Arabie Saoudite

Aldo Sterone : Podcast – L’affaire Kashoggi

Aldo Sterone : Podcast – L’affaire Kashoggi

Jamal Khashoggi : faux journaliste, vrai djihadiste

lepeuple.be octobre 24, 2018

La photo ci-dessus le présente en compagnie de militants à la solde d’Oussam ben Laden. C’est lui qui porte le lance-roquettes.

Il s’agit bien d’une fausse affaire. En tout cas, dans ses développements. Pas question de nier l’assassinat de Jamal Khashoggi, mais l’exploitation sensationnaliste par les médias bien-pensants éveille de sérieux soupçons de manipulation de l’opinion publique. Voici pourquoi. 

Présenté tantôt comme un journaliste (faux : il écrivait des papiers d’opinions, entre autres, dans le Washington Post, tout acquis au parti démocrate américain), tantôt comme un espion, Jamal Khashoggi était surtout un islamiste de la pire espèce.

L’Arabie saoudite est un pays rétrograde dont, nous Occidentaux, comprenons mal les réalités et les rouages. La famille ben Laden est très proche de la famille royale, représentée aujourd’hui par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Néanmoins, la même famille ben Laden a financé un des pires ennemis du pouvoir royal : Oussama ben Laden ! Ce qui n’empêche pas la famille ben Laden de rafler à peu près tous les contrats immobiliers à Ryad, La Mecque et autres lieux du royaume…

La famille Khashoggi entretient, elle aussi, des liens privilégiés avec les al Saoud, la dynastie en place.

Adnan Kashoggi (1936-2007), le plus médiatisé de la famille avant Jamal, était un des pires trafiquants d’armes dans le monde. Il accumula une formule en vendant des instruments de mort, et on peut évaluer ses victimes à près d’un million de personnes. Les activités d’Adnan, ainsi que sa vie de débauché très peu halal (photo ci-dessous), n’ont jamais révulsé la famille al Saoud, qui multiplia les bienfaits à l’égard de la famille Khashoggi.

Il en est allé de Jamal Khashoggi comme d’Oussama ben Laden : se voyant refuser des faveurs royales, Oussama et Jamal passèrent dans l’opposition aux al Saoud. Dans le cas de Jamal, son opposition médiatisée au prince Mohammed ben Salmane date du jour où ce dernier fit emprisonner les détenteurs des plus grosses fortunes du pays, ne leur rendant la liberté qu’après avoir capté leur argent.

Autre aspect de la fausse affaire Khashoggi : l’origine turque de la famille (le nom ancestral des Khashoggi est Kaşıkçı) qui fait de ses membres de « faux saoudiens », selon les Arabes établis de longue date autour de La Mecque (les el Saoud dirigent le pays depuis 1744).

Ce n’est donc pas anodin si Jamal Khashoggi a été occis sur le sol de la Turquie. Ce qui a ravivé le vieil antagonisme Turcs-Saoudiens. Il suffit d’éplucher le langage fleuri anti-saoudien du dictateur turc Erdogan pour apprécier combien les vieilles blessures, issues de rancunes millénaires, n’ont jamais été cautérisées. Par ailleurs, dans l’état actuel des relations Turquie-Etats-Unis, le satrape d’Ankara croit pouvoir jouer une carte de rassemblement islamiste autour de sa personne et mettre à mal la présence américaine, déjà réduite, dans la région.

Un lobby anti Mohammed ben Salmane tourne à vitesse accélérée pour dresser l’opinion mondiale contre les réformes du prince. Jamal Khashoggi en était un des organisateurs les plus actifs (retrouvez les détails dans l’article joint ici). Il n’est pas impossible que des pots-de-vin ont été échangé afin de convertir certaines « grandes consciences » aux manigances du lobby mené par Jamal Khashoggi.

Contrairement aux arguments développés par la presse « de qualité », il n’est pas interdit de penser que ce dernier se soit opposé au prince Mohammed al Salmane au nom d’un islam rigoriste (dont Jamal a été un des « combattants »), écorné par le nouvel homme fort d’Arabie saoudite.

Dès son investiture (janvier 2017), Donald Trump a apporté son soutien à Mohammed ben Salmane. Lors de sa visite en Arabie saoudite (20-21 mai 2017), le Président américain n’avait pas hésité à dire au vieux roi Salmane, prédécesseur de Mohammed ben Salmane que « si les Etats-Unis(abandonnaient) les Saoudiens, le régime (s’effondrerait) en quelques semaines» (voir l’article du Point).

L’Arabie saoudite reste un gros client des Etats-Unis, notamment dans l’achat d’armes (380 milliards de dollars – voir ici) : pas question d’abandonner cette manne… Mais cette réalité rend d’autant plus ridicule les rodomontades d’Angela Merkel, invitant les pays européens à ne plus vendre d’armes aux Saoudiens ! (voir l’information ici).

De même, les fanfaronnades politiquement correctes des associations subsidiées – Amnesty International, Ligue des droits humains, entre autres (leurs déclarations, ici) – ne trompent personne : si la Wallonie arrêtait de vendre des armes, Liège pourrait dire adieu à un pan important de son économie (la FN).

