Arabie Saoudite

De la légèreté à dépecer un opposant dans un consulat

Réfléchissez à deux fois avant de vous rendre dans un consulat saoudien.  
Un billet Aller simple au 7ème ciel 
(En pièces détachées)

L’affaire du journaliste Jamal Khashoggi démontre l’incompétence des services de renseignement saoudiens lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes.  Elle démontre également l’impulsivité, la propension à la violence et le manque de maturité stratégique du prince héritier Mohamed Ben Salman ou MBS.  Le journaliste assassiné était loin d’être un saint ;  c’était l’une des boites noires de ce très riche royaume à l’influence considérable, il avait soutenu et applaudi la destruction des pays touchés par ce que l’on appelle le « printemps Arabe », il avait soutenu mordicus le terrorisme en Syrie et en Libye, il avait mené pas mal de missions secrètes et de campagnes de propagande pour le compte des services saoudiens mais l’avènement de MBS et ses nouvelles méthodes très peu orthodoxes en interne, son humiliation d’une faction de très puissants princes et la quasi-incarcération  d’un chef de l’exécutif d’un gouvernement étranger (Liban) ont propulsé Khashoggi dans une opposition déclarée et active. Le gars écrivait dans les colonnes du Washington Post et avait un carnet d’adresses mondial pesant près d’une tonne !     Trump avait acquis dans le temps un Yacht de luxe de 86 mètres de long ayant appartenu à Adnan Khashoggi avant de le revendre à Brunei. Les vieilles recettes n’ont jamais totalement disparu en politique. La proximité de Jared Kushner, le gendre peu aimé de Donald Trump, avec le prince héritier qui voit tout en grand et pour qui rien n’est impossible a été interprétée de diverses façons dont une portant sur une concertation autour d’une liquidation définitive de l’interminable question palestinienne. Peu importe, Kushner aurait remis à MBS une liste émanant de la CIA contenant les noms des personnalités saoudiennes conspirant contre son intronisation. MBS réagit très vite et fort de l’appui d’une garde privée aux méthodes très musclées, déclenche le kärcher. C’est l’affaire des résidences dorées forcées pour richissimes princes où il leur fallait débourser des dizaines de milliards de dollars pour échapper aux coups et aux injures de nervis entraînés par Éric Prince et dont les faits d’arme incluent des tueries en Syrie et au Yémen. L’Occident n’a rien vu. Les grands médias occidentaux adorent les pétrodollars saoudiens.   Dans le cas de Khashoggi, dont le nom était sur la liste, la machine à grippé. De un, l’opération a été menée en territoire hostile, la Turquie des Frères Musulmans allié du Qatar rival avec lesquels Ryad est en conflit larvé ;  de deux, attirer un ressortissant dans un traquenard dans un consulat s’est avérée une très mauvaise idée antique et médiévale. Un commando de 15 à 19 agents y a été dépêché sur place dont le docteur Al-Otaïbi, président d’une instance saoudienne de médecine légale. C’est ce dernier que les turcs accusent d’avoir découpé le corps encore vivant de Khashoggi en petits morceaux dans un remake du film gore « Massacre à la Tronçonneuse » mais avec une touche toute moderne :  il aurait préconisé à l’équipe de l’oeuvre macabre de mettre leurs écouteurs « Bose » et écouter leur musique préférée pendant qu’il charcutait Khashoggi encore frémissant et en convulsions avec un appareillage de précision « premium » !  

Le corps de Khashoggi a disparu. Adel Al-Jubayr, le très inquiétant ministre des Affaires étrangères du Royaume, conditionné à répéter à tue-tête et sans discontinuer son « Bashar Al-Assad doit être physiqument éliminé ! « , vient de déclarer que Ryad ne sait pas ce qui c’est passé à l’intérieur et qu’il n’avait aucune idée du sort de la carcasse dépecée ou pas de Khashoggi.   C’est une erreur monumentale affirmait en écho le palais royal dont la communication de crise, gérée par une prestigieuse boite anglo-saxonne tente de contenir les dégâts et sauver le prince héritier.  La relation très privilégiée avec Washington et les immenses investissements saoudiens aux États-Unis (officiellement près de 450 milliards de dollars USD mais en réalité bien plus du double) ont permis à Donald Trump de souffler le chaud et le froid. En affirmant d’un côté que les achats massifs d’armes du royaume permettaient de maintenir 600 000 emplois au sein du complexe militaro-industriel US et d’un autre, exerçant carrément un chantage sur MBS (« plus tu payes et plus j’aurais tendance à te sortir de cette merde »), il s’est retrouvé dans la position idéale du courtier disposant d’un délit d’initié et ayant toutes les cartes de son côté, y compris contre sa fille et son gendre. En homme d’affaires avisé ayant senti l’odeur du filon, Trump accentue la pression sur la Maison des Saoud. Mais pas trop :  ils risquent de se jeter corps et âmes dans le camp chinois ou, à Dieu ne plaise dans celui de Moscou (c’est un peu la fin du monde) et on imagine sans mal une Chine dopée à bloc avec le brut saoudien et un trillion de dollars d’investissements directs. C’est pour cela que Trump joue. Tente de manoeuvrer. L’Arabie Saoudite est, avec Israël, les deux piliers du temple du capitalisme planétaire. Une simple erreur de casting se paie avec un probable effondrement de l’ensemble du système économique et de très graves répercussions économiques aux États-Unis.  Le précédent du Roi Fayçal et le crash énergétique mondial de 1973 ne sont pas loin dans les mémoires des financiers. Un cauchemar absolu pour l’Occident d’autant plus qu’il n’y a plus de pays à piller comme la Libye et ses 589 milliards de dollars (c’est grâce aux miettes libyennes que l’économie française a survécu). Les temps sont durs.  L’avenir politique du prince héritier Mohamed Ben Salman est sur la sellette. Enfant gâté rarement habitué à ce que l’on refuse ce qu’il désire, ce sera dur de lui faire entendre raison. Il dispose d’une milice spéciale très high tech et multinationale dotée des meilleurs joujous (hélicoptères Apache, système de communication du futur, des armes nec plus ultra, etc.). Donc la mieux armée du royaume. Il faudra la sagesse des vieux de la Maison pour sauver la mise.  Avant de vous rendre dans un consulat saoudien, pour un visa ou si vous êtes musulman, pour obtenir le fameux et très demandé sésame pour visiter les Lieux Saints de l’Islam (que Donald Trump a reconnu protéger), un conseil :  réfléchissez bien à deux fois avant d’y entrer. On ne sait trop, l’univers horrible et gore du film « Saw » existe bien quelque part.    

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