1984

Etats Unis – Politique étrangère de Donald Trump : l’art du grignotage !

Trump prépare sa prise effective de pouvoir avec le soutien des réseaux Bannon et Kushner, qui constituent son énergie fantôme.

Ainsi, face au coup d’État rampant, il plie mais ne rompt pas, se heurtant depuis son élection à un tsunami d’oppositions, godillant entre les écueils, changeant constamment de sujet.
Il a incontestablement réussi son approche du monde des affaires, financières et industrielles, sans oublier les syndicats : de nombreuses entreprises américaines ont interrompu leurs processus de délocalisation, et de grands groupes nationaux et internationaux se sont engagés à massivement investir et recruter sur le territoire américain. Les derniers sondages notent ainsi un sursaut de confiance des entreprises, grandes et petites, et le 1er trimestre boursier a connu des records. Premier grignotage, invisible…

Trump a ensuite cassé l’arrogance des élus républicains en les faisant « tomber » sur le remplacement d’« Obamacare », ce qui les rend maintenant beaucoup plus dociles sur les deux sujets qu’ils voulaient saboter : les coupes d’impôts, son plan d’infrastructure. Sachant qu’il vient de reprendre personnellement en main un nouveau dossier : « Trumpcare ». Deuxième grignotage, mise au pas des législateurs…
En revanche, le président n’a pas eu encore « la permission » de l’État profond (« Deep State ») d’agir à sa guise en politique internationale, ce qui faisait récemment dire (16 mars, Creators.com) au paléo-conservateur Pat Buchanan : « McCain [le sénateur néocon qui veut le départ de Trump et de Poutine, ndlr] a-t-il confisqué la politique étrangère de Trump ?»

Le « parti unique américain » estime en effet que la Chine représente la principale menace pour les États-Unis : économiquement, territorialement, cybernétiquement, militairement, et démographiquement.

Pour détruire la Chine avant qu’elle ne mange l’Amérique, il y donc une urgence : prendre le contrôle d’une « Eurasie » qui va de l’Angleterre à Vladivostok. Il est donc hors de question de laisser des hurluberlus d’un autre siècle, comme Poutine et Trump, se mettre en travers. D’où ces enquêtes parlementaires qui ont essentiellement pour objectif de documenter des « actes de guerre » électoraux commis par les Russes contre des pays de l’Otan afin de ruiner (méga-sanctions) Poutine et consorts.Michael Pillsbury, auteur du livre The Hundred-Year Marathon: China’s Secret Strategy to Replace America as the Global Superpower, a conseillé Trump pendant sa campagne. Sa thèse : le plan stratégique « à 100 ans » de la Chine destiné à en faire l’hégémon du futur monde.

Lors de son interview du 24 mars, réalisée par l’intelligente Sophie Shevardnadze sur « la chaîne de propagande RT America », Pillsbury a expliqué que la Chine attend avec impatience le prochain conclave floridien tenu chez Trump, à Mar-a-Lago, dans une atmosphère privée, sous le signe du « gagnant-gagnant » préconisé par le Secrétaire d’État Tillerson, qui a jusqu’ici manœuvré à profondeur périscopique, pendant que Trump tirait des bords en surface.

Le choix est simple : ou bien les États-Unis privent la Chine de la Russie par la déposition de Poutine lors d’un coup d’État électoral organisé pour les élections présidentielles russes de 2018 (et plongent dans l’inconnu) ; ou bien les États-Unis, la Chine et la Russie font cause commune contre le terrorisme djihadiste, et planifient ensemble une nouvelle croissance économique mondiale. Dernier grignotage…

http://www.bvoltaire.fr/politique-etrangere-de-donald-trump-lart-grignotage/?mc_cid=944e41f600&mc_eid=b338f8bb5e

John McCain ne décolère pas. (Pour l’occasion, il retrouve son compagnon de route, Lindsay Graham qui partage son juste courroux alors qu’on sent parfois chez lui une certaine hésitation à suivre toutes les extravagances de son compagnon de cœur.) Cause de cette fièvre soudaine : la remarque par le secrétaire d’État Tillerson (en Turquie, avant de se rendre au sommet des ministres des affaires étrangèresde l’OTAN) selon qui, épouvantable perspective, “le sort du président syrien Assad sera décidé par le peuple syrien”. Outre qu’elle pourrait être perçue comme l’énoncé d’une simple évidence (à part, horreur, que les Russes disent exactement la même chose d’Assad depuis plusieurs années), il semble bien que la remarque ne soit nullement accidentelle et/ou due à l’inexpérience de Tillerson. Il s’agit bien d’une sorte de “tournant“ de la politique syrienne des USA, même si, encore une fois, l’énoncé d’une telle évidence ne paraîtrait à première vue n’avoir pas grand’chose d’un “tournant”, – mais notre époque étant ce qu’elle est … Bref, l’ambassadrice des USA à l’ONU, Nikki Haley, lisant avec attention ses dernières instructions, a confirmé son ministre et a explicité sa remarque en termes bureaucratiques abstraits, mais conduisant à la conclusion qu’il y a bien tournant : « Vous devez choisir les batailles que vous menez entre celles qui sont envisageables et possibles. Lorsque nous les avons passées en revue nous avons modifié nos priorités selon ce jugement et notre priorité n’est plus désormais de nous concentrer sur le départ d’Assad. » Le tournant est donc négocié…

