Art de la guerre monétaire et économique

Avant-Propos de Bruno Bertez/ Le poison des taux négatifs/ Un antécédent établi par Chypre

Avant-Propos de Bruno Bertez

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La question des taux négatifs et de son corollaire, les menaces et blocages du cash sont d’actualité. Ou plutôt, elles commencent à être d’actualité. On en parle, sans plus. Cela ne fait pas encore les titres de journaux et pour cause, les journalistes, compte tenu de leurs penchants  politiques sont pour la spoliation de ceux qui épargnent.  Les journalistes sont contre les privilèges, sauf contre ceux dont ils bénéficient. En particulier fiscaux. Sans compter celui de pouvoir dire des âneries sans être sanctionnés.

Les taux négatifs, les menaces sur le cash, les obstacles aux mouvements de fonds, les signalements aux autorités se multiplient, il s’agit de créer un climat de culpabilité, d’intimidation afin de faire croire qu’il est civique de se laisser spolier du fruit de son travail ou de son industrie, au-delà même de l’acquittement de ses obligations fiscales. On prépare le terrain, on travaille l’opinion en vue des décisions futures.

Nous voulons attirer l’attention sur ce glissement progressif qui est une nouvelle violation du droit de propriété. Vous ne pouvez plus défendre votre bien et vos avoirs,  le faire n’est pas civique.

Contrôle subreptice des mouvements de capitaux

Aucun contrôle des mouvements de capitaux n’a à notre connaissance été acté législativement dans les pays de la zone euro.

La libre cIrculation des capitaux reste officiellement la règle. Cependant à l’instar de ce qui se fait en Suisse, on nous rapporte des obstacles, voire des refus de transferts de capitaux pour des particuliers d’un pays de la zone euro à un autre.

Ainsi nous avons tous les détails de plusieurs exemples concrets de refus de transférer des capitaux de pays du Sud vers la France. Aucun texte n’est invoqué, et pour cause il n’y en a pas.

Notre enquête nous révèle qu’il s’agit de directives des Banques Centrales des pays  concernés, et bien sur aucune banque n’a envie de mécontenter son organisme de tutelle.

Ces mesures de mauvaise volonté ne semblent pas toucher les transferts très importants du business, elles touchent ceux de particuliers qui sont dans le cas par exemple de transférer le produit d’une vente immobilière ou, dans un autre cas, un héritage entièrement finalisé, droits acquittés et disponible sur un compte à vue.

C’est par des directives non rendues publiques que déja les obstacles aux mouvements de cash se multiplient.

Les banques, il faut que vous le compreniez ne sont pas à votre service sous cet aspect. Elles sont dans le même camp que les gouvernements pour s’opposer à ce que vous ayez la libre disposition de vos comptes bancaires et pour éviter les fuites de capitaux, qu’elles soient en direction de l’étranger, même déclaré ou sous votre matelas.

Le poison des taux négatifs Par Stéphane Montabert

03 MAI 2015 24heures ch.

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Les taux négatifs constituent la dernière recette en date concoctée par nos élites financières pour résoudre la crise. Depuis qu’une banque centrale a marqué le pas ils se sont répandus comme une traînée de poudre. Sont-ils la panacée, ou le dernier soubresaut d’un système à l’agonie? Cette modeste explication vous aidera peut-être à vous faire une idée de la question.

Déconstruction de la monnaie-dette

Pour faire simple, deux écoles de pensées s’affrontent concernant la monnaie: l’école autrichiennedans laquelle la monnaie est une convention sociale longuement construite et destinée à faciliter les échanges de biens et services, et les autres pour lesquelles la monnaie est un outil manipulable à loisir afin de servir des intérêts politiques.

Puisque sans intérêt pour lui, l’école autrichienne est méprisée de l’establishment ; les leviers de la finance mondiale, banques centrales et organisations financières internationales sont donc réservés aux Keynésiens et autres doctes manipulateurs de la monnaie. Ils ne sont jamais à court de théories pour expliquer pourquoi leurs manœuvres échouent.

