1984

Alain de Benoist : « Pour le monde médiatique, le monde extérieur, le monde réel, n’existent pas… »

Ce n’est un secret pour personne : les quotidiens nationaux se vendent de moins en moins, certains étant même, tels Libération et L’Humanité, artificiellement maintenus sous perfusion financière. Il est, pourtant, des pays où la presse papier reste florissante. Comment expliquer ce paradoxe ?

Deux remarques pour commencer. D’abord, quand on parle de la crise de la presse française, c’est en fait de la presse parisienne qu’on veut parler. La presse régionale se porte un peu moins mal, bien qu’elle soit en général peu attractive. Tradition jacobine oblige, tout ce qui se veut d’audience « nationale » se doit d’être à Paris. Deuxième remarque : les journaux emploient des journalistes, mais il y a longtemps que ceux-ci ne les possèdent plus. Dix milliardaires, marchands d’armes, banquiers, représentants de l’industrie du luxe ou du bâtiment possèdent, à eux seuls, 89,9 % des quotidiens nationaux. Pourquoi Dassault, Bouygues, Lagardère, Drahi, Niel, Bernard Arnault investissent-ils dans la presse ? Certainement pas par philanthropie. Ils se targuent tous, la main sur le cœur, de ne pas peser sur les choix rédactionnels, mais ils n’ont nul besoin le faire : il leur suffit de s’assurer que ne seront jamais recrutés des adversaires de l’idéologie dominante (ce qui leur est assez facile, puisque les écoles de journalisme forment déjà à cela).

Pourquoi la presse se porte-t-elle si mal ? D’abord, bien sûr, parce qu’elle est mal faite. Quand on les compare à la presse quotidienne italienne ou allemande, le caractère misérable des quotidiens français saute aux yeux. Mais la cause principale, c’est évidemment la défiance envers les médias. Elle est, aujourd’hui, générale, mais elle est particulièrement significative quand elle s’exerce vis-à-vis de ceux qui sont censés informer. Les gens constatent que l’information est biaisée et qu’elle ne reflète en aucun façon ce qu’ils voient tous les jours autour d’eux. Les journalistes ne jouissent plus de la moindre autorité morale, la preuve en étant sur un certain nombre de problèmes-clés, au moins 80 % d’entre eux pensent exactement le contraire de ce que pensent 80 % des Français. Comment s’étonner de cette désaffection quand, comme le disait Guy Debord, « le vrai n’est plus qu’un moment du faux » ?

Autrefois, les journaux professaient des idées différentes. Aujourd’hui, on a l’impression qu’ils disent tous plus ou moins la même chose. Pourquoi ?

Journaux, télévisions, partis politiques : depuis trente ans, tous disent plus ou moins la même chose parce que tous raisonnent à l’intérieur du même cercle de pensée. On zappe sans cesse, mais on n’entend qu’une voix. La pensée unique est d’autant plus omniprésente dans les médias qu’elle s’exerce dans un micromilieu où tout le monde a les mêmes références (les valeurs économiques et les « droits de l’homme »), où tout le monde se tutoie et s’appelle par son prénom, où les mêmes relations incestueuses unissent journalistes, hommes politiques et show-business. Pour ces gens-là, le monde extérieur, le monde réel, n’existe tout simplement pas.

Et comme leur discours ne passe plus, ils sont de plus en plus haineux, de plus en plus hargneux. La campagne visant à faire en sorte qu’Éric Zemmour ne soit plus invité par aucun média en est un exemple parmi bien d’autres (souvenons-nous de l’affaire Richard Millet). Les pyromanes jouent aux pompiers, et les porteurs de fausses nouvelles font semblant de s’en prendre aux « fake news » pour mieux s’ériger en tribunal. On assiste à ce spectacle incroyable de journalistes qui dénoncent leurs confrères et pointent du doigt ceux qu’il faut ostraciser. Ayant déjà perdu le pouvoir culturel, ils s’efforcent de constituer un contre-pouvoir, non plus face à la puissance d’État, mais face aux pensées non conformes, ce qui les transforme en petits flics, en curés inquisiteurs, en procureurs au petit pied pour le compte de l’idéologie dominante, c’est-à-dire, comme toujours, de la classe dominante. Autrefois, la presse était victime de la censure. Aujourd’hui, elle est devenue le vecteur principal de la censure. « Le problème, dit Frédéric Taddeï, aujourd’hui exilé sur RT Francec’est que vous n’avez plus de vrai débat à la télévision française et que ça n’a l’air de gêner aucun journaliste. » Derrière tout cela, il y a de la peur. La peur d’une vague qui monte et que rien, bientôt, ne pourra plus endiguer.

