Art de la guerre monétaire et économique

Mondialisme : Les QE cumulés des banques centrales du G4 à des niveaux records – Chère BCE, qu’as-tu dans ton portefeuille ? – Le Japon et le syndrome des Lemmings

Article de ZeroHedge.com, publié le 26 juillet 2016 :

« Le tabassage monétaire se poursuivra jusqu’à ce que le moral s’améliore. Huit longues années après que les expérimentations en termes de politique monétaire soient devenues extrêmes, Reuters rapporte que les montants injectés dans le système financier mondial via les QE n’ont jamais été aussi élevés… et sont sur le point d’augmenter davantage.

Comme le rapporte Jamie McGeever, la BCE et la banque du Japon achètent en ce moment pour environ 180 milliards de dollars d’actifs par mois, d’après la Deutsche Bank, soit un total mondial supérieur à tout ce que l’on a pu voir depuis 2009, même lorsque le QE de la Fed marchait plein pot.

Et si le consensus devait avoir raison, ce total devrait augmenter de plusieurs milliards supplémentaires alors que l’on s’attend à ce que la BCE, la BoJ et même la banque d’Angleterre en remettent bientôt une couche dans une tentative de soutenir une croissance fragile et de faire grimper une inflation obstinément basse.

Ces injections totales de 180 milliards sont partagées à presque 50/50 par la BCE et la BoJ, d’après Deutsche Bank ; le calcul est effectué sur les 12 derniers mois. Mais par rapport au PIB, le Japon est le grand perdant…

Voilà qui explique pourquoi les marchés actions des 4 coins du monde ont grimpé depuis février dans un contexte d’effondrement de tous les fondamentaux…

Chère BCE, qu’as-tu dans ton portefeuille ?

By Mish, www.24hgold.com

La semaine dernière, la BCE a rapporté que ses bilans s’étaient élargis de 11,26 milliards d’euros, pour passer à 3,249 trillions d’euros.

Comment cela est-il possible ? Comment les bilans de la BCE gonflent-ils au fil du temps ? Que fait la BCE aujourd’hui ?

Expansion des bilans de la BCE depuis 2007

Bilans de la BCE à la fin 2015

Ce graphique est tiré dEuropa, anecdotes par Mish.

Aventures en territoire de QE

Le 10 mars 2016, la BCE a annoncé qu’elle commencerait à acheter des obligations d’entreprises.

A l’époque, Bloomberg publiait un article intitulé Next Stop on ECB QE Adventure: $980 Billion Corporate Debt :

La prochaine cible du programme d’achat d’actifs de la BCE : le marché des obligations d’entreprises de la région, qui représente 900 milliards d’euros. « C’est sans aucun doute un véritable bazooka de crédit », a décrété Lyndon Man, gestionnaire de fonds chez Invesco Ltd, qui gère 737,5 milliards de dollars.

Les valeurs des actions d’entreprises en hausse

Voici un extrait de l’article du Financial Times intitulé ECB Gets Bang for its Euro in Corporate Bond-Buying :

Les prix des obligations d’entreprises européennes ont grimpé depuis l’annonce par la BCE en mars dernier de la mise à jour de son programme d’achat d’actifs, mais, signe potentiel de l’efficacité du programme, le prix des obligations achetées a de nouveau grimpé depuis.

« Le programme fonctionne mieux encore que nous aurions pu l’anticiper », explique Hans Lorenzen, responsable stratégique des produits liés au crédit chez Citigroup.

Peu de temps après son annonce, la valeur des obligations supposées être éligibles a divergé de celle des obligations perçues comme ne correspondant pas aux critères établis par la BCE. Les sociétés se sont empressées de vendre de nouvelles obligations, avec un record de 13,25 milliards d’euros offerts pour la reprise de SABMiller par son rival, AB InBev.

« Nous avons une situation risquée, mais le marché semble s’en moquer », a expliqué Chris Telfer, gestionnaire de portefeuille chez ECM Asset Management. « Tout se négocie comme si la BCE allait acheter n’importe quoi. Les bases fondamentales ne semblent plus importer. Je ne connais personne qui se sente confortable à l’idée de participer à tout cela ».

Qu’a acheté la BCE ?

