non pas le tournant de notre  analyse, mais c’est une pierre blanche, un petit caillou blanc.

En effet, nous suggérons la chose importante suivante, nous  livrons en fait à la réflexion une hypothèse de travail:

  • – Et si une crise violente n’était pas inéluctable?
  • – Et si nous étions en train d’assister à une transition?
  • – Et s’il n’y avait pas de grande réconciliation brutale entre la Sphère Financière et la Sphère réelle? 
  • – Et si une boucle de régulation interne à la Sphère Financière était imaginable?

 Comment serait-ce possible, quelles sont les conditions pour que le système, au lieu d’être la proie de crises  et de ruptures, devienne auto-régulé? En douceur.

Et nous explorons.  Nous disons que, pour que cela soit possible, il faut que tout le système de la finance, toute la Sphère Financière devenue hypertrophiée, devienne souple, dévalorisable et bio-dégradable.

En effet, la croissance accélérée de la Sphère financière depuis 30 ans a fait que, maintenant, il y a une disproportion considérable entre l’économie réelle et la finance, entre la masse des assets financiers et l’actif économique qui la sous-tend, entre le stock de dettes et les revenus présents et futurs du Système, etc. Et l’inéluctabilité des crises vient du fait que la disproportion ne peut croître à l’infini, les fragilités s’accumulent et, à un moment donné, il doit y avoir réajustement entre la réalité et les promesses, entre le monde et les signes. La crise est un processus de recollement entre l’un et l’autre. C’est un processus d’adaptation qui fait que le passif du système redevient proportionné à son actif, que les promesses que l’on a faites et qui étouffent, sont réduites à proportion de ce qui est réalisable. La crise est un processus de remise à zéro de l’écart entre la masse des signes financiers et la capacité à les honorer.

L’originalité, l’apport de ce papier consiste à dire,  oui, cela est imaginable, on peut rendre le système souple, biodégradable, à condition de casser l’invariant, la partie fixe, rigide, que constitue la monnaie, le cash. Il faut prolonger la mutation des 40 dernières années qui a transformé la nature de la monnaie.

Il faut que la quantité de monnaie, le stock de monnaie accumulée et les promesses que ce stock contient, soit dévalorisable; il faut que l’on puisse reconstituer ce que faisait l’inflation auparavant; la fonction systémique de l’inflation était de dévaloriser la monnaie, de faire en sorte que la masse ne devienne pas un boulet. La fonction de l’inflation d’avant était de permettre au système d’effacer en continu ses traces tout en continuant à avancer. C’était une fonction positive de rééquilibrage.

Ce qui  met la puce à l’oreille, c’est le credo des Grands Responsables de la conduite des affaires, qui pleurnichent: « il n’y a pas assez d’inflation, il faut lutter contre la déflation » etc. Il faut prendre au sérieux ce credo des Maîtres et y voir la pierre angulaire de l’édifice futur.

Et, c’est fondamental, il faut comprendre que l’inflation ancienne n’est plus possible. Pourquoi? Parce que l’inflation ferait monter les taux d’intérêt  et que la hausse des taux fait chuter la valeur des assets cotés sur les marchés et que c’est précisément ce que l’on ne peut pas faire, car la chute de valeur des assets cotés sur les marchés rend le système bancaire insolvable, elle détruit les collatéraux. Elle  le met en faillite. L’ancien remède serait la cause de l’accélération des phénomènes que l’on cherche précisément à éviter, la chute du Système financier. Et l’ordre social qui en est le produit.

A partir de là, nous faisons  le rapprochement :

  • – qu’est-ce que les taux zéro, si ce n’est l’arrêt de la progression de la masse de monnaie, la monnaie n’engendre plus sa propre croissance, sa propre accumulation. L’argent n’enrichit plus en dormant.
  • – qu’est-ce que les taux négatifs, si ce n’est l’équivalent de l’ancienne inflation, le capital monétaire, au lieu de croître par l’intérêt avec le temps, décroit. Il s’auto-érode
  • – qu’est-ce que les bail-in et les prélèvements sur les dépôts de monnaie bancaire, monnaie scripturale, si ce n’est la possibilité de dévaloriser la monnaie en excédent

Et nous nous disons: c’est l’ébauche de la solution au problème de mise à proportion de la Sphère Financière en regard de la Sphère Réelle; il faut institutionnaliser l’euthanasie du stock de monnaie.

Il faut que les Maîtres, pour conserver ce système qui leur est si favorable, se donnent les moyens de dévaloriser la monnaie, même sans inflation, les moyens de dégonfler le stock de monnaie détenu par les manants et les serfs, il faut qu’ils se confèrent les moyens d’amputer la masse de monnaie qu’ils ont dû consentir tout au long des 30 dernières années.

