Arabie Saoudite

À quoi joue la maison des Saoud ?/ Le roi Abdallah laisse une Arabie saoudite en guerre/ Décapitations et coups de fouet: la routine saoudienne/ Le coup de force des chiites place le Yémen au bord du précipice

À quoi joue la maison des Saoud ? Par Pepe Escobar

La maison des Saoud se retrouve maintenant dans de bien beaux draps. Sa guerre du pétrole à haut risque pourrait éventuellement se retourner contre elle. La succession du roi Abdallah pourrait tourner au massacre. Son protecteur américain pourrait aussi changer d’attitude.

Commençons par le pétrole et une mise en contexte. L’approvisionnement en pétrole des USA a augmenté de quelques millions de barils par jour. Cette hausse est toutefois compensée par la baisse des exportations provenant de l’Iran et de Kirkouk, en Irak, et l’arrêt de la production en Libye et en Syrie. En gros, la stagnation et la récession en Europe et le ralentissement relatif de la Chine font en sorte que l’économie mondiale, pour le moment du moins, ne cherche pas à obtenir plus de pétrole.

Depuis 2011, l’Arabie saoudite inonde le marché pour compenser la baisse des exportations de l’Iran causée par la guerre économique que lui livrent les USA à coup de sanctions. Qui plus est, Riyad a empêché l’OPEP de réduire les quotas de production des pays membres. La maison des Saoud croit qu’elle peut laisser aller les choses, le temps que l’extraction par fracturation hydraulique, qui se fait surtout aux USA, soit inexorablement évincée du marché en raison de ses coûts trop élevés. C’est que les Saoudiens croient qu’ils reprendront des parts de marché.

Parallèlement, la maison des Saoud a de toute évidence bien du plaisir à punir l’Iran et la Russie pour leur soutien à Bachar al-Assad à Damas. La maison des Saoud a aussi une sainte horreur de tout accord sur le nucléaire éventuel entre les USA et l’Iran (il n’y a rien de moins sûr) menant à une détente à long terme.

Téhéran continue toutefois de tenir tête. La Russie n’a pas trop fait de cas de l’attaque, parce que la faiblesse du rouble fait en sorte que les revenus de l’État sont restés les mêmes, ce qui ne causera pas de déficit budgétaire. Quant à l’Asie de l’Est, assoiffée de pétrole dont la Chine, le plus gros client des Saoudiens, elle savoure la débandade le temps qu’elle dure.

Les prix du pétrole vont demeurer très bas pour l’heure. Cette semaine Goldman Sachs a réduit ses prévisions de 2015 pour le pétrole brut WTI et le Brent. Le Brent est passé de 83,75 $ à 50,40 $ le baril; le brut WTI de 73,75 $ à 47,15 $ le baril. Le prix du baril pourrait même atteindre 42 $ et 40,50 $. Jusqu’à l’inévitable reprise en V.

La firme Nomura Securities [1] s’attend d’ailleurs à ce que le prix du pétrole remonte à 80 $ le baril d’ici la fin de 2015.

PUNIR LA RUSSIE OU FAIRE FAILLITE

Au cours de l’entrevue indiquée au point [2], le président des USA, Barack Obama, a admis ouvertement qu’il souhaitait des perturbations touchant le prix du pétroleparce qu’il croyait que le président russe Vladimir Poutine aurait énormément de mal à les gérer. Voilà qui règle toute controverse à propos de la volonté de punir la Russie et de la collusion entre les USA et les Saoudiens, d’autant plus que John Kerry, le secrétaire d’État des USA, a donné son aval au roi Abdallah, à Djeddah, pour qu’il augmente la production de pétrole parallèlement à l’adoption d’une stratégie de coupure des prix.

Que Kerry ait sacrifié l’industrie américaine du gaz de schiste par ignorance ou incompétence (probablement les deux), n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est que si l’on avait sommé la maison des Saoud de reculer, elle l’aurait fait aussitôt. L’Empire du Chaos domine ses vassaux du golfe Persique, qui ne peuvent émettre le moindre soupir sans l’approbation implicite des USA.

Ce qui est beaucoup plus inquiétant, c’est que la bande au pouvoir à Washington ne semble pas défendre les intérêts nationaux et industriels des USA. Car en plus des mégas déficits commerciaux qui reposent sur la manipulation de la devise, c’est toute l’industrie pétrolière des USA qui risque d’être détruite par tout ce racket sur les prix du pétrole. N’importe quel analyste sensé interpréterait cela comme contraire à l’intérêt national des USA.

Chose certaine, l’accord de Riyad était de la musique aux oreilles des Saoudiens. Leur politique officielle a toujours été d’empêcher le développement de tout substitut éventuel au pétrole, y compris le gaz de schiste américain. Alors, pourquoi ne pas faire chuter les prix du pétrole et les maintenir bas assez longtemps pour rendre insensé tout investissement dans le gaz de schiste?