Dans le monde réel, un prêt correspond à une privation que le prêteur concède en échange d’une indemnité ; sa valeur par rapport à celle du bien prêté détermine ce qu’on appelle le taux d’intérêt. Le taux dépend d’énormément de choses comme la relation entre le prêteur et l’emprunteur, le risque que la chose louée soit dégradée, détruite ou volée, ou encore le degré de privation ressenti par le prêteur. Les taux d’intérêts sont donc éminemment variables. Ils peuvent être élevés ou au contraire faibles lorsque « tous les voyants sont au vert » ; mais ils ne sauraient être négatifs puisque cela reviendrait à dire que le prêteur paye pour voir quelqu’un d’autre utiliser ses propres biens, ce qui est absurde (ou au moins masochiste).

Si pareille situation serait ubuesque avec n’importe quel bien matériel, elle est désormais appliquée dans le monde de la monnaie-papier dans lequel nous évoluons pour l’instant. Au lieu de louer une voiture pour un an, louez un million de francs suisses pour un an et voilà, les taux sont négatifs. Comment est-ce possible?

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La monnaie-papier est une monnaie-dette. Formellement, un billet de 10 euros est une reconnaissance de dette de 10 euros que la Banque Centrale Européenne signe en faveur du détenteur du billet. A une époque, ce genre de billet aurait pu être retourné à la banque centrale émettrice en échange d’une certaine quantité d’or ; on disait que la monnaie était adossée à l’or ou encore qu’il en était le sous-jacent. Cette épée de Damoclès pesant sur les banques centrales les empêchaient de faire n’importe quoi, comme créer des billets à tort et à travers. Aujourd’hui ce n’est plus le cas et si quelqu’un vient au guichet de la BCE pour demander ce qu’il peut obtenir en restituant des reconnaissances de dettes libellées en euros (autrement dit, nos billets de banque) on lui adressera un sourire gêné tout en lui indiquant la porte.

Nos monnaies-papier, dollar, yen, livre sterling, franc suisse ou euro ne sont adossées à rien. Ce sont des dettes émises en contrepartie de rien. On peut les échanger les unes contre les autres, mais rien n’empêche les banques émettrice d’en pondre quasiment à l’infini ; et depuis quelques années, c’est exactement ce qu’elles font.

La monnaie-papier n’a de valeur que par la force de la loi qui en impose l’usage. En outre, son caractère abstrait et manipulable permet toutes les entourloupes. Par exemple, que représente le sacrifice de la privation d’une somme d’argent purement imaginaire? Question un peu absurde, n’est-ce pas ! Elle est pourtant totalement d’actualité, puisque c’est en répondant à cette interrogation que les banquiers centraux déterminent le taux directeur.

Le taux directeur est le taux d’intérêt de base, totalement arbitraire, que la banque centrale décide d’appliquer aux reconnaissances de dettes qu’elle émet. Puisque cette monnaie ne repose sur aucune contrepartie matérielle, rien n’interdit en pratique de lui assigner un taux d’intérêt négatif, même si cela heurtera les gens avec un peu de sens commun. Cette décision s’avèrera lourde de sens lorsque la monnaie-papier se confrontera au monde réel, comme nous allons voir.

Mais avant, demandons-nous pourquoi nous sommes passés à la mode du taux négatif.

L’inflation sans l’inflation

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L’inflation est un mécanisme bien connu lié à une création monétaire excessive sans lien avec l’économie sous-jacente. L’inflation est l’effet d’une trop grande abondance d’argent. Elle a pour conséquence d’éroder le pouvoir d’achat de l’unité monétaire. Elle « rapetisse » l’argent. Les prix donnent l’impression d’augmenter alors qu’en fait ils ne bougent pas – c’est simplement la puissance de la monnaie dans laquelle ils sont exprimés qui diminue.

