1984

Capitalisme monopolistique d’Etat ? Ces 2 chercheurs belges vont faire beaucoup de bruit dans le monde des affaires !

Deux chercheurs belges – Jan De Loecker (Barcelona GSE) et Jan Eeckhout (University College London)  – risquent de faire beaucoup de bruit dans le monde des affaires. Leur étude montre que les marges bénéficiaires réalisées par les grandes entreprises n’ont fait qu’augmenter au cours des dernières décennies. Ces marges étaient de 18 % au dessus des coûts marginaux en moyenne en 1980, mais elles atteignent 67% aujourd’hui. Le phénomène ne se cantonne pas à quelques secteurs, mais il est visible partout, affirment les deux Flamands.

Selon les deux chercheurs, cela est dû à un manque de concurrence et à la position dominante excessive d’un groupe restreint de grandes entreprises. Selon eux, on peut les considérer comme “les nouveaux monopoles”. Cela conduit à une concentration croissante dans de nombreux secteurs. Cela signifie qu’un petit groupe d’entreprises s’accapare une part croissante du marché qu’ils se partagent. En conséquence, ces entreprises peuvent augmenter les prix autant qu’elles le souhaitent. Car les petites entreprises ne parviennent pas à améliorer ou à faire correspondre leurs prix. Ceci conduit finalement à la stagnation des salaires et à la réduction des investissements. Les deux chercheurs concluent que cela peut expliquer l’inégalité toujours croissante des revenus que l’on constate.

Les barrières à l’entrée sont toujours plus élevées

Quiconque a étudié l’économie sait que des marges bénéficiaires élevées ont des répercussions néfastes. Ces marges sont automatiquement réduites par la concurrence. Il y a toujours une entreprise qui peut offrir ou fabriquer un service ou un produit à un prix inférieur. Ainsi, explique le duo, ces marges  élevées marges indiquent que les barrières pour entrer sur un marché (‘barrier to entry’) sont toujours plus élevées. Celui qui voudra concurrencer IKEA ou Amazon sur leur marché devra disposer d’énormes capitaux pour le faire. Comme cela ne se produira pas, ces monopoles peuvent fixer les prix à leur entière discrétion.

Remarquablement, ils n’ont même pas besoin d’augmenter leurs prix, explique De Loecker dans l’édition du week-end de De Tijd :

« Il suffit de mettre les fournisseurs sous pression. Ceci présente l’avantage de moins attirer l’attention des instances de surveillance de la concurrence […]. N’oubliez pas que les consommateurs qui payent des prix plus élevés peuvent être eux-mêmes des travailleurs qui voient leurs salaires chuter sous l’influence d’acteurs comme Amazon ».

Le duo tire de cette évolution un ensemble de conclusions. Celles-ci expliquent en grande partie les énigmes économiques actuelles. Ainsi, de moins en moins de travailleurs se partagent la richesse créée. De même, les salaires des employés peu qualifiés baissent, et il y a de moins en moins de gens qui travaillent.

Tout le monde ne partage pas leur analyse, mais « position dominante » pourrait bientôt devenir un concept économique en vogue.

EN BANDE SON : 

3 réponses »

  1. Ce sont eux qui financent les campagnes électorales qui en retour d’ascenseur obtiennent des lois uniquement à leurs profits bref c’est une oligarchie mondiale au service de quelques milliers de grandes familles où plus tôt de clans familiaux qui ne veulent en aucun cas partager le gâteau mais il y a pire je pense que beaucoup d’entre eux ont le sentiment d’appartenir à une caste supérieure il n’y a que l’immortalité qu’ils leurs manquent mais vu les progrès en intelligence artificielle et robotique leurs futurs divins n’est plus un roman d’anticipation !…


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  2. Et les actifs pourris ?
    On n’en parle plus du tout, des actifs pourris ?
    Les banques européennes ont dans leurs livres 865 milliards d’euros de créances irrécouvrables.
    Alors ?
    La crise bancaire est finie en Europe ?
    Mais non.
    La crise bancaire est devant nous, comme des nuages noirs qui envahissent le ciel juste avant la tempête.
    La prochaine crise bancaire sera un véritable cataclysme.
    Mercredi 4 octobre 2017 :
    La BCE veut plus de rigueur sur les créances douteuses.
    La Banque centrale européenne demande de provisionner la totalité des prêts au remboursement incertain qui ne sont pas garantis. Cette disposition s’appliquera aux nouvelles créances mais le régulateur dévoilera de nouvelles mesures pour réduire l’encours encore élevé de prêts non performants des banques européennes d’ici au printemps prochain.
    Des centaines de milliards d’euros de prêts irrécouvrables, ou ayant peu de chances de l’être, continuent de plomber les bilans des banques européennes : 865 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2017, selon les derniers chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), pour ce qui concerne les établissements importants.
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/la-bce-veut-plus-de-rigueur-sur-les-creances-douteuses-752802.html


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