Art de la guerre monétaire et économique

Keiser Report : Or & argent, contrôles de capitaux en France et QE/ Confiscation de richesse et cygnes noirs

Keiser Report : Or & argent, contrôles de capitaux en France et QE

Publié le 14 avr. 2015/GOLDBROKER.FR

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Le journaliste Max Keiser a interviewé Egon von Greyerz (fondateur de MAM et membre du board de Goldbroker.com) sur le marché de l’or et de l’argent, les contrôles de capitaux en France, les QE des banques centrales et la crise financière.

Contrôles de capitaux en France, crise financière et marché de l’or physique

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Max Keiser : Je voulais commencer en vous demandant de nous parler de ce qu’il se passe en France, parce qu’en France, ils imposent des limites aux gens… Par exemple, les paiements en liquides sont désormais limités à 1000 euros, alors que c’était 2000 ou 3000 euros auparavant… ils interviennent beaucoup dans les transactions quotidiennes… vous ne pouvez faire de transactions au-dessus de tel ou tel montant sans alerter les autorités… vous ne pouvez retirer plus de 10,000 euros à moins d’alerter les autorités…

Il me semble que la France « sait » que les taux négatifs d’intérêt arrivent, qu’ils vont commencer à charger des frais pour mettre son argent à la banque… et ils ne veulent pas que les gens retirent cet argent de la banque et le mettent dans vos coffres en Suisse, par exemple, ou même le détiennent en liquide.

Cela ne constitue-t-il pas une forme pernicieuse de contrôle des capitaux ? Parlez-nous de cela, un peu.

Egon von Greyerz : Absolument. Il va y avoir des contrôles de capitaux partout dans le monde… aujourd’hui, vous êtes considéré comme un criminel si vous allez à la banque pour y retirer de l’argent liquide. La plupart des banques au monde vont vous poser une tonne de questions et, si vous avez besoin d’un montant plus élevé, ils vont refuser. Ce n’est pas illégal, dans la plupart des pays, de retirer de grosses sommes en liquide, mais ils vont tout faire pour vous en empêcher.

Les banques ne vont pas bien… la France est le prochain enfant malade de l’Europe, à mon avis; elle devra faire face à des problèmes majeurs, et les contrôles de capitaux feront partie des ‘solutions’…

Max Keiser : En d’autres mots, en Europe, il y a des pays qui sont en train de faire faillite… évidemment, la Grèce a déjà fait faillite, comme l’a déclaré Alexandre Tsipras, textuellement, alors il est inutile de se demander ce qu’on fera en cas de faillite, car c’est déjà le cas…

Egon von Greyerz : Absolument.

Max Keiser : L’Italie est dans une situation catastrophique… l’Irlande a déjà fait faillite, a eu son bailout, mais il semble maintenant qu’elle fera à nouveau faillite, à cause de la bulle immobilière… Pensez-vous que cette « contagion » frappera la France ? Parlez-nous un peu de cela.

Egon von Greyerz : Le déficit de la France est encore un des plus élevés d’Europe… et ils ont des syndicats, qui n’accepteront aucune mesure d’austérité… et la France devra implémenter des mesures d’austérité, comme tous les autres pays en déficit… il n’y a qu’à regarder la Grèce, l’Italie… Mais aucun pays, aucun peuple n’acceptera l’austérité, et surtout les Français. Je m’attends donc à ce que les problèmes soient plus sévères en France que partout ailleurs, à cause des syndicats, qui seront un frein à toute activité. 

Max Keiser : La capacité de la France à implémenter des mesures d’austérité est à peu près nulle. Nicolas Sarkozy, lors de son premier mandat, a essayé de mettre en place un paquet de réformes, et on l’a mis à la porte, car les gens n’en voulaient pas. Et maintenant, sous le gouvernemenr Hollande, cela n’a guère été plus efficace… certains songent même à faire revenir Sarkozy…

Je suis allé en France à plusieurs reprises et il me semble qu’aussitôt que les Français élisent un président, ce dernier devient la bête noire et les gens se retournent contre lui, il devient le président le moins populaire de tous les temps… Cette culture française, c’est quelque chose à comprendre ! Ca fait parti de ses spécificités…

En Europe, les pays sont remarquablement différents… la France, l’Allemagne, la Grèce, la Suisse sont tous culturellement très différents. Mais les Français sont particulièrement réfractaires aux réformes… qu’en pensez-vous ?

Egon von Greyerz : Oui… les Français n’accepteront pas l’austérité. J’ai dit, il y a déjà longtemps, qu’il y aurait des changements de gouvernements beaucoup plus fréquents dans le monde entier, et certainement en Europe, parce que les nouveaux gouvernements promettent la lune alors qu’ils ne peuvent pas la donner.

Regardez la Grèce : soit ils trouvent un compromis, soit ils quittent l’Union européenne – ce qu’ils devraient faire, selon moi – et faire faillite, repartir de zéro avec le drachme… mais, évidemment, la Troïka fera tout son possible pour empêcher cela, parce qu’ils savent que cela poussera l’Italie, l’Espagne, le Portugal à faire la même chose… ou bien ces pays exigeront les mêmes conditions ou bien ils commenceront à s’effondrer financièrement.

Je pense que nous allons voir différents partis politiques prendre et perdre successivement le pouvoir en Europe, et aucun parti ne durera, parce qu’ils font des promesses avant de prendre le pouvoir, et une fois qu’ils y sont ils ne peuvent pas les tenir… et ils se font mettre à la porte. Nous allons donc assister à une forme d’anarchie politique, car les politiciens ne seront plus capables de diriger leur pays correctement. 