L’inflation est activement recherchée par les gouvernements puisqu’elle permet à la fois de diminuer le poids de la dette publique (exprimée dans une monnaie valant de moins en moins) et d’augmenter les impôts (les contribuables glissant dans des tranches de plus en plus « progressives » du barème d’imposition). Le mantra d’une « inflation à 2% » ne correspond à aucune démonstration économique mais seulement à un compromis permettant aux politiciens d’atteindre leurs objectifs sans provoquer trop de grogne de la part d’une population dont les salaires font du sur-place.

L’inflation a toutefois le fâcheux défaut d’être incontrôlable. De nombreux pays l’apprirent à leurs dépens comme l’Allemagne, le Zimbabwe ou l’Argentine. L’emballement de l’hyper-inflation est effrayant, mais en Europe aujourd’hui il s’agit exactement du contraire. Malgré tous les efforts pour la déclencher depuis 2008, l’inflation ne vient pas. La faute à une économie moribonde et à des perspectives encore pires. Les gens se retiennent de dépenser et les entreprises d’investir. Le circuit économique, à l’arrêt, ne permet pas au surplus monétaire de circuler.

Comment obtenir les mêmes effets que l’inflation lorsqu’il n’y a pas d’inflation? Par les taux d’intérêt négatifs, pardi!

Des taux d’intérêts négatifs représentent une taxe sur les comptes bancaires. Même faiblement négatifs, ils s’appliquent souvent sur de gros montants et provoquent une addition douloureuse. La valeur détenue sur le compte s’étiole avec le temps, mais aussi la valeur des dettes contractées par l’Etat puisque les intérêts de la dette publique sont calqués sur le taux directeur du moment!

Un taux d’intérêt négatif permet donc théoriquement de:

  • pousser les gens à consommer, dans le plus pur style de la relance keynésienne, puisqu’il vaut mieux brûler son argent en achetant n’importe quoi plutôt que de le laisser pourrir sur son compte ;
  • diminuer la charge de la dette publique puisque l’entretient de cette dette est tout d’un coup beaucoup moins cher.

Les deux effets rappellent sensiblement les conséquences de l’inflation. De plus, à l’inverse de l’inflation, les taux d’intérêt (négatifs ou non) sont contrôlables: la Banque Centrale peut décider quasiment n’importe quand de réviser sa politique de taux. Rien à voir avec le mauvais génie de l’inflation si difficile à faire retourner dans sa boîte.

Malheureusement pour nos brillants expérimentateurs économiques, la pratique risque d’être un peu moins sympathique que la théorie.

Le cerveau des acteurs économiques

Les hommes ne sont pas des pions. Leurs aspirations et leur libre-arbitre contreviennent au planisme et à l’approche mécanique de l’économie pratiquée par les banquiers centraux. Les taux d’intérêt négatifs ne poussent pas la majorité des gens à consommer de manière effrénée, pas plus que la hausse illusoire des cours boursier ne mène à l’euphorie. Les politiques monétaires des banques centrales peuvent susciter des bouffées d’optimisme mais celles-ci n’affectent pas durablement la réalité.

Si elles ont un effet, c’est bien au contraire sur les politiciens – en particulier les politiciens au pouvoir. Bien qu’ils prétendent perpétuellement le contraire, les politiciens professionnels travaillent essentiellement à court terme. Leur horizon se limite le plus souvent à l’échéance électorale suivante. Pour ceux-là, l’embellie temporaire des comptes de l’Etat suite à l’application des taux négatifs (obtenue essentiellement parce que le boulet de la dette est tout d’un coup moins lourd) leur permet de plaider que le pays vit une embellie économique dans son ensemble.

Alors que l’introduction des taux négatifs serait au mieux un répit à court terme qu’il faudrait mettre à profit pour engager des réformes courageuses, les politiciens font exactement le contraire: ils en tirent de merveilleuses excuses pour ralentir le rythme poussif des réformes et passent plutôt leur temps à s’attribuer les mérites de l’embellie temporaire des comptes de l’État. Pire, ils sont enclins à s’endetterencore plus puisque, clament-ils, les crédits n’ont jamais été aussi abordables!

