Commentaire de Marché

Mister Market and Doctor Conjoncture du Vendredi 8 Mai 2015 : Un coup d’arrêt opportun sur les bourses, on prépare l’atterrissage Par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Vendredi 8 Mai 2015 : Un coup d’arrêt opportun sur les bourses, on prépare l’atterrissage Par Bruno Bertez

Notre conviction est que l’on prépare l’atterrissage.

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La chute des marchés semble interrompue. Le marché global tente une stabilisation qui touche même la Chine et les secteurs les plus fragiles comme les obligations des souverains. Hier jeudi 7 Mai, le S&P s’est redressé après un plus bas de 1 mois, le dollar a rebondi et les Treasuries se sont orientés à la hausse.

Le test, car s’en était un et s’en est un, aura coûté plus de 400 milliards de dollars en moins de deux semaines. C’est en effet le montant de la perte estimée sur le marché mondial des bonds depuis le début de l’expérience. Au niveau d’ensemble, tous marchés confondus, le test aura coûté 2 trillions !

La stabilisation, puis un léger rebond paraissent dans l’ordre des choses, car il ne faut surtout pas que le mouvement échappe au contrôle, il faut que derrière le « mystère » de la correction, les choses reprennent un cours plus « normal » afin de redevenir gérables. Car le grand mot, le concept clef est là : il faut que ce soit gérable.

Il faut réintroduire un semblant de rationalité, une apparence de détermination afin de pouvoir jouer au jeu des corrélations. C’est pour cela qu’il était opportun que les marchés se stabilisent juste avant la publication des chiffres de l’emploi américain de vendredi 8 Mai. Il faut que les commentateurs et les journaux puissent dire : maintenant tout dépend de l’emploi US, c’est lui qui va fixer les orientations de la politique de la Fed et donc la tendance sur les marchés de taux d’abord et d’actions ensuite.

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On crée des attentes d’anticipations, on travaille les dérivées d’anticipations. L’opération consiste maintenant à raccrocher, après cette bouffée d’irrationalité, les wagons de la rationalité tirés par cette locomotive qu’est la Banque Centrale Américaine…

D’une certaine façon, et c’est à vos dépens si vous ne croyez pas, on prépare ce que nous appelons l’atterrissage ; on est en approche comme on dit en langage de navigation aérienne.

Nous avons entendu deux messages très forts ces derniers temps.

Le premier est celui de Yellen qui est venu nous dire : les évaluations boursières sont trop élévées. Elle l’avait déjà dit s’agissant du secteur des biotechs, elle le redit sans restriction. C’est un signal, un langage qu’il faut toujours prendre au sérieux. Non comme une prévision boursière, mais comme une indication sur ce que souhaiteraient les autorités. Et là, le message est clair, elles souhaitent un peu de modération pour conserver le déroulement des opérations bien en mains. A noter qu’à 21 fois les earnings forward, les actions ne sont guère plus chères qu’il y a quelques semaines quand Yellen pensait qu’elles étaient à leur prix ; mais hier c’était hier et aujourd’hui c’est aujourd’hui.

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Le second c’est celui de l’auxiliaire de gestion du Gouvernement et du Trésor, Warren Buffett, il est venu dire que les actions étaient à leur prix sur la base des taux actuels, mais qu’elles seraient surévaluées lorsque les taux commenceraient à monter ! Si ce n’est pas du pilotage avec des étages, cela y ressemble. D’abord cela veut dire que les taux vont finir par monter, ensuite cela signifie qu’il faudra avoir attaché sa ceinture au moment du décollage.

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Tout ceci suit la campagne intéressée lancée par les grandes banques qui inquiètes, ne cessent de répéter : attention il y a des risques, avant de déclencher le processus de normalisation, faites attention, les marchés sont non-liquides et on peut avoir des accidents et dérapages. 

Le rally de plus de 50% sur le pétrole Brent depuis la mi-Janvier nous semble avoir été le facteur déclenchant ; l’autre facteur peut bien être la perspective du lancement d’un train de mesures très fortes et massives de la part de la Chine afin de contrer la glissade en cours. Dans les deux cas, la perspective d’une modification importante sur le front de l’inflation incite à la prudence aussi bien des régulateurs comme la Fed que de la part de ses filiales, les TBTF. Aux USA, le chômage est revenu à un niveau que Fisher considère comme naturel, les demandes d’indemnisation sont au plus bas de 15 ans, la productivité est déplorablement faible, les couts par unités produites sont à la hausse.

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La productivité aux États-Unis a encore baissé au 1er trimestre, dans une mesure proche des attentes des analystes, selon la première estimation publiée mercredi par le département du Travail.

Elle a décliné de 1,9% en rythme annuel alors que les analystes tablaient sur un recul de 1,8%. Au quatrième trimestre, la productivité avait reculé de 2,1%.

Le recul de la productivité au 1er trimestre résulte d’un déclin de la production de 0,2% associé à une faible augmentation des heures travaillées (+1,7%).

Ce déclin de la productivité de janvier à mars est intervenu alors que l’économie a été affectée par un climat hivernal rigoureux ce qui a entraîné un vif ralentissement de la croissance à 0,2%, au lieu de 2,2% au dernier trimestre 2014.

En glissement annuel, la productivité dans le pays a très légèrement augmenté de 0,6%. 

Le département du travail indique par ailleurs que le coût unitaire de la main-d’oeuvre (hors secteur agricole) a augmenté de 5% au 1er trimestre, reflétant une hausse de 3,1% de la rémunération horaire associée à un déclin de 1,9% de la productivité.

Le coût unitaire de la main-d’oeuvre est le rapport du coût de l’emploi (rémunération et charges diverses) à la productivité du travail.

Sur 12 mois, le coût unitaire de la main-d’oeuvre a augmenté de 1,1%, ajoute le ministère.

Bien sûr on dira que les statistiques économiques sont erratiques, que l’activité est décevante, mais ce n’est pas ce qui compte, les autorités sont ralliées à l’idée d’une croissance séculaire faible et elles ont préparé le terrain dans ce sens : le potentiel de croissance sans inflation est plus faible qu’avant ! Ben voyons !

Le vrai risque c’est l’inflation et le contrôle des taux. Un signal très avancé, trois mois environ, des difficultés à venir est fourni en général par le marché des Junks Bonds, quand il cale, c’est mauvais signe ; et sur ce marché, les signaux commencent à flasher sérieusement. Il est temps de revoir les instruments, de réviser les équipements et de tester les manœuvres d’approche et les comportements des passagers.

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  BRUNO BERTEZ Le 8 Mai 2015 

illustrations et mise en page by THE WOLF

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1 réponse »

  1. Bonsoir à tous
     » les autorités sont ralliées à l’idée d’une croissance séculaire faible et elles ont préparé le terrain dans ce sens : le potentiel de croissance sans inflation est plus faible qu’avant ! Ben voyons ! »
    Ils ont lancé une sonde voici quelques semaines
    « baisse de 30% des salaires »
    Attendons de voir la télé faire avaler ça comme une bonne nouvelle »
    et elle y arrivera! 🙂
    Mais quelles autres nouvelles viendront faire passer celle-là au second plan
    car je retiens dans « croissance séculaire »… »séculaire »
    la croissance étant que la Fed fera croître les dollars….les Bonds avec un fusil dans le dos des acheteurs récalcitrants
    Donc l siècle durera ce qu’il peut
    tout au plus 1 an ou 2 selon qu’on est pessimiste ou….optimiste 🙂
    L’important étant de garder la santé….dans la tête

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