Cette monnaie, ils l’ont conférée, consentie aux serfs, à crédit, maintenant il y a trop de crédit, on ne peut plus continuer et, pour continuer, il faut leur reprendre cette monnaie qu’on leur a donnée.

Et c’est exactement ce qu’ils font depuis Chypre, ils se donnent les moyens, en cachette, subrepticement, de faire légalement ces opérations d’amputation du stock de monnaie. Et le G20 qui vient de se tenir en Australie est le socle mondial sur lequel, maintenant, chaque pays va s’appuyer pour passer les législations en ce sens.

L’Allemagne est en train d’aller à pas de géant vers cette biodégradabilité de la monnaie bancaire, scripturale, les grandes banques ne cachent même plus qu’elles sont en train d’étudier la possibilité de généraliser les taux d’intérêt négatifs sur les dépôts. Témoin, les dernières déclarations de la CommerzBank.

Toute la difficulté pour le peuple est de comprendre le sens des mesures qui sont en préparation, elles sont toujours présentées de telles façons qu’on ne les comprend pas. Ainsi, on dit que l’on va pénaliser le « cash » pour forcer à la consommation et à la dépense. Cela permet d’escamoter la vérité qui réside dans notre analyse. La vérité est qu’il faut que le cash meure. Le secret pour comprendre ce que les Maîtres font, c’est de ne pas écouter ce qu’ils disent et de ne s’intéresser qu’aux mesures objectives, en elles-mêmes, et aux conséquences qu’elles ont.

Il faut, pour comprendre ce qui se passe, faire l’impasse une fois pour toute sur ce que nous appelons l’intentionnalité. Les choses ne sont jamais ce pour quoi on les donne et les présente; même les Maîtres ne comprennent pas totalement ce qu’ils font. Les Grands Prêtres sont aveugles.

La prolifération de commentaires inadaptés au texte initial montre que nous sommes en plein dans le vice français, narcissique: on ne lit pas le texte proposé, on le survole, on ne cherche pas à voir en quoi il est novateur. Non, on saisit le prétexte de s’exprimer. S’exprimer soi, sa subjectivité.

Les blogs recherchent la fréquentation, le mouvement, quelle que soit la qualité, afin d’attirer des ressources publicitaires ou des satisfactions d’ego, moyennant quoi, ils se dévalorisent. Ce n’est pas le chemin que nous voulons prendre, la situation est trop grave pour se contenter du plaisir de s’exprimer.

Merci, en revanche, à tous ceux qui restent à l’intérieur de notre ligne et qui nous apportent leur précieux concours.

BRUNO BERTEZ Le Dimanche 23 Novembre 2014 

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19 réponses »

  1. Cher Mr Bertez,

    Une fois encore, merci de ces analyses et de ces réflexions qui sortent des sentiers battus. Et qui sont tellement porteuses de sens. On est aux racines lorsque l’on parle du statut même de la monnaie et de sa géométrie variable depuis la perte des balises centenaires voire millénaires.

    Une question me turlupine depuis quelques semaines déjà, permettez-moi de vous la poser aujourd’hui. Pourriez-vous clarifier ou développer de qui vous parlez lorsque vous parlez des « Maîtres », des « Ils »? Les voyez-vous comme un groupe de concertation, organisés, avec stratégie et méthode, ou comme un assemblage hétéroclites se comportant de la même manière parce que faisant partie des même classes (les même causes produisant les mêmes effets)?

    Merci encore de vos écrits lumineux et si édifiants.

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    • Je vous remercie de votre intervention.

      Je ne vais pas tenter aujourd’hui de vous répondre car mes réflexions ne me portent pas la dessus en ce moment.

      Mais votre question est pertinente et importante. Et j’y viendrai.

      Je l’ai déjà abordée sans en faire l’objet d’un article, juste en donnant des pistes.

      J’utilise des mots comme « dominants », « dominés », « Maîtres », « classes kleptos ou ploutos », « Grands prêtres », « Grands Responsables » etc et le sens que je leur donne dépend souvent du contexte. Je vise des catégories de gens qui selon les cas sont le cœur des classes dominantes, ou au contraire n’en constituent qu’une petite partie, ou encore la masse. Il y a beaucoup de catégories et sous catégories et puis il y a des alliances. Dans la sociale démocratie, les marginaux et les fonctionnaires supérieurs par exemple sont alliés objectifs des classes dominantes contre les classes moyennes.

