Art de la guerre monétaire et économique

L’inconnue de la politique monétaire américaine, oseront ils faire éclater la bulle, oseront ils vous ruiner?

LE GRAND TROU NOIR DE LA SPIRALE INFERNALE

LA DERNIÈRE PHASE DE LA GRANDE CRISE FINANCIÈRE SERA LA DESTRUCTION DE LA GRANDE BULLE DES OBLIGATIONS SOUVERAINES QUI SIGNERA LA FIN DU RÉGIME MONÉTAIRE.

Permalien de l'image intégréePhoto published for Big banks find a perfect storm in 2016

Bruno Bertez

Vous savez que nous soutenons être dans la phase trois de la la Grande crise financière. Attention car il y aura d’autres phases. En premier, il y a eu les subprimes américains. Puis la dette subprime des périphériques européens. La phase actuelle est celle des émergents et de la Chine, inflatée par les QE et politiques non conventionnelles. Ces crises ont une origine commune: les taux d’intérêt offerts étant trop bas, les capitaux se sont fait concurrence pour obtenir un rendement suffisant. Les risques ont augmenté et on a accepté de prêter aux débiteurs douteux. Les taux d’intérêt étant trop bas face à des liquidités excédentaires, ils provoquent ce qu’on appelle une search for yield qui conduit à accepter des produits plus douteux; en termes professionnels on dit que le risque n’est pas à son prix. Cette search for yield produit ce que l’on désigne sous le nom de «bulle de prix des actifs».

Nous sommes dans la phase de destruction de la bulle qui a été soufflée par les politiques non conventionnelles irresponsables. Le déclencheur de la destruction a été la perspective d’une normalisation de la politique monétaire US, le Taper et les anticipations de hausse des taux. Cela renchérit le dollar, le rend plus rare, produit du deleveraging, fait chuter les commodities, destabilise les économies périphériques dont la Chine. La chute du pétrole est considérée comme la cause des perturbations actuelles, mais c’est une conséquence car la cause première de tout c’est le dollar. Les conditions se resserrent ou s’assouplissent d’après lui. Le dollar est le chef d’orchestre du ron-roff, de l’alternance risk-on/risk-off.

La destruction a commencé en 2013 avec le High Yield des émergents, puis leurs devises, leurs dettes, les commodities, elle prend un tour aigu avec la chute du pétrole. L’effondrement de 70% du pétrole provoque des chocs financiers et des chocs dans les économies réelles. Ce qui obligera à un round de politique non conventionnelle, type sauve qui peut. Le round ne peut être qu’américain, on verra pourquoi ci dessous.

Les politiques non-conventionnelles de l’Asie et l’Europe ne marchent pas, c’est peut être le plus inquiétant car cette inefficacité est certainement le signe que les autorités ne comprennent rien au système, ils commettent une erreur de plus. Le constat que personne ne peut contester est que la liquidité globale disparait à grande vitesse. Tout le monde s’en plaint y compris les plus grandes institutions. La liquidité qui disparait, signifie: si on veut vendre, on ne peut plus! Or si on veut bien se souvenir que la Chine a perdu près de un trillion en 2015 par le biais des sorties de capitaux et que la banque centrale tente de courir derrière le phénomène en injectant des liquidités historiques, colossales, sans succès, alors on est en droit de s’interroger: où est cet argent? Il n’est plus en Chine ni dans les pays developpés, il ne va pas sur les marchés! Ou est-il?

L’euro dollar qui est la base du système se contracte. Le pool se réduit. Aucun afflux nulle part! L’argent disparait comme pris dans un gigantesque trou noir. On avait déjà vu cela en mars 2015 puis on l’a revu en août. On l’observe à nouveau. Personne n’offre de réponse ou d’explication crédibles. Nous en avons une: l’argent ne circule pas, il ne va pas dans un lieu inconnu, il va au paradis de l’argent mort, il est détruit purement et simplement! Le système de la monnaie que nous connaissons, ce système qui a jailli de nulle part, qui n’est que «liabilities en chaîne entre les banques», simple digits dans les bilans, cette monnaie repart d’ou elle vient: nulle part. La déflation de ces derniers mois, c’est le trou noir dans lequel s’engouffre la masse monétaire globale. La déflation c’est cette destruction de la monnaie et du crédit en cours.

Les apprentis sorciers ont cru avoir compris et sont face à un phénomène inconnu des cours des Fischer et Bernanke. Nous sommes dans une faille de la théorie de la monnaie, qui n’en est pas vraiment une. Comme l’avait avoué Greenspan dans un moment de lucidité, on ne sait plus ce qu’est la monnaie tellement on a innové et elle a muté. Les théories traditionnelles ne valent plus rien. La monnaie c’est du vif-argent. Elle ne se décrète pas mais résulte du crédit. Contrairement à ce que pensent les Bernanke et épigones: la printing press est un mythe.