Max Keiser : Dans le cas de la Grèce… les Grecs veulent deux choses : ils veulent faire partie de la zone euro, et ils veulent la fin de l’austérité. Il me semble que ces deux choses sont incompatibles… vous ne pouvez pas utiliser l’euro sans l’austérité qui va avec, n’est-ce pas ?

Egon von Greyerz : Vous avez raison. C’est ce qui arrive en Europe, aujourd’hui. Les gens sont habitués à être nourris à la cuillère par le gouvernement, ils en dépendent complètement. Alors ils veulent tout avoir, mais ils ne veulent pas l’austérité. Nous savons, évidemment, que ces deux choses sont irréconciliables.

La Grèce est en faillite, comme vous l’avez dit, l’Europe va vers la faillite, surtout dans le sud, et donc, selon moi, il n’y a pas de solution… Ils trouveront un compromis sur le court terme, mais, sur le long terme, comme je l’ai dit lorsqu’elle a été crée, l’Union européenne va se dissoudre… l’euro est une devise artificielle qui n’aurait jamais dû voir le jour.

L’euro ne durera pas. Il est juste question de savoir combien de pays l’utiliseront, et durant combien de temps. 

Max Keiser : Egon, vous êtes un spécialiste de l’or, avec votre société en Suisse. Et votre modèle d’affaire est très intéressant, parce que, à la base, vous n’avez qu’à attendre… parce qu’à travers l’histoire, toutes les devises fiduciaires ont toujours fini par s’effondrer en ne valant plus rien ! Et, si on regarde l’histoire, l’or a toujours été, à la fin, la monnaie vers laquelle on s’est tourné…

Vous dirigez GoldSwitzerland, en Suisse… et il y a actuellement une attirance pour les monnaies fiduciaires… qu’il s’agisse du dollar qui grimpe énormément, ou de l’euro… mais ne sommes-nous pas dans une étrange situation où l’offre de dollars, l’offre de bons du Trésor, est à un sommet de tous les temps, leurs prix montent, alors qu’au même moment, la demande mondiale pour l’or physique atteint aussi des sommets historiques, mais son prix stagne de côté ou vers le bas… cela ne contredit-t-il pas toutes nos connaissances de l’économie ?

Egon von Greyerz : Oui… vous abordez plusieurs points importants. Premièrement, la demande pour l’or physique est très forte, et il y a, en fait, une pénurie d’or physique sur le marché. Parce que tout l’or se déplace de l’Ouest vers l’Est. Auparavant, lorsque les banques d’affaires (bullion banks) avaient l’or des banques centrales, en louaient ou en vendaient, cet or demeurait dans le London Gold Pool, ou à New York. Maintenant, c’est la Chine qui achète, et elle en prend livraison. Le marché de l’or physique est tendu…

Le marché d’or-papier est 100 fois plus gros que le marché physique, alors les gouvernements, les banques centrales, certaines grandes institutions bancaires aux États-Unis, comme Goldman Sachs ou JPMorgan, manipulent le prix sans relâche pour le pousser à la baisse. Tout cela devrait s’arrêter dès cette année, selon moi, lorsque le marché réalisera qu’il n’y a pas assez d’or physique pour satisfaire les demandes de conversion de tous les certificats papier en circulation. Ces banques ne pourront satisfaire la demande et devront régler en cash et elles perdront beaucoup d’argent… 

Max Keiser : Permettez-moi de vous interrompre… vous prévoyez que l’or repartira à la hausse et que les devises de papier s’effondreront cette année, en 2015. Vos prévisions ont souvent été bonnes, donc vous ne dites sûrement pas ça par hasard… je veux dire que ceci vient de quelqu’un qui est vraiment au cœur du marché mondial de l’or… vous croyez donc que nous assisterons, cette année, à ce « retour à la normale », une réévaluation soudaine, à l’échelle mondiale, avec des devises fiduciaires qui retourneront à leur valeur intrinsèque, qui n’est pas très élevée… et l’or qui reviendra au premier plan pour assumer son rôle de monnaie de référence…

Qu’en est-il du dixième des « 1% » les plus riches ? Il me semble qu’ils aiment les devises, les actions haute technologie, la Bourse de New York… mais, une fois que la psychologie change, ils peuvent se retourner rapidement et investir dans l’or. Et ceux qui seront laissés de côté n’auront pas cette chance.

Egon von Greyerz : Absolument. Surtout ceux qui ont des ETF ou des certificats d’or, qui n’obtiendront pas d’or. Peut-être si vous avez de bons contacts… il faut se souvenir qu’il se produit environ 2,5 tonnes d’or chaque année, et si vous achetez directement aux raffineries, comme nous le faisons, vous pourrez toujours vous procurer de l’or. Mais il n’y aura pas d’or pour tout le monde.

Je suis du camp de l’hyperinflation… et si vous regardez l’impression monétaire… Ne regardons que cette impression monétaire… prenez le Japon. Le Japon va couler… Le pays survivra, mais son économie va couler dans le Pacifique. Elle n’a aucune chance de survie… leur ratio de dette/PIB augmente… ils impriment des milliards de milliards de yens et cela n’a aucun effet sur l’économie.… la Chine, comme vous savez, est passée d’une dette de 2,000 milliards à une dette de plus de 28,000 milliards en ce début de siècle… elle aura des problèmes. C’est déjà le cas, et cela a des répercussions mondiales, parce qu’ils étaient de gros acheteurs de matières premières… et le secteur s’effondre.