      Retenez deux choses fondamentales si vous le voulez bien.

      1- Ma conception de la société repose sur l’idée que c’est un « Système », un tout qui fonctionne et se reproduit à l’insu de ses participants. Dans ce Système il y a des gens qui ont des postes clefs, qui tiennent le haut du pavé, par la richesse ou le Pouvoir: Ces gens se donnent ou se posent comme les responsables, voire comme les chefs. Et à ce titre ils prétendent diriger, construire, modifier, reformer etc.

      En réalité, ce sont des illusionnistes qui jouent comme dans l’antiquité aux grands prêtres, et grâce à cela bénéficient de statuts spéciaux privilégiés, comme je le dis, ils attirent à eux les richesses, le pouvoir sur les autres, les honneurs, les femmes. En réalité ce sont des usurpateurs, ils ne sont que les gestionnaires apparents du Système. Ils accomplissent sa Loi. En clair je ne crois pas au volontarisme, ces gens n’agissent pas, ils sont agis par quelque chose qui les dépasse, par exemple par la logique financière, la logique du capital financier dans le cas qui nous occupe. Le cas qui crève les yeux, c’est Hollande qui a été élu en prétendant faire une politique et qui tout de suite s’est couché pour mener la politique imposée par le Système.

      2-D’une certaine façon, je retiens et je suis influencé par la notion de classe sociale de Karl Marx, laquelle avait une certaine utilité lors de la phase industrielle de notre système capitaliste. En particulier sous l’aspect de l’exploitation des travailleurs. Mais je fais glisser ce concept car la notion de classe n’est qu’une notion, pas une réalité. Et par ailleurs, l’exploitation de l’homme par l’homme n’est pas réservée au capitalisme industriel. Je soutiens que tout système même hors capitalisme industriel repose sur l’exploitation des uns par les autres. Le Système marchand actuel avec la prédominance de la publicité et du marketing est un système d’exploitation.

      Donc je pars des concepts marxistes, mais je ne les utilise que comme instruments, outils de raisonnement, je ne prétends pas qu’ils existent en tant que chose réelle. La notion de classe en général est utile, pour pointer des intérêts et comportements communs. Il est utile de parler de la classe des politiciens, par exemple, mais je ne dis pas que cela correspond à une réalité que l’on peut toucher. Idem pour l’exploitation, qui consiste en gros à priver les gens du sens de leur vie au profit des « dominants ».

      Vous voyez j’ai fait référence à Marx considéré comme à l’extrême gauche politique, mais en fait le concept de « classes dominantes » est beaucoup mieux explicité et adapté à notre époque et ce concept vient de quelqu’un que les idiots de la pensée ont classé à l’extrême droite, Pareto.

      Pour le moment je pense que le mieux est d’en rester aux notions intuitives et de les adapter en fonction du contexte. Les mots ont un sens à la fois horizontal en fonction du contexte et vertical en fonction de leur histoire et de l’histoire de la pensée.

      Peu à peu vous forgerez votre sens, à vous, le vôtre, et ce sera bien ainsi.

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      • Cher Monsieur Bertez

        Merci encore pour tous vos articles

        Ils sont dérangeants car trop proches de la vérité et sutout ils posent la question essentielle et inéluctable de la refonte transformation de ce système.

        Difficile de regarder cette réalité en face sans avoir peur car on se sent piégé encerclé par ce système, sans aucune issue de secours.

        La plupart des gens, trop occupés à survivre dans ce monde en transition qui engendre de perpétuels changements, incertidudes , pertes des repères sociaux, moraux, et de la valeur des actifs tous devenus financiers , du prix du travail de l’investissement non spéculatif, et de l’être humain ..
        Ils ont malheureusement tendance à faire confiance aux gouvernants pour trouver de nouvelles solutions sans prendre en compte les faits qui rendent toutes les promesses politiciennes iréalisables et frauduleuses.
        Les promesses sont vraiment l’opium des peuples et leur perte de pouvoir décisionnel .

        Le rouleau compresseur qui avance et doit faire table rase des dettes insuportables au vrai sens du terme, devient la seule effrayante issue possible, pour que ce système d’exploitations à des fins « commerciales » mercantiles, des masses , perdure.

        Renaître sur des cendres, détruire rapidement et brusquement toutes les promesse illusoires et mensongères de garanties des rentes, assurances ect.. et de promesse de valeur de la monnaie qui preserverait le pouvoir d’achat alors que la globalisation compétitive dans une économie de surcapacité généralisée , a accéleré les tendances destructrices par la recherche de rentabilité à TOUT prix , en faisant baisser les salaires au nom de la compétivité et remplançant les salaires par le crédit qui est devenue la véritable monnaie et la base de ce système financier.

