Art de la guerre monétaire et économique

Et revoilà les dollars de la terreur : Un rapport norvégien « secret » détaille les liens entre l’EI et la Turquie au moment où l’ONU prétend vouloir « stopper » les sources de financement des terroristes (Zerohedge)/ Bataclan, Abdeslam: encore des failles dans les services français !

Un rapport norvégien « secret » détaille les liens entre l’EI et la Turquie au moment où l’ONU prétend vouloir « stopper » les sources de financement des terroristes (Zerohedge)

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18/12/2015 Zerohedge/ Le Blog de la Résistance

« La résolution nous donne plus de flexibilité pour poursuivre ceux qui aident l’Etat islamique [EI], que ce soit pour transférer des fonds, pour stocker des fonds ou pour gagner des fonds« .

Cette déclaration d’Adam Szubin, sous-secrétaire d’Etat contre le terrorisme s’occupant du renseignement financier au Trésor US, fait référence à une résolution du Conseil de sécurité proposée par Washington et Moscou, qui appelle à une vague de répression pour interdire l’accès de l’État islamique (EI) au système financier international.

Comme le rapporte le Financial Times (FT), la « rencontre exceptionnelle des ministres des Finances des membres du Conseil de sécurité a également décidé de soutenir les autres nations à appliquer plus rigoureusement les règles conçues pour limiter le flux des recettes, des combattants et des équipements pour les groupes de miliciens islamistes. »

Et voici un peu de rhétorique vide de sens de l’ONU elle-même :

Lors de sa première réunion au niveau des ministres des Finances, le Conseil de sécurité des Nations Unies aujourd’hui a intensifié ses efforts pour couper toutes les sources de financement de l’État islamique en Syrie et en Irak (EI) et d’autres groupes terroristes, y compris le paiement de rançons.

Le Conseil a également appelé les États membres à promouvoir une vigilance renforcée par des personnes relevant de leur juridiction pour détecter tout détournement d’explosifs et de matières premières et de composants qui peuvent être utilisés pour fabriquer des engins explosifs improvisés ou des armes non conventionnelles, y compris les composants chimiques, les détonateurs

« Ils (les terroristes) sont agiles et ont trop facilement accès à des financements pour leurs actes odieux« , a déclaré le Secrétaire général Ban Ki-moon au Conseil au début du débat. « Comme Da’esh (un autre nom pour l’EI) et d’autres groupes terroristes diffusent leur propagande haineuse jusqu’à réaliser des attaques meurtrières, nous devons unir nos forces pour les empêcher d’acquérir et de déployer des ressources pour faire davantage de mal« , a-t-il souligné.

Oui, « nous devons ’empêcher ces terroristes d’acquérir et de déployer des ressources pour faire plus de mal. » La raison pour laquelle nous appelons cela une rhétorique « vide de sens » est qu’il s’agit d’une insulte à tous ceux qui ne savent rien sur le rôle que les membres de l’ONU jouent dans le financement et le soutien de l’EI.

Prenez cette déclaration, par exemple : « Le Conseil a également appelé les États membres à renforcer leur vigilance sur les personnes relevant de leur juridiction pour détecter tout détournement d’explosifs et de matières premières et de composants qui peuvent être utilisés pour fabriquer des engins explosifs improvisés ou des armes non conventionnelles, y compris des composants chimiques ».

Eh bien, pour commencer, nous savons que le nitrate d’ammonium transite de la ville turque d’Akcakale à travers la frontière de la ville syrienne de Tel Abyad, qui est tombée dans les mains de l’EI durant un certain nombre d’occasions. Selon un article du New York Times publié en mai :

Le nitrate d’ammonium a été un ingrédient essentiel dans certains des attentats terroristes les plus notoires de la planète, y compris le bombardement du bâtiment fédéral d’Oklahoma City en 1995 et les bombardements des ambassades étatsuniennes en Tanzanie et au Kenya en 1998.

Il a également été largement utilisé par les miliciens en Irak et en Afghanistan, et par l’Etat islamique.

