Art de la guerre monétaire et économique

Pétrole: entre marché contestable et cycle du cochon (Andreas Höfert)/ L’équation diabolique du prix du pétrole/ Hydrocarbures: la révolution invisible/ Economie américaine à l’arrêt : l’impact du pétrole de schiste

Pétrole: entre marché contestable et cycle du cochon Par Andreas Höfert

 Chef économiste, UBS Wealth Management/ Le Temps 8/6/15

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Selon le Financial Times, l’Arabie saoudite jubile. La voilà en train d’expulser un à un les nouveaux producteurs de pétrole américain du marché. En effet, elle n’a pas joué son rôle normal de stabilisateur des prix du pétrole ces derniers mois: en conséquence, elle est en partie responsable de la chute de près de 40% de ces prix depuis septembre 2014.

Comme l’observait fort justement un officiel saoudien cité dans l’article: «Il ne fait aucun doute que la chute des prix dissuade d’investir dans le pétrole de schiste américain, dans les forages en eau profonde et dans les sables bitumineux.» Et cela se voit dans les chiffres. Depuis le début de la correction des prix, le nombre de nouveaux forages de schiste aux Etats-Unis a chuté de près de 60%. Pour l’instant, l’offre globale de pétrole n’a pas encore vraiment diminué. Une fois un puits creusé, il est économiquement plus rentable d’extraire le pétrole, même si cela ne couvre pas les investissements de forage, plutôt que de refermer le puits.

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La «victoire» saoudienne ne signifie pourtant pas que le royaume wahhabite, et par extension l’OPEP, ait remporté la guerre des prix. Je pense même que cette guerre ne pourra jamais être vraiment gagnée.

Actuellement, les prix du pétrole semblent s’être plus ou moins stabilisés dans une fourchette comprise entre 60 et 70 dollars par baril de brut. C’est loin du crash en deçà de 20 dollars qu’envisageaient certains analystes il y a encore trois mois, mais loin également des 200 dollars que prévoyait Goldman Sachs en 2008.

Il est très probable que les prix du pétrole n’iront pas beaucoup plus haut que 70 dollars par baril, tout au moins à moyen terme. Pour s’en convaincre, il suffit de revenir à une théorie de la concurrence développée au début des années 1980 entre autres par l’économiste américain William Baumol, celle des «marchés contestables».

Il s’agit de marchés dominés par très peu de producteurs – voire un cartel ou un monopole – qui ne peuvent vraiment fixer les prix à la hausse comme bon leur semble car ils sont sous la menace permanente de concurrents potentiels. En deçà de 50 dollars par baril, il n’est pas économiquement raisonnable d’investir dans des forages de pétrole de schiste; mais au-delà de 70, cela redevient attractif.

Le risque de ce genre de marché est de tomber dans ce qu’on nomme communément «le cycle du cochon», un phénomène qui s’observe pour de nombreux produits agricoles. Les entrées et sorties de nouveaux producteurs se font en fonction du prix. Du coup, les augmentations et diminutions de l’offre font fluctuer les prix de façon cyclique.

Pour ces prochaines années, nous pourrons donc oublier les prévisions extrêmes dans un sens ou dans l’autre lorsqu’il s’agit du pétrole. Préparons-nous cependant à des variations de prix qui risqueront d’être bien plus extrêmes que par le passé.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a2873eec-0d39-11e5-b8f6-5d331e67f11f/P%C3%A9trole_entre_march%C3%A9_contestable_et_cycle_du_cochon

L’équation diabolique du prix du pétrole

PAR VALÈRE GOGNIAT/ Le TEMPS 18/6/15

En théorie, le prix du pétrole, c’est facile: tout n’est qu’offre et demande. En pratique, cela se corse. Une promenade dans la galaxie quasi infinie des variables de cette équation permet de mesurer la complexité du problème
IEA Chart_Surplus-Deficit 11 June 2015

2 réponses »

  1. Le pétrole.
    une façon de l’envisager, sans les baratins, à un ou deux ans

    Actuellement, le marché n’est pas price taker:
    depuis 3 mois le prix est le même à la pompe pour les européens
    c’est normal c’est la crise, mais il convient de le repréciser (le prix a bougé aux stations services en France de 1% sur les 3 derniers mois)

    Le cours du petrole a été fixé par un cartel (opep pas us ) courant 2011 avec une envolée, Cette envolée a posteriori s’est révélée bidon: ce n’est pas la récente chute qui est bidon mais le fait que le cartel ait pu maintenir à 100usd pendant +-deux ans le cours.
    cela lui en a beaucoup couté en parts de marché volées par les us

    le problème, pour l’opep est que le petrodollar était une monnaie et que la fed a dé peggé le dollar du pétrole.

    La principale variable explicative en multi-annuel du gaz de schiste n’est ni le contango ni les marges de raffinage, ni les stocks etc… mais les QE.
    Avant de forer, faut syndiquer des prêts … et cela n’est (a été) possible que par le QE
    A ce jeu même à 20 dollars le baril le gaz de schiste est compétitif en 2016 (20dollars de 2015)

    ce qu’à fait l’opep comme la BOJ comme la BCE ou comme d’autres banques centrales est qu’elle a du se résoudre à dévaluer

    le reste c’est du baratin: même à 5 doll le baril (5doll de 2015) si la fed et le dollar le permettent alors on pourra forer au bakken pendant les 20 prochaines années
    le prix de l’OIL reste un phénomène monétaire

    il en est de même pour le CAC à mon avis et le SP, mais avec plus d’aléas

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