Comme on le comprend aisément, pareille attitude a peu de chance d’arranger la trajectoire catastrophique qui a amené les banques centrales à adopter des taux négatifs comme mesures de dernier recours.

Les taux directeurs négatifs affectent de fil en aiguille toutes les perspectives de rendement liées au crédit – parmi elles, les fruits de l’épargne. Or, l’épargne est indispensable pour permettre la constitution de capital qui permet à son tour de financer une activité économique. Pour reprendre la limpide formule de Charles Gave, l’épargne représente le capital de demain et la croissance et l’emploi d’après-demain.

Dans un contexte de taux négatifs, l’épargne perd toute raison d’être, ce qui amène des conséquences terribles pour l’avenir économique d’un pays.

La bascule

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La plupart des gens n’ont pas un compte courant suffisant pour réellement souffrir des taux négatifs, mais il suffit de peu de choses pour que la situation se détériore jusqu’à un point de non-retour.

Pour des raisons légales, de nombreuses organisations (comme les gestionnaires de fonds ou les caisses d’assurance-maladie) ont l’obligation de disposer de grandes réserves fiduciaires directement disponibles. Elles sont donc frappées de plein fouet par les pénalités dues aux taux négatifs – et donc indirectement, leurs clients.

Un gestionnaire raisonnablement compétent ne peut pas accepter de perdre de l’argent sur de simples raisons techniques. La tentation sera donc grande de retirer ces énormes montants des comptes bancaires, par exemple pour les mettre dans un coffre comme argent liquide. Or, pour une banque, un million de francs sur un compte ou sous forme d’une liasse de billets déposée dans un safe n’ont pas du tout la même signification: le premier est compté comme masse sous gestion, le second n’a aucune existence au bilan.

Autrement dit, si tous les clients (et en particulier les gros clients, ceux qui ont le plus d’argent en banque) retirent leurs avoirs sous forme d’argent liquide pour éviter les taux négatifs, les banques feront faillite.

Ce comportement rationnel s’avérant fatal aux banques, les banquiers et les politiciens travaillent main dans la main pour l’empêcher. Nous assistons donc au développement d’une guerre contre le cash et d’un contrôle des capitaux de plus en plus marqué – et c’est assez tristement que l’on voit la Suisse aux avant-postes de cette nouvelle offensive contre la liberté économique, cherchant à empêcher chacun disposer de son compte en banque comme il l’entend.

Le mouvement a déjà commencé et prendra de l’ampleur, les capitaux migrant naturellement vers des lieux où les taux sont plus favorables. Pour ceux qui restent sur place, il y a encore la possibilité de convertir son argent en métal précieux ; l’or est souvent décrié comme étant quelque chose d’inerte voire inutile – « l’or ne se mange pas » nous assène-t-on – mais cette inertie devient une qualité extrêmement recherchée lorsque le simple fait de posséder du cash en billets de banque amène votre fortune à s’étioler. Bien sûr, toutes ces manœuvres de la clientèle assècheront progressivement les banques en les poussant à la faillite.

Le système financier s’effondrera-t-il?

Éthique et priorités

Les taux négatifs ne sont pas intenables à proprement parler ; ils le sont seulement dans une économie ouverte. De fait, les dirigeants de la zone euro et de tous les pays à taux négatifs sont face à un dilemme: soit ils renoncent aux taux négatifs, soit ils renoncent à l’économie ouverte.

Comme on peut s’attendre au pire de la part de cette caste, toute une série de mesures seront donc probablement prises pour mettre un terme à la liberté économique. Ces mesures seront de trois types:

  • le contrôle des capitaux ;
  • l’interdiction des paiements en cash (ou au moins leur plus sérieuse restriction) ;
  • le contrôle de l’or et des placements non-monétaires.