Une bombe remplie d’environ 45.000 livres (20500 kilos) pourrait endommager 16 immeubles de la ville, a déclaré le Dr John Goodpaster, un chimiste légiste de l’Indiana University-Purdue d’Indianapolis, ajoutant qu’il semblait y avoir au moins 55.000 livres (25.000 kilos) dans des tas de sacs attendant de transiter [entre Akcakale et Tel Abyad].

Un rapport norvégien "secret" détaille les liens entre l'EI et la Turquie au moment où l'ONU prétend vouloir "stopper" les sources de financement des terroristes (zero Hedge)

Les responsables turcs ont échoué à expliquer pourquoi la substance avait été autorisée à franchir la frontière syrienne.

Pour empêcher les « composants chimiques » de tomber dans les mains de l’EI, non seulement la Turquie n’a pas fait grand chose pour résoudre la situation, mais Ankara est en fait plus préoccupée à accuser de trahison ceux qui tentent de montrer son implication dans les transferts illégaux de gaz sarin. Rappelons que plus tôt cette semaine, le Bureau du Procureur général d’Ankara a ouvert une enquête sur le député du CHP, Eren Erdem, après que celui-ci ait fait des allégations selon lesquellesles groupes radicaux utilisent la Turquie comme une voie de transit pour le transport de gaz sarin.

En plus de ce qui précède, la Turquie est aussi accusée (par la Russie et d’autres pays) de faciliter la vente du pétrole illicite de l’EI et ainsi d’aider Etat islamique à sécuriser des centaines de millions de dollars dans le financement dont elle a besoin pour continuer à déstabiliser le gouvernement d’Assad en Syrie et de contrer l’influence iranienne / chiite en Irak. (A noter qu’Israël a été également mis en cause comme principal acheteur du pétrole volé de l’EI, NdT)

Combinez tout cela avec le fait que, comme Vladimir Poutine l’a souligné le mois dernier à Antalya que l’EI reçoit un financement d’au moins 40 pays, y compris des membres du G20. Alors oui, « la résolution » de l’ONU est complètement grotesque.

Il faut aussi considérer les dernières découvertes d’un nouveau rapport « secret » préparé pour le compte du ministère norvégien des Affaires étrangères par Rystad énergie. Selon Dagens Næringsliv(traduit), le rapport indique que « de grandes quantités de pétrole ont été envoyées en contrebande à travers la frontière de la Turquie à partir des zones contrôlées par l’EI en Syrie et en Irak. » Le « pétrole est envoyé par camions-citernes par des voies de contrebande à travers la frontière [et] est vendu à des prix fortement réduits, de 25 à 45 dollars le baril« , est-il écrit dans ce rapport.

Dagens Næringsliv continue d’impliquer le même réseau de trafiquants qui ont aidé Saddam à éviter les sanctions internationales, et qui maintenant aide les exportations du pétrole volé de l’EI et lui permettent d’importer des fonds.

« Le Conseil de sécurité des Nations Unies discutera jeudi d’une proposition française visant à imposer des sanctions aux pays qui autorisent les échanges avec l’EI, » ajoute le rapport, sèchement.

Donc là on tient le Conseil de sécurité des Nations unies. Si vous êtes à la recherche des Etats qui aident l’EI à « acquérir et déployer des ressources » nous lui suggérons de regarder son propre membre à savoir la Turquie qui adhère à l’OTAN, car apparemment, tout le monde partout sur la planète sait ce qui se passe et personne ne veut rien faire à ce sujet.

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Zero Hedge / Le Blog de la Resistance 

http://www.zerohedge.com/news/2015-12-18/secret-norwegian-report-details-isis-turkey-oil-trade-un-vows-cut-terrorist-funding-

https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/12/21/un-rapport-norvegien-secret-detaille-les-liens-entre-lei-et-la-turquie-au-moment-ou-lonu-pretend-vouloir-stopper-les-sources-de-financement-des-terroristes/

ET REVOILÀ LES DOLLARS DE LA TERREUR…

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Richard Labévière 21 décembre Proche&Moyen-Orient.ch

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité, le 17 décembre dernier, la résolution 2253 visant à « tarir les sources de financement » de l’organisation « Etat islamique » (Dae’ch). Pour la première fois, ce sont les ministres des finances des 15 pays du Conseil qui se sont réunis dans ce but à New York.