        Et vous avez tellement raison car
        en instaurant la répression financière , la dévaluation de la monnaie, en s’octroyant le droit de décider quand et comment :
        le FMI, les banques centrales ont signés les divers accords (remaniés régulièrement afin d’être de plus en plus précis, performants pour resserer les mailles du filet) sur les bails in sans que personne ne conteste fortement le bien fondé de ces expropriations du bien privé, de la libérté de décider du placement ou pas, de ses avoirs personnels dans des actifs financiers y compris l’immobilier puisque plus RIEN n’est accessible ni autorisé en dehors de la sphére financière qui englobe la politique, toute l’économie mondiale, tous les échanges et décide du prix de tous les actifs

        Au nom de la restructuration (défauts) des dettes devenue inéluctable à cause du danger, croissant de l’incapacité à régler les intêrets des dettes (Minsky moment ) et donc de l’explosion du système qui ne survit plus que via:
        les manipulations financiéres de toutes sortes pour faire tenir , « inflater » perpétuellement les stocks markets et tenir les taux au plus bas ( pourvoyeurs de collatéraux indispensables pour augmenter les capacités d’endettement, soutien des actifs des caisses de penssions, assurances valeur immobilières ) afin de donner une image artificielle de croissance à l’aide de :
        acceptation de collatéraux pourris pour autoriser toujours plus de leverages, dérivés , comptabilités sans cesse remaniées pour éviter le market to market, le pouvoir indécent du »fractionnal reserve banking » de la « colatérisation » de tous les biens …ect
        Donc, afin d’éviter de tomber en dépréssion permanente à cause de la perte de confiance dans la capacité de croissance des actifs financiers et donc de cette « nouvelle » l’économie ( incapable de croître sans les liquidités des banques centrales dont ..personne de voudra plus en période déflationniste prolongée (liquidity trap).

        L’adaptation dont vous parlez et devenu le mot à la mode , le nouveau mantra avec fléxibilité relativité ect..des personnes obligées de participer et de s’intégrer sous la contrainte de la surcapacité globale , dans la « nouvelle?! » économie ,
        qui favorise la transition organisée vers une sorte de dictature « obligée » par les gouvernants de tous poils .

        Difficile à accepter la désillusion du manque d’échapatoires.

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      • j’ai déjà tenté de remonter jusqu’au racine du mal… une théorie semble réunir à elle seule toutes les théories d’historiens que j’ai pu écouter… puis les évènements, les agissements de ces « maitres » m’ont conduit aux Skull and Bones… à leur conception de la thèse et de l’antithèse… ce qui m’a impressionner dans mes recherches, c’est le fait de tomber sur de vieux écrits et de constater qu’ils sont en phase avec ce qu’on peut voir aujourd’hui..
        A prendre ou a laisser, c’est juste pour aider à « labourer »… 🙂

        Chacun peut apporter la pierre à l’édifice… et connaître son ennemi c’est mieux pour le combattre non ??

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    • Personnellement je pense que nous nous trouvons « entre les deux ».
      Etant donnée qu « ils » font partie de la même « classe », ces personnes se connaissent (je suppose que des classes différentes se mélangent rarement entre elles) puisque l’on est naturellement plus enclin à fréquenter des personnes de sa classe, non ? Je dirai presque que c’est humain?
      Ainsi, Ils cherchent à préserver leurs acquis coute que coute et se rencontrent probablement de façon plus ou moins régulière (comme partout, ça dépend avec qui on fait ami-ami).
      Je pense donc que vous avez raison sur le point
      « un assemblage hétéroclites se comportant de la même manière parce que faisant partie des même classes  » *mais* comme leurs stratégies sur le plan individuelles sont les mêmes, on a l’illusion qu’il pourrait s’agit d’un « complot » ou d’une stratégie « collective ».

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  2. Bonjour,

    Je vous remercie pour cette analyse qui réveille les neurones .

    Je m’interroge pour savoir si les taux zero pour l’épargne ne répondent pas à un autre souci, celui de faire disparaitre les promesses faites pour les retraites, notamment celles relevant de la capitalisation qui doivent faire face à un afflux de retraités

    Nous aurions ainsi une politique cohérente:faire disparaitre le cash et faire disparaitre une partie
    non négligeable des retraites

    Merci pour vos écrits

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    • Vous avez tout compris, en plein dans le mille, bien sur vous avez raison.

