Art de la guerre monétaire et économique

Editorial dans un fauteuil, la guerre, la Grèce, le Doubs, Macron et DSK Par Bruno Bertez

Editorial dans un fauteuil, la guerre, la Grèce, le Doubs, Macron et DSK  Par Bruno Bertez 

Prenez ce texte pour ce qu’il est, une sorte de causerie au coin du feu. Peut-être un peu décousue, mais en apparence seulement. Elle tente en effet de brosser les éléments essentiels qui dessinent  notre environnement en s’appuyant sur les nouvelles et sur l’actualité vue par les chaînes de télévision. Un fil conducteur cependant traverse cette causerie: il y a des invariants qui varient, il y a des choses qui changent, l’histoire est à nouveau en marche. L’histoire est à nouveau en marche sur le plan mondial, mais aussi maintenant sur le plan européen.

Il y a deux ou trois ans, nous avons pris le risque d’un titre emphatique voire pompeux : « History is again on the move ». Ce titre reprenait le fameux constat d’Arnold  Toynbee, l’Histoire est à nouveau en marche. Donc, à cette époque, considérant les tensions géopolitiques et la multiplication des conflits, nous avons pensé qu’une longue période de calme se terminait. Après un long sommeil, l’histoire se réveillait. Plus personne n’en doute maintenant, puisque nous avons une prolifération de conflits, tous plus sanglants et plus barbares les uns que les autres. Le Moyen-Orient se recompose sous nos yeux. Nous assistons au retour de la guerre froide qui est train de passer au tiède ; nous voyons les fissures dans l’ordre international se creuser. Les deux décennies marquées par les dividendes de la paix après la chute du Mur de Berlin, ces deux décennies caractérisées par un gigantesque phénomène de mondialisation et d’unification du monde, ont cédé la place à une refragmentation du monde, à la balkanisation et aux affrontements. La guerre redevient possible. Affirmer cela, c’est être inconscient de ce qui se passe, car, en fait, la guerre est déjà là. Le fait qu’elle soit lointaine et que ce soit nos avions et nos drones qui la portent au loin ne change rien à l’affaire. La guerre est là.

A ceux qui en doutent et qui croiraient qu’elle n’est qu’à nos portes, nous conseillons d’ouvrir les yeux. Qu’est-ce que le terrorisme qui nous frappe, chez nous, si ce n’est une partie intégrante des conflits qui opposent à la fois des camps à l’intérieur de l’islam et ces camps aux occidentaux qui se mêlent d’y intervenir. Bien entendu, il faut occulter cette réalité, considérer que les Coulibaly et autres sont des terroristes, des barbares, des détraqués, et il faut leur nier le statut de combattants. L’appellation « terroriste » est une commodité pour les bonnes consciences occidentales: elle leur permet de couper le lien entre ce qui se passe, la terreur dans nos pays, et ce qui se passe ailleurs, sur les multiples théâtres d’opérations que sont l’Irak, la Syrie, la Libye, le Yémen, etc. L’affaire Coulibaly vient pourtant de démontrer le lien qu’il y avait entre les réseaux qui ont permis l’exfiltration de sa compagne à la frontière turque et les combattants islamistes, là-bas sur le terrain des opérations. Rien que cela, largement occulté, révèle l’unité profonde des théâtres guerriers: d’un côté, un combat ouvert et barbare, de l’autre, des combats limités, mais non moins barbares. C’est ce que nous avons souvent qualifié d’unité profonde de la guerre dissymétrique. D’un côté, une guerre qui présente toutes les caractéristiques des vraies guerres ouvertes et, de l’autre, une réponse qui tient compte de la disproportion des forces, qui tient compte de l’inégalité des armements, mais qui la compense par la peur, l’angoisse, c’est à dire la terreur. Bien entendu, nous ne soutenons pas que l’un justifie l’autre ou que l’autre justifie l’un. Et nous ne renvoyons pas les belligérants dos à dos. Non, nous voulons simplement montrer que tout est lié. Seule la propagande des pays occidentaux en empêche la prise de conscience. 