La résolution, un texte technique de 28 pages mis au point conjointement par Washington et Moscou, cible directement Dae’ch. Elle demande aux pays « d’agir de manière énergique et décisive pour couper les fonds et autres ressources économiques » de l’organisation, dont le pétrole et le trafic d’antiquités, et de sanctionner « de manière plus active » ses soutiens financiers. Les Etats sont invités à faire du financement du terrorisme« un grave crime dans leurs lois nationales », même en l’absence de tout lien avec un acte terroriste précis, et à intensifier les échanges d’informations à ce sujet, y compris entre gouvernements et secteur privé. Ce texte « complète de précédentes mesures et renforce les outils existants », a commenté le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, qui présidait la séance. « Maintenant, le vrai test sera d’agir résolument pour l’appliquer », a-t-il ajouté en appelant tous les pays membres de l’ONU « à faire la preuve par l’acte… »

Chaque pays s’est engagé à remettre dans un délai de quatre mois un rapport sur les mesures qu’il aura prises pour appliquer la résolution. L’ONU devra aussi produire dans les 45 jours un rapport stratégique sur la menace jihadiste et sur les sources de financement de Dae’ch… Le Conseil de sécurité avait adopté en février dernier une première résolution permettant de sanctionner les individus ou entités qui financent l’organisation en lui achetant du pétrole de contrebande ou des antiquités volées en Irak et en Syrie.

Cela dit, voilà plus de vingt ans que nous dénonçons le financement de l’Islam radical par l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe, enquêtes à l’appui1. Nos différents travaux ont fait l’objet d’attaques en règle et de vains autant que laborieux procès dans différents pays. Le Monde a attendu les télégrammes diplomatiques révélés par Wikileaks et les enquêtes du New York Times pour écrire du bout de la plume que « l’Arabie finance le fondamentalisme sunnite à travers le monde »2. Mais il en faut plus pour faire plier le chef de la diplomatie française dont le nouveau crédo est « qu’il ne faut pas confondre le wahhabisme saoudien avec le salafisme… »!. Le 18 novembre dernier, dans l’hémicycle, Laurent Fabius réaffirme que « les accusations de financement des groupes jihadistes qui pèsent sur les pays du Golfe n’étaient pas avérées ! » Des propos déjà tenus par Manuel Valls, la veille sur les ondes de France Inter, quelques heures avant sa rencontre avec le Premier ministre du Qatar…

En 2007, dans l’Atlas de l’Islam radical3, nous expliquions que « reconstituer la traçabilité des financements du terrorisme constitue un sport de très haut niveau, pour la bonne et simple raison que ces derniers ne s’effectuent jamais en droite ligne, mais en empruntant les circuits rhizomatiques de donateurs individuels, d’ONGs, de sociétés de placement de fonds et des grandes banques islamiques ou non, installées dans les paradis off-shore dont la majorité se trouvent sous pavillons américain et britannique ». La main sur le cœur, nos interlocuteurs du Golfe nous ont toujours affirmé que la provenance de la Zakat (impôt religieux) et ses utilisations « caritatives » et « humanitaires » devaient impérativement demeurer « anonymes » pour en conserver la dimension authentiquement religieuse !