Du coup, McCain est furieux ! Car c’est sa politique et la politique des USA, et la politique du Bien contre le Mal qu’on assassine. Le 31mars, Alex Christoforou, de TheDuran.com nous rapporte l’incident et les motifs de la fureur absolument justifiée de McCain.

« Now that US Secretary of State Rex Tillerson said Assad’s fate will be decided by the Syrian people and U.S. Ambassador to the United Nations Nikki Haley, told reporters…“You pick and choose your battles. And when we’re looking at this it’s about changing up priorities and our priority is no longer to sit and focus on getting Assad out,” neocons John McCain and Lindsey Graham went ballistic at the prospects of Assad staying is power.

» McCain is visibly upset that the countless hours invested in building his ISIS army, is now crashing down in spectacular fashion. Maybe another trip to Syria, to have coffee with Al-Baghdadi, is in order for Senators McCain and Graham. In a statement Thursday evening, Chairman of the Senate Armed Services Committee John McCain, blasted Tillerson’s and Haley’s comments. McCain said in a statement…

» “I am deeply disturbed by statements today by our Secretary of State and Ambassador to the United Nations regarding the future of Bashar al-Assad in Syria.” “Their suggestion that Assad can stay in power appears to be just as devoid of strategy as President Obama’s pronouncements that ‘Assad must go.’” “Once again, U.S. policy in Syria is being presented piecemeal in press statements without any definition of success, let alone a realistic plan to achieve it.”

» McCain rant was furious, saying the Trump administration’s statements could negatively impact the war against ISIS by casting doubt among US allies…like Saudi Arabia and Qatar, who fund and support ISIS. “Such a policy would only exacerbate the terrorist threat to our nation.” “Trying to fight ISIS while pretending that we can ignore the Syrian civil war that was its genesis and fuels it to this day is a recipe for more war, more terror, more refugees, and more instability.” “I hope President Trump will make clear that America will not follow this self-destructive and self-defeating path.”

» McCain’s partner in ‘many a war crime’, Senator Lindsey Graham, said that such comments would be “the biggest mistake since President Obama failed to act after drawing a red line against Assad’s use of chemical weapons.” »

D’abord, et avant de pousser plus loin le débat, il faut avoir à l’esprit qu’il est d’évidence que le véritable inspirateur et conducteur de la politique de sécurité nationale des USA, aujourd’hui, c’est McCain, sans la moindre hésitation. Il n’a besoin d’aucune consultation, ni avec Trump, ni avec Tillerson. Il agit de son propre chef et plutôt à l’issue de son plein gré, après quelques délibérations de pure forme avec ce dernier (son plein gré).

Lui-même, McCain, a confirmé cette situation fort récemment, et avec toute l’autorité qu’on lui connaît et qui fait dire au sénateur Rand Paul que McCain est la preuve vivante qu’il faut discuter le plus rapidement possible de “la question de la limite d’âge pour les parlementaires”. Cela (la confirmation par McCain de sa maîtrise de la politique de sécurité nationale US) se passait devant un parterre de têtes stratégiques et couronnées du bloc-BAO, réunies sous l’égide du Marshall Fund, à Bruxelles, comme le rapporte avec sa plume sarcastique et calomnieuse, et fort peu digne de foi par conséquent dans ces temps de post-Vérité (post-truth), PhG dans son Journal-dde.crisis du 29 mars 2017

« … C’est donc ce type-là [John McCain !] dont ZeroHedge.com nous rapporte, le 25 mars : “McCain also revealed he hasn’t met the President Donald Trump in person since he took office… […] McCain said he’d met Trump ‘some years ago’ when he was a businessman, but had not met him since. McCain said he did speak ‘almost daily’ to National Security Adviser Lt. Gen. H.R. McMaster and Defense Secretary Jim Mattis, however. ‘He doesn’t seem to be that upset that he’s not talking to [Trump],’ said German Marshall Fund’s Derek Chollet, a former Obama Pentagon official. ‘He’s trying to run U.S. defense policy through Mattis and effectively ignore Trump.’