Nous pourrions faire le même développement sur l’autre grand conflit en cours, le conflit ukrainien, et montrer qu’en réalité, c’est l’ordre du monde issu de Yalta, puis de la chute du mur de Berlin qui est en train de s’effondrer. Nous pourrions même montrer, et Gorbatchev l’a rappelé récemment lors d’un discours en Allemagne, que c’est même la page de la coexistence pacifique que l’on est en train de tourner. Et oui, ce n’est pas parce que vos médias à courte vue refusent d’appeler un chat un chat, que les chats ne sont plus des chats. Dans son discours absolument remarquable de hauteur de vue, Gorbatchev dit ce que l’on n’ose pas dire dans le camp atlantiste, la coexistence pacifique sur laquelle nous avons vécu pendant des décennies, est en train de  vaciller. Elle ne vole pas encore en éclats malgré les provocations ukrainiennes et l’inconscience des Européens, mais tout peut arriver. Car, rendez-vous compte, en Ukraine, on en est à parler d’une mobilisation de 100.000 hommes. Qui croit, dans ces conditions, que le conflit puisse rester limité?

Mais là n’est pas notre vrai propos. Nous avons fait cette longue introduction pour montrer que, quelquefois, une succession d’éléments disparates cache une évolution fondamentale, profonde, qui en fait, mérite le nom de rupture. Il y a une rupture en cours de l’ordre mondial.

History is again on the move.

Nous regardons tranquillement BFMTV et nous voyons là aussi par le tout petit bout de la lorgnette une succession d’éléments disparates, apparemment sans lien entre eux. Et d’un seul coup, la similitude entre ce qui se passe à l’extérieur et que nous venons de survoler, et ce qui se passe à l’intérieur de l’Europe, nous apparaît. En Europe aussi, nous proposons de dire : l’histoire est à nouveau en marche.

Les solutions à la crise mises en place sous la conduite des Anglo-saxons ont échoué. Les citoyens et les médias n’en ont pas encore pris conscience, mais les idées suivent leur cours et on voit bien que tout cela converge. Tout ce que l’on a fait, eh bien, cela ne marche pas. Dans le pays le plus favorisé, c’est à dire les Etats-Unis, la reprise est médiocre, languissante. Tout juste une petite embellie cyclique qui ne parvient même pas à refaire la moitié du chemin que l’on a descendu depuis 2008. Après des trillions de prises de risques financiers et monétaires, le redressement est à peine de la moitié de ce qu’il a été dans les périodes précédentes. La moitié des créations d’emplois, quasi-stagnation des revenus réels gagnés, quasi-stagnation des investissements productifs, mais en revanche, accroissement formidable des inégalités et la misère gagne inexorablement.

En Europe, les choses sont plus nettes. Non seulement il n’y a pas de reprise, mais le chômage touche 12%  de la population. Et près d’un tiers des jeunes sont sans véritable emploi. Nous disons un tiers car nous ne tenons pas compte des petits boulots et des parkings à chômeurs. Dans ces conditions, la situation sociale et politique revient sur le devant de la scène. Les consensus se fracassent. Les peuples se rebellent. Cela est particulièrement net dans les pays du sud.

Le long épisode social-démocrate favorisé par les fausses alternances entre le centre-droit et le centre-gauche vient de trébucher. Il a trébuché sur un tout petit pays : la Grèce.

La mystification du centre-droit et du centre-gauche qui ont pillé la Grèce tout au long de ces dernières années au profit du secteur bancaire et pour la satisfaction des européistes forcenés vient d’être découverte. Tsipras et son parti d’extrême-gauche Syriza viennent de remporter les élections et ils ont osé s’allier aux nationaux de l’extrême-droite afin de former un gouvernement. C’est la première grande tentative qui est faite afin de briser le monopole social-démocrate qui a confisqué les voix des citoyens européens. Quoi qu’en pense Merkel et quoi qu’en pense Hollande qui soutient Tsipras, tout en ayant la plus grande convergence avec Merkel (!), quoi qu’en pensent ces gens, plus rien ne sera comme avant. Car l’affaire grecque va durer longtemps et elle va agir comme un révélateur sur la situation des autres pays européens, ceux du sud en particulier, qui ont des configurations qui, sans être semblables, présentent des caractères communs. La crise, l’austérité imposée, les réformes, tout cela a favorisé la réémergence de formations politiques nouvelles qui incarnent une opposition radicale.

L’année 2015 va être riche en consultations électorales et ce sera certainement, pour l’establishment social-démocrate de droite et de gauche, une année difficile.