S’il reste compliqué de démêler l’argent public des fonds privés de certains princes et fondations des monarchies pétrolières, nombre d’enquêtes sérieuses démontrent que Riyad, Doha et Koweït notamment, continuent à financer des organisations comme Jabhat al-Nosra, Ahrar al-Cham et bien d’autres dont les groupes armés constituent souvent les antichambres de Dae’ch… En son temps, nous avions beaucoup travaillé sur plusieurs officines saoudiennes (plus ou moins publiques), fortement impliquées dans le financement de la nébuleuse Ben Laden au Pakistan et en Afghanistan, durant la décennie 1979/89. Bénéficiant de la bienveillante protection de Washington, Riyad et Islamabad, cette segmentation parfaitement connue a survécu au retrait soviétique d’Afghanistan pour se mettre au service des Taliban qui partagent le même corpus théologico-politique wahhabite que l’Arabie saoudite et le Qatar. En juin 2013, les Taliban ouvraient une représentation diplomatique à… Doha !

Les mêmes apprentis sorciers ont aussi soutenu et financé les factions islamistes qui ont mis à feu et à sang l’Algérie durant la décennie sanglante (1988 – 1998), sans que cela n’émeuve beaucoup les démocraties exemplaires, à commencer par la France dont l’intelligentsia germanopratine osait se demander « Qui-tue-qui ? », laissant entendre que les tueries étaient commanditées par l’armée algérienne elle-même… Effarant ! Même si – depuis – les historiens ont déconstruit cette morbide propagande, les mea culpa tardent à venir ! Dans les années 1990, cette même segmentation de soutien et de financement de l’Islam radical a été aussi très active dans les guerres balkaniques, en Bosnie, au Kosovo, dans l’ensemble du Caucase, puis dans le Xinjiang, la région autonome ouïghour du Nord-ouest de la Chine. Le début des années 2000 se caractérise par un partage des rôles : Riyad finance essentiellement les groupes salafistes engagés sur les différents fronts d’un « jihad global », tandis que Doha se spécialise dans le soutien des multiples filiales des Frères musulmans ayant pignon sur rue, non seulement dans de nombreux pays du Moyen-Orient, mais aussi d’Asie, d’Afrique et d’Europe.

Dans la bande sahélo-saharienne, le Qatar finance différents groupes armés d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), mais aussi certaines tribus séparatistes touaregs et des camps jihadistes installés dans la région du Fezzan (sud-libyen), le long d’une ligne qui va de Sebbah jusqu’à Gât, à la hauteur de Djanet, sur la frontière algérienne. De généreux donateurs saoudiens et koweïtis soutiennent également certains foyers de cette nébuleuse sahélo-saharienne. Enfin, on retrouve nos joyeux donateurs derrières les vitrines des Frères musulmans à Genève, Lyon, Milan et dans bien d’autres métropoles européennes.

Après les attentats parisiens de janvier 2015, les pouvoirs publics se demandaient – plus ou moins sérieusement – s’ils devaient envisager de fermer les mosquées salafistes installées en France… Bien sûr, la question n’a pas été tranchée puisque la majorité de ces structures n’a pu se développer qu’avec le soutien continu de l’Arabie saoudite avec laquelle la France éternelle finalisait des contrats d’armements à hauteur de 50 milliards d’euros… On comprend mieux la prudence de Messieurs Fabius et Valls et leurs regrets publiquement réitérés d’absence de preuves !

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Dans ce contexte – soulignons-le encore une fois – parfaitement connu, établi et prouvé, comment Dae’ch continue-t-il à se financer ? Avec plus de deux milliards de dollars en caisse, l’ « Etat islamique » serait l’organisation terroriste la plus riche du monde. L’organisation a d’abord fait main basse sur de nombreux établissements et agences bancaires. Plus de 500 millions de dollars auraient été ainsi dérobés dans des agences locales en Irak. Au printemps 2014, Dae’ch aurait également récupéré les 430 millions de dollars qui s’entassaient dans les coffres de la Banque centrale de Mossoul.