Il y a cependant un énorme problème. La maison des Saoud ne va pas tirer assez de revenus du pétrole pour boucler son budget annuel à moins de 90 $ le baril. Faire mal à l’Iran et à la Russie est peut-être bien réjouissant, mais ce l’est beaucoup moins quand son propre portefeuille cousu d’or s’en ressent.

Les perspectives à long terme tendent vers un redressement des prix. Le pétrole peut être remplacé dans bien des cas, mais il n’y a pas encore de solution de rechange au moteur à combustion interne. Donc peu importe ce que l’OPEP fait, son objectif est de préserver la demande de pétrole par opposition aux substituts aux hydrocarbures, et de maximiser le rendement d’une ressource limitée. Pour résumer, oui, il s’agit bien d’une pratique de fixation des prix déloyale.

Là encore, un vecteur aussi crucial qu’immense vient compliquer les choses. La maison des Saoud et les autres pays producteurs du golfe Persique ont beau inonder le marché,  c’est Goldman Sachs, JP Morgan et Citigroup qui font le sale travail dans l’ombre au moyen des contrats à terme sur les produits dérivés à effet de levier.

Les prix du pétrole constituent un racket tellement opaque que seules les grandes banques de négoce du pétrole, comme Goldman Sachs ou Morgan Stanley, ont une petite idée de qui achète et de qui vend les contrats à terme ou les contrats de produits dérivés, ce qu’on appelle le pétrole papier. L’absence de règles qui caractérise ce casino multimilliardaire contient tous les ingrédients d’une bulle spéculative, avec l’aide des amis qui gèrent les pompes à pétrole du Golfe. Avec les marchés des contrats à terme sur le pétrole et les bourses de Londres et de New York qui monopolisent les contrats à terme, ce n’est plus l’OPEP qui contrôle les prix du pétrole. C’est Wall Street. C’est cela le grand secret. La maison des Saoud peut se bercer de l’illusion qu’elle a le contrôle. Mais il n’en est rien.

UN MARIAGE DYSFONCTIONNEL

Comme si tout ça n’était pas assez confus, voici propulsée au-devant de la scène la question cruciale de la succession de la maison des Saoud. Âgé de 91 ans, le roi Abdallah s’est retrouvé hospitalisé à Riyad pour une pneumonie la veille du jour de l’An, obligé de respirer à travers un tube. Il pourrait – ou non, il s’agit ici de la secrète maison des Saoud – avoir un cancer du poumon. Il n’en a plus pour très longtemps. Le fait qu’il soit acclamé commeréformateur progressif dit tout ce qu’il y a à savoir sur l’Arabie saoudite. La liberté d’expression dites-vous? Vous voulez sans doute rigoler [3]!

Alors, qui sera le prochain? Le premier dans l’ordre de succession devrait être le prince héritier Salman, âgé de 79 ans, qui est aussi le ministre de la Défense. Il a été gouverneur de la province de Riyad durant 48 longues années. C’est ce même faucon authentique qui supervisait la multitude de dons privés versés aux moudjahidines afghans lors du djihad des années 1980, avec l’aide des prêcheurs wahhabites purs et durs. Au nombre de ses fils, on compte le gouverneur de Médine, le prince Fayçal. Nul besoin d’ajouter que la famille Salman contrôle virtuellement la totalité des médias saoudiens.

Pour mettre la main sur le Saint Graal, Salman doit s’en montrer digne. Ce n’est pas gagné d’avance. D’autant plus qu’Abdallah, qui a la peau dure, a déjà survécu à deux de ses princes héritiers, Sultan et Nayef. Les choses semblent plutôt mal se présenter pour Salman : il a subi une chirurgie vertébrale et un accident vasculaire cérébral, et – très opportunément – il souffrirait peut-être de démence.

Ce qui n’augure rien de bon non plus pour Salman, c’est que peu après avoir été promu au poste de sous-ministre de la Défense, on lui a montré la porte, car il s’était compromis dans l’atroce jeu djihadiste de Bandar Bush en Syrie.

Quoi qu’il en soit, Salman a déjà un successeur en la personne du second vice-premier ministre, le prince Moqren, ancien gouverneude la province deMédine et alors chef du renseignement saoudien. Moqrenest très, très proche d’Abdallah. Moqren semble être le dernier fils capable d’Ibn Saoud, capable étant ici bien sûr une figure de style. En fait, le vrai problème arrivera quandMoqredeviendra prince héritier. Car alors, le prochain dans l’ordre de succession sera choisi parmi les petits fils d’Ibn Saoud.