« ‘C’est donc ce type-là’ [John McCain !] qui laisse entendre, à demi-mot et entre les lignes tout cela, confidentiellement pour que cela s’imprime et se sache partout, et d’abord à la réunion du Marshall Fund à Bruxelles où la chose se passait, où l’on trouve toutes les têtes pensantes du monde de la sécurité nationale otanienne et transatlantique ; qu’il laisse entendre impérativement qu’il donne ‘almost quotidiennement’ ses consignes au directeur du NSC et au secrétaire à la défense, et que, pratiquement et quasiment, c’est lui qui dirige la politique de sécurité nationale des États-Unis sans s’encombrer d’aller rendre visite à Trump. »

McCain est un personnage de première envergure dans et selon nos temps si caractéristiques, un puissant et pompeux sénateur coiffé d’un entonnoir, qui porte le sort du monde sur ses épaules en agissant et s’exprimant exactement comme un grotesque agité et congénital qui aurait dépassé sa permission de visite hors de l’asile psychiatrique. Son gâtisme parfaitement identifié s’exprime sous une forme hallucinatoire semblant l’identifier au-delà du gâtisme qui fait de ce personnage de près de 75 ans une icône incontestable des salons postmodernistes, si ardents à promouvoir le jeunisme. Par conséquent, tout le monde suit avec attention ses diverses agitations, tout le monde prête attention à ce qu’il dit, tout le monde lui voue le plus grand respect et le pare des plus hautes influences. Quant aux diverses marionnettes de Washington D.C., de Porochenko aux dirigeants de Daesh, elles vénèrent McCain parce qu’elles savent que, placé où il est (à la présidence de la très puissante Commission des forces armées du Sénat, et ce n’est pas une blague), il tient certains cordons de la bourse. Les empereurs décadents songeaient à faire consuls leurs juments, notre “Empire” à nous se contente de placer à la tête d’une des plus puissantes commissions du Sénat un sénateur McCain ; nos extravagances gâteuses ont moins d’allure en apparence mais elles sont encore plus audacieuses car il est évident qu’une jument est beaucoup moins stupide et dangereuse par inadvertance qu’un sénateur McCain. Sa réélection automatique depuis bien des années laisse vraiment beaucoup, beaucoup à penser à propos de la démocratie.

… Mais nous parlions de “politique syrienne des USA”. Tillerson semble donc avoir emprunté avec une extrême prudence la voie d’un certain révisionnisme. On peut être sûr qu’il sera, dès son retour à Washington, immédiatement convoquée devant la Commission McCain et bombardé de questions agressives et furieuses. En un sens, ce que lui repproche McCain est peut-être moins d’avoir semblé modifier cette politique syrienne des USA que 1) de l’avoir dit, et 2) de l’avoir dit alors que, trois jours plus tôt, McCain avait clairement notifié à un confident que, désormais, c’était lui qui contrôlait et dirigeait la politique de sécurité nationale des USA. Le résultat sera un surcroit d’agressivité et de combativité à l’encontre de l’administration Trump de la part du Sénat (où l’on suit McCain aveuglément sur les questions de sécurité nationale), cette fois avec les républicains en pleine crise d’activisme puisque McCain est du parti du président. Il ne faut jamais oublier, par les temps qui courent, que nous sommes en pleine tragédie-bouffe.

On peut certes se féliciter de ce tournant, ou simplement le prendre au sérieux, et juger qu’il annoncerait bien qu’enfin l’administration Trump serait en train de prendre en main sa politique étrangère pour en faire quelque chose d’un peu plus conforme au bon sens et au sens commun. Nous nous permettrons pourtant de montrer quelque scepticisme, non pas tant du fait des intentions des uns et des autres mais plus simplement parce que Washington D.C. est une machine à paralyser, et que McCain en est un des principaux rouages.

Ce qu’il faut plutôt attendre avec une crainte non dissimulée, c’est donc une offensive de grande envergure pour bloquer cette velléité de politique nouvelle de la part de l’administration Trump, ajoutant au désordre et à la confusion. Il ne nous semble pas pour l’instant, – mais, certes, cela pourrait changer, – que Trump ait suffisamment mesuré les difficultés qu’il doit affronter pour se décider à adopter des procédures nouvelles transgressant tous les obstacles que le Système est capable de dresser sur la voie d’une action politique effective et efficace. “Cela pourrait changer” si Trump se décide à devenir une sorte de “super-Nixon” ou de “Gorbatchev américain” pour développer sa politique, soit d’une façon secrète, soit à coup d’affirmations révolutionnaires qui prennent le Système par surprise et l’entraînent de fait accompli en fait accompli sans lui laisser le temps de réagir. L’intervention de Tillerson et ce qui a suivi peuvent en être l’amorce, mais ce n’est qu’une amorce, et jusqu’ici l’action de Trump ne nous a rien montré de cette audace qui fait qu’on force le destin, les McCain, les bureaucraties et le Système. Il reste beaucoup de chemin à faire et beaucoup d’audace à déployer, et éventuellement une sommation écrite du directeur de l’hôpital psychiatrique enjoignant au patient McCain de rejoindre presto subito la chambre qui lui est assignée.

http://www.dedefensa.org/article/mccain-furieux-trump-sabote-ma-politique-des-usa

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