Art de la guerre monétaire et économique

Nationalisme économique : La doctrine Trump se dessine petit à petit et c’est parfaitement cohérent

 Donald Trump a fait un diagnostic de la situation politique et économique des États-Unis que personne n’avait osé faire auparavant, un diagnostic non pas de théoricien mais d’observateur pragmatique du terrain dont, certes, on ne saura que plus tard s’il était le bon ou pas, mais qui tient parfaitement la route. Pour Trump, les causes de la crise économique sont structurelles. Au diable, donc, les théories monétaristes ou keynésiennes, si Mme Janet Yellen souhaite que les taux d’intérêt remontent, qu’elle le fasse – peu lui chaut. Pour autant, hors de question, chez lui, d’embrasser les thèses d’un Thomas Piketty sur les inégalités patrimoniales inhérentes au capitalisme et qui, irrémédiablement, conduiraient à la panne totale de croissance. Dans le droit fil de son expérience d’entrepreneur, il croit toujours aux vertus d’un capitalisme pur et dur (pour ne pas dire brutal), les grands patrons peuvent être rassurés et l’Obamacare ne survivra pas à son inventeur.

Alors, quoi ? En fait, Donald Trump met tout sur le dos du libre-échange et des délocalisations, avec comme tête de Turc la Chine. Selon lui, tous les stigmates de la crise remontent à une seule et même source : la concurrence des pays en voie de développement qui a dévasté le tissu industriel américain. Vu d’Europe, et notamment avec le regard d’un militant souverainiste, ce diagnostic peut sembler banal, mais aux États-Unis, affirmé avec une telle franchise, c’est inédit, comme il est inédit d’affirmer que le libre-échange est non seulement la cause, mais la seule et unique cause de la crise.
 
Une fois que l’on a compris ce que Donald Trump a vraiment en tête pour son pays, tout devient cohérent, et même sa vision de la politique étrangère – et là, nous touchons au deuxième volet de sa doctrine, une véritable révolution. Pour Trump, en effet, la politique étrangère ne doit pas avoir pour but de propager les valeurs de la démocratie urbi et orbi, mais de servir uniquement les intérêts des États-Unis, et par intérêts, il faut comprendre les intérêts économiques stricto sensu. Le rapprochement avec la Russie – confié non pas à un politique mais à un industriel, c’est tout dire – et le refroidissement des relations avec Pékin sont parfaitement cohérents avec une politique de recentrage économique sur le sol américain. Face à la Chine, qui a beaucoup à perdre sur le plan économique, les États-Unis doivent se préparer à une confrontation diplomatique serrée. A contrario, la Russie, loin d’être un concurrent industriel, offre toutes les synergies qui fondent un partenariat fécond pour l’avenir.Si la cohérence de Donald Trump est un mystère pour nos politologues, c’est tout bêtement parce qu’il n’est ni un économiste ni un politique mais un entrepreneur et qu’il entend gouverner comme un entrepreneur. L’avenir nous dira si l’establishment le laissera faire et si sa doctrine très originale est la bonne.

http://www.bvoltaire.fr/christopheservan/la-doctrine-trump-se-dessine-petit-a-petit-et-cest-parfaitement-coherent,304637?mc_cid=b3adb62837&mc_eid=b338f8bb5e

Eric Zemmour Le protectionnisme de Donald Trump, ça marche 05/01/17

« Le protectionnisme, c’est nul. Les frontières, c’est dépassé. Les droits de douane, c’est ringard. On connait la chanson », lance Éric Zemmour. « Et voilà qu’un Américain mal embouché, vulgaire et ignorant, fait la nique à toutes nos éminences », poursuit-il en évoquant Donald Trump. Le futur locataire de la Maison Blanche a fait plier Ford, qui vient d’annuler la construction d’une nouvelle usine au Mexique, et menace désormais General Motors. Surtout, « il a pris l’habitude de s’adresser aux grands patrons de l’industrie américaine par voie de tweets lapidaires et comminatoires, mais suivis par près de vingt millions d’abonnés ».

« Pendant que Trump ramène ses ouailles automobiles au bercail, les Français laissent partir leurs fleurons à l’étranger », se désole le journaliste, qui évoque Lafarge, Péchiney, Alcatel, Alstom, et aujourd’hui les Chantiers navals de l’Atlantique, qui passent sous pavillon italien. « La merveilleuse technologie française s’apprête à faire un long, un très long voyage, des Alpes jusqu’à à la muraille de Chine », déplore Éric Zemmour. « François Hollande devrait peut-être apprendre à tweeter comme Donald Trump », conseille-t-il en guise de conclusion.

reagan-trump

Guy Millière :

« La politique économique qu’entend mener Trump relève essentiellement de l’économie de l’offre qui avait permis à Ronald Reagan d’obtenir la plus longue période de croissance continue que les Etats-Unis aient connu en temps de paix, et repose sur une combinaison de baisses massives d’impôts, de déréglementations dans tous les domaines, et en particulier dans celui de l’environnement, de mesures incitant au rapatriement de capitaux et aux investissements sur le territoire américain, de renégociations des accords commerciaux liant les Etats-Unis aux principales puissances du monde.

Elle inclut aussi un volet de relance par la demande destiné à renforcer de manière immédiate la création d’emploi, et c’est à cela qu’est destiné le projet de renforcement des infrastructures du pays : ce projet, que d’aucuns décriront comme keynésien n’est pas aussi keynésien qu’il semble dès lors qu’il sera financé non pas par un surcroît de dépenses publiques, mais très largement par des crédits d’impôts ou par des mesures d’imposition zéro pour les entreprises impliquées, qui pourront tirer profit des investissements réalisés.