Les initiatives de Draghi n’ont pas résisté à la réflexion. Il partage les mêmes théories et l’absence de recul. Il ne comprend pas que le monde n’est pas symétrique, ce qui marche pour le dollar ne marche pas pour l’euro. Ce qui aurait du le faire réfléchir est que son QE a fait baisser les bourses et surtout les banques! Au lieu de produire un effet de richesse, le QE européen a secrété de la pauvreté. Pourquoi? La réponse est évidente, il suffit de ne pas avoir d’oeillères. Ce QE rend l’euro surabondant, il baisse et en symétrie le dollar monte. Si la devise monte tous les prix déflatent, les commodities baissent, tous les agents économiques qui sont endettés en dollars s’appauvrissent, ils souffrent, puisque tout se passe comme si ils étaient vendeurs à découvert de dollars, donc ils prennent peur. Le deleveraging amplifie. La création de crédit flêchit quand le dollar monte, quand il renchérit. Cela veut dire que les conditions financières se resserrent. Cela veut dire que le monde se met risk-off.

La dernière phase qui signera la fin du régime monétaire, sera la destruction de la plus grande bulle de tous les temps: celle des obligations souveraines. Elle a permis de masquer les problèmes et signera la fin de cette période, la fin de la Grande Expérience.

brunobertez

La politique monétaire américaine est l’inconnue majeure de 2016. Les marchés, en baisse sensible, espèrent que le “put” de la Reserve fédérale jouera. Ce n’est pas garanti, et c’est l’objet de débats secrets qui se déroulent en coulisse.

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Écoutons Martin Feldstein le 27 Janvier sur Marketwatch: “ les taux super bas ont poussé à prendre des risques qui peuvent causer des problèmes à l’avenir. Le marché financier a été poussé à un point ou les price-earning ratios sont 30% au dessus des normes historiques et on s’en aperçoit dans la chute actuelle du prix des actions et dans la forte baisse de la dette risquée, le high yield” . Question : est-ce que vous voulez aller plus loin et resserer plus? Feldstein: “je veux que le FOMC fasse ce qu’il a annoncé en décembre, qu’il monte les taux de 100 points de base en 2016 et qu’il continue à…

Voir l’article original 1 245 mots de plus

4 réponses »

  1. Sur l’attrition de monnaie: le petrole a servi evidemment de base monétaire:

    http://www.maxkeiser.com/2016/01/kr867-keiser-report-deflating-oil-market/

    le dollar ne se faisait pas appeler « petro dollar » pour rien.

    Avec ces hausses de fed fund doublées de l’effondrement de la liquidité dérivée des petrodollars: nous sommes bien dans le cas d’un équilibre non coopératif entre les nations ou une guerre commerciale ou dans un simili Smoot-Hawley Tariff Act

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  2. L’ai dit ici en avril 2015, ai vendu 100% de mon cac et ne détiens aucune obligation ni aucun fonds (juste des actions hors cote)

    Je ne comprends pas comment on peut encore détenir des produits financiers « standards »

    Nous sommes en depression, cette fois j’y crois -comme l’indique l’article il ya la tentation à la fed de laisser crever- car le marché descend proprement et ca dépose le bilan lentement

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  3. Depuis septembre 2008, toute l’économie mondiale est en lévitation.

    Nous volons dans le ciel, au milieu des nuages, le cul posé sur une bulle.

    Il n’y a pas que la bulle boursière dans la vie.

    Il n’y a pas que la bulle immobilière.

    Il n’y a pas que la bulle de l’extraction pétrolière.

    Il n’y a pas que la bulle de l’art contemporain.

    Il y a aussi la bulle obligataire.

    Exemple : la bulle obligataire française.

    Plus l’économie réelle s’effondre, plus la France emprunte à des taux négatifs !

    Dans le détail, le pays a levé 481 millions d’euros à trois mois (12 semaines) à un taux de -0,420% et 2,995 milliards d’euros sur la même échéance (13 semaines) à un taux de -0,365% contre -0,359% lors de la dernière opération comparable le 25 janvier.

    Le Trésor a également levé 1,393 milliard d’euros à six mois (22 semaines) à un taux de -0,372% contre -0,365% et 1,878 milliard d’euros à un an (48 semaines) à un taux de -0,397% contre -0,376%.

    La France s’endette depuis fin août 2014 à des taux négatifs sur des échéances de court terme, ce qui signifie que les investisseurs, qui cherchent à tout prix des placements sûrs, perdent de l’argent en prêtant à la France, pour qui emprunter sur ces échéances devient rémunérateur.

    http://www.romandie.com/news/Bonds-la-France-a-emprunte-lundi-un-total-de-6747-mrd-EUR-a-court-terme/672704.rom

    Quand ces bulles vont éclater, toute l’économie mondiale retombera sur terre.

    C’est ça, le défaut des bulles : elles finissent toujours par faire : « Plop ! »

    Patrick Artus (Natixis) : « La prochaine crise sera extraordinairement violente. »

    http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021663280823-p-artus-natixis-la-prochaine-crise-sera-extraordinairement-violente-1196739.php

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