Les deux premiers points serviront à éviter que quiconque échappe à la dépréciation planifiée des avoirs bancaires ; l’urgence de la crise justifiera le premier objectif, la lutte contre le terrorisme le second. Quant au troisième, il servira à empêcher la conversion locale du cash en une autre forme de monnaie à l’abri des taux négatifs et on se réjouit de découvrir l’excuse qu’auront concoctées les autorités.

Et il faudra bien sûr mater les rebelles.

Les taux négatifs représentent le dernier acte du drame de l’agonie d’un système économique artificiel comme la monnaie-papier – en quelque sorte, le miroir de l’hyper-inflation, une autre forme d’explosion connue et spectaculaire. Reconnaissons tout de même que dans le cas présent il n’y a pas de précédent historique ; l’effondrement d’un régime de monnaie-papier par le biais des taux négatifs implique un degré de contrôle sur la société civile qui était impossible à atteindre à l’ère pré-informatique.

Nous ne sommes qu’au début de l’époque des taux négatifs, mais à moins de faire marche arrière immédiatement les dégâts qu’ils provoqueront marqueront notre génération.

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2015/05/01/poison-taux-negatifs.html

Un antécédent établi par Chypre

Graham Summers Phoenix Capital Gains, Pains and Capital 24hgold.com  Publié le 08 mai 2015

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Dissimulée par les discours optimistes des gouvernements du monde et des médias, l’élite politique a commencé à mettre en place une législation qui lui permet de geler les comptes bancaires et d’utiliser l’épargne des gens pour refinancer des banques insolvables.

Il ne s’agit pas ici d’une théorie de la conspiration, mais de simples faits.

Au cours de ces 24 derniers mois, le Canada, Chypre, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont mis en place une législation qui pourra leur permettre de geler puis de saisir les actifs bancaires si une nouvelle crise se présentait.

En gardant cela à l’esprit, j’aimerais revenir un instant sur les implications des bail-ins mis en place à Chypre. Le pays nous fournit un antécédent pour ce qui deviendra bientôt un phénomène global.

Voici comment la situation s’est développée à Chypre :

–        25 juin 2012 : Chypre fait une demande formelle de refinancement à l’Union européenne.

–        24 novembre 2012 : Chypre annonce avoir trouvé un accord avec l’Union européenne, et le démarrage du processus de refinancement dès l’examen des banques chypriotes par les fonctionnaires de l’Union européenne (le capital nécessaire était alors estimé à 17,5 milliards d’euros).

–        25 février 2013 : Le candidat démocratique Nicos Anastasiades remporte les élections face à son opposant communiste anti-austérité.

–        16 mars 2013 : Chypre rend publics les termes de son plan de bail-in : un prélèvement de 6,75% sur les comptes de moins de 100.000 euros, et de 9,9% pour les comptes de plus de 100.000 euros. Un jour férié bancaire est annoncé.

–        17 mars 2013 : La session d’urgence ouverte par le Parlement pour le vote du plan de refinancement est suspendue.

–        18 mars 2013 : La période fériée est étendue jusqu’au 21 mars.

–        19 mars 2013 : Le Parlement chypriote rejette le projet de bail-in.

–        20 mars 2013 : La période fériée est étendue jusqu’au 26 mars.

–        24 mars 2013 : Les retraits auprès des plus grosses banques du pays sont limités à 100 euros.

–        25 mars 2013 : Les accords de refinancement sont signés. Les déposants qui disposent de plus de 100.000 perdent 40% de leur argent déposé auprès de la Banque de Chypre, et 60% de leur argent déposé auprès de Laiki.

Voyez à quelle vitesse les évènements se sont succédé.

Les banques chypriotes ont fait une demande formelle de refinancement en juin 2012. Les discussions ont duré deux mois. Après quoi le système a basculé en un seul weekend.

Un weekend. Le processus n’a pas été graduel. Il a été soudain, et total : une fois qu’il a été lancé, les banques ont fermé et plus personne n’a pu accéder à son argent. 