Toujours regardant BFMTV, nous entendons les commentaires convenus sur l’élection du Doubs. Et là encore, les rapprochements s’imposent. Vous avez, d’un côté, une élimination du candidat UMP, le social-démocrate de droite qui n’a pas réussi à se présenter comme une véritable alternative. Vous avez, de l’autre, un socialiste héritier de l’ancien ministre Moscovici, devenu Commissaire, Moscovici, social-démocrate de gauche. Et qui vient en tête, largement, sans contestation avec un tiers des voix, c’est le Front National de Marine Le Pen. Cela ne fait pas « tilt » dans votre tête ? Vous ne voyez pas ce qui est en train de se dessiner, de se préfigurer ? Alors, insistons un peu, forçons le trait. Vous avez d’un côté un appel à l’unité républicaine, il est lancé par Valls et certains leaders de l’UMP. La convergence social-démocrate, bonnet blanc, blanc bonnet, se donne quand même clairement à voir. Ils veulent battre ou faire battre le Front National de Marine Le Pen. Un tiers des Français du Doubs seraient-ils non républicains ? Seraient-ils tous fascistes, racistes, antisémites ? La voix d’un tiers des Français  ne porte-t-elle aucun message ? Bien sûr que si. Il y a un tiers des électeurs qui refusent lors d’un premier tour, c’est à dire lorsqu’ils ont  le choix, lorsqu’ils peuvent voter clairement en leur  âme et conscience sans se laisser influencer par les magouilles politiques, il y a un tiers de ces électeurs qui disent non à la voie social-démocrate de la gauche et de la droite réunies, cette voie qui est celle de l’affaissement du pays, de la perte de souveraineté, de la régression sociale, de la chute du niveau de vie et de la perte d’identité. L’appel républicain est mystifiant. Qu’est-ce qui vaut le plus ? Un système républicain au nom duquel on appelle les gens à se sacrifier et à se renier, ou un appel démocratique qui considère que le peuple est souverain et qu’il a le droit de s’exprimer en son âme, en sa conscience, en sa morale et en ses intérêts. L’appel républicain est une façon de dire que le message démocratique, on n’en veut pas. On ne veut pas entendre ce que disent les électeurs, voilà le sens profond de la situation dans le Doubs. Voilà le sens profond des commentaires des politiciens et, bien entendu, le sens profond de la propagande des médias. L’histoire est en marche, on conteste la solution sociale-démocrate et son expression politique.

Toujours devant notre télévision et notre fameuse chaîne BFMTV, nous voyons que Macron va porter plainte pour menaces de mort qu’il aurait reçues de la part de certaines personnes appartenant aux professions juridiques, lesquelles personnes se considèrent comme victimes de sa réforme.

 

Là, ce qui est cause, c’est le réformisme social-démocrate bien évidemment. Ce réformisme social-démocrate est la clé de leur tentative de gestion de crise. Il complète la rigueur, la régression sociale et la baisse du niveau de vie, ce qui a déjà été fait au cours des deux années précédentes. En quoi consistent les réformes dont on nous parle? Elles s’analysent comme une volonté de détruire des fonds de commerce, de briser des monopoles et des statuts, une tentative donc d’euthanasier le capital historique dont bénéficient certaines professions et ainsi baisser à la fois leurs rémunérations et leurs fortunes patrimoniales. Qu’est-ce que ces réformes. C’est tout simplement un ensemble de mesures qui vont détruire les acquis d’un certain nombre de professions et ainsi faire baisser leurs droits de prélèvements sur la richesse nationale. Toutes ces professions vont rétrograder, leur statut social va évidemment se trouver dévalorisé et les ressources qui seront ainsi libérées, à quoi vont-ils servir ? Elles vont être remises dans le grand pot commun, non pas national, mais européen, ce grand pot qui sert avant tout à faire bouillir la marmite des banques et des marchés, à consolider la finance spéculative, à enrichir plus encore les très grandes entreprises multinationales et les ultra-riches. Des ressources vont être libérées par la destruction des uns et elles vont donc être disponibles pour servir l’inflation bullaire des autres.

L’histoire est en marche, le réformisme est contesté. 

J’en viens au dernier  thème de notre actualité de BFMTV.  Ce jour, on ne nous abreuve plus des exploits des Experts au Qatar, les médias ont fait leur devoir, ils ont assuré la pub de l’Emir du Qatar et l’image de l’Emirat. Ils n’ont plus qu’à aller encaisser leurs chèques, mission accomplie. Mais dans cette actualité, il y a encore, devinez quoi, devinez qui, il y a DSK. C’était le jour de sa comparution pour faits de proxénétisme aggravé devant le Tribunal correctionnel. Une sale affaire qui touche comme on dit le beau monde.