Ce qui nous amène aux princes dits de la troisième générationdes gars pour le moins pas très doux. Leprincipal dentre eux nest nul autre queMitaeb bin Abdallah, 62 ans, le fils du roi; et là on peut crier au népotisme. Tel un seigneur de la guerre, Mitaeb contrôle son propre détachement au sein de la garde nationale. Certaines de mes sources m’ont dit que Riyadest inondée de rumeurs voulant que Abdallah et Moqrenaient conclu un accord : Abdallah s’arrangerait pour queMoqren devienne roi, et Moqreferait en sorte queMitaeb devienne prince héritier. Une fois encore, commeil sagit ici de la secrète maison des Saoud, le mantra hollywoodien est de mise : personne ne sait rien.

Les fils d’Abdallah sont partout : gouverneur de la Mecque, sous-gouverneur de Riyad, sous-ministre des Affaires étrangères, président du Croissant rouge saoudien. C’est la même chose du côté des fils de Salman. Mais il y a aussi Mohammed ben Nayef, fils du défunt prince héritier Nayef, devenu ministre de l’Intérieur en 2012 et responsable des questions ultrasensibles de sécurité intérieure, que les mesures répressives presque tous azimuts ne rebutent pas. Il est le principal concurrent de Mitaeb parmi les princes de troisième génération.

Oubliez donc l’unité familiale, surtout lorsqu’un butin aussi juteux est en jeu : un faux pays qui n’est en fait qu’une hacienda pétrolifère. Malgré tout, celui qui héritera du butin se retrouvera devant un gouffre et la même litanie de cris de détresse : chômage à la hausse, inégalité abyssale, divisions sectaires épouvantables, djihadisme sous toutes ses formes – sans parler, et ce n’est pas la moindre des choses, du faux Califat d’Ibrahim en Syrak, qui menace déjà de marcher vers la Mecque et Médine. N’oublions pas non plus l’effroyable Conseil des oulémas digne de l’époque médiévale (ces gars qui adorent fouetter, amputer et décapiter), la dépendance totale vis-à-vis du pétrole, la paranoïa sans limites vis-à-vis de l’Iran et une relation qui bat de l’aile avec la Voix de son Maître, les USA.

La famille royale se prépare soigneusement à un saut de génération Par Etienne Dubuis

Le trône a passé une fois de plus d’un demi-frère à un autre. Mais la génération au pouvoir arrive en bout de course

Le royaume saoudien possède des règles de succession tout à fait originales. Contrairement aux autres monarchies du Golfe où le pouvoir se transmet classiquement de père en fils, il fonctionne selon un modèle «adelphique», qui prévoit que le trône passe de frère en frère, ou de demi-frère en demi-frère, jusqu’à «épuisement» de chaque génération. Salmane a ainsi succédé à son demi-frère Abdallah, qui avait lui-même suivi ses demi-frères Fahd, Khaled, Fayçal et Saoud depuis le décès de leur père, le fondateur du pays, Abd el-Aziz al-Saoud, en 1953.

Une autre caractéristique du modèle saoudien est la recherche constante du consensus au sein de la famille régnante. Une aspiration qui s’est traduite il y a quelques années par la création d’un «Conseil d’allégeance» chargé d’élire les souverains et de désigner leurs successeurs. L’institution est constituée de 35 princes, soit de 16 fils et de 19 petits-fils d’Abd el-Aziz, censés représenter leur parentèle et prendre toutes les décisions importantes en concertation, sinon à l’unanimité.

«Salmane a été choisi pour sa capacité à maintenir un équilibre au sein de la famille royale», observe Djilali Benchabane, chercheur associé à l’Institut Prospective & Sécurité en Europe. Un équilibre délicat à rechercher continuellement entre les descendants des nombreuses femmes d’Abd el-Aziz. Or, le nouveau roi présente de ce point de vue un excellent profil. Membre du puissant clan des Soudaïri, il a aussi les faveurs du clan d’Abdallah, qu’il a fidèlement servi ces dernières années comme prince héritier. De plus, le déclin physique de son prédécesseur lui a donné maintes occasions de prouver ses talents de médiateur.

La transition s’est déroulée d’autant plus calmement qu’Abdallah avait soigneusement préparé sa succession. Après avoir choisi Salmane comme prince héritier en 2012, il a désigné il y a quelques mois le plus jeune de ses demi-frères, Moqren, issu d’un autre clan encore, comme «futur prince héritier». Dans les heures qui ont suivi son décès, Salmane est devenu roi et Moqren prince héritier, comme prévu. La principale nouveauté a été l’intronisation d’un prince de la troisième génération, Mohammed, comme «futur prince héritier».

Salmane pourrait bien n’être qu’un monarque de transition cependant. Il est âgé de 79 ans et présente une santé fragile. «Avec son intronisation s’ouvre une ère d’important changement, assure Djilali Benchabane. Un saut générationnel se prépare.» Un saut qui présente des risques de dérapage, après plus de 60 ans de transferts de pouvoir entre demi-frères. Mais cette évolution permet d’espérer la réalisation de réformes que les fils d’Abd el-Aziz n’ont pas osé, ou pas su, mener à bien.

