1984

Etats-Unis – George W. Trump : maître ou esclave ? Trump est mort, vive Cretinho ?

Plusieurs thèses circulent à Washington depuis la volte-face audacieuse du président Trump, qui contiennent toutes un grain de vérité.

D’abord celle des « trumpophobes » irréductibles, qui sont ulcérés de voir Trump échapper au nœud coulant de l’impeachment et ce, dans l’acclamation quasi générale. Leur thèse est celle du rideau de fumée : les Russes ont tout manigancé pour rendre sa virginité à leur « taupe présidentielle ». Trump avait d’ailleurs prévenu les Russes une heure avant le bombardement. Lesquels n’ont pas prévenu les Syriens, lâchant donc Assad pour des raisons stratégiques. Trump est désormais exonéré de toute collusion avec la Russie. Insupportable…

Les « trumpophiles » inconditionnels, quant à eux, croient que Trump tient toutes les cartes. D’un simple trait, il a su évoluer de la diabolisation à la déification : en 24 heures, Trump est passé dans les médias du statut d’escroc nazi à celui de patriote humanitaire. Prodige confirmé par Fareed Zakaria, star de CNN : « Trump est devenu président ! » Fort de son aura martiale, Trump aura donc (enfin !) les mains libres pour régler le fiasco de la réforme du système de santé… et rassurer la Bourse, qui commençait à s’effriter (par peur de voir son plan de coupes fiscales et de grands travaux se noyer dans le lobbyisme parlementaire). Il va dompter le Congrès, le faire travailler dimanche et jours fériés, pour revenir à son plan antimondialiste, créant un nouveau « Mouvement ». Une nouvelle Amérique est née….

Ce n’est pas la thèse des déçus du trumpisme (dont le courant libertarien), pour lesquels Trump a tout simplement sauvé sa peau, renonçant à ses principes et ses promesses, se soumettant lamentablement à l’orchestration d’une cérémonie des larmes, versées sur les petits-enfants-massacrés-par-Assad. À entendre McCain, Graham et Rubio depuis 48 heures, Trump a un grand cœur, il a réagi comme un grand leader, dans la légalité nationale et internationale.

Trump est le nouveau George W. Bush, un vrai hombre.

Tout comme Bush, qui s’était fait élire sur un programme isolationniste (centré – déjà – sur les grands travaux d’infrastructure), Trump aura ainsi fait un deal avec le « deep state », leur laissant la stratégie pour se limiter à de la figuration. Adieu aux grandes réformes, à la renégociation des traités économiques, aux programmes d’infrastructures…

Reste une « thèse de synthèse ». Oui, les Russes préfèrent le maintien d’un « mauvais » Trump plutôt que l’irruption d’un « bon » néocon. Oui, Trump vient de reconstruire un capital politique « conventionnel ». Oui, il lâche ses premiers compagnons de route. Mais, avant la frappe syrienne, Trump n’était en somme qu’un chef de l’opposition au bord de l’épuisement, ne pouvant pas compter sur un corps législatif divisé, travaillant à temps partiel. Il lui fallait donc devenir « président », c’est-à-dire directeur commercial du « deep state ». Il lui fallait roquer pour protéger le roi. Afin de relancer une attaque « de l’intérieur » ? Trump va, dit-on, réorganiser son cabinet. Nous saurons vite…

Quant à la troïka McCain-Rubio-Graham, elle attend beaucoup de Trump, qui va découvrir que pour souper avec le diable, il faut une longue cuillère. Au programme : la participation des Russes au crime de guerre de Khan Cheikhoun… Va-t-il plier ?

http://www.bvoltaire.fr/george-w-trump-maitre-esclave/

Le président Trump prépare des changements majeurs au sommet de son cabinet. Deux têtes pourraient tomber :  Reince Priebus, le chef de cabinet de la Maison Blanche, et Steve Bannon, le stratège en chef du président américain. C’est ce qu’indique une source fiable à la Maison Blanche sur le blog Axios, qui dispose d’excellentes sources à Washington DC.