DSK, nous vous le rappelons, c’était l’ancien candidat social-démocrate de gauche donné favori à la Présidence de la République. DSK, coqueluche des grands groupes financiers, des grands groupes de service public et des grands groupes fournisseurs d’armement, qui  tous ont  été ses bailleurs de fonds. DSK, figure internationale et mondiale. Le chantre d’un monde ouvert, sans frontières, qui porte bien haut l’étendard de la finance.  Ce monde contesté par les Grecs. DSK incarne le dernier volet de la voie social-démocrate, il est l’emblème aussi bien du centre-gauche que du centre-droit. Il est  l’avant-garde de ce dernier volet qui fait partie intégrante du projet social-démocrate, celui de la diversion maximale, c’est celui de la permissivité des mœurs.

DSK est jugé. Une affaire de vice pervers, une affaire de prostitution, une affaire de trafic d’influence. Personne n’ose aller au-delà du fait divers et mettre en cause une société, un régime, une classe politique.  On rabat, on rabaisse, on minimise. Rien de tout cela ne serait symbolique, expression de l’état de la société, de son délabrement moral, social et  politique?  Allons! DSK sera-t-il condamné, osera-t-on défier les lobbies, les ultra-riches, les ultra-puissants?

Si cela se faisait, alors là, History, l’Histoire serait vraiment en marche!

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BRUNO BERTEZ Le Mardi 3 Février 2015 

illustrations et mise en page by THE WOLF

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20 réponses »

  1. VOUS ÊTES COMBIEN DE MILLIONS A ÊTRE EN DESACCORD
    AVEC LES MESURES PRISES PAR NOS « GOUVERNANTS »
    ACTION
    ACTION
    VOUS POUVEZ CHANGER VOTRE PAYS
    PAR UN GESTE SIMPLE

    DETRUISEZ VOTRE TELE

    C’EST TELLEMENT SIMPLE
    PLUS AUCUN AUDIMAT
    ECHEC ET MAT
    C’EST VOTRE REVOLUTION
    et vous vous en porterez mieux

    REFLECHISSEZ UN INSTANT
    SUR LES CONSEQUENCES
    LA PUB
    LES DISCOURS DE PROPAGANDE
    LES MENSONGES
    LES IMAGES ET MESSAGES SUBLIMINAUX
    MAIS AUSSI
    LE LICENCIEMENT DES JOURNALISTES
    ET UN GOUVERNEMENT DESARME
    MAIS BON DIEU
    C’EST SIMPLE

    UN COUP DE MARTEAU

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  2. Monsieur Bertez,

    Je vous lis depuis quelques mois maintenant. Vos réflexions me rappellent irrémédiablement un autre auteur que je suis depuis longtemps et qui propose depuis quelques année des Cahiers fantasques (Cfr. le site « fantasques éditions » – Jacques De Cock.)

    Bien que sa branche de prédilection soit l’histoire et la révolution française en particulier. Il propose de temps à autres des analyses sur ce qui se joue actuellement tout en laissant à ses lecteurs l’occasion de les situer dans une perspective historique. Il semble que vous ayez sur bien des points des analyses assez convergentes et complémentaires. Je me permettais de vous le signaler à toutes fins utiles.

    Marco de Bruxelles

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    • A moins de confusion de ma part, la personne qui est responsable des Cahiers Fantasques est fidèle lecteur de nos travaux: Il me semble d’ailleurs qu’elle s’est manifestée il y a peu de temps dans un commentaire en fournissant un lien.

      Vous faites bien de nous le signaler et cette personne, si c’est bien le cas fait bien, également, de propager ou compléter nos analyses.

      Comme je le dis, après Leo Ferré, « les mots et les balles cela tue pareil » et j’ajoute, « en matière d’écrits il n’ y a jamais de balle perdue, on finit toujours par trouver une cible ».

      Propagez faites circuler auprès de ceux que vous pensez proches ou réceptifs ou simplement ouverts.

      Je vous remercie de votre fidélité.

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  3. Bon anniversaire, les 560 traîtres !

    C’était il y a sept ans, le 4 février 2008, à Versailles. Les députés et les sénateurs étaient réunis en Congrès pour voter le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution. En clair :

    – Si les députés et les sénateurs avaient voté « contre », un référendum sur le traité de Lisbonne aurait été organisé.

    – Si les députés et les sénateurs avaient voté « pour », il n’y aurait pas eu de référendum sur le traité de Lisbonne.

    Résultat :

    Les députés et les sénateurs se sont rendus complices d’un coup d’Etat : ils ont voté « pour » (560 voix).

    560 traîtres ont trahi le peuple français.

    560 traîtres ont refusé de soumettre le traité de Lisbonne à référendum, alors que ce traité de Lisbonne reprend 98 % du Traité établissant une constitution pour l’Europe.

    Seuls 181 députés et sénateurs ont sauvé l’honneur. Seuls 181 députés et sénateurs ont résisté au coup d’Etat : ils ont voté « contre ».