Personne n’a reçu d’avertissement préalable, parce que ceux qui se trouvaient en haut de la chaine alimentaire financière se sont assurés de rester discrets. Les banques centrales, les directeurs de banques, les politiciens… tous ces gens se concentrent principalement sur le maintien de la confiance envers le système, et non sur la résolution de ses problèmes. Ils ne peuvent pas discuter de ces problèmes, puisque le faire mettrait au grand jour le fait qu’ils ne sont eux-mêmes la cause.

Pour cette raison, vous ne verrez jamais un banquier central, un directeur de banque ou un politicien admettre ce qui se passe réellement sur le système financier. Même les employés subordonnés n’en parlent pas parce qu’ils ne connaissent pas la vérité concernant leurs institutions et pourraient être renvoyés s’ils cherchaient à mettre en garde qui que ce soit.

Prenez quelques minutes pour bien comprendre tout cela. Personne ne vous dira jamais que votre argent est en danger (à l’exception de gens comme Ron Paul, qui sont déjà marginalisés par les médias).

Il est désormais temps de nous préparer à un risque systémique. Je ne peux pas prédire quand la situation dégénèrera comme elle l’a fait à Chypre, mais personne ne le peut.

 Il n’en est pas moins qu’il soit clair que nous devrions nous préparer au pire. Le Département américain du Trésor a déjà commandé des kits de survie pour les employés des plus grosses banques du pays… et la Fed de New York élargit ses bureaux de Chicago, au cas où un évènement majeur venait faire s’effondrer le marché.

L’Europe a déjà discuté du rétablissement des contrôles frontaliers

L’Europe est sur le point de mettre en place des contrôles de capitaux et de rétablir les contrôles douaniers.

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Il ne s’agit pas là d’une conjecture oisive. Nous savons tous que l’élite politique européenne n’est que trop heureuse d’ignorer la loi lorsque la crise échappe à tout contrôle. Ce n’est en effet pas la première fois qu’une telle situation se présente en Union européenne.

En mars 2012, alors que la crise européenne commençait pour la première fois à devenir hors de contrôle, Nicolas Sarkozy a appelé publiquement à une renégociation du traité de Schengen : le traité qui a permis à l’établissement de l’Europe des 26 en tant qu’entité sans frontières internes au sein de laquelle les individus sont libres de se déplacer d’un pays à un autre sans aucune difficulté, et qui a facilité les échanges commerciaux entre les pays membres.

http://www.spiegel.de/international/europe/ge…y-a-828815.html

Et la France n’était pas la seule dans son cas. Quelques mois plus tard, en juin, l’Allemagne et la France ont toutes deux proposé la mise en place de douanes frontalières.

Un vote de défiance en Europe

La proposition jointe de la France et de l’Allemagne visait à autoriser les pays membres de la zone Schengen de réintroduire temporairement des contrôles frontaliers, ce qui pourrait sembler sans lourdes conséquences. Mais réintroduire les frontières internes à l’Europe endommagerait le symbole d’unité de l’Union et pourrait contribuer à sa chute.

Mais cette fois-ci, la France et l’Allemagne ne plaisantent plus. Lors de la réunion des ministres européens de l’intérieur de cette semaine, les deux pays prévoient de discuter de la réintroduction des contrôles frontaliers au sein de la zone Schengen. Selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, le ministre allemand de l’intérieur, Hans-Peter Friedrich et son homologue français, Claude Guéant, auraient rédigé une lettre à l’attention de leurs collègues dans laquelle ils appellent au droit pour les gouvernement d’établir des contrôles sur leurs frontières en tant que mesure de dernier recours, et pour « une durée limitée ». Ils recommanderaient une période initiale de trente jours.

Pourquoi une telle décision ?

Parce que la Grèce menace de quitter l’euro. Encore une fois le même problème. Comme le montre l’article ci-dessus, qui date de juin 2012, les dirigeants européens ont proposé des contrôles de capitaux et frontaliers et imposé des limites aux retraits de liquide aux quatre coins de l’Europe.