Vente de pétrole, trafic d’antiquités et rackets constituent les autres sources financières de l’organisation mais ce ne sont pas les seules. Dae’chcontrôle huit champs pétroliers en Syrie et en Irak. S’il n’y a aucun doute sur le fait que l’ « Etat islamique » écoule ces ressources sur les marchés noirs en Turquie, Jordanie et Israël, par contre il est plus difficile d’articuler un montant crédible de ce trafic. Lorsque le prix du baril voisinait les 100 dollars, Dae’ch revendait le sien entre 30 et 40 dollars pour le brut et 60 pour le pétrole raffiné. Il s’agit de calculer les mêmes proportions avec un baril aujourd’hui à 40 dollars. Toujours est-il que les meilleurs experts évaluent aujourd’hui les revenus pétroliers quotidiens de Dae’ch entre 3 et 4 millions de dollars. Fin 2014, les services ad hoc des Nations unies évoquaient ce montant à quelque 2 millions de dollars par jour, ces chiffres étant vraisemblablement à revoir à la baisse depuis le déclenchement des bombardements russes.

Dae’ch a voulu frapper les esprits en médiatisant la destruction de plusieurs musées et sites archéologiques. Certes, un flux d’objets et de pièces rares a alimenté des filières internationales de trafic d’antiquités, mais celui-ci n’est pas inépuisable et ses bénéficiaires n’appartiennent pas exclusivement à la nébuleuse terroriste. Plus durablement, la confiscation des biens systématiquement effectuée dans les zones conquises assurerait plus de la moitié des revenus de Dae’ch. Sont confisqués les biens des habitants ayant fui la région, de ceux qui ont enfreint certaines règles imposées par l’Etat islamique ou bien encore qui se sont livrés à du trafic de marchandises interdites (alcool et cigarettes). La confiscation de terres agricoles assure par ailleurs un financement via la vente à la Turquie de coton, pour sa filière textile, ainsi que de grandes quantités de céréales.

Affirmant être un « Etat » à part entière, Dae’ch devait frapper monnaie et développer sa propre administration fiscale. Selon plusieurs estimations autorisées, ce système lui permettrait de percevoir plus de 500 millions de dollars par an. Outre les « impôts islamiques », les terroristes ponctionneraient également les aides humanitaires qui sont versés par les gouvernements légitimes d’Irak et de Syrie, ainsi que par les organisations internationales. Enfin, la contrebande d’êtres humains et les enlèvements de citoyens étrangers auraient rapporté plusieurs millions de dollars. Selon des sources médicales irakiennes, Dae’ch s’adonne aussi au trafic d’organes humains prélevés sur les corps de captifs, de soldats morts ou de prisonniers blessés. De son côté, le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU affirme que l’organisation vend des corps et des organes de personnes blessées. Selon les mêmes sources, plus de 25 000 femmes et enfants ont été emprisonnés puis vendus comme prisonniers de guerre. Sans oublier l’implication probable de l’Etat islamique dans le trafic des réfugiés, qui tentent de passer en Europe via des filières turques, cogérées par l’organisation.

Au delà de ces différents revenus, la première et principale source de financement de Dae’ch demeure les dons en provenance des pays du Golfe. Et de fait, avant de devenir l’organisation terroriste que l’on connaît, l’Etat islamique a bénéficié de la manne destinée aux différents groupes d’insurgés syriens luttant contre le régime de Bachar al-Assad. Retour à la case départ des années 1980/90 : cette enveloppe est financée en grande partie par l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït. Lors du sommet du G-20, qui s’est tenu les 15 et 16 novembre derniers à Antalya en Turquie, Vladimir Poutine a enfoncé le clou en affirmant que Dae’ch était financé par 40 pays dont une grande partie siégeaient dans la salle d’assemblée plénière… Sa déclaration a jeté un certain froid mais n’a pas été démentie !