    Conséquence : il n’y a pas eu de référendum sur le traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne a été adopté trois jours plus tard par le Parlement français, le 7 février 2008.

    Conclusion : la construction européenne est anti-sociale, anti-populaire, anti-démocratique. Elle doit être détruite.

    Pour savoir qui sont les 560 traîtres qui ont voté « pour », c’est ici :

    http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo9000.asp

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  4. Bonsoir,

    Les années qui se terminent en « 15 » ont généralement toujours été l’occasion d’évènements importants pour notre pays. 2015 confirmera-t-il la règle?
    1315 : le grand argentier de Philippe le Bel, Enguerrand de Marigny, est pendu au gibet de Montfaucon sous la pression des nobles (doit-on y voir un symbole à une époque où la pression fiscale n’a jamais été aussi importante?)
    1415 : la fine fleur de la noblesse française succombe sous le coup des archets anglais. Déjà, on peut incriminer un problème de commandement avec un roi, Charles VI, considéré comme fou. Doit-on faire, huit cents ans plus tard, un parallèle entre le sort vécu par cette noblesse et le discrédit qui entoure notre noblesse républicaine?
    1515 : victoire de Marigan mais aussi l’année où le parlement de Paris rend un arrêt reconnaissant le droit du sol à tout enfant né en France de parents étrangers!!!
    1715: mort de Louis XIV,
    1815: chute de Napoléon après la défaite de Waterloo,
    1915: première année pleine de la Grande Guerre
    2015: ?

    Au sujet de la situation internationale et de l’Ukraine en particulier, j’ai le net sentiment que les prophéties de Samuel Huntington se vérifient actuellement. J’ai terminé récemment son « Choc des civilisations ». S’il était toujours de ce monde, il serait surpris de voir certaines de ses prédictions malheureusement se réaliser et pour qui « il faut désormais penser les conflits en termes non plus idéologiques mais culturels : « Dans ce monde nouveau, la source fondamentale et première de conflit ne sera ni idéologique ni économique. Les grandes divisions au sein de l’humanité et la source principale de conflit sont culturelles. Les États-nations resteront les acteurs les plus puissants sur la scène internationale, mais les conflits centraux de la politique globale opposeront des nations et des groupes relevant de civilisations différentes. Le choc des civilisations dominera la politique à l’échelle planétaire. Les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front des batailles du futur. »  » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Huntington)
    Déjà en 1992, il prédisait une guerre civile en Ukraine. Elle est bien là et correspond tout à fait à son analyse. La très récente prise de position du nouveau pouvoir grec en faveur de la Russie contre le choix de l’Europe tend à confirmer la justesse cette dernière: « À peine nommé, le premier ministre, Alexis Tsipras, s’est plaint mardi de ne pas avoir été consulté avant l’annonce par l’UE de possibles sanctions supplémentaires contre la Russie pour son implication dans le conflit en Ukraine. » (http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/28/01003-20150128ARTFIG00386-athenes-s-accroche-deja-avec-l-ue-sur-la-russie.php).
    Pour le conflit, car conflit il y a en dépit de toutes les autruches qui persistent à rester la tête dans le sable, nous opposant aux extrémistes salafistes, lui aussi correspond point par point à l’analyse du penseur américain.
    En ce qui concerne la vie politique nationale, ou du moins ce qu’il en reste, vous omettez, à tort de mon point de vue, de mentionner que seul 40% des électeurs se sont déplacés. La contestation dépasse largement les 35% de voix qui se sont portés sur le candidat frontiste. Ce taux d’abstention, assez énorme, montre que la comédie démocratique qu’on nous inflige prend de moins en moins. Notre oligarchie s’en inquiète car, pour sévir, elle a besoin de l’onction « démocratique » même si elle sait l’éclipser quand il le faut comme cela a été le cas en Suède (http://www.contrepoints.org/2015/01/27/195862-coup-detat-en-suede). Pour reprendre vos termes, « on conteste – de manière de plus en plus visible et audible – la solution sociale-démocrate et son expression politique. » Des dirigeants politiques dignes de ce nom entendraient ce message mais, hélas pour nous, prisonniers qu’ils sont de leur paradigme et aveugles et sourds aux message qui leurs sont envoyés, ils persistent dans leur attitude. Assistons-nous à un début de réveil avec cette élection locale auquel cas il faudrait alors rattacher le vote grec (même si ce dernier risque de se révéler pire que le mal qu’il veut combattre). Plus qu’inquiétant alors que l’économie part littéralement en sucette que ce soit dans notre pays ou à travers le monde. Sur ce point, l’évolution de l’indice Baltic dry ne laisse pas augurer des lendemains qui chantent: http://www.strategieslogistique.com/L-indice-Baltic-Dry-au-plus-bas,5313

    Enfin, pour l’affaire DSK, je ne peux que répéter ce mot de l’humoriste Canteloup: « Tant va nassifatoudialo qu’à la fin elle se dskasse! ». La potiche a fini par se briser.