L’Union européenne établit des mensures de dernier recours dans l’éventualité d’une sortie de la Grèce

Les ministres européens des finances ont imposé des limitations aux retraits d’argent depuis les distributeurs automatiques, discuté la remise en place de contrôles frontaliers internes et introduit des contrôles de capitaux dans l’éventualité où la Grèce décidait d’abandonner l’euro.

En plus de limiter les retraits et d’imposer des contrôles de capitaux, ils ont discuté la possible suspension des accords de Schengen, qui permettent le déplacement libre des individus dans une grande partie de l’Europe.

http://money.msn.com/business-news/article…amp;id=15208663

Si vous pensez que les choses ont changé en Europe depuis 2012, vous vous trompez. Le système bancaire et monétaire européen demeure aussi fragile qu’il l’était à l’époque.

Le système bancaire européen a un effet de levier de plus de 26 pour 1. Le système bancaire européen dans son ensemble a un effet de levier presqu’aussi élevé que celui de Lehman Brothers avant son effondrement (30 pour 1).

Pour remettre les choses en perspective, avec un effet de levier de 26 pour 1, il suffirait d’une baisse de 4% du prix des actifs pour faire disparaître l’intégralité du capital. Quelles sont les chances que les actifs européens se soient effondrés de 4% ces deux dernières années ?

La crise n’est pas terminée. Et la prochaine fois qu’elle s’intensifiera, que ce soit suite à la sortie de la Grèce ou un quelconque autre évènement, ces contrôles de capitaux et frontaliers seront mis en place.

L’Europe n’est pas passée très loin en 2012. Cette fois-ci, la BCE ne sera pas capable de la maintenir sur pieds.

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-un-antecedent-etabli-par-chypre.aspx?contributor=Phoenix+Capital.&article=6759308948H11690&redirect=False

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-l-europe-a-deja-discute-du-retablissement-des-controles-frontaliers.aspx?article=6773809870H11690&redirect=false&contributor=Phoenix+Capital.

6 réponses »

  1. Je ne comprends toujours pas pourquoi mettre en relation les taux négatif et la taxation du compte bancaire. Se sont deux choses différentes. Mêmes si au final celui qui prête ou qui épargne perdra une partie de celle ci. Par contre celui qui emprunte pourra se frotter les mains il aura une réduction de prix sur se qu’il a acheté si qui est alors proche d’un mécanisme de déflation. Si ont mélange taux négatif et inflation. Tout le monde va en vouloir de ces taux négatifs. J’achète une maison 100 a un taux – 0.5% sur 20 ans cela fait 5.25% de réduction sur la valeur de l’achat. Encore faut il pouvoir avoir accès a un crédit a taux négatif. Et je pense que le quidam n’y aura pas accès. Le quidam aura juste le droit de se faire taxer son compte courant. M’enfin pour les états gourmants d’endettement cela va être une partie de plaisir de pouvoir dépenser plus en remboursant moins 🙂 🙂 :).
    Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt. Avec des taux négatif le poids de la dette disparait pour l’emprunteur mais pas pour le prêteur. Il vont pouvoir dépenser a tord et a travers

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    • les taxes exceptionnelles sur le capital seraient un element declencheur de revolutions politiques
      Lorsque la Belgique l’a fait en 45(46?) on sortait de la guerre, il y avait alors une raison:
      pour culpabiliser la population
      « ce n’est pas de la faute du gvt c’est la votre: vous avez perdu la guerre » sous entendu vous vous etes mal battu ou encore Hitler est le mal absolu
      donc on y peut rien
      donc c’est à vous de payer

      aujourd’hui il n’y a pas de guerre propre à justifier la culpabilité du peuple
      (la citation de Goering mise l’autre jour est importante: la guerre 39 45 par ex n’est pas la responsabilité du peuple mais des gvts)

      dans un bail in c’est pareil: vous avez fauté
      en placant votre argent dans une banque insolvable,
      vous etes né dans un pays « democratique » insolvable alors:
      donc vous etes coupables
      donc vous payez