L’urgence grandit. Le royaume doit relever des défis considérables. Extérieurs bien sûr avec le rapprochement de son protecteur principal, les Etats-Unis, avec son pire ennemi, l’Iran, et le développement de forces djihadistes hostiles à ses frontières, au nord, en Irak, comme au sud, au Yémen. Mais les difficultés sont aussi intérieures. Le pays souffre d’un taux élevé de chômage, de l’ordre de 25 à 30%. Et il connaît une explosion démographique, qui se traduit par un fort rajeunissement de la population (près de la moitié des Saoudiens a moins de 25 ans). «Une partie de la jeunesse, marquée par le Printemps arabe, est en effervescence, confie Djilali Benchabane. Si l’Etat ne répond pas à ses attentes, le consensus qui lie la famille régnante et la population sur fond de partage des ressources pourrait bien éclater. Le danger s’est accru avec la chute du prix du pétrole, qui restreint les capacités de redistribution.»

Les petits-fils d’Abd el-Aziz se montreront-ils plus réformateurs que leurs parents? «Cette génération a étudié dans les meilleures universités et se sent à l’aise dans la modernité, assure Djilali Benchabane. Mais il s’agit moins de savoir si elle aspire au changement que si, arrivée aux affaires, elle possédera la marge de manœuvre nécessaire pour le conduire.» Il sera, là aussi, question d’équilibre. Non plus entre les différents clans de la famille régnante mais entre la famille ­régnante et quelques alliés indispensables, tel le clergé local, connu pour son ultraconservatisme.

La famille royale n’est peut-être pas aussi solide qu’elle le paraît. La culture du consensus a abouti à une large distribution des responsabilités et des ressources entre ses clans. Si de graves désaccords devaient apparaître un jour en son sein, c’est autant de centres de pouvoir qui pourraient soudainement surgir et s’affronter.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0d4755cc-a346-11e4-b189-26eecf90f1b5/La_famille_royale_se_pr%C3%A9pare_soigneusement_%C3%A0_un_saut_de_g%C3%A9n%C3%A9ration

QUAND APPELLERONT-ILS LA CAVALERIE ?

Comme par hasard, il se trouve que les Maîtres de l’Univers, les vrais, ceux de l’axe Washington-New York, débattent justement de l’érosion de cette relation, ceux de la maison des Saoud n’ayant quant à eux personne d’autre à qui s’adresser que des guignols, des sous-fifres de Bush II à Kerry tout au plus, et ce, à l’occasion. Je soutiens dans cette analyse que toute promesse faite par Kerry à la maison des Saoud en échange de sa coopération pour mettre à mal l’économie de la Russie ne signifie absolument rien.

Les grondements qui se font entendre du côté du territoire des Maîtres de l’Univers laissent croire que tôt ou tard la CIA pourrait se retourner contre la maison des Saoud. Si cela devait se produire, la seule façon pour la maison des Saoud d’assurer sa survie serait de se faire amie avec nulle autre que Moscou. Voilà qui met en lumière une fois de plus la trajectoire suicidaire sur laquelle s’est engagée la maison des Saoud en tentant de s’attaquer à l’économie russe.

Comme quiconque demeure inexorablement étranger devant l’opacité totale de la maison des Saoud, il existe un courant d’analyse voulant que ses membres sachent ce qu’ils font. Ce qui n’est pas nécessairement le cas. La maison des Saoud semble croire que le fait de plaire aux néoconservateurs des USA améliorera sa position à Washington. Mais cela ne se produira tout simplement pas. Les néoconservateurs demeurent obsédés par le fait que la maison des Saoud aide le Pakistan à mettre au point ses missiles nucléaires, dont certains – et encore une fois, cela reste ouvert aux spéculations – pourraient même être déployés sur le sol saoudien à des fins défensives contre lamenace mythique iranienne.

C’est confus? Le mot ne suffit même pas à donner une petite idée de la situation. Mais une chose est certaine : quel que soit le jeu auquel la maison des Saoud croit se livrer, elle aurait tout intérêt à commencer à parler sérieusement avec Moscou. Souhaitons seulement qu’elle n’envoie pas de nouveau Bandar Bush en mission en Russie.

Par Pepe Escobar Le 19/1/2015

http://lesakerfrancophone.net/a-quoi-joue-la-maison-des-saoud/

Traduit par Daniel et Jacques pour Le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.net/a-quoi-joue-la-maison-des-saoud/

Source : What game is the House of Saud playing? RT, 17-01-2015

Notes

[1] Saudi Will Win the Price War, Oil to Rebound 50% by December : Nomura, Barron’s Asia, 13-01-2015

[2] Transcript : President Obama’s Full NPR Interview,NPR, 29-12-2014

[3] Saudi blogger faces next 50 lashes as government ignores global protests, The Guardian, 14-01-2015

 Le roi Abdallah laisse une Arabie saoudite en guerre

Le Royaume mène le conflit sur tous les fronts contre l’Iran chiite. Mais il est aussi directement menacé par les radicaux sunnites de l’Etat islamique

Il y a quelques mois, le roi Abdallah claquait la porte du Conseil de sécurité de l’ONU, au sein duquel son pays avait pourtant le droit de siéger pendant un semestre. Le motif: protester contre «l’impuissance» des Nations unies à mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie. 