ZeroHedge nous apporte la réponse à cette question dans son article So What Did The ECB Buy? “In Short, Almost Everything” :

Je m’en remets au maître incontesté des actions de la BCE sur le marché des obligations (notez qu’elle n’achète pas encore d’actions), Barnaby Martin, de chez Bank of America.

Voici ce qu’il nous en a dit ce matin dans son rapport intitulé CSPP : Buying Frenzy – « en un peu plus d’un mois, la BCE a acheté 458 obligations dans le cadre de son programme d’achat d’obligations d’entreprises. »

A la question « qu’a-t-elle acheté ? », Martin répond : « En clair, de tout ».

  • Depuis le 8 juin, la BCE a acheté 440 obligations d’entreprise, ce qui représente environ 35% de nos estimations. En termes d’émetteurs, la BCE a acheté des obligations à 158 entreprises.
  • Les obligations les plus populaires semblent être celles de Deutsche Bahn (12 obligations achetées), Telefonica (11 obligations achetées), BMW (10 obligations), Daimler (9 obligations), ENI (9 obligations), Orange (9 obligations), Air Liquide (8 obligations), Engie (8 obligations), Iberdrola (8 obligations), Total (7 obligations) et Enel (7 obligations).
  • Mais en termes relatifs, la BCE a acheté significativement plus d’obligations Snam (7 sur 10 obligations éligibles), Deutsche Post (5 sur 8 obligations éligibles), Repsol (5 sur 8 obligations), Total (7 sur 12 obligations), Telefonica (11 sur 19), EDP (5 sur 9), RWE (7 sur 10) et Deutsche Bahn (12 sur 24).

Un simple coup d’œil sur les noms des sociétés individuelles suffit pour comprendre que la BCE ne s’est pas retenue. Notons notamment que :

  • Des noms à risque ont été achetés, comme VW, Glencore, EDF et Repsol.
  • Un certain nombre d’obligations notées BB3 ont été achetées, comme celles de RWE, Metro, EDP, Renault, A2A, Pernod et REN (la moitié des noms achetés sont classés BBB). Toutes les sociétés BBB n’ont cependant pas été achetées – comme KPN et Alstom.
  • Des émissions étrangères ont été achetées, comme par exemple des obligations émises au travers d’une entité hollandaise. Ce qui souligne le fait que ce programme soit réellement un « QE pour le monde ». Nous comptons entre autres des obligations d’entreprises suisses (Nestlé, Novartis et Adecco), britanniques (Unilever) et américaines (Schlumberger et Bunge).
  • La BCE a même acquis des obligations à fort rendement, comme celles de Telecom Italia (notée BBB- par Fitch) et Lufthansa (notée BBB- par S&P).

Nombre d’obligations achetées par entreprise

Obligations de la BCE, en pourcentage des obligations totales

Qu’arrivera-t-il ensuite ?

Voici un extrait de l’article du Wall Street Journal intitulé Draghi Stops Short of Pledging Fresh Stimulus :

Lors de sa réunion d’aujourd’hui sur l’avenir de ses politiques monétaires, la BCE a décidé de maintenir les taux d’intérêt à leur niveau actuel. Le président de la BCE, Mario Draghi, a annoncé que cette décision serait réévaluée en septembre, quand les prévisions économiques auront pris en compte les conséquences du Brexit.

M. Draghi a souligné que la BCE suivrait de près les développements de l’économie et des marchés financiers, et que les décideurs politiques se tenaient prêts à prendre de nouvelles décisions pour soutenir la croissance et l’inflation.

Le Fonds monétaire international a émis jeudi un appel urgent aux plus grosses économies du monde, pour leur demander de mettre en place davantage de politiques de soutien de la croissance afin d’éviter un retournement à l’échelle globale. Le fonds a demandé aux banques centrales de « continuer d’avoir recours à tous les moyens disponibles pour stimuler l’inflation, à l’inclusion des taux d’intérêt négatifs ».

De nombreux économistes s’attendent à voir la BCE élargir son programme d’achat d’obligations à l’occasion de sa réunion du 8 septembre prochain. Le programme actuel arrivera à échéance en mars.

« Nous nous attendons à une extension de six mois du programme de QE de la BCE, qui sera certainement annoncée soit en septembre, soit en décembre prochain », a expliqué Marco Valli, économiste chez UniCredit, à Milan.