Certains noms circulent pour le remplacement de Priebus. Parmi eux, Wayne Berman du groupe Blackstone, qui a servi comme adjoint au ministre du Commerce sous la présidence de George HW Bush et Gary Cohn, conseiller économique de Trump, et ancien numéro deux à la banque d’investissement   Goldman Sachs.

Kushner dirige le clan des modérés dans l’équipe de Trump

Bien que Trump n’ait pas encore pris de décision finale, le remplacement ne serait qu’une question de temps. Selon Axios, les luttes intestines à Washington montrent l’influence croissante du gendre du président et conseiller principal Jared Kushner, ainsi que d’Ivanka Trump, la fille du président. Au sein de son équipe, tous deux appartiennent au groupe des modérés.

Le nationaliste Steve Bannon  – l’ancien patron du site d’actualité  Breitbart, s’est vu retirer la semaine dernière son poste au  Conseil de sécurité nationale. Des rumeurs selon lesquelles il aurait menacé de donner sa démission avaient circulé, mais ils les avaient rejetées comme étant « un non-sens à 100 % »

Une crise évitée?

La situation était devenue intenable et Trump a convoqué vendredi toutes les parties : Priebus, Bannon, Kushner et sa femme Ivanka Trump. Le Président a donné à tous la possibilité de résoudre les problèmes entre eux. La hache de guerre semble enterrée temporairement, mais le nationaliste Bannon – qui s’est prononcé contre l’intervention en Syrie – doit regarder avec consternation le président se déplacer de plus en plus vers le centre.


The-Donald perd sa base

Selon la même approche que Mercouris, il faut observer de nombreuses manifestations et interventions qui montrent le caractère rétif sinon en complète révolte de la base populiste et non-interventionniste qui permit l’élection de Trump. Là encore, il s’agit d’un domaine situé hors du script de téléréalité de Washington D.C., où il est possible de constater combien la droite antiSystème US est beaucoup moins dépendante d’un “culte de la personnalité” que ne l’est la gauche antiSystème, laquelle a cessé de l’être dès qu’il s’est agi de soutenir aveuglément Obama malgré qu’il ait mis toute son action au service du Système. La droite antiSystème n’a soutenu Trump que dans la mesure où il promet/promettait une politique correspondant à son attente ; depuis quelques temps son soutien s’émousse et, désormais, il s’effondre. La base de Trump est manifestement rétive à la téléréalité washingtonienne.

Les critiques et les positions de rupture avec Trump s’expriment de partout, de toutes les façons et dans tous les sens, qu’il s’agisse d’un libertarien comme Raimondo, d’un conservateur indépendant comme David Stockman, d’un commentateur comme Michael Savage ; d’un groupe mystérieux de hackeurs comme The ShadowBrockers qui pourraient être la couverture d’une “taupe” au sein de la NSA et qui divulgue, pour protester contre l’attaque contre la Syrie, le “mot de passe” donnant accès à ce qu’Edward Snowden a désigné comme l’“arsenal Top Secret des armes digitales” de l’Agence (« the NSA’s Top Secret arsenal of digital weapons ») ; qu’il s’agisse des lecteurs et abonnés d’Infowars.com invités à voter depuis 36 heures sur l’action réalisée par l’administration Trump et qui la réprouvent (à mi-journée ce 9 avril) par une majorité de 66,61% (28.901 votes) contre 13,01% (5.666 votes) qui l’approuvent (et 10,31% [4.475 votes] qui l’estiment comme étant une manœuvre tactique de Trump pour apaiser son “opposition” [“Quantum chess move”]).

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-les-tomahawk-au-pays-des-merveilles

Trump est mort, vive Cretinho ?

Tout ceci ne doit cependant pas nous cacher la tendance qui se profile à Washington. Les soutiens traditionnels de Trump ne s’y trompent d’ailleurs pas : c’est une véritable hémorragie.