      « Il » faut, vous savez le fameux « il » impersonnel, inconnu, il faut qu' »ils » reprennent tout ce qu’ils ont du donner, lacher , dans la phase ou le communisme était une concurrence.

      Ils croient que c’est la fin de l’Histoire et ils en arrivent à se persuader qu’ils ont gagné. Ils n’ont pas compris qu’après le communisme, viendraient d’autres formes de refus et de révolte.

      Le communisme n’était qu’un moment de l’Histoire. Je crains, mais c’est une hypothèse hasardeuse, que le fondamentalisme religieux ne représente la force contestatrice majeure qui remplace le communisme vaincu. Même négativité, même barbarie, même idéologie jusqu’au-boutiste. Il est frappant de constater que dans les deux cas, ce sont ceux qui n’ont rien , qui sont prêts à tout sacrifier, qui mènent ce combat contre le Système dominant.

      Maintenant que le risque communiste a disparu, que les classes moyennes et inférieures ont subi une défaite historique, « ils » peuvent sans vergogne reprendre ce qui a été concédé. Retraites, sécurité sociale, éducation, loisirs etc

      A la faveur de la crise financière dont ils sont responsables, tout est permis. Grâce à la peur, la grande peur …

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  3. Vous avez raison de dire que les classes dominentent n’ont d’autre objectif que de faire en sorte de maintenir et améliorer leurs niveaux de vie même si cela doit nuire aux autres classes. La finance et la banque sont par example les deux classes qui prédominent dans le secteur économique et banquaire. Ils ont plus ou moins le même niveau de vie mais se sont des classes en concurence tout comme la classe politique. Mais vue les interets commun qu’ont entre elles les classes d’un même secteur. Il est concevable que les complotss inter classe ait fini par se transformer en alliance inter-secteur (banque/finance, energie, agro, exct). Que la fusion des classes en secteur plus ou moins dominents est eu lieu. Il ne reste que le role de la monnaie qui reste la variable d’ajustement entre les secteurs de production, secteur au sens géographique se cout ci. Il semblerait que les fusions intersectoriels de l’industrie ait aussi lieu dans les secteurs aussi diversent que la politiques, l’énergie exct …
    Si la fission dégage de l’énergie d’une maniére brutal, la fusion elle en absorbe. Seroins en trin de passer d’une économie de fission, concurence, a une économie de fusion, monopole.
    Une monnaie mondiale controler par un secteur unique, banque finance mondialisé.

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  4. Car le fait de tenter de chasser l`argent des depots par des taux negatifs peut effectivement determiner les possedants, habitues et a la recherche permanente de rendemet, a aller vers le risque et passer eux aussi a l`action.
    Au moins trois possibilites :
    Les assets finnanciers, avec des risques majeurs de pertes et donc recyclage du capital, quand on sais comment sont manipules les marches.
    L`utilisation pour investissements dans l`economie reele, creation d`entreprise, prise de participation, avec effets de relance economique, qui est un autre type de risque.
    Achats de biens durables et utilisables par le possedant. Avec le risque lie : l`impot et la degradation des biens dans le temps.
    Mais d`une maniere ou d`une autre on arrive a un recyclage des sommes deposees…
    La partie vertueuse de la situation creee et l`impulsion vers l`action des gens, peut etre leur reveil ! ?

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  5. Concernant le communisme et plus avant la guerre froide:
    le système financier actuellement est équilibré selon exactement la même logique que lors de la guerre froide:

    des forces disproportionnées
    des forces et capacités qu’il a fallu construire
    qu’il a fallu payer (aujourd’hui par endettement)
    des dépenses décrétées par les états sous contraintes (& les « maitres » des forges ;-), aujourd’hui rubin, den xiaoping …)
    qui ont généré des points de croissance
    qui sont maintenant obsolètes (une dette ou un bilan de la deutsche bank est une cristallisation du passé je crois que vous disiez / les stocks d’icbn)

    et il ne tient, en dépit du bon sens commun, que par la doctrine de l’époque du MAD ou mutual assurance destruction: si tu crashes deutsche bank je te crash JPM…si tu sors de l’euro je te mets -30% sur ton pib, si angela tu veux ton or j’emets des tbills et je dilue / crash la chine et tu pars avec)

    les maitres des forges (le complexe militaro industriel) a fait bcp d’argent même longtemps après que l’urss soit defoncée macroeconomiquement (1970?), Cuba étant sans doute une mascarade…)
    je me souviens de la phrase de gekko : »ah l’amour le truc qu’on a inventé pour empêcher les gens de se jetter par la fenêtre »: de la même façon si il n’y avait pas eu cette histoire de guerre froide (guerre) alors la croissance us aurait été anémique

    sinon cette histoire de crise permet de garder sous tension les peuples jusqu’à ce qu’un bloc rompt.