    Bonne soirée

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    • @H
      Je vous remercie de votre intervention qui prolonge fort heureusement la mienne en mettant les évènements dans une perspective historique, ce qui est ma préoccupation actuelle. Je souhaite en effet établir des liens, montrer les logiques qui sont à l’oeuvre et faire ressortir des articulations là ou les Pouvoirs émiettent.
      je voulais une fois de plus que l’on cesse de regarder le doigt et l’arbre pour montrer la forêt. The Big Picture.

      Dans ce papier dicté dans mon fauteuil en regarder BFMTV, donc partant de l’actualité dépourvue de sens apparent, je voulais mettre en perspective les multiples fronts sur lesquels nous sommes engagés et leur dissymétrique réponse, le terrorisme. La signification historique du conflit Ukrainien également.

      Je voulais souligner à quel point l’idéologie de la fin de l’histoire était une erreur, une fausseté, l’histoire a repris son cours et l’idéologie de la fin de l’histoire était une ruse de la propagande du système.

      Je voulais tracer l’ossature de la voie sociale-démocrate qui est là réponse aux contradictions du système avec ses points essentiels:

      -convergence du Centre Droit et du Centre Gauche, incarnée par Juppé
      -fausse alternance,
      -régime présidentiel,
      -austérité et régression,
      -réformisme destructeur,
      -idéologie du modernisme
      -abandon de la souveraineté,
      -tendance fasciste par appel au sacrifice républicain pour contourner la démocratie,
      et enfin
      -la permissivité des moeurs.

      J’aurais du insister sur la position de l’UMP coupée en deux ou trois sur la question du Doubs et aborder enfin la question de la recomposition politique. L’UMP actuelle est un obstacle à une recomposition efficace, indispensable.
      Il faut qu’elle se brise, se divise en un vrai camp conservateur éclairé et un camp social-démocrate. Tout comme il faut que les arrivistes du camp social démocrate de Gauche soient démasqués et perdent le soutien de la vraie gauche. Si la recomposition reste bloquée alors la question du Front National devient insoluble: Comment en effet remetrre dans le jeu politique le tiers des Francais qui en sont exclus et les idées dont ils sont porteurs si aucune alliance n’est possible?

      La sociale démocratie du marais, du centre fusionné est un projet cohérent , pas un catalogue disparate ; non il y aune logique avec des éléments qui se complètent. C’est la logique d’un monde infâme à deux ou trois vitesses avec des élites méprisables et méprisantes , un marais au centre qui a fonction de consommer et en bas des sous-citoyens, serfs sans conscience de l’être:

      Votre remarque sur le pourcentage d’abstensions est fondamentale, elle pointe le fait que ce que les communicants scélérats appellent l »offre politique » ne correspond pas, et de moins en moins à la « demande » des citoyens . Il en découle que les élus n’ont pas de légitimité et n’ont mandat pour rien. La conclusion qu’ils en tirent est non pas qu’ils doivent changer, mais que cela leur donne le droit de violer, mentir, propagander à tour de bras et de TV .

      .

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      • Merci pour votre réponse.

        Je suis personnellement très attaché à la dimension historique et culturelle d’une analyse sociétale. Trop souvent, ces facteurs sont passés sous silence alors que leur connaissance est indispensable à la compréhension d’une situation donnée. Dans l’Histoire récente, Churchill et de Gaulle nous ont montré à quel point elle était indispensable pour résorber au mieux une crise majeure. Nous n’avons hélas rien à attendre des têtes creuses qui nous dirigent, eux qui ne connaissent que l’approche idéologique imbécile, stérile et dangereuse. A croire que l’histoire du XXème siècle leur est étrangère. Pour ceux que cette approche intéresse, je recommande la lecture de « L’histoire de France » de Jacques Bainville. On comprend ainsi mieux le pourquoi du royaume de France et la politique étrangère de ce pays.