Des blogueurs influents l’abandonnent, des soutiens de la première heure le quittent, son retournement de veste est moqué, l’Alt-Right commence à manifester contre lui, son ami Farage s’en détache et un groupe de hackers (ou un nouveau lanceur d’alerte solitaire, on ne sait pas très bien) a même mis en ligne des mots de passe secrets de la NSA pour protester contre « la trahison de Trump ». En un mot comme en cent :

L’historien John Laughland se lâche dans un article de haute volée. Extraits :

Le revirement de 180 degrés du président Trump sur la Syrie met fin à toute illusion sur sa présidence. Loin de représenter une révolution, son élection l’an dernier n’est que la énième preuve que le processus démocratique est aujourd’hui incapable d’effectuer de vrais changements dans la vie politique des grands Etats, tant les grandes lignes de cette politique sont fixées par un appareil de l’Etat qui, lui, ne change jamais (…)

La politique du chaos, qui a caractérisé l’action des présidents Obama, Clinton et Bush fils, va donc continuer, sans interruption, sous Trump. Les frappes aériennes sont, une fois de plus, un outil pour donner l’apparence d’une virilité en réalité inexistante. Avec son attaque intempestive, l’homme fort de la Maison blanche s’est montré au contraire un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de faire de lui la risée du monde. Une fois de plus, les électeurs ont été trompés par un homme qui, se présentant comme un révolutionnaire, une fois élu fait le contraire de ce qu’il a promis. Jamais la prédiction lugubre du prince de Lampeduse n’aura été si vraie : il fallait que tout change pour que rien ne change.

Game over, Trumpie ? L’histoire récente est tellement pleine de rebondissements qu’il convient de garder un minimum de prudence. Il n’est d’ailleurs pas impossible que cet impressionnant abandon de ses soutiens les plus déterminés, ce sauve-qui-peut généralisé de sa base ne provoque en lui une réaction. Il ne peut pas ne pas savoir ce qui se passe, il ne peut pas ne pas connaître l’immense déception de ceux qui ont voté pour lui…

Mais quand bien même il reviendrait à de meilleurs sentiments, n’est-ce pas trop tard ? Il a relancé la machine de l’Etat profond et, comme nous le disions il y a trois jours, Cretinho restera désormais prisonnier de son discours. Il aurait pu dévoiler à la face du monde l’intox des « attaques chimiques » et par là-même démolir un pan entier de la rhétorique du système impérial. Cette chance unique est passée…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/04/clair-obscur.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

EN BANDE SON : 

2 réponses »

  1. Trump impulsif et trop naif, qui réagit au quart de tour en bombardant la Syrie au profit des djihadistes et des Mondialistes ?
    Ou bien Trump prisonnier du Deap-State ???
    J’aurai bien aimé un « Trump stratège » qui donne le change à ses ennemis de l’intérieur, afin de pouvoir obtenir de l’autonomie, pour pouvoir ensuite reprendre le dessus une fois le ménage fait « inside » Washington…
    Mais je crains un Trump pieds et poings liés par le Deep-State et les Lobbys Militaristes…
    Nous le verrons bientot dans la tournure que prendront ses relations avec Poutine et « la Russie » en général….
    Si Trump retournait sa veste et se mettait à vomir sur la Russie,
    alors tout espoir serait perdu et nous aurions à redouter un conflit en Europe instrumentalisé par les « Chiens de Guerre » et les « Faucons » américains.
    il serait alors nécessaire de Sortir de l’OTAN de Toute Urgence et sans délai possible,
    ceci afin de ne pas tomber via nos dirigeants politiques français, sous la coupe d’un corporatisme militaro-industriel américain, qui veut à tout prix une guerre nucléaire en Europe contre la Russie, fut ce au prix de 200 millions de morts, « Non américains » bien sur ….

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