Le roi Abdallah, mort vendredi, quitte une Arabie saoudite qui se sent elle-même plongée dans une guerre sans merci. La Syrie? Ce n’est que l’un de ses fronts. Le régime du président syrien Bachar el-Assad n’est vu que comme une simple marionnette d’un ennemi autrement plus dangereux et menaçant: l’Iran, ce «serpent» dont Abdallah invitait ses alliés américains à «couper la tête». 

Gardienne des deux principaux lieux de l’islam, la maison des Saoud, aura eu fort à faire ces dernières années pour combattre tous ceux qui tirent parti d’un même type de légitimité. 

Les Frères musulmans ont été délogés d’Egypte au motif qu’ils affichaient une telle assise religieuse. Mais pour Riyad, l’Iran chiite reste largement en tête de liste. 

La guerre est partout: en Syrie, où le chiisme s’appuie sur le régime alaouite; mais aussi au Liban, où règne en maître le Hezbollah pro-iranien. A sa frontière même, l’Arabie saoudite d’Abdallah n’a pas hésité une seconde pour remettre au pas la population chiite de Bahreïn, immédiatement soupçonnée de faire elle aussi le jeu des Iraniens. «La lutte contre l’Iran chiite est devenue une obsession», note David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS). Dernier front en date: le Yémen, qui semble s’acheminer de plus en plus sûrement vers un conflit meurtrier entre les chiites Houthis, nichés eux aussi à la frontière de l’Arabie saoudite, et les tribus sunnites alliées au président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui est au demeurant étroitement contrôlé par Riyad. 

Cette guerre frontale contre le chiisme a amené l’Arabie saoudite du roi Abdallah à jouer une nouvelle fois avec le feu. En Syrie et au Liban, il ne fait pas de doute que Riyad a contribué, de manière directe ou indirecte, à «islamiser» l’opposition sunnite au régime de Bachar el-Assad et à ses alliés chiites. Actuellement, l’Arabie saoudite soutient un groupe dénommé Jaysh al-Islam (l’armée de l’islam), qui tente de faire pièce aux djihadistes de l’Etat islamique. Mais les alliances, en Syrie, sont mouvantes, et les armes passent facilement de main en main. 

Intégrant la coalition internationale contre l’Etat islamique, l’Arabie saoudite n’a pas répondu seulement aux vœux des Etats-Unis, qui mènent cette coalition. Elle semble aussi avoir pris la mesure d’un danger qui la menace directement. 

Partant d’Irak, les combattants de l’Etat islamique ont attaqué en début d’année un poste frontière, tuant trois personnes, dont un haut gradé saoudien. C’est une première. 

Il y a une dizaine d’années, l’Arabie saoudite avait déjà commencé de sévir très violemment contre les sympathisants d’Al-Qaida qui la menaçaient de la même manière. D’un point de vue strictement militaire, il est clair que le Royaume a les moyens de se prémunir contre toute velléité de l’Etat islamique de porter les combats à proximité des lieux saints. D’ores et déjà, le Royaume a innové en mettant sur pied des camps de «déradicalisation» visant à ramener à la raison, à coups de dizaines de millions de dollars, ses propres ressortissants partis combattre en Irak ou en Syrie. 

Toutefois, la lutte semble perdue du point de vue de l’idéologie. L’Etat islamique, qui possède de faramineuses ressources propres et n’a pas besoin du soutien des Saoud, s’appuie sur les mêmes références religieuses que les plus puristes des salafistes saoudiens. Une même haine des chiites les unit. A supposer que l’Etat islamique perdure, personne en Arabie saoudite ne doute que le «califat» autoproclamé de l’Etat islamique cherchera à s’emparer de la Mecque et de Médine. C’est une question de temps. 

Sur tous ces fronts, le roi Abdallah n’avait pas la tâche facile. Avant de disparaître mystérieusement du paysage, c’est l’homme de l’ombre du régime saoudien, Bandar ben Sultan, qu’il avait chargé de concilier tous ces contraires. L’homme aurait déployé un zèle coupable: on suspecte qu’il aurait fait la part trop belle à l’Etat islamique en Syrie, ce qui aurait valu la colère américaine. 

Pour le successeur d’Abdallah, la lutte contre l’Etat islamique sera donc pratiquement une question de survie. Mais dans la guerre déclarée contre l’Iran chiite, le prince Salmane aura toutes les peines du monde à continuer de mobiliser les extrémistes sunnites sans qu’ils ne tombent dans le camp ennemi de l’Etat islamique ou d’Al-Qaida.