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  6. Détruire de la basse monétaire de la population libre de dette est bien un traitement à la Laval. le contraire d’une relance inflationniste.

    Je note aussi plusieurs choses:
    on dit que le montant des dettes explose.
    les gens regardent le cpi, les prix des marchés etc…

    pour l’instant force est de constater qu’il n’y a plus dette et qu’il n’y a plus de prix et plus de marché

    seule compte mv=pt et puisque la nouvelle voire même l’ancienne dette est parquée est que son v est 1(lorsqu’elle est achetée) ou 0
    qu’ensuite je vois mal la classe laborieuse accepter d’être payée avec de l’oat.
    alors du coup l’ inflation est 0

    donc il y a nous , les billets de banque , l’immobilier, certains stock (à certains prix de revient) le travail et l’or et bien à part eux (axa hollande bce..)
    Rien ne nous empêche de les bannir, de les chasser ou sinon une fois par an de les payer avec leurs euros.
    (nous mis à part les fonctionnaires,les retraités et les porteurs d’as vie: je n’ai aucun scrupule pour ces derniers avant le suffrage était censitaire, il l’est toujours dans les faits, ce sont eux qui ont construit la france de 2014: la seine st denis leur appartient lol)

    la dette n’existe plus tout comme la monnaie n’existe plus:
    la créance chinoise sur les états unis à été cramée à hauteur de 50%(?)en 5ans par la fed et il ne s’est rien passé lol
    la fed deal 80% des obli us sur ce qui est appelé le marché
    les grecs fonctionnent avec les billets
    je ne connais personne autour de moi qui se lève le matin pour recevoir à la fin du mois des oat
    Bill gross a pris 250m pour faire 25/50bp de plus sur son portefeuille alors que son portefeuille ne vaut absolument rien: en fait c’est 250m pour la fermer et faire le fermier général.
    si il y a un métier qui va disparaitre c’est gérant obligataire: je ne comprends pas comment on peut investir là dedans alors qu’en moyenne les dettes font 600%/PIB et que ca rapporte 0 LOL
    Il y a d’autres idiots utiles comme facebook (ainsi que le nasdaq dans son ensemble) dont un directeur francais a déclaré la semaine dernière que facebook considérait avoir inventé quelquechose de similaire à edison (tesla)…

    sur weimar:
    c’est possible et même souhaitable si les gouvernements ne sont pas virés, mais ama pas maintenant et en fin de course lorsqu’un membre etat est à bout de force et sort du jeu. Aujourd’hui même la bns a peggé le franc suisse à l’euro et fait donc un qe à la place de l’europe (je n’en reviens pas comment on a pu flinguer un si beau pays en si peu de temps)
    tous les etats impriment des signes sans aucune valeur, jusqu’a ce qu’ils se fassent virer

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  7. en fait je pense que tout est illisible, si cela l’était le mouvement serait deja amorcé
    ils existent encore bien des façons pour les bc de jouer
    (une petite hausse des tx à 3% pendant 2/3mois? c’est certain que cela relancerait l’inflation et de toutes facons il n’y aplus de dettes ou de marché alors ou est le probleme lol?)

    tout est illisible mais on sait que fondamentalement c’est mort
    (je rappelle comme souvent que le cac a explosé à la hausse en 1939 pendant l’invasion allemande: pour signifier qu’il est difficile de faire des pronostics avec de telles forces en jeu…)

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  8. ai terminé avec cette remarque sur le cac de 1939
    parce que le graphique du SP, avec son range , son attrition des volumes laissent à penser que c’est un graph d’insiders et que peut etre les us sont en train diplomatiquement de rendre le dollar non convertible en ? (lui même?=rapatrition aus us interdite, en oil?, en ?) c’est à dire de le mettre consciencieusement à la poubelle.

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  9. Bonjour M. Bertez,

    Votre analyse décrit bien l’évolution du système souhaitée voir encouragée par la classe kleptocrate. En fait vous décrivez le principe de la monnaie fondante.

    Cependant, je ne partage pas votre conclusion sur la linéarité du processus ou la viabilité d’un tel système.

    Car, comme vous le soulignez, c’est un système de signes qui s’opposent à la réalité. Cela veut dire, que cette évolution du système se traduit par un écart de plus en plus grand entre la sphère financière et la sphère réelle ou pour reprendre un slogan d’un ancien premier ministre, entre le monde/France d’en haut et le monde/France d’en bas.
    Si les crises économiques qui permettent de purger cet écart sont soigneusement ignorées ou évitées, l’écart n’en finit pas de grandir et la tension passe du domaine économique au domaine Politique (au sens souveraineté des peuples).
    A vouloir étouffer une crise économique, on aboutit à une crise politique voir géopolitique.