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  2. Bonjour, pouvez vous nous donner plus d’informations sur les mesures mises en place par la suisse auxquelles vous faites allusion dans la phrase « assistons donc au développement d’une guerre contre le cash et d’un contrôle des capitaux de plus en plus marqué – et c’est assez tristement que l’on voit la Suisse aux avant-postes de cette nouvelle offensive contre la liberté économique, »

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  3. Bonjour,
    Nous pourrions aussi penser que les taux negatifs ne soit pas une solution de dernier recours, mais bien une strategie coherente a long terme.
    Au cas ou la monnaie, comme si bien explique dans l`article, n’est plus liee a aucun actif tangible, dans ce cas la, plus besoin d’inflation pour diminuer sa valeur, on peut faire ce qu’on veut en fonction des besoins immediats.
    Or, actuellement, il s’agit de mettre au travail l’argent qui dorme sur les comptes bancaires et leur possesseurs mais aussi et peut etre surtout, ammeliorer la competitivite de l’economie occidentale. Si nous constations qu’il n’y a plus de marge cote technologie, plus de marge cote delocalisation au pays a faibles salaires, il ne reste plus comme piste ! ? que celle de reduire les salaires de gens. Comme il y a le precedent d’indexer leur salaires a l’inflation, une bonne deflation conduits et donne les arguments de reduire les salaires. Ou bien alors, de ne plus les augmenter pendant que tous les biens de consommation courante augmentent peu a peu.
    Ainsi on harmonise le marche mondial du travail par une tendance naturelle d’augmentation de revenues en Asie et une autre dirigee dans le sens contraire chez nous. Et sans Revolution.
    En plus, par le fait de taxer les comptes, les gens et surtout les jeunes seront pousses a ne plus en posseder un compe en positif. Car c’est le negatif paye. Voila un bon entrennement pour l’etape suivante, la suppression pure et simple du cash.
    Question capital, plus besoin non plus, car on en fabrique au clavier autant que l’on veut en fonction de circonstances et le monde jeune y est habitue.
    Et de toute facon, dans le meilleur des mondes, on ne travaille plus pour se constituer un capital, mais bien pour une consommation adequate a sa position sociale et geografique.
    Car le summum de la societe bien ordonee et organisee est celle des termites, ou chaque individu, par une specialisation extreme, finie par se dedie a une tache tres precise et un espace bien defini qui lui cree la satisfaction adequate a ses aspirations controlees.
    Je delire peut etre, mais je pense Le Meilleurs des mondes obsede les maitres.
    Ou alors A Huxley etait un prophete ! ?

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  4. Supprimer le cash est dangereux:cela permettra l’émergence de monnaies indépendantes des banques (centrales),donc incontrolables par le pouvoir.La déflation est inévitable:je crois qu’il faut observer l’immobilier.La bulle financière occidentale s’est batie sur la spéculation immobilière

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    • « Supprimer le cash est dangereux: cela permettra l’émergence de monnaies indépendantes des banques (centrales), donc incontrôlables par le pouvoir » Non! Des monnaies indépendantes cela n’existe pas, elles sont toujours liées à un pouvoir étatique et bancaire (celui qui prête et celui qui dépense). Par contre c’est un bien commun et elle se doit donc d’être contrôlable par le citoyen lambda…et pour cela la monnaie doit être adossée à du tangible pour en limiter l’émission…Les us en 1971 ont pris comme collatéral à l’émission de leur monnaie leur propre dette dont ils ont manipulés les taux pour en minimiser les couts d’emprunts, financer leurs guerres, ruiner les créanciers et s’endetter davantage….Depuis tout le monde les a imité et on nage en pleine dérive obligataire…Quant à l’immobilier c’est uniquement le tangible qui sert à l’industrie financière à faire croire au pékin moyen que la dette n’est pas assise sur du vent! Et un jour le vent l’emportera…

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