Pour lutter efficacement contre les dollars de la terreur, inutile de bombarder Raqqa, Mossoul ou Alep. Il faudrait plutôt cibler Genève, Zurich, Lugano, la City, Monaco, les îles anglo-normandes, les Bahamas, les Vierges ou les Caïmans… pas forcément avec des Rafale mais à coup de commissions rogatoires. La difficulté majeure est qu’une fois celles-ci établies en bonne et due forme, les structures financières visées auront changé de forme, de conseil d’administration et de villégiature. Le manque de coopération et de détermination internationales est évident et, malheureusement, la dernière résolution des Nations unies en la matière risque bien de s’avérer aussi inefficace que les textes précédents adoptés, à l’époque, pour lutter contre le financement d’Al-Qaïda…

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http://prochetmoyen-orient.ch/lenvers-des-cartes-du-21-decembre-2015/


1 Richard Labévière : Les dollars de la terreur – Les Etats-Unis et les Islamistes. Editions Grasset, 1998.
2 Arnaud Leparmentier : Nos alliés les Saoud. Le Monde du jeudi 26 novembre 2015.
3 Atlas de l’Islam radical. Ouvrage collectif dirigé par Xavier Raufer – CNRS-Editions, 2007

Bataclan, Abdeslam: encore des failles dans les services français 

L’attaque du Bataclan, durant ce funeste 13 novembre, était-elle prévisible et évitable? Après les révélations du Canard Enchaîné  sur la préparation d’un attentat contre cette salle de spectacle, Mediapart vient d’en rajouter une louche en montrant clairement les liens intimes entre les inspirateurs de 2010 et les exécuteurs de 2015.

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2010: la mouvance radicale, déjà!

En 2010, des menaces pèsent sur le Bataclan. Elles donnent lieu à l’incarcération préventive d’un certain Farouk Ben-Abbes décidée par le juge anti-terroriste Teissier en octobre 2010. Les circonstances de cette mise sous écrou sous extrêmement claires et ne laissent planer aucun doute sur les intentions de la mouvance qui a frappé en 2015.

Tout commence, selon Mediapart, par l’attentat du Caire de 2009 qui vise un groupe de lycéens français en vacances. Une jeune fille décède. La police égyptienne arrête sept suspects, dont le belgo-tunisien Farouk Ben-Abbes et une franco-albanaise du nom de Dude Hoxha. Celle-ci tient un journal intime où elle expose longuement le projet d’attentat de Ben-Abbes contre le Bataclan.

Dès 2010, la justice anti-terroriste sait donc que le péril existe.

Le 26 mai 2011, les services belges de renseignement transmettent aux services français une note indiquant que Farouk Ben-Abbes s’est installé en 2007 en Egypte pour apprendre l’arabe. Il y a rencontré les frères Clain, dont l’un a prêté sa voix à la revendication des attentats du 13 novembre. En 2008, il s’est rendu à Gaza pour rencontrer le responsable d’Al-Qaïda en Palestine.

Quelques semaines après son incarcération en Belgique, la justice française savait donc que Ben-Abbes était un élément d’une mouvance radicale qui préparait des attentats sur le sol français, dans la configuration du 13 novembre.

Encore des ratés des services

Finalement, Ben Abbes bénéficiera d’un non-lieu. L’affaire montre en tout cas, une fois de plus, que les services français disposaient d’éléments très précis sur la préparation des attentats du 13 novembre. Dans le cas du Bataclan, l’opération se justifiait aux yeux des islamistes par la confession du propriétaire de la salle. Plus qu’aucun autre endroit, les services français pouvaient donc imaginer que, après l’attentat contre Charlie Hebdo, le Bataclan constituerait une cible potentielle.

Selon les témoignages recueillis sur la soirée du 13, les services de police ont pourtant découvert ce soir-là non seulement la configuration des lieux, mais la vocation même de la salle. Un témoin de la rue du Faubourg-du-Temple interrogé par mes soins m’a même dit avoir entendu le commissaire qui intervenait à la Bonne Bière demander à ses troupes si le Bataclan était une discothèque.

Abdeslam contrôlé trois fois le 14 novembre

On rappellera par ailleurs l’information déjà relayée sur ce blog: Abdeslam, après ses forfaits, est rentré en Belgique par l’autoroute. Durant son voyage, il a subi trois contrôles de police, dont un où les agents l’ont trouvé suffisamment suspect pour lui faire confesser qu’il était sous l’emprise de la drogue, et un autre où il a décliné son identité. Autrement dit, le contrôle aux frontières mis en place dans la foulée des attentats n’a pas empêché le « dixième » terroriste, selon ses dires, de quitter le territoire.