En tant que héraut du monde sunnite, le royaume wahhabite voit aussi d’un très mauvais œil les négociations entre l’Occident, la Russie, la Chine et Téhéran sur le programme nucléaire iranien. Ennemi juré de l’Arabie saoudite, l’Iran chiite pourrait rebattre les cartes en cas d’accord global et porter un coup à la puissance régionale saoudienne. Illustrant l’animosité entre Riyad et Téhéran, un câble diplomatique révélé par WikiLeaks en 2010 faisait état d’une discussion entre l’ambassadeur aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir, et des responsables américains où le premier déclarait: «Abdallah vous a dit qu’il fallait couper la tête du serpent.» La métaphore laissait entendre que Washington devait attaquer l’Iran.

Le Printemps arabe fut aussi une pomme de discorde entre Saoudiens et Américains. En 2011, Riyad a mal pris le lâchage du président égyptien Hosni Moubarak par la Maison-Blanche et le soutien (modéré) de Washington au président Mohamed Morsi issu des Frères musulmans. Il a aussi déploré que l’Amérique n’ait pas soutenu avec vigueur le coup d’Etat orchestré par le général Abdel Fattah al-Sissi, garant d’un retour à une stabilité relative. L’Arabie saoudite n’a pas fait que protester. Elle a versé des milliards de dollars afin de marginaliser l’aide de 3 milliards que Washington garantit chaque année à l’Egypte, pour notamment maintenir le traité de paix entre Le Caire et Israël.

Plus récemment, beaucoup se sont demandé outre-Atlantique si l’Arabie saoudite ne menait pas une guerre contre le pétrole de schiste aux Etats-Unis, en maintenant une production élevée alors que le prix du baril d’or noir s’effondre. Certains experts refusent toutefois cette hypothèse, relevant que le bas prix du pétrole frappe bien davantage des concurrents directs de Riyad, la Russie et surtout l’Iran. Mais il est certain que la révolution énergétique américaine, qui a permis aux Etats-Unis de réduire sensiblement leurs importations d’or noir, a des conséquences qui pourraient influer fortement sur la relation entre Washington et Riyad. Les Américains pourraient avoir moins besoin de leur allié saoudien. A l’inverse, pour l’Arabie saoudite, qui importe pour 97 milliards de dollars d’armements des Etats-Unis, le parapluie sécuritaire américain n’a pas trouvé d’alternative. Il reste nécessaire. Quant au non-respect des droits de l’homme par Riyad, l’Amérique proteste, mais timidement.

PAR LUIS LEMA/ PAR STÉPHANE BUSSARD le Temps 24/1/2015

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/493c8aac-a346-11e4-b189-26eecf90f1b5

Décapitations et coups de fouet: la routine saoudienne

PAR SIMON PETITE/ Le TEMPS 24/1/2015

La situation des droits de l’homme en Arabie saoudite s’est aggravée depuis le Printemps arabe Annoncé comme un réformateur à son arrivée sur le trône, le roi Abdallah a réprimé toute contestation après le Printemps arabe. La ligne dure devrait se poursuivre

Le 9 janvier, le blogueur Raif Badawi recevait 50 coups de fouet devant la foule à Djeddah. Le dissident devait en endurer 50 autres cette semaine. Il a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, échelonnés sur vingt semaines, pour «insulte à l’islam». Mais des médecins ont une nouvelle fois repoussé cette seconde session. Il risquait de ne pas y survivre. Une semaine plus tard, la vidéo de l’exécution au sabre d’une femme accusée de meurtre était postée sur YouTube.

La cause paraît entendue. L’Arabie saoudite n’a rien à envier à l’Etat islamique, que le Royaume combat au sein de la coalition menée par Washington.

«Les deux situations ne sont pas comparables», tempère Adam Coogle, spécialiste de l’Arabie saoudite pour Human Rights Watch (HRW). «L’Etat islamique procède à des exécutions de masse d’opposants ou parmi les chiites. Rien de tel dans le Royaume wahhabite.» L’Arabie saoudite est toutefois l’un des pays qui recourent le plus à la peine de mort, après la Chine et l’Iran. En 2014, 87 personnes ont été exécutées, selon HRW, un chiffre stable par rapport aux années précédentes. Depuis janvier, 13 autres ont subi le même sort, dont plusieurs auraient été décapitées. La plupart des condamnés à mort étaient accusés de crimes de sang et près de la moitié des exécutions ont visé des étrangers, la majorité des résidents.