    Du point de vue de l’acteur économique individuel, pouvez-vous travailler et vivre avec vos économies en insécurité ?
    La réponse et non. Tout simplement parce que le travail coûte, qu’il est pénible par nature et que le premier réflexe du travailleur et de conserver le bénéfice de son labeur dans le temps. Avec une monnaie officielle fondante, les acteurs se tourneront vers une nouvelle monnaie privée ou vers le troc. Nul besoin de se tourner vers l’or comme monnaie privée, songez à la place qu’occupait la livre de beurre ou la bouteille d’eau vie comme moyen de paiement dans la France des années 40.

    Donc l’évolution du système actuel débouchera tôt ou tard sur une confrontation brutale et violente. Soit une rupture géopolitique du style embargo (énergétique ou matières premières) soit une rupture sociétale (émeutes urbaines et raciales).
    Ne pas oubliez en effet que les printemps arabes sont une conséquence des premiers QE de la FED (augmentation du prix des céréales en Égypte par exemple).

    Aussi, la réconciliation entre la sphère réelle et financière aura bien lieu. Malheureusement, elle sera violente.

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    • @M68KPPC

      Merci de votre billet.

      Relisez le et vous verrez que vous développez la même idée directrice que moi!

      Normal puisque vous empruntez le même canevas analytique.

      La convergence ressort parfaitement de votre membre de phrase:

      « l’évolution du système actuel débouchera tôt ou tard sur une confrontation brutale et violente. »

      Survolez les titres de mes papiers et vous le constaterez. Je pense que la réconciliation est mathématique. Et les PHD américains que je fréquentent pensent la même chose, les dettes ne seront jamais payées, elles seront détruites ou répudiées.

      La clef se situe dans ce qui est déterminant .

      « tot ou tard ».

      Relisez mon article ou je développe l’idée que les Maîtres ont compris quelque chose que le public ne comprend pas, le facteur temps.

      J’écris que les Maîtres détiennent le secret suprême, le secret du Temps. Ce secret fait qu’une chose peut être ainsi, aujourd’hui et son contraire demain.

      L’esprit du peuple voit des contradictions dans ce qui n’est qu’une succession d’états différents dans le temps.

      Si je prenais une comparaison financière, je dirais que l’esprit du peuple actualise, comme vous le faites, l’avenir à aujourd’hui , alors que les Maîtres ne rapportent pas l’avenir à aujourd’hui, ils gèrent la succession du temps.

      Les Maîtres « baisent » la finance vulgaire, classique car celle ci repose sur l’actualisation de l’avenir à aujourd’hui, alors que les Maîtres désactualisent , ils décortiquent en périodes successives.

      Le secret des Maîtres c’est la recherche à chaque fois d’un optimum de court terme, avec la thèse philosophique, marginaliste que tout, dans le monde est dérivable ( en terme mathématique) et que le long terme n’est qu’une succession de courts termes. C’est d’ailleurs le sens profond de l’affirmation de Keynes qui niait le long terme en affirmant avec humour, « dans le long terme nous serons tous morts ». L’analyse de l’importance de cette affirmation de Keynes est de la plus haute importance quand on doit démystifier l’action des gouvernants.

      On en revient d’ailleurs aux découvertes de Pareto sur les modes de gouvernement qui consistent à chaque fois non pas à avoir une vision de long terme, mais à rechercher l’optimisation du court terme au fur et à mesure que les problèmes se posent. ceci a été introduit en France par Giscard, il a le premier systématisé cette recherche d’optimisation de court terme.

      C’est fondamental et c’est pour moi l’un des éléments-clef de leur pouvoir.

      Il faut être capable de désactualiser pour échapper au pouvoir des Maîtres.
      Ce qui se traduit, vous concernant, par ceci, il faut sortir du « tôt ou tard » parce que c’est dans l’écart du « tôt » au « tard » que git leur pouvoir. Et que git votre erreur.

      Comme je sais cela , et que j’en ai fait une méthode de travail, je désactualise.

      Bien sur que je crois au krach final, mais ce sera bien tard. Et entre temps l’important est de ne pas fourvoyer les gens, c’est la raison pour laquelle, par exemple, je dis depuis fin 2012 et début 2013 que les actifs financiers ne font pas bulle. Ils ne font pas bulle tant que c’est le cash qui est surabondant, le cash qui fait bulle. Bien sur que la valeur réelle des actifs financiers va s’effondrer un jour, mais entre temps, leur prix monte! Et les Cassandre ruinent le public.