Le Baltic Dry Index, un excellent indicateur de ce qu’il se passe dans le commerce international, est à plus bas historique. Vous savez, on parle beaucoup de l’Europe comme étant le seul enfant à problèmes, mais je crois que ce sont les États-Unis qui ont les plus gros problèmes… tout le monde est optimiste car le dollar est fort, l’économie est forte… mais tous les indicateurs sont plus faibles que ce qui était attendu. Le Russell 2000 est à un ratio cours/bénéfice (P/E, price-to-earnings) historique de 90… mais tout le monde regarde vers un P/E futur, tout en excluant ces indices… mais le P/E véritable est de 90. Avant cette année, le P/E moyen était de 20…

Max Keiser : Mais quand ils rachètent leurs propres actions, cela ne cause-t-il pas une distorsion du P/E ? Parce que, en plus d’obtenir des taux de financement à zéro, ils rachètent leur propre action, il en reste moins pour les autres, et ils disent, regardez notre P/E, il est meilleur… mais c’est parce que ce chiffre est divisé par moins de parts… Mais vous dites que, si on enlève les subterfuges, on arrive à un P/E de 90 ?

Egon von Greyerz : Oui, sur le Russell 2000…

Max Keiser : … qui est l’indice le plus large

Egon von Greyerz : … pour les derniers 12 mois…

Max Keiser : N’est-ce pas élevé ? C’est plus haut que le Mont Matterhorn !

Oui, plus haut que le Matterhorn ! Quel accomplissement !

Offre & demande d’or physique, le potentiel de l’argent, conflits géopolitiques

Max Keiser : Nous sommes de retour avec Egon von Greyerz de Matterhorn Asset Management, en Suisse.

Dans une conversation précédente, nous avons parlé du ratio cours/bénéfice (P/E ratio), qui ne représente plus très bien ce qui se passe sur les marchés actions. Nous avons aussi expliqué les raisons pour lesquelles le prix de l’or souffre, car pour chaque once d’or échangée sur le marché physique, 100 onces sont échangées sur le marché papier. Sur le marché de l’argent, pour chaque dollar qui se présente pour acheter, il y a 50 dollars qui arrivent pour vendre… Cela empêche le cours de monter.

Il y a beaucoup d’attention autour du COMEX de New York… il y a cette idée selon laquelle si beaucoup de personnes demandent le règlement de leurs contrats papiers en or ou argent physique, les marchés des métaux précieux, comme le LMBA à Londres, seront submergés de demande et leur capacité à manipuler le prix à la baisse disparaîtra. On découvrirait alors le vrai prix de l’or ou de l’argent, qui devrait être beaucoup plus haut sans cette manipulation. Pouvez-vous nous parler de ça ?

Egon von Greyerz : Nous achetons de l’or pour nos clients, mais nous déplaçons également l’or de nos clients qui se trouve dans des banques, pour l’entreposer en dehors du système bancaire. Et on peut s’apercevoir que lorsque les banques sont censées livrer l’or alloué, elles ne l’ont pas… Elles prennent alors le temps nécéssaire pour en trouver, en achetant sur le marché, car c’est encore possible.

Même l’or alloué n’est pas toujours dans les banques. C’est pourquoi les gens ne devraient jamais stocker leur or dans le système bancaire.

Max Keiser : À combien s’élève la production mondiale d’or ?

Egon von Greyerz : 2500 tonnes sont extraits des mines.

Max Keiser : Quelle était la demande de la Chine en 2014 ?

Egon von Greyerz : La demande de la Chine a dépassé les 1000 tonnes… Et la demande de l’Inde a atteint les 900 tonnes…

Max Keiser : Soit quasiment 2000 tonnes à eux deux. Et les ETF (certificats d’or papier) ?

Egon von Greyerz : Les ETF ont vu leurs inventaires d’or physique plonger.

Ces dernières années, la demande d’or physique a été largement supérieure à la production mondiale. Il faut aussi ajouter l’or recyclé, qui s’élève à 1000 tonnes. On produit donc environ 3500 tonnes. Mais la demande reste quand même supérieure… C’est la raison pour laquelle les banques centrales n’ont pas cessé de réduire leurs réserves d’or. C’est une certitude.

Selon les statistiques, le Royaume-Uni est exportateur d’or. J’ignorais qu’on produisait de l’or ici… Évidemment qu’on ne produit pas d’or au Royaume-Uni… Ce sont les barres de 400 onces des banques spécialisées dans le commerce de l’or (bullion banks), qui ont été vendues ou louées par les banques centrales, et qui sont rachetées par la Chine.

Les barres sont envoyées en Suisse, qui raffine 70% de l’or mondial, pour être transformées en lingots de 1kg (standard asiatique)…

Max Keiser : J’ai vu les photos de la Reine d’Angleterre en train de visiter les coffres d’or à la Bank of England. Il y a ces grosses barres d’or de 400 onces que l’on utilise sur les marchés internationaux.

Il y a des lignes dans le budget britannique concernant l’exportation de ces barres d’or ? N’est-ce pas irresponsable de la part de Mark Carney (gouverneur de la BoE) et George Osborne (ministre des finances) ?

Egon von Greyerz : Bien sûr que c’est irresponsable… Mais ils gardent aussi de l’or appartenant à d’autres banques centrales.

Max Keiser : Gordon Brown (ancien ministre des finances) a vendu 60% de l’or du Royaume-Uni quand le cours était au plus bas… Et ils continuent de vendre ?

Egon von Greyerz : Les ministres des finances anticipent toujours trés bien les marchés comme vous savez…. La Suisse a fait la même chose, elle a vendu une grande partie de ses réserves d’or alors que le cours était au plus bas… L’Occident qui se débarrasse de son or, comme c’est le cas, est le signe que nous atteignons le plus bas sur le marché de l’or.

Ces barres passent par la Suisse pour être fondues en lingots de 1kg, avant d’être envoyées vers la Chine et l’Inde. C’est ce qui se passe.