Les medias subventionnés adorent répéter que, à cette occasion, Abdeslam n’était pas signalé comme suspect. Il était donc normal que la police le laisse circuler. Personnellement, j’ai du mal à avaler l’argument, du même ordre que le contrôle de Coulibaly une semaine avant les attentats de Charlie Hebdo, à l’issue duquel il a pu repartir sans être inquiété. Il est troublant de voir qu’à de si nombreuses reprises les terroristes avérés ont eu affaire aux services de police sans que rien ne se passe.

Nous avons tous bien entendu dans la bouche de Bernard Cazeneuve, soucieux d’avoir la paix avec ses troupes, que les services n’avaient commis aucune faute et que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nous l’avons même entendu dire que, en espionnant tous les Français, tout irait encore mieux. Mais, tôt ou tard, les incantations ne suffiront plus. Il se trouvera bien une famille pour attaquer l’Etat, et spécialement la police, sur son défaut de responsabilité dans le suivi des terroristes.

Depuis l’abandon de la surveillance permanente de Charlie Hebdo jusqu’à l’échappée d’Abdeslam, sans compter les dysfonctionnements antérieurs, on ne compte plus les situations où le renseignement a échoué à protéger la sûreté de la République. Tout cela mériterait une enquête indépendante comme celle que Cazeneuve avait réclamé en son temps sur l’affaire Karachi.

http://www.eric-verhaeghe.fr/bataclan-abdeslam-encore-des-failles-dans-les-services-francais/

Abdeslam et les 10 terroristes

Selon le Parisien, Abdeslam a tenu des propos éloquents auprès de ceux qui l’ont ramené en Belgique dans la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre.

Salah se vante d’avoir abattu des gens à la kalachnikov, ajoutant que son frère Brahim s’est fait exploser et que lui, le seul survivant, est le « dixième » terroriste. Soucieux d’éviter les contrôles policiers, Salah Abdeslam enjoint à ses convoyeurs d’emprunter les petites routes, mais le trio se perd et retrouve l’autoroute de Belgique. Ils n’évitent donc pas les barrages et subissent pas moins de trois contrôles, en France.

Alors reprenons nos calculs.

3 terroristes se font exploser au Stade de France.

3 terroristes attaquent le Bataclan.

Il reste donc, de l’aveu d’Abdeslam à ses amis, 4 terroristes qui agissent. Cela nous fait bien 2 tueurs pour le Petit Cambodge et la Bonne Bière, et deux autres tueurs pour la Bonne Equipe.

Deux terroristes encore en liberté

Le problème est évidemment que, selon les calculs officiels, il n’y a que 8 terroristes morts: les trois du Stade de France, les trois du Bataclan, Brahim Abdeslam qui s’est suicidé au Comptoir Voltaire, et Abaaoud, qui a été abattu dans l’assaut de Saint-Denis.

Restent donc Salah Abdeslam et un deuxième terroriste toujours en fuite.

Qui était-il?

Précisons que, selon l’information ci-dessus, Salah Abdeslam se vante d’avoir participé aux fusillades. Ceci exclut donc là encore la version officielle retenue à ce stade selon laquelle Salah aurait convoyé les terroristes de Saint-Denis et serait revenu ensuite à Paris déposer la Clio place de Clignancourt. Si l’on se fie aux témoignages des comparses qui ont convoyé Abdeslam, celui-ci était, à cette heure-là, dans Paris, en train de tirer sur la foule.

Il était donc probablement accompagné du terroriste manquant.

Cette affaire est décidément loin d’être élucidée.

http://www.eric-verhaeghe.fr/abdeslam-confirme-la-piste-de-la-4e-equipe-le-13-novembre/

EN BANDE SON : 

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