        Pour compléter mon propos sur l’abstention et le danger qu’elle représente pour l’oligarchie au pouvoir, l’actualité nous sert sur un plateau de quoi corroborer mes dires: « L’UMP accusée « d’incivisme » après son appel à s’abstenir dans le Doubs » (http://www.bfmtv.com/politique/l-ump-accusee-d-incivisme-apres-son-appel-a-s-abstenir-dans-le-doubs-861446.html)
        Je fais l’impasse évidemment sur l’aspect schizophrénique de la prise de position de l’UMP qui montre bien l’état de décrépitude intellectuelle de la droite dite de gouvernement et de ce fait, nous indique son échec programmé en 2017.

        Ceci dit, le clivage actuel passe de moins en moins par une opposition droite-gauche ou conservateurs-sociaux démocrates. Les conservateurs actuels sont les tenants de la social-démocratie que vous définissez si justement avec ses trois « états » (qui me rappelle quelque chose qui s’est mal terminé pour le premier d’entre eux). Cette social-démocratie est d’inspiration purement socialiste donc on peut dire que le conservatisme de la France du XXIème siècle est avant tout essentiellement socialiste. Je lui opposerai le Libéralisme, totalement étouffé dans ce pays, progressiste par nature puisqu’il laisse les brides libres aux individus. Pour être honnête avec vous, je préciserai que mon libéralisme se teinte d’un certain conservatisme, ayant en tête qu’on ne joue pas impunément avec les valeurs culturelles d’une société. On sait à quels excès une déstabilisation trop brutale peut conduire.

        Bon après-midi

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  5. Et concernant cette « unité nationale » du 11 Janvier, va-t-on nous la ressortir à chaque élection jusqu’en 2017? Et dire que certains vont tomber dans le panneau! Malheureux!
    Ce sont ces mêmes français qui à plus de 40% se sont déclaré satisfaits de l’action du « président », juste parce qu’il a bien « géré » l’après attentat. Oui, avoir une attitude digne après cette barbarie, était au delà des moyens d’un homme « normal ». Vive notre héros, françois hollande. Malheureux tout ça. Et bien sûr, accessoirement, bravo à l’UMP!

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  6. Merci… tellement vrai. Le dénouement de l’affaire DSK va être intéressante mais je ne suis pas optimiste puisque l’establishment s’est mis depuis longtemps police et justice dans la poche… pas un hasard si un commissaire de police participait aux partouzes avec DSK…

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  7. Constat clair, une fois de plus.

    Suite à un enchaînement de multiples confrontations depuis plus de 10-20 ans, nous nous dirigeons vers des affrontements aussi divers que variés et nous sommes actuellement dans une période d’intimidations féroces qui sous-entendent un plan d’attaque largement déployé avec l’affichage des alliances.

    Le rapprochement des conflits du Proche et Moyen Orient avec celui de l’Ukraine afin de neutraliser Poutine en Syrie et Iran est plus que consommé.

    La phase actuelle des nombreuses propagandes aussi délirantes que contre-productives signifie l’échec et la remise en cause des diplomaties occidentales.

    En filigrane, il a, en autres, la remise en cause de l’ordre de l’après-guerre qui revient au-devant de la scène et le nombre croissant d’articles qui s’en référent ne trompe personne.

    La crise 2008 a sonné le glas de la guerre économique et a semé un désordre monétaire obligeant des comportements dualistes.

    Les positions neutres dans un conflit mondial de cette ampleur sont plus qu’inconfortables puisque les ni-ni font toujours face à un double ennemi.

    La seule et unique incertitude vient du poids considérable de la Chine qui n’est pas prête de se laisser manipuler par des Occidentaux aussi prétentieux qu’impuissants et en faillite de surcroît.

    Désarmorcer le conflit israélien serait un signe d’apaisement, mais comme stipulé au début, leur plan est certainement déjà bien trop avancé.

    Alors, redoutons la crasse, car la pourriture est la principale caractéristique des eaux troubles. C’est l’Histoire qui le démontre et il n’y a pas lieu d’en être fier.

    Partir en guerre, c’est une chose, les gagner une autre. Et l’humanité a bien d’autres défis plus redoutables à surmonter…

    Une grosse maladie aujourd’hui, par exemple, c’est comment rétablir des politiques sensées et humaines afin d’éviter à des irresponsables d’imposer des actions belliqueuses.

    Dis autrement, réinventons le contre-pouvoir, en toute urgence.

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  8. Coup de tonnerre !

    Mercredi 4 février 2015, vers 22h50 :

    La BCE ferme ses guichets aux banques grecques.