Selon moi, les banques centrales occidentales ne détiennent qu’une fraction de l’or qu’elles disent avoir. Elles sont censées détenir 300 tonnes d’or, mais je pense qu’elles en ont même pas la moitié… Les réserves d’or des banques centrales ne sont jamais auditées (le dernier audit de Fort Knox (Fed) a été réalisé en 1953 par Eisenhower.

Quand les gens se rendront compte de la supercherie, cela affectera le marché, et les gens voudront récupérer leur or immédiatement.

Si on regarde les choses de manière globale… L’or est en soi un métal lourd. Mais au moment où les gouvernements gèrent mal leur économie, l’or devient un métal extrêmement précieux…

Max Keiser : Parlons des gouvernements qui gèrent mal leur économie… Chypre a effectué un « bail-in », ils ont mis les épargnants à contribution en confisquant leurs dépôts bancaires… La France impose désormais un strict contrôle des capitaux… La Grèce demande des réparations de guerre à l’Allemagne, notamment pour les kilos d’or dérobés par les nazis… Il y a beaucoup d’histoires sur les mouvements de l’or en Suisse et en Europe pendant cette période… Ont-ils des preuves solides ? Je ne sais pas si vous avez suivi cette affaire… Mais la Grèce a t-elle assez d’éléments pour réclamer cet or à l’Allemagne ?

Egon von Greyerz : Peu importe si leur dossier est solide ou non, ils ne récupèreront jamais cet or. Et ils n’obtiendront sûrement pas les 1.2 milliards d’euros qu’ils réclament pour payer leur dette…

Max Keiser : Imaginons que la Grèce sorte de l’euro… Tout d’abord, la Grèce doit-elle sortir de l’euro ? Et s’ils retournent au drachme, devraient-ils l’adosser à l’or ou à l’argent ?

Egon von Greyerz : Ce serait une bonne chose mais ils ne le feront pas, car ils n’ont pas assez d’or et d’argent en réserve. Je pense qu’ils devraient avoir simplement une devise flottante, qui descendrait à un niveau permettant à la Grèce de prospérer à nouveau, d’exporter, et de repartir d’en bas.

Max Keiser : Je voudrais parler autre chose que de politique. Vous dites que l’offre d’or est tendue… Vous avez des clients qui veulent plusieurs lingots d’or « alloués » (en nom propre). Est-ce qu’il vous suffit de décrocher votre téléphone pour vous procurer ces quantités d’or ?

Egon von Greyerz : Non, je dis juste que nous achetons directement aux raffineurs, qui reçoivent 2500 tonnes d’or par an. Car ils reçoivent directement l’or extrait des mines, et en plus ils recyclent l’or… Donc si vous êtes en bons termes avec un raffineur vous trouverez toujours de l’or.

Max Keiser : C’est la valeur ajoutée de Goldswitzerland.com, vous traitez directement avec les raffineurs. Donc si un milliardaire arrive et souhaite acheter une grosse quantité d’or, vous serez en mesure de lui fournir. C’est une des raisons pour lesquelles les gens s’adressent à vous.

Étant donné qu’il est difficile de se fournir en or physique… Quelle est l’alternative pour ceux qui n’arrivent pas à s’en procurer ?

Egon von Greyerz : Une alternative s’ils n’arrivent pas à obtenir de l’or ? Il y a l’argent. Mais il y a une pénurie encore plus importante pour ce métal, car l’argent n’est stocké nulle part. C’est pour cette raison que l’argent va exploser. Pour moi, l’argent n’est pas le même outil de préservation de patrimoine que l’or, car il est volatile, mais aussi parce qu’il est soumis à la TVA partout en Europe. Cette TVA empêche de l’échanger aussi facilement que l’or. Mais l’argent a un potentiel énorme.

Donc quelle est l’alternative pour les gens ? Malheureusement, stocker de la nourriture. On en arrivera là. La plupart des gens n’ont pas beaucoup de moyens et la nourriture va devenir chère.

Je vais vous expliquer pourquoi je fais partie de ceux qui pensent qu’on aura de l’hyperinflation : quand une devise s’effondre, cela se termine souvent avec de l’hyperinflation. Certains diront que les États-Unis n’impriment plus de monnaie, donc il n’y aura pas d’hyperinflation…

Regardez les États-Unis, ce pays dont tout le monde dit qu’il va bien… Il n’a pas enregistré d’excédent budgétaire depuis le début des années 60’… Pas un seul. L’excédent budgétaire des années Clinton n’en était pas un. Le pays n’a pas eu une balance commerciale excédentaire depuis les années 70’… Le PIB réel, mesuré avec la véritable inflation, ne cesse de baisser. Les salaires réels sont en baisse depuis 30 ans… Ce sont les riches qui deviennent de plus en plus riches. L’impression monétaire et le crédit ont crée cette richesse, et nous avons déjà de l’inflation, dans les actifs, les marchés actions et l’immobilier.

Max Keiser : Pour revenir à ces grosses barres d’or… Il y a des gens qui ont du mal à s’en procurer. Cela peut-il mener à un conflit politique ? Par exemple en Ukraine, la guerre a été crée pour vendre des armes, il n’y a pas d’autres raisons. Il n’y a pas d’idéologie derrière. Victoria Nuland (secrétaire d’état-adjointe) a fait un coup d’État en Ukraine, et maintenant ils envoient des humvee (véhicules de l’armée américaine).

Pour moi, étant donné que l’économie s’effondre comme vous l’avez expliqué, et au lieu de faire des plans sur le long terme, comme améliorer les infrastructures aux États-Unis etc, ils veulent une solution rapide. La guerre est toujours la solution rapide.