Il est souvent prétendu qu’à sa manière, Internet réhabiliterait la lecture, et qu’en fait les Français liraient de plus en plus. Pieuse illusion ?

Le cinéma n’a pas tué le théâtre, la photo n’a pas tué la peinture. On sait bien, aussi, qu’Internet et le papier se complètent plus encore qu’ils ne se font concurrence. Mais il ne faut pas tout confondre. Quand on parle de la lecture dans le grand public, il faudrait déjà savoir qui lit quoi. Le lecteur de Closer et celui du Débat n’ont pas tout à fait le même profil ! Quand on dit que 91 % des Français lisent des livres, ce qui place la France au neuvième rang des pays qui lisent le plus (les États-Unis n’occupant que la 24e place), on ne sait pas toujours si ce sont des polars ou des œuvres littéraires de haute volée.

Ensuite, la lecture à l’écran est très différente de la lecture d’un livre imprimé. Outre que la première est cause d’une fatigue visuelle beaucoup plus intense, la façon dont l’œil se déplace en lisant n’est pas la même. La lecture numérique est souvent interactive ; contrairement à la lecture papier, elle ne se limite pas à une seule tâche à la fois. Les spécialistes de psychologie cognitive l’ont observé : à l’écran, la lecture se fait en diagonale et par saccades, dans l’immédiateté, ce qui interdit le retour en arrière, la pensée profonde et la réflexion critique. Les circuits neuronaux doivent s’adapter à cette perte des repères spatiaux, due à la disparition d’un lien logique dans la lecture. Si Internet « réhabilite la lecture », c’est donc d’une autre lecture qu’il s’agit. Les enseignants ne devraient pas l’oublier.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

http://www.bvoltaire.fr/alain-de-benoist-pour-le-monde-mediatique-le-monde-exterieur-le-monde-reel-nexistent-pas/?mc_cid=95bc57ad2a&mc_eid=b338f8bb5e

OK+++++++++++++++++++++++++

3 réponses »

  1. Rappel de mes lectures conspirationnistes :
    Les fonctionnaires et politiciens Russes n’avaient pas la moindre idée de ce que vivaient les citoyens au quotidien.
    En même temps c’était le cadet de leurs soucis contrairement à la qualité de la Vodka qui venait d’arriver au magasin pour « cadres du parti » .
    *

    *

    *

    *

    *
    Cette fois la balle t’a touché
    Un ruban jaune à la place d’une croix gammée
    Rien n’est vrai dans ta propagande
    Les imbéciles suivent les règles quand la bande dit de le faire
    Ils ont dit que le sang était bleu
    Quand il était rouge
    C’est comme ça que tu as reçu une balle dans la tête
    *
    Tirée dans ta tête
    Tirée dans ta tête
    *
    Dédicace aux morts-vivants
    Qui ont étés passifs alors que les fédéraux centralisaient
    Si sereins à l’écran
    Tu fus charmé
    Les portables sonnant une tonalité de mort
    La société glacée
    Pourrait te transformer en pierre avant que tu ne réalises
    *
    Ils chargent le spot en omnicolor
    9 dans le chargeur, ils font feu au prime time/i]
    Le gaz anesthésiant, toutes les maisons sont des prisons
    Et les connards ont perdu l’esprit
    *
    Juste victimes du contrôle à domicile
    Ils te disent saute, tu dis de quelle hauteur ?
    Ouais
    Juste victimes du contrôle à domicile
    Ils te disent saute, tu dis de quelle hauteur ?
    Allez !
    *
    Juste victimes du contrôle à domicile
    Ils te disent saute, tu dis de quelle hauteur ?
    Juste victimes du contrôle à domicile
    Ils te disent saute, tu dis de quelle hauteur ?
    *
    Fous-le, fous-le, fous-le dehors
    Ils chargent le clip en omnicolor
    9 dans le chargeur, ils font feu au prime time
    Le gaz anesthésiant, toutes les maisons sont des prisons
    Et d’autre connards perdent l’esprit
    *
    Aucune issue au viol de masse des esprits
    Ils remettent à nouveau la cassette en marche, l’arrêtent et la rembobinent
    Et ils la passent encore, et encore et encore
    Jusqu’à ce que ton esprit soit bloqué
    Que tu croies tous les mensonges qu’ils te disent
    Que tu achètes tous les produits qui’ils te vendent
    Ils disent saute et tu dis de quelle hauteur ?
    Ton cerveau est mort
    Tu as une putain de balle dans la tête
    *
    Juste victimes de manœuvres faites maison
    Ils te disent saute, tu dis de quelle hauteur ?
    Ouais
    Juste victimes de manœuvres faites maison
    Ils te disent saute, tu dis de quelle hauteur ?
    *
    Tu restes en ligne )
    Tu crois aux mensonges )
    Tu t’inclines devant le drapeau )
    Tu as une balle dans la tête )
    *
    Une balle dans ta tête
    Une balle dans ta tête ……….
    Tu as un balle dans ta putain de tête !
    Ouais !
    *