Promesses évanouies

Et dire que le roi Abdallah s’était présenté comme un réformateur lorsqu’il est monté sur le trône en 2005. «Les flagellations et les décapitations n’ont jamais cessé. Sauf que les images des coups de fouet contre Raif Badawi et celles de la femme exécutée ont fait le tour du monde», analyse Adam Coogle. Un policier accusé d’avoir filmé l’exécution aurait été arrêté. L’Arabie saoudite ne semble pas prête à renoncer à ces châtiments d’un autre âge, vus comme essentiels au maintien de l’ordre. Mais il ne faut pas que cela se sache à l’étranger.

L’an dernier, au Conseil des droits de l’homme, un diplomate saoudien avait interrompu une ONG parce qu’elle mentionnait le cas de l’avocat Waleed Abu al-Khair, condamné à 15 ans de prison pour avoir critiqué la dynastie des Saoud. «Ces dernières années, les persécutions contre les dissidents ont empiré», poursuit Adam Coogle. Raif Badawi, lui, animait un site – Liberal Saudi Network – prônant une ouverture démocratique. Les promesses de réformes du souverain se sont évanouies après le Printemps arabe de 2011. Les Saoud ont eu peur que la contestation se propage chez eux.

C’est ainsi qu’il faut comprendre l’expulsion sans ménagement de centaines de milliers de travailleurs étrangers ces deux dernières années: Ethiopiens, Yéménites, Philippins… Le Royaume wahhabite voulait réduire le chômage des jeunes Saoudiens, par crainte de troubles sociaux.

La ligne dure contre toute contestation devrait se poursuivre. L’une des premières décisions du nouveau roi Salmane est d’avoir maintenu et promu comme second héritier du trône le ministre de l’Intérieur, le prince Mohammed ben Nayef, grand artisan de la lutte antiterroriste, qui sert de prétexte à toutes les répressions.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8e6d4d76-a32f-11e4-b189-26eecf90f1b5/D%C3%A9capitations_et_coups_de_fouet_la_routine_saoudienne

La flagellation du blogueur Raef Badaoui à nouveau reportée

PAR AFP 22/1/2015

Une commission médicale a estimé que les blessures du blogueur Raef Badaoui n’avaient toujours pas suffisamment cicatrisé pour permettre une deuxième séance de coups de fouet. L’indignation mondiale ne faiblit pas

La flagellation pour «insulte à l’islam» du blogueur saoudien Raef Badaoui, qui a soulevé une vague d’indignation dans le monde, doit de nouveau être reportée vendredi sur avis d’une commission médicale, a indiqué jeudi Amnesty International.

«La flagellation prévue de Raef Badaoui doit être reportée vendredi après qu’une commission médicale a estimé (jeudi) qu’il ne pouvait pas subir de coups de fouet pour des raisons de santé», a affirmé l’ONG dans un communiqué.

  1. Badaoui, 31 ans, a été condamné en novembre à dix ans de prison, une amende de 1.000 riyals (266.000 dollars) et 1.000 coups de fouet répartis sur 20 semaines. Il avait reçu ses premiers 50 coups de fouets le 9 janvier devant une mosquée de Jeddah (ouest de l’Arabie saoudite).

La semaine dernière, la suite de sa flagellation avait été reportée car les plaies des premiers coups de fouet n’avaient pas suffisamment cicatrisé, selon son épouse et Amnesty International.

L’épouse du blogueur, Ensaf Haidar, avait indiqué à l’AFP la semaine dernière avoir appris que le cas de Raef Badaoui avait été «renvoyé par le Tribunal royal à la Cour suprême il y a presque un mois», ce qui pourrait ouvrir la voie à un appel.

Selon Amnesty, la commission médicale, composée de huit médecins, a examiné Raef Badaoui jeudi dans un hôpital de Jeddah et conclu qu’il ne pouvait pas recevoir de nouveaux coups de fouet.

«Mais il n’y a aucun moyen de savoir si les autorités saoudiennes vont ignorer cet avis médical et ordonner la poursuite de la flagellation», écrit dans le communiqué Saïd Boumedouha, directeur adjoint d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord.

Amnesty International a appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de Raef Badaoui «au lieu de continuer à le harceler en faisant durer son épreuve».

 Le coup de force des chiites place le Yémen au bord du précipice

PAR LUIS LEMA/Le Temps 22/1/2015

Au terme de trois jours de violences, un accord de sortie de crise a été trouvé au Yémen Au terme de trois jours de violences, un accord de sortie de crise a finalement été trouvé à Sanaa. Mais jamais le pays n’avait été si proche du chaos

Le Yémen? L’un des pays les plus pauvres du monde arabe et, aussi, un berceau historique de l’islamisme, puisque la famille Ben Laden provient du village yéménite de Ribat-Ba’achn. Mais un pays dans lequel le jeu compliqué des appartenances tribales maintenait jusqu’ici un certain équilibre interne, rendant plus difficile toute montée aux extrêmes.