Cette incapacité à se procurer de l’or, pour ceux qui ne sont pas dans votre position et qui ne sont pas connectés avec les raffineurs, cela peut raviver un esprit guerrier… Car pour que les choses continuent à fonctionner, ils auront toujours besoin d’or, et cela peut mener à la guerre. Est-il possible de faire une connexion entre les deux ?

Egon von Greyerz : L’histoire nous a démontré qu’un gouvernement sous pression, en difficulté économique, déclenche des guerres. Car c’est un moyen d’imprimer de la monnaie. Les États-Unis imprimeront de la monnaie quoi qu’il arrive.

Max Keiser : L’Ukraine est-elle une excuse pour imprimer de la monnaie ?

Egon von Greyerz : Certainement qu’elle le sera.

La Chambre des représentants vient d’ailleurs de voter pour envoyer des armes létales en Ukraine. Et la Russie a déclaré qu’elle n’accepterait pas.

En plus de la situation économique et financière, la situation géopolitique mondiale est extrêmement dangereuse… Je suis inquiet, alors qu’il m’en faut beaucoup.

Il n’y a pas que l’Ukraine et la Russie. Il y a aussi le Yémen maintenant. Le président s’est enfui, l’Arabie Saoudite est intervenue… Les saoudiens sont également menacés par l’Etat Islamique au nord du pays… Et il y a le nord de l’Afrique.

William Rees-Mogg, qui était l’éditeur du Times, a écrit un célèbre ouvrage au début des années 90 : The Great Reckoning. Dans ce livre il prédisait l’immigration de masse en provenance d’Afrique du Nord vers l’Europe… C’est ce qui arrive déjà. Des bateaux entiers arrivent et cela ne s’arrêtera pas. Le monde va changer et va devenir de plus en plus instable.

Max Keiser : Et le seul moyen de protéger son patrimoine et son pouvoir d’achat est d’acheter de l’or. C’est la chose à retenir. Car dans l’histoire, toutes les monnaies fiduciaires sont retombées à leur valeur intrinsèque : zéro.

Egon, merci encore d’être venu dans le Keiser Report.

Confiscation de richesse et cygnes noirs

Publié le 30 avr. 2015/ GOLDBROKER.FR

Traduction française de l’interview de Egon von Greyerz par Max Keiser sur StartJOIN TV.

Max Keiser : Bienvenue sur StartJOIN TV avec un invité très spécial, Egon von Greyerz, de Matterhorn Asset Management (MAM)…

Vous êtes un vrai pionnier, un des premiers à dire qu’il faut détenir son or dans un coffre, hors des banques, parce que, si les banques font faillite, tout ce qui figure dans leurs bilans peut être confisqué, y compris l’or.

Vous devez donc détenir votre or dans un coffre. Alors, j’ai deux questions pour vous. Tout d’abord, je voudrais que vous nous parliez des taux d’intérêt négatifs… je crois qu’environ 16-17% des obligations souveraines mondiales ont des taux de rendement négatifs… vous payez le gouvernement pour leur prêter de l’argent ! Historiquement, a-t-on déjà vu quelque chose de cette échelle… et qu’est-ce que cela signifie ?

Egon von Greyerz : Cela signifie que le système est totalement en faillite. Vous dites que les banques sont presque en faillite… elles le sont toutes ! En fait, aux États-Unis, ils ont déplacé $300 milliards de titres sécurisés dans la catégorie « à maturité », parce que, sinon, ils devraient les évaluer à la valeur du marché…

Max Keiser : Laissez-moi intervenir, ici… expliquons un peu… En d’autres mots, les banques ont, disons, des obligations dans leurs bilans, et ces obligations devraient normalement valoir ce que les investisseurs sont prêts à payer pour elles… ce serait leur valeur à la fin du trimestre, à la fin de l’année… les banques devraient déclarer qu’elles valent, selon le marché, 15 cents, 20 cents sur le dollar. Mais là, avec ces nouvelles règles, elles peuvent déclarer qu’elles valent 100 cents sur le dollar, parce qu’elles les évaluent à maturité, quoi qu’il en soit. Elles ont créé, à partir de rien, de la valeur… alors qu’il n’y en a pas !

Egon von Greyerz : Absolument. Depuis la crise de 2008, la seule manière de faire « survivre » les banques est de rapporter les actifs de façon erronée, c’est-à-dire en comptabilisant ces obligations à maturité plutôt qu’à la valeur du marché. Si elles les gardent jusqu’à maturité, les banques n’ont pas à déclarer les pertes. Ces actifs ne valent qu’une fraction de leur valeur déclarée. Les banques américaines ont, officiellement, $650 milliards dans cette catégorie. Une grande partie de ce montant est perdu.

Mais, pour revenir à votre question sur les taux d’intérêt négatifs… Les banques centrales et les gouvernements sont désespérés, car ils savent qu’avec la déflation, le système bancaire ne peut survivre… aucun prêt ne pourrait être remboursé. Nous sommes « officiellement » en déflation aujourd’hui, car les investissements vont dans ces actifs, plutôt que dans le système… Il y a eu 25 baisses de taux d’intérêt en 2015, c’est du jamais vu. Et, comme vous dites, plusieurs banques… vous devez payer la banque centrale suisse 0,75% pour y déposer de l’argent ! Il y a maintenant des compagnies d’assurances qui seraient prêtes à ce qu’on y dépose notre cash… cela coûterait moins cher qu’à la banque centrale… c’est fou !