Exploitation de flexibilité

Ce que nous a dit Mario Draghi aujourd’hui est un résumé parfait de la situation : « Une attention particulière doit être accordée aux preuves que nous avons délivré ces derniers mois quant à de notre capacité à exploiter la flexibilité que nous offre notre programme de QE ».

La BCE menace de s’accaparer le marché des obligations d’entreprise si nécessaire, en le nom du soutien de la croissance. Comme pour la Fed et la Banque du Japon, ces actifs ne seront certainement jamais vendus.

Le plan de Draghi a été un grand succès, un succès tel que la BCE ne cesse d’ajouter des actifs à son portefeuille. Qu’arrivera-t-il ensuite ?

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-chere-bce-qu-as-tu-dans-ton-portefeuille-.aspx?article=8764507992H11690&redirect=false&contributor=Mish.&mk=2

By Michael Pento, www.24hgold.com

Le monde financier ne parle plus que du récent voyage de l’ancien gouverneur de la Fed, Ben Bernanke, au Japon, où il a conseillé le chef de la banque centrale du pays, Haruhiro Kuroda, quant à la manière dont gérer les conséquences de plusieurs décennies de stagnation. Comme l’économiste Milton Friedman, Bernanke a mentionné la vulnérabilité du Japon face à une déflation perpétuelle et une stagnation de sa croissance, et mentionné la distribution d’argent gratuit – l’émission d’obligations non-négociables et sans date de maturité par le gouvernement, que la banque centrale peut acheter à l’aide de crédit contrefait – comme la seule solution capable d’aider le pays à surmonter ses problèmes.

Bernanke a encouragé le Japon à poursuivre ses politiques surnommées d’Abénomie, qui ont jusqu’à présent échoué à aboutir à quoi que ce soit d’autre qu’apporter au pays davantage de stimulus fiscal, comme si un ratio dette / PIB de 230% n’était pas suffisant. Il a également assuré à Abe que la Banque du Japon disposait d’instruments susceptibles de relâcher davantage ses politiques monétaires.

Comme si le village avait besoin d’un idiot supplémentaire, le lauréat du Prix Nobel, Paul Krugman, a aussi partagé son opinion. Il a conseillé au Japon de porter son objectif d’inflation à 4% et de s’embarquer dans un programme de stimulus fiscal temporaire mais significatif afin de générer une hausse des prix suffisante. Lors d’une conférence qui s’est tenue jeudi à Singapour, Krugman a appelé à une flambée des dépenses gouvernementales ainsi qu’à de possibles dons en espèces.

Mais la vérité, c’est que malgré l’injection de trillions de yens dans le système financier, les programmes de création monétaire adoptés par le Japon n’ont eu aucun effet sur la reprise de la croissance. Et le Japon a déjà adopté un programme d’assouplissement quantitatif plus important que celui de la Réserve fédérale ou de la BCE.

Malgré cela, les législateurs japonais avalent le Kool-Aid keynésien, et adoptent l’idée que l’inflation soit créatrice de croissance. Ils appellent désormais à un programme d’endettement de 10 trillions de yens (94 milliards de dollars), financé par la Banque du Japon.

La Banque du Japon achète actuellement entre 110 et 120 trillions de yens d’obligations par an pour satisfaire sa promesse d’élargissement de ses bilans. Et la demande en obligations japonaises force leurs rendements en territoire négatif, des niveaux que seuls les banquiers centraux apprécient. Plus aucun investisseur privé ne cherche à acheter de ces obligations. Les seuls acheteurs qui restent encore aujourd’hui sont la Banque du Japon et les spéculateurs qui échangent des obligations à la manière d’actions, et espèrent obtenir une appréciation de capital suffisante pour couvrir des rendements négatifs avant de vendre à un autre spéculateur, ou de revendre à la banque centrale japonaise dans le cadre de son programme d’achat d’obligations.

Et les achats d’actifs de la Banque du Japon ne se limitent pas aux obligations japonaises. La Banque du Japon possède aussi plus de la moitié des ETF du pays. Comme vous pouvez l’imaginer, ces achats ont fait gonfler les bilans de la banque centrale, qui s’élèvent désormais à 432,8 trillions de yens.

Mais la question que j’aimerais poser à Messieurs Abe et Kuroda est la suivante : si l’impression monétaire est la solution, quel est véritablement le problème ?