    La décision couperet est tombée mercredi soir lors d’une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, qui devait se prononcer sur la poursuite ou non d’un dispositif permettant aux banques grecques d’obtenir des liquidités de la BCE en présentant comme garanties des titres de l’Etat grec. « Cette suspension est en ligne avec les règles existantes de l’Eurosystème, du fait qu’il est actuellement pas possible de présumer que la revue du programme (de sauvetage de la Grèce, NDLR) aboutisse à un succès ».

    En clair, la BCE met fin à une dérogation destinée à faciliter le refinancement de banques grecques et dépendant de l’existence d’un programme d’aide au pays. Or, cette condition saute de fait avec les déclarations d’Athènes voulant suspendre les liens avec la Troïka, dont la BCE fait partie avec le FMI et la Commission Européenne.

    La décision de la BCE a une conséquence immédiate : à compter du 11 février prochain, les banques grecques ne pourront compter pour se refinancer que sur l’aide d’urgence en liquidités (ELA), prodiguée par la Banque Nationale Grecque. Cela s’était déjà produit en 2012, lorsqu’un défaut temporaire avait été constaté sur la dette grecque. Il faut s’attendre dans les jours à venir à ce que la banque centrale grecque doive fournir à de nombreux établissements bancaires du pays des liquidités, probablement à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Par ailleurs, la BCE précise que sa décision ne « change rien » aux statuts des banques grecques dans le cadre d’opérations de politique monétaire.

    La visite, mercredi, du ministre des Finances grec Yánis Varoufákis à Francfort n’a donc pas modifié d’un iota l’attitude ferme de l’institution. Venu plaider en faveur de la nouvelle politique économique et sociale que son gouvernement veut mettre en place pour mettre fin à l’austérité, le ministre espérait en retour que l’institution francfortoise puisse dévier de sa ligne dure et accorder un répit à l’Etat, mais surtout aux banques grecques menacées d’asphyxie.

    Il apparaît aussi que la BCE n’est pas prête à accorder à Athènes une rallonge financière, en laissant l’Etat émettre jusqu’à 25 milliards d’euros de dette à court terme -les T-Bills- au lieu du plafond de 15 milliards en vigueur jusqu’ici. Une demande du gouvernement Tsípras afin de pouvoir financer le train de vie de l’Etat.

    La BCE refuse également tout ajournement de la dette d’Athènes envers elle, de l’ordre de 25 milliards d’euros. La BCE n’est pas, et de loin, le créancier, le plus important d’Athènes, mais c’est à elle que la Grèce doit rembourser dès cet été quelque 7 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance. Il y a bien 1,9 milliard d’intérêts sur cette dette qui vont être rétrocédés à l’Etat grec par les banques centrales de l’eurosystème, mais ils ne suffiront pas à couvrir la somme due en capital.

    Dans ce contexte tendu, depuis l’arrivée de la gauche radicale au pouvoir, l’agence publique gérant les émissions de dette a vendu difficilement mercredi pour 812 millions d’euros d’obligations à six mois, au taux de 2,75 %. Les banques grecques qui ont souscrit ces titres craignaient de ne pouvoir présenter ces obligations au guichet de la BCE comme collatéral en échange de liquidités. La décision prise en soirée par la BCE a confirmé ces craintes.

    http://www.lesechos.fr/monde/europe/0204135297436-la-bce-ferme-ses-guichets-aux-banques-grecques-1090213.php

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  9. La BCE tente encore une fois clairement l’intimidation qui avait réussi par deux fois à faire céder les pouvoirs en place : en 2010 en Irlande et en 2013 à Chypre. La BCE affirme encore une fois un rôle politique qui n’est guère en accord avec sa soi-disant indépendance. Reste la question : Athènes baissera-t-elle la tête comme jadis Nicosie et Dublin ? Impossible à dire. Ce soir, Athènes a répété qu’il n’était pas question d’accepter la poursuite de l’austérité. La BCE est-elle prête à prendre le risque d’une sortie de la Grèce de la zone euro et le gouvernement grec est-il prêt à abandonner ses promesses électorales ? Toute la question est là.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150204trib38e533885/grece-le-coup-de-force-de-la-bce.html

    « Rodrigue, as-tu du cœur ? » (Corneille, dans sa pièce Le Cid)

    « Alexis, as-tu des couilles ? » (brunoarf)

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  10. eh oui peu avant chamberlain et dalladier avaient trouvé en descendant d’avion hitler un gentlemen et la nuit de cristal tintait mais les français sifflotaient y a d la joie et dansaient sur fréhel

    ils avaient raison : que faire d’autre quand les grands de ce monde ont décidé de mener les peuples à l’abattoir?
    on n’est pas des veaux : on chante avant de souffrir

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