Les banques tirent sur la corde, elles sont désespérées. Elles ont tout essayé… elles ont imprimé de la monnaie, réduit les taux d’intérêt… le système est en faillite. Je crois qu’il s’agit d’un dernier effort désespéré… les gens devraient aller à la banque et leur dire : « Je souhaite acheter une maison d’un million de dollars, pouvez-vous me payer pour contracter un prêt hypothécaire ? »

Max Keiser : Les prêts hypothècaires à 120% sont de retour, en Espagne, pour les spéculateurs britanniques… vous pouvez acheter une maison en Espagne et ils paient 100% de l’hypothèque et 20% de plus pour la meubler… et c’est exactement ce qui est arrivé avant que Bradford & Bingley et Northern Rockland ne fassent faillite, en 2007, et que cela déclenche un bank run qui s’est transformé en un problème mondial… les taux d’intérêt négatifs sont du vol pur et simple, n’est-ce pas ? Y a-t-il quelque chose qui m’échappe, ici… c’est le gouvernement qui prend de l’argent, n’est-ce pas ?

Egon von Greyerz : Ils prennent l’argent… parce qu’ils ont tout essayé pour sauver un système en faillite en imprimant de la monnaie. Comme vous savez, la Deutsche Bank a encore un effet de levier de 50 pour 1, il y a toujours plus d’un milliard de milliards de dollars de produits dérivés dans le monde, pour la plupart sans valeur, et si les taux d’intérêt grimpent, tout cela explosera, car tous les produits dérivés ont une composante de taux d’intérêt. Alors les gouvernements sont désespérés, ils confisquent ce qu’ils peuvent… pouvez-vous imaginer ce qui arrivera aux fonds de retraite et aux compagnies d’assurances, maintenant ? Il n’y aura pas d’argent pour les retraités…

Max Keiser : Je réfléchis à cela depuis longtemps, et voici ce que j’en pense. Les compagnies d’assurance s’appuient sur les écarts de rendements positifs… c’est la base de leurs affaires. Prenez Berkshire Hathaway, par exemple… c’est une compagnie d’assurance avec un modèle d’affaires basique : Le nombre de réclamations des détenteurs de contrats d’assurance est inférieur aux primes que vous encaissez, et la différence est payée grâce à un écart de taux d’intérêt positif. Mais si les intérêts sont négatifs, le secteur de l’assurance se retrouve en position délicate. Cette industrie ne peut survivre de cette manière… l’arithmétique financière ne fonctionne pas.

Egon von Greyerz : C’est la même chose avec les régimes de retraite, exactement la même chose.

Max Keiser : Mais… si on enlève l’industrie de l’assurance dans le monde, n’est-ce pas équivalent à dire que les seuls éléments de propriété privée que vous pouvez assurer sont ceux que vous pouvez défendre avec votre fusil ? Parce que tout le reste, le bateau à la marina, la seconde maison… sont des choses que l’on assure. Si les gens ne peuvent pas les assurer, ils n’en achèteront pas, n’est-ce pas ?

La propriété privée elle-même est menacée par ces taux d’intérêt négatifs, qui correspondent à de la confiscation de richesse.

Egon von Greyerz : On ne perd rien pour attendre… tous les marchés actions atteignent des sommets, et nous allons assister au début d’un marché baissier séculier majeur… avec ces P/E de 90 sur le Russell 2000

Max Keiser : P/E ajusté…

Egon von Greyerz : Oui… et, à un certain moment, la Bourse ou les marchés d’obligations vont s’effondrer, et l’immobilier… tout ce qui est financé par cette bulle du crédit, tout cela va s’effondrer. Qu’arrivera-t-il aux compagnies d’assurances et aux fonds de retraite qui détiennent ces actifs dans leurs bilans ? Ce sera une catastrophe pour les retraités et, comme vous dites, pour les gens qui détiennent de l’assurance.

C’est pourquoi, selon moi, nous allons assister à de l’assouplissement quantitatif (QE) massif – je n’aime pas cette expression… je préfère impression monétaire – dans le monde entier, y compris aux États-Unis et au FMI, parce qu’ils n’auront pas réussi à stimuler l’économie en réduisant les taux d’intérêt… alors nous assisterons sûrement à un programme d’impression monétaire massive qui, encore une fois, n’aura aucun effet sur l’économie… mais ils le feront quand même.

Max Keiser : Quelle est la différence entre le QE et la monétisation de la dette ? D’après ce que je comprends, avec le QE, c’est qu’après un certain moment, il est réduit progressivement, ce n’est qu’un programme temporaire et donc, ce n’est pas de la monétisation de dette. Mais nous avons vu que, ces cinq dernières années, aucun de ces QE n’a été réduit progressivement… au contraire, ils ont été augmentés. Alors appelons un chat un chat, c’est de la monétisation de dette; et cela n’est-il pas la définition-même de l’hyperinflation… ou des conditions qui y mènent ?

Egon von Greyerz : Absolument. Parce que nous savons que les États-Unis n’ont pas enregistré d’excédent budgétaire depuis 1965, mais leur dette est passée de 1,000 milliards de dollars, en 1980, à 18,000 milliards aujourd’hui… et ils n’enregistrent jamais d’excédent budgétaire, alors ils ne pourront jamais rembourser cette dette…

Max Keiser : Ils impriment toujours plus de monnaie…

Egon von Greyerz : Oui, et les autres banques centrales font la même chose. Toute cette dette ne sera jamais remboursée, que ce soit au Japon, en Europe ou aux États-Unis… elle ne sera jamais remboursée.