En 2015, le Japon était la quatrième plus grosse économie du monde. Et malgré quelques périodes difficiles, l’économie japonaise stagne depuis le début des années 1990.

En revanche, son PIB par tête laisse supposer une tendance haussière impressionnante de la croissance du pays.

En effet, la croissance japonaise par tête est en hausse. C’est pourquoi Abe et Kuroda pensent qu’imprimer plus de monnaie fera gonfler la population. La population japonaise en âge de travailler a atteint un pic au milieu des années 1990, et est en déclin depuis cette date. Selon les prévisions du gouvernement, la force de travail devrait passer à 44 millions d’ici à 2060, soit la moitié de son niveau record.

Cette création incessante de nouvelle dette et de nouvelle monnaie est une solution à la recherche d’un problème. Si les banquiers centraux étaient plus honnêtes, ils nous diraient certainement que la Banque du Japon utilise l’excuse de la croissance pour faire face à son véritable problème : l’assiette fiscale du Japon ne suffit plus à régler sa dette.

Ainsi, la condition fiscale et monétaire du Japon doit être entièrement contrôlée par sa banque centrale afin que l’inflation ait une chance de venir le sauver. La conséquence de cette idée absurde serait un mystère si les pays du monde n’avaient pas déjà tenté d’adopter cette même solution de nombreuses fois par le passé. Tels des Lemmings, le gouvernement japonais et sa banque centrale suivront sans réfléchir le même chemin que l’Allemagne de Weimar, le Zimbabwe et la Hongrie. Peut-être devraient-ils se pencher sur l’histoire de l’hyperinflation.

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-le-japon-et-le-syndrome-des-lemmings.aspx?article=8772813110H11690&redirect=false&contributor=Michael+Pento.&mk=2

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6 réponses »

  1. Il conviendrait de parler de la BNS. Plus gros bilan des BC ramené au PIB de son pays et bourrée d’actions US. On se croit protégé mais la Suisse est dans le meilleur des cas un borgne au royaume des aveugles…

  2. oui et la BCE a aussi acheté au minimum 1 500 000 migrants en +- 1an

    voir les chiffres de soros pour la reflation escomptée selon l’equivalent en impression monetaire par migrant et en annuel.

    je note que l’expulsion ou une guerre civile aura aussi les effets escomptés par la BCE

    • Merci Sassy de souligner la liaison entre politique monétaire BCE et immigration…Dans le cas présent c’est essentiel de le comprendre….La vérité est dans le tout…

      • pour la première fois, à la télé, sauf erreur, cette semaine Gaudry(genève) face à delamarche a fait l’aveu que le japon n’importait pas de migrants et que donc il ne pourrait s’en sortir…

        cette même semaine, orban, lui a opposé sans le connaître et sans le savoir que c’était profondément ridicule. (orban a accueilli un ami syrien de longue date dont les usines ont été détruite finalement, …)

        Le comportement allemand et de bruxelles et de la france participe du racisme, du fanatisme et de l’esclavagisme, du colonialisme.
        Comportement théorisé et justifié grace à nuremberg et qui n’a aucune différence in fine avec le nazisme en europe de l’est

        • En ce qui concerne le Japon votre réflexion est intéressante dans la mesure où celui-ci reste un protectorat US et c’est le Yen, au travers du carry trade, qui fait le boulot de l’immigration en maintenant une déflation séculaire…Alors quand on entend kuroda raconté qu’il veut créer de l’inflation par la déflation (ou ce qui revient au même), d’abord on se marre et ensuite on se dit que ce que vise ce vieux brigand c’est l’hyperinflation qui achèvera d’anéantir totalement l’épargne des ménages japonais…

          A propos de l’Allemagne tout à fait ok sur la ligne Nuremberg et c’est pourquoi nous parlons ici volontiers de Pan Germanisme l’équivalent en Europe selon nous dans l’esprit et la lettre des Néocons aux US…Effectivement nous avons bien affaire à un 4ème Reich…Main-d’œuvre corvéable à l’Est et dans les pays du sud pour faire tourner les Usines le tout sous couvert de droit de l’hommisme et de droit d’ingérence à la française pour masquer le retour d’un vrai néocolonialisme…..

          L’Europe d’aujourd’hui c’est le corps de la Prusse avec la tête de la France de Vichy…Mitterrand sort de ce corps !

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