    *
    Le monde réel existe, ils le savent, ils ont des familles, des amis, ils retournent en province le week-end pour voir leurs plus vieux potes et pour vivre moins malsain.
    Mais ainsi va la vie (selon-eux) :
    *
    -« Tu comprends vieux poteau je dois vivre, payer le modeste 250m² dans le XVI éme putain il est super, la Ducatti, le vélo électrique de chacun, la dernière Porshe etc.. C’est du boulot et des emmerdes tout ça t’es bien plus heureux comme ça !
    *
    Puis ma femelle a des goûts de luxe fut pas croire son look trashy.
    On part aux Seychelles cet été, Panam est défiguré c’est très dur même dans le XVI éme !
    Puis sa grossesse a été difficile, obligée de rester au lit pour ne pas perdre le bébé, aussi les deux baby-sitters n’ont pas cessé d’arriver en retard pour lui pourrir la vie et nous gâcher nos soirées.
    T’as vu la photo à Bali ? J’ai appris au petit dernier à faire des fuck, ça sera un rebelle comme papa !
    *
    Je te comprends mon pote, c’est pas cool tout ça mais on n’y peut vraiment rien.
    Tu sais je t’admire, si si sans déconner, tu as du courage de te passer de bagnole, de ne pas aller en vacances pour acheter des livres, quelle richesse intérieure ! Sois rassuré si tu savais à quel point le décalage horaire est crevant tu n’idéaliserais pas les vacances.
    *
    Suis-je bête, c’est vrai que tu as connu toi aussi mon cochon, hein, tu t’es gavé, allez avoue ! Putain de choix de vie que tu as fait, repartir à zéro à trente ans, respect mec.
    (tape sur l’épaule, esprit d’âme de parfum Paco Ray-Ban incrustée pour 10 ans)
    *
    Tiens t’as pas une clope ? Esther était pressée d’arriver je n’ai pas pu arrêter pour en acheter, de toute façon je n’y serai pas allé, le centre-ville a changé içi, ça craint grave !
    Déjà que je ne vote pas ce que je veut à cause de ses origines, tu imagines ce qu’elle a vécu, alors si je dois arrêter la voiture pour des clopes elle demande le divorce.
    Non faut comprendre, sans son père je n’en serais pas là, tu sais que c’est un vrai dur ce mec, limite révolutionnaire…. Hum hum.. A part ça ?
    *
    (une bouffée de tube avec briquet ancien de marque Rolex)
    Pouaha atchoum !!!.ils le vendent ça ?
    Ha oui c’est des tubes, désolé je ne peux pas fumer ça je suis trop habitué aux Vogue menthol.
    Tu vois je n’ai pas changé, je te taxe encore sauf qu’à l’époque je te taxait les cours, tu vois je suis comme-toi rien n’a changé, le délire hein, ha ha ha…
    Ha putain mec t’es un vrai toi, putain ça fait plaisir de te revoir. »
    *
    Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence, bla bla, bla…
    *
    *
    Signé : Mehdy Mamadou, humoriste et double maléfique
    Jurisprudence Mehdy Meklat qui n’était pas Charlie ….


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