Max Keiser : Qu’arrive-t-il alors à tout ce réservoir de monnaie imprimée… cette monnaie ne va pas dans l’économie, elle est « entreposée » sur les bilans des banques pour les garder solvables… Et nous avons ce qui s’appelle la vélocité de la monnaie, qui est à un bas de plusieurs années, alors que l’impression monétaire est au plus haut. Maintenant, on parle de déflation, parce que toute cette monnaie imprimée ne circule pas, et que nous n’obtenons pas les mouvements nécessaires sur le marché du travail, comme une inflation des salaires… cela ne profite qu’à ceux qui investissent dans les actifs, ceux qui sont proches de la blanche à billets… Mais, au final, il y a ce réservoir… d’environ 230,000 milliards de dollars de dette dans le monde… elle a augmenté d’environ 60,000 milliards, lors des sept dernières années. Alors, vu que nous avons un peu de temps ici, expliquez-nous un peu le mécanisme de ce réservoir… ce qu’il se passera lorsque la digue craquera et que la pression sera trop forte – j’ai en tête l’image du petit garçon qui a le doigt dans le trou du réservoir et qui l’enlève, et soudain il y a le déluge –.

Comment voyez-vous cela se passer ? Mes trois scénarios seraient 1) le Japon qui fait finalement faillite, 2) Le mécanisme de manipulation du marché papier de l’or et de l’argent s’effondre ou 3) une bulle immobilière majeure éclate à Londres… ce sont mes trois scénarios… quels sont les vôtres ?

Egon von Greyerz : Vous avez peut-être raison, il y a tellement de catalyseur potentiels, de cygnes noirs dans le monde… cela pourrait être n’importe quoi. Il ne suffit que d’un flocon de neige de trop pour déclencher une avalanche.

Max Keiser : Parlons de la mécanique de la chose. Disons que ce flocon de neige de trop tombe… la BCE vient d’ajouter mille milliards d’euros…

Egon von Greyerz : … cela est destiné aux banques, pas aux gens…

Max Keiser : … la Réserve fédérale a imprimé plusieurs milliers de milliards de dollars jusqu’à maintenant… la Banque d’Angleterre, près de mille milliards de livres… et toute cette monnaie est là, tout simplement, nous savons où elle est… est-ce qu’ils se mettent à paniquer et à vendre ce qu’ils ont sur leurs bilans, est-ce ainsi que cela commence ?

Egon von Greyerz : Oui, oui…

Max Keiser : Afin de se préserver eux-mêmes… ils se mettent tous à vendre simultanément pour « dérouler » des années… En 2007, c’est un gel du crédit qui a mené à l’effondrement de l’économie mondiale… et ils et ils sont arrivés avec un nouveau programme de centaines de milliers de milliards… et ce que vous dites, étant du camp de l’hyperinflation, c’est qu’à un certain point, ces banques paniquent et vendent leurs inventaires d’actifs papier, ce qui déclenche le cycle d’hyperinflation…

Egon von Greyerz : Absolument. Les détenteurs d’obligations à long terme du monde entier, qu’il s’agisse d’investisseurs privés, de gouvernements ou de banques. Le marché des obligations constitue la plus grosse bulle au monde et, vous savez, les taux d’intérêt sont historiquement au plus bas, et ils ne peuvent qu’aller dans une direction… donc, les gens, les investisseurs réaliseront, et cela inclut les banques… les banques centrales ne vendront pas, mais les investisseurs, les banques commerciales, réaliseront qu’ils ne reverront jamais leur argent, parce qu’aucun gouvernement ne sera en mesure de payer, et les détenteurs d’obligations à long terme se mettront à vendre, ce qui créera une panique, et c’est à ce moment-là que les taux vont se mettre à grimper…

Max Keiser : Aidez-moi. Vous dites que les banques centrales ne seront pas les acteurs de ces ventes en panique, mais que les banques commerciales…

Egon von Greyerz : … les grandes banques, les compagnies d’assurances, les fonds de retraite…

Max Keiser : … tous ceux qui ont des positions importantes…

Egon von Greyerz : …absolument. Les fonds de marché monétaire, les fonds d’obligations etc.

Max Keiser : … qui paniqueront… et qui déclencheront une réaction en chaîne…

Egon von Greyerz : Oui. Et il y aura un événement déclencheur qui les poussera à paniquer. Mais pouvez-vous me dire qui veut mettre son argent dans les obligations gouvernementales qui ne rapportent que 1%, entre 0% et 1%, 2% au maximum, selon le pays, et qui ne seront jamais payées avec de la monnaie véritable ?

Max Keiser : Un risque sans retour !

Egon von Greyerz : … (pause et rires) absolument !

Max Keiser : Je vous ai eu, pour un moment, là ! Hé, un ex-banquier suisse, et je l’ai eu !

Egon von Greyerz : Je pensais à Mark Twain, qui disait « je suis plus inquiet du retour de mon argent que du retour sur investissement de mon argent ».

Max Keiser : Et bien, Egon, nous devons nous quitter, mais disons, rapidement, que Matterhorn Asset Management… vous êtes un coffre, vous n’êtes pas une banque, ce qui est une bonne chose, parce que les banques… il peut y avoir des réclamations sur les actifs qu’elles possèdent, incluant l’or… ce qui est la première chose. Deuxièmement, vous êtes en Suisse, qui est un pays assez stable.

Egon von Greyerz : Oui, politiquement, absolument.

Max Keiser : Et les voleurs, ils ont des difficultés à gravir les montagnes… on n’a qu’à tirer dessus !

Et votre société est reconnue… je n’ai eu que de bons échos à votre égard. Alors, si vous êtes à la recherche d’un endroit pour entreposer votre or (en pointant vers Egon), cet homme est celui qu’il vous faut.

Egon, merci beaucoup d’avoir été avec nous sur StartJOIN TV.