Ce tableau traditionnel est en train d’exploser. Même si l’épisode s’est conclu mercredi (temporairement?) sur un accord de sortie de crise, les miliciens chiites d’Ansaruallah avaient auparavant mené ce qui s’apparentait clairement à un coup d’Etat. Lors de combats qui ont fait au moins 35 morts, les forces d’Ansaruallah, aussi appelées les «houthistes» (leurs chefs appartiennent à la famille Al-Houthi), avaient pris possession ces jours du palais présidentiel de Sanaa et provoqué la fuite du premier ministre. Parmi d’autres revendications, ils continuent d’exiger une division territoriale du pays en deux provinces, dont ils contrôleraient celle du nord. Une exigence qui, malgré l’accord d’hier, pourrait signifier un éclatement pur et simple du pays.

«Potentiellement, nous sommes placés devant une bombe, estime David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS). Jamais encore le Yémen n’avait ainsi été à la merci des puissances régionales pour devenir leur terrain de jeu.»

Les Houthis chiites sont minoritaires à l’échelle du Yémen. Mais ils sont largement majoritaires dans le nord. Leurs imams ont contrôlé le pays durant des siècles, mais voilà des décennies qu’ils se sentent discriminés par le pouvoir de Sanaa. Il y a dix ans, ils prenaient les armes et s’ensuivait une série de guerres meurtrières. Mais le «jeu des tribus» (encore lui) venait à la fois troubler le paysage et apaiser les ardeurs. Les larges tribus comprenaient aussi bien des chiites que des sunnites. L’appartenance confessionnelle n’était qu’un facteur parmi beaucoup d’autres.

Aujourd’hui, le panorama est différent. En Syrie, en Irak, au Liban, l’opposition entre chiites et sunnites s’est transformée en une guerre sans merci. «Les ingérences externes se superposent aux enjeux purement yéménites», résume David Rigoulet-Roze.

Il ne fait plus de doute que l’Iran chiite est aujourd’hui présent derrière les Houthis. Et il est clair que, pour l’Arabie saoudite, bastion du sunnisme le plus orthodoxe, il est impensable d’assister en simple spectateur à la progression de son ennemi chiite à sa frontière.

D’ores et déjà, l’Arabie saoudite a entrepris la construction d’un mur à la frontière du Yémen, comme elle l’a fait pour se protéger des chiites irakiens. Pour Riyad, les demandes d’Ansaruallah sont d’autant plus inacceptables qu’elles s’accompagnent de la volonté de bénéficier d’un accès à la mer. Les Houthis sont traditionnellement un peuple des montagnes. Leur exigence n’est, aux yeux des Saoudiens, qu’une manière de garantir une porte ouverte à l’Iran en «Arabie heureuse», la péninsule Arabique.

La République islamique cherche-t-elle à prendre en tenaille son ennemi saoudien? Tandis que les fronts ne cessent de se durcir, nombreux sont ceux qui voient se transformer Ansaruallah en une sorte de Hezbollah libanais, soit un avant-poste des intérêts iraniens. L’ardeur avec laquelle les pays du Golfe ont dénoncé le coup de force des Houthis et proclamé leur soutien au président Abd Rabbo Mansour Hadi montre assez que les craintes saoudiennes sont partagées dans la région.

Sur leur drapeau, les Houthis affichent clairement leur mot d’ordre: «Dieu est grand. Mort à l’Amérique, mort à Israël, la malédiction pour les juifs, la victoire pour l’islam.» Cette formule n’a été jusqu’ici qu’incantatoire, et jamais les «houthistes» ne sont passés à l’acte sur ce terrain-là. Mais à nouveau contexte international, nouveau brassage des cartes…

Et face à cette nouvelle excroissance de «l’arc chiite»? «C’est presque mécanique: une montée en puissance des Houthis s’accompagnera d’un renforcement d’Al-Qaida», souligne David Rigoulet-Roze. Comme l’a rappelé la récente attaque contre Charlie Hebdo, Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) est aujourd’hui la «franchise» la plus puissante de la nébuleuse terroriste. Le danger que représente, aux yeux des extrémistes sunnites, une avancée des ennemis chiites aurait déjà provoqué l’arrivée de centaines de djihadistes venus en renfort.

Paradoxe ultime: c’est sur ces djihadistes que l’Arabie saoudite pourrait compter contre les chiites. Alors que, dans le même temps, Riyad fait partie aujour­d’hui de la coalition qui, en Irak, bombarde leurs cousins de l’Etat islamique, en Irak et en Syrie.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bc75532c-a1b2-11e4-b189-26eecf90f1b5/Le_coup_de_force_des_chiites_place_le_Y%C3%A9men_au_bord_du_pr%C3%A9cipice

2 réponses »

  1. C’est bien ce qu’on pensait en lisant les 2 pemiers paragraphes ,les arabies saoudites,sont bien les leches bottes des americains,ces derniers les menent a la baguette tout comme aux occidentaux d’ailleurs.

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