      Ils ont le pouvoir de retarder l’inéluctable et je m’y adapte, je cherche à comprendre comment ils vont retarder. et c’est là mon apport et mon originalité , décortiquer comment ils passent le cap du « tôt », pour retarder le « tard ».

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  10. Bonjour, ou bonsoir M Bertez,

    Vous dites ;
    « Ils ont le pouvoir de retarder l’inéluctable et je m’y adapte, je cherche à comprendre comment ils vont retarder. et c’est là mon apport et mon originalité , décortiquer comment ils passent le cap du « tôt », pour retarder le « tard ». »

    Tous les jours sur le net des sites annoncent que dans les six mois ou ….. l’année prochaine …. c’est l’année du krach final…. the economic big one ……
    Je ne peux pas m’empêcher de rire, au fur et à mesure les commentaires partent en sucettes et finissent pas tourner à l’hilare avec toujours le même concept qui revient, « le survivalisme », « préparez vous au pire, comment survivre pendant le krach etc….un commerce de suppositions parfois plus futiles les unes que les autres.
    Je ne dis pas qu’ils sont extravagants, certaines idées sont très intéressantes et ingénieuses, mais c’est cette croyance commune du moment, final, brutal, violent, qui est amusante, au fond, on ressent une sorte de souhait commun, une compétition de la prédiction qui dénature le vrai fond du sujet et au bout du bout conduira à l’essoufflement.

    Je ne sais plus sur quel sujet vous les appeliez les ‘idiots utiles ».
    C’est l’artefact et l’inoculation de la peur à petite dose, qui conduira inévitablement ceux qui le croient, à accepter cette situation lorsqu’ils y seront confrontés, épuisés par les annonces et le renouvellement semestriel d’une fin qui, somme toute arrivera lentement.

    Ils ont le pouvoir de retarder ?
    Bien entendu, ils ont les clés du camion et du coffre fort.

    Je partage aussi votre vision quand vous dites que, « ce qu’ils nous ont offert à crédit, ils vont nous le reprendre dans nos poches », notre épargne en l’occurrence.

    C’est déjà le cas, en France, avec l’épargne salariale dans laquelle, en prétextant comme fumigène, des avantages – accès simplifié pour tous et argument de « rentabilité », ils comptent piocher car petit a petit les gens, poussés économiquement à le faire, retirent leur argent du livret A.

    Moullande 1er en avait esquissé les contours lors de la conférence sociale, et Macron de continuer à prétendre qu’il faut toiletter la fiscalité des actions gratuites afin de la rendre plus attractive (pour qui ?).
    Il se sert pour cela d’une esbroufe bien connue, l’appuie et la concertation avec les partenaires sociaux dans le cadre du Copiesas, le Conseil d’orientation de la participation, de l’intéressement, de l’épargne salariale et de l’actionnariat salarié. (ça en jette comme acronyme)
    Une instance consultative (ça cache du lobby pour les « Sans dents ») composée « d’experts », de « hauts-fonctionnaires » et de « parlementaires », pour …….intégrés leur propositions dans le projet de loi.
    Il est là le message d’attractivité.
    Ceci est un des exemples de spoliation qui se prépare en France pour répondre à ceux à l’échelle de l’Europe.

    Je serai très certainement incapable de vous aider à comprendre, c’est bien trop complexe pour moi, mais vous M Bertez, m’apparaissait sincère dans votre démarche d’information et la qualité de vos analyses laissent penser que vous finirez par décortiquer patiemment ce mille feuille.
    Vous avez cette perception des choses car vous connaissez le fond du sujet, vous concevez quel est le défit, et qu’il en est un aussi et important pour vous, de pressentir ce qu’il se passe.

    J’espère juste que si vous découvrez un jour comment ils passent le cap du « tôt », pour retarder le « tard » vous en ferez part à vos lecteurs pour les éclairer à leur tour ?

    En tout cas merci de vos analyses.

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  11. Ah !
    M Bertez, terminer vos articles par un morceau est une particularité à laquelle je dois reconnaître être très attaché car vos choix sont de grande qualité.
    Pourriez vous un de ces quatre choisir un très bon groupe, Porcupine Tree « Arriving Somewhere But Not Here » me semblerait approprié, mais d’autres sont aussi très bons.
    J’essaierai, dès que mon temps me le permettra, de vous faire en échange, une petit montage photo. 😉
    Merci.

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