Egon von Greyerz : Ce fut mon plaisir… 

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7 réponses »

  1. « Egon von Greyerz : Absolument. Les détenteurs d’obligations à long terme du monde entier, qu’il s’agisse d’investisseurs privés, de gouvernements ou de banques. Le marché des obligations constitue la plus grosse bulle au monde et, vous savez, les taux d’intérêt sont historiquement au plus bas, et ils ne peuvent qu’aller dans une direction… donc, les gens, les investisseurs réaliseront, et cela inclut les banques… les banques centrales ne vendront pas, mais les investisseurs, les banques commerciales, réaliseront qu’ils ne reverront jamais leur argent, parce qu’aucun gouvernement ne sera en mesure de payer, et les détenteurs d’obligations à long terme se mettront à vendre, ce qui créera une panique, et c’est à ce moment-là que les taux vont se mettre à grimper… »

    La course à la rente arrive à sa fin, un krach obligataire aurait un impact sur le marché action déjà bullesque… et comme m.Bertez l’explique si bien c’est la monnaie qui fait bulle: il ne faut pas confondre le reflet de ce qui lui fait origine.

    L’or et l’argent sont des armes anti systemes et le systeme est administré par une élite de prédateurs auquel une myriade de kapos agite discours et images pour mieux controler nos pensées et notre imaginaire… Ils nous « drive » comme le berger gère son troupeau.

    Etre spectateur distancié du monde des ombres confère une position objective de la situation, à la manière d’un Archimède dans les gradins du cirque de la vie ou s’agite dans l’arène un Alexandre le grand tout affairé à vivre son existence en tant qu’acteur, inféodé/immergé dans son scénario comme un acteur qui ne saurait pas qu’il endosse un role d’acteur… (Blaise PASCAL dans « pensées »)
    Tout se résumerait à une question éminente: Dimensions cognitives. Alexandre vit dans 2 dimensions et Archimède dans 3… La supériorité dans le domaine de l’objectivité tient entierement à cette 3eme dimension qui surdimensionne la perception/interprétation de la réalité.

    Dans le caractère tout à fait atypique de notre situation historique, il convient d’etre vigilant et de maintenir l’effort de comprendre tout autant les ressorts de l’histoire qui se joue que les mouvements qui s’opèrent et tracent dans leurs sillages ce qui semble se profiler. Le devenir se situe toujours au delà d’un horizon des évenements, un horizon du connaissable. Le connaissable est toujours probable en sois mais le degré d’incertitude décroit à mesure que l’on affine son diagnostic: C’est dans les causes 1eres qu’il nous faut explorer l’avenir, mais tout reste de l’ordre de la croyance, c’est à dire un « pari sur le reel ». Le va et viens incessants que nous faisons entre ses 2 dimensions de réalité et la 3eme est la méthode la plus fiable qui soit pour réduire pressions et contraintes qu’exercent les maitres sur le cheptel dont nous faisons partis.

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  2. la panique de zinzins qui se mettent à vendre

    je n’y crois pas trop,
    par exemple une anecdote:
    lors de la faillite de lehman des banques ont appelé la Fed car dick fuld (vrai capitaliste et le dernier de wall street nous en avions parlé…) avait commencé à brader
    (à la difference de GS elle aussi bankrupt 1semaine apres)
    d’autres banques ont donc envoyé la police dans les locaux de lehman
    la réponse de la fed et (procureur?) à leurs demandes a été qu’ils ne pouvaient rien faire, juste debarquer dans les locaux afin de mettre la pression à lehman

    je pense que pour la prochaine fois: tout a été « voté » LOL pour éviter un comportement rogue et antisysteme

    par ailleurs la structure de ce qu’il reste du capitalisme est tel qu’il y a collusion dans laquelle il est pour un membre impossible de trahir socialement economiquement.

    la seule façon pour sortir de ce jeu est par exemple de se vendre aux chinois, et des assets qui ne sont pas des dettes.
    un portif d’oblig est ou sera ama incéssible (on n’a pas inventé l’emprunt forcé pour les chiens lol)

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    • l’arrestation du guignol (à 40me de couverture) qui vivait chez ces parents pour son implication dans le flash crash participe au nouvel arsenal juridique et violent que les autorités ont concocté pour notre bien naturellement

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  3. il ne reste peut être que quelques mois pour:

    LIQUIDER LES CONTRATS D ASSURANCE VIE
    (DONNER AUX HERITIERS EN PAYANT DES TAXES minorées)

    SI VOUS AVEZ DU CASH A PLACER REMBOURSEZ DES DETTES

    même s’il y avait 15 attentats d’islamistes par jour pendant un an cela ne changerait RIEN car
    les lois sont votés pour VOUS
    VOUS êtes les terroristes du « vivre ensemble »

    voyez le jugement pour l’héritière Ricci qui est une terroriste portant « gravement  » atteinte au « vivre ensemble » : prison ferme
    peut être vous vous ferez chopper à la frontière suisse avec 1kg d’or et vous prendrez trois ans ferme
    dans les 30’s il etait difficile de négocier( prison ferme aux us) l’or bien qu’n constante appréciation.

    pourquoi d’ici quelques mois ?
    parce que des hommes exceptionnels commencent à parler sur un merdia du pouvoir>>

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  4. « Désespérés » ils le sont tous
    http://precocite.blogspot.fr/2015/05/desesperesles-gouvernements.html
    Quand on voit que les USA ont voulu déclencher des guerres ces 2 dernières années et qu’ils ont étés mis en échec
    c’est avec la même technologie qu’ils manipulent l’économie
    et ils improvisent continuellement car rien ne suit le cours prévu
    Cet article de Keiser nous faait entrer dans un monde ,le nôtre,en faillite
    Attention …. »et à la fin je touche »…le sol…et c’est « mortel »
    Passez quand même un bon Dimanche
    L’équipe du Blog à Lupus vous a permis de vous mettre à l’abri
    vous ne serez donc pas en première ligne 🙂

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