L’abolition du système de santé dit Obamacare conduira à son remplacement par une mise en concurrence pleine et entière des assurances santé et par la création de comptes épargne santé, solutions suggérées depuis longtemps par les défenseurs du libéralisme classique. »

http://www.dreuz.info/2017/01/07/les-annees-trump-vont-commencer/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+drzz%2FPxvu+%28Dreuz%29

«La plus grande révolution fiscale depuis celle de Ronald Reagan.» C’est en ces termes que Donald Trump, qui sera officiellement investi 45e président des Etats-Unis le 20 janvier, promet une réforme ambitieuse en matière de taxation.

Son but: revitaliser l’économie américaine en créant des emplois. Ses plans: diminuer les impôts pour les particuliers et les entreprises, supprimer certaines niches fiscales, favoriser les exportations et taxer, assez lourdement, les importations. Un programme à forte valeur protectionniste qui suscite déjà l’inquiétude à l’international.

Ces promesses, le président élu les a tenues pendant sa campagne, en présentant une feuille de route en plusieurs points. Il devrait les aborder dans son discours d’investiture. Donald Trump juge le code des impôts américain «catastrophique» et estime prioritaire de le simplifier. Avec le «Trump Tax Plan», 73 millions de ménages ne seraient plus assujettis à l’impôt sur le revenu; 31 autres millions bénéficieraient d’une réduction d’environ 1000 dollars. Les personnes gagnant moins de 25 000 dollars par an et les ménages ne cumulant pas plus que 50 000 dollars, ne seraient plus imposés.

Le nombre de tranches pour l’impôt sur le revenu passerait de sept à quatre, en ramenant la plus élevée à 25% (elle concerne ceux qui gagnent plus de 150 000 dollars). L’impôt sur les successions pourrait également être supprimé.

«Une lourde taxe frontalière»

Deuxième volet de son programme fiscal: l’impôt sur les sociétés serait ramené à 15% contre les 35% en vigueur aujourd’hui. Les bénéfices réalisés à l’étranger – estimés à plus de 2500 milliards de dollars – seraient désormais taxés au taux unique de 10%, pour inciter les entreprises à rapatrier leurs réserves de cash conservées hors des Etats-Unis.

Trop d’entreprises quittent le sol américain ou produisent ailleurs, estime Donald Trump. Il vient de hausser le ton face aux constructeurs automobiles Toyota et General Motors, en menaçant de taxer ces entreprises si elles ne fabriquaient pas américain. «Construisez des usines aux Etats-Unis ou payez d’importantes taxes à la frontière», a-t-il tweeté le 5 janvier. Le lendemain, Ford a annoncé annuler la construction d’une nouvelle usine de 1,6 milliard de dollars au Mexique pour investir dans une de ses installations dans le nord des Etats-Unis.

Donald Trump avait déjà évoqué en 2011, dans son livre «Time to get tough», l’idée d’imposer des taxes de 20% sur les importations. Freiner les importations et favoriser les exportations figure également dans le programme en six points «A Better Way» du président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan.

«Il y a un alignement des étoiles entre Trump, le Sénat et la Chambre des représentants», constate un haut fonctionnaire international qui suit de près les questions de fiscalité. La base de la révolution fiscale de Donald Trump pourrait être le rapport produit par le comité fiscal de la Chambre (Ways & Means committee), présidé par Kevin Brady. Il reprend des idées lancées par l’administration Bush en 2005 déjà.

Le rapport prévoit d’introduire une taxe sur le cash-flow qui fonctionnerait un peu comme la TVA (qui n’existe pas aux Etats-Unis): lorsqu’on exporte, on peut la déduire; si on importe, il faut la payer. La nouvelle taxe sur le cash-flow «permettra de contrer les ajustements de TVA appliqués par nos partenaires», précise le document.

Chaos dans le commerce mondial

Ce système serait compatible avec les règles de l’OMC, assure le rapport Brady, mais certains experts en doutent. «Ça poserait un problème de commerce, c’est une subvention massive aux exportations, qui sèmerait le chaos dans le système commercial mondial», prédit notre haut fonctionnaire. En résumant: Boeing se verrait taxé sur ses importations d’aluminium chinois, mais réduirait ses impôts en exportant ses avions.

La grande différence avec la TVA, qui ne vise que les biens, c’est que la taxe sur le cash-flow est un impôt sur les entreprises, qui leur permettrait de déduire des investissements et même les salaires des employés. L’objectif avoué de la taxe étant de rapatrier au maximum les activités de production aux Etats-Unis.

«C’est une vieille idée américaine, qui n’est à ma connaissance pratiquée par aucun Etat dans le monde, ajoute l’avocat genevois Xavier Oberson, qui vient de donner une conférence sur les plans fiscaux de Donald Trump. Il y aurait, à l’évidence, des problèmes de compatibilité avec l’OMC et les accords de libre-échange nord-américains.»

https://www.letemps.ch/economie/2017/01/06/donald-trump-experimente-protectionnisme-fiscal

c1s8mwvuoaqfx9w

EN BANDE SON : 

3 réponses »

    • Sauf que Kunstler (un démocrate bon teint) l’auteur de cet article n’est plus crédible il n’a cessé de déblatérer sur Trump depuis des mois et maintenant il tente de se refaire une virginité en retrouvant un peu d’objectivité mais dans son mépris typiquement gauchiste des forces populaires il en oublie la dynamique que peut représenter justement un peuple en colère et qui a retrouver la foi qui elle, au contraire du nihilisme, peut déplacer des montagnes….

      Mieux vaut lire Michael Snyder d’Economic collapse un vrai patriote lui au moins !

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