Il ressort que « l’affaire Jamal Khashoggi » cache de petits et gros secrets relevant de l’équilibre des forces au Moyen Orient. Raison de plus pour ne pas présenter Jamal Khashoggi comme un champion de la cause occidentale : il nous combattait et peut-être bien que son assassinat, aussi horrible et impardonnable soit-il, mette à jour les doubles jeux qui empoisonnent la paix mondiale. 

A.D.

http://lepeuple.be/le-cote-islamiste-obscur-de-la-fausse-affaire-khashoggi/93904

13 réponses »

  1. il y surtout le fait l’Arabie saoudite vend son pétrole aux chinois payable en yuan
    ce qu’apprécie moyennement les usa allé savoir si la CIA et le Mossad ne sont pas derrière ?

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    • Comme le Sultan Erdogan, MBS cherche à se faire adouber par la communauté internationale afin de se bâtir une stature d’homme d’Etat et faire passer ainsi l’Arabie saoudite de propriété privée de la famille des Seouds à un état nation à la pointe de la modernité, satisfaisant ainsi à la demande pressante de Trump qui ne veut plus avoir à gérer le coût exorbitant des troupes statués au Moyen orient et en Europe.

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    • Je viens de faire une petite mise à jour de l’article :

      https://leblogalupus.com/2018/10/27/le-billet-du-lupus-trump-et-poutine-imposent-de-nouvelles-regles-du-jeu-en-matiere-de-geopolitique/

      « Quant l’Arabie Saoudite une fois fait le ménage à la tète de la tribu des Seouds elle deviendrait avec son nouveau Roi MBS un état souverain comme un autre, gardienne de l’Islam dans toutes ses diversités y compris chiite,  et capable d’entretenir avec ses voisins des relations diplomatiques « normales ». Ce qui signifie à terme le fait de s’assumer en tant que puissance régionale à la fois sur le plan économique et  militaire, renforcer ses liens avec Israël et pomper suffisamment de pétrole pour que le prix moyen de celui ci s’établisse à 80 Dollars assurant ainsi pleinement la rentabilité du schiste US sur le plan international. » 

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    • « On l’a oublié, mais au début de l’agression contre la Syrie, lorsque la presse occidentale inventait le « printemps arabe », l’Arabie saoudite n’exigeait que le départ du président Bachar el-Assad. Riyad acceptait le maintien de ses conseillers, de son gouvernement, de son armée et de ses services secrets, auxquels il n’avait rien à reprocher. Il voulait uniquement la tête d’Assad parce que celui-ci n’est pas sunnite.

      Lorsque le prince Mohamed Ben Salmane (dit « MBS ») est devenu le plus jeune ministre de la Défense au monde, il a exigé d’exploiter les champs pétroliers du « Quart vide », cette zone à cheval sur son pays et le Yémen. Face au refus yéménite, il a lancé une guerre pour s’y couvrir de gloire comme son grand-père. En réalité, personne n’est jamais parvenu à se maintenir au Yémen, pas plus qu’en Afghanistan. Peu importe, le prince héritier manifeste sa puissance en privant 7 millions de personnes de nourriture. Si au Conseil de sécurité, tous les membres s’inquiètent de la crise humanitaire, nul ne se permet de critiquer le valeureux prince MBS.

      Conseillant son père, le roi Salmane, MBS lui propose d’éliminer le chef de l’opposition intérieure, le cheikh Nimr Baqr al-Nimr [1]. L’homme était certes pacifique, mais c’était un infidèle du point de vue wahhabite, un chiite. Il fut décapité sans provoquer de tollé chez les Occidentaux. Puis, MBS fit détruire Moussawara et Chouweikat dans la région de Qatif. Tous des chiites ! Là encore les Occidentaux n’ont pas vu les villes rasées par des blindés, ni les serfs massacrés.

      Ne supportant aucune contradiction, MBS pousse son père à rompre avec le Qatar, en juin 2017, qui a eu l’audace de prendre parti pour l’Iran face à l’Arabie saoudite. Il somme tous les États arabes de le suivre et parvient à faire reculer provisoirement l’Émirat.

      Lorsqu’il accède à la Maison-Blanche, le président Trump fait la part du feu. Il laisse les yéménites agoniser à la condition que Riyad cesse de soutenir les jihadistes.

      C’est alors que le conseiller du président Trump, Jared Kushner, eut l’idée de récupérer l’argent du pétrole pour renflouer l’économie US. L’immense fortune des Saoud n’est jamais que l’argent que les Occidentaux en général et les États-uniens en particulier lui ont versé mécaniquement pour ses hydrocarbures. Ce n’est pas le fruit de leur travail, juste une rente de leur propriété. Le jeune homme organise donc le coup de Palais de novembre 2017 [2]. 1 300 membres de la famille royale sont assignés à résidence, y compris le bâtard du clan Fadh, le Premier ministre libanais Saad Hariri. Certains sont pendus par les pieds et torturés. Tous doivent « offrir » au prince héritier la moitié de leur fortune. « MBS » encaisse en nom propre au moins 800 milliards de dollars en argent et en actions [3]. Erreur fatale !

      La fortune des Saoud, jusqu’ici dispersée entre tous, s’était concentrée en une main qui n’était pas celle du roi et donc de l’État. Il suffit donc de tordre cette main pour récupérer le magot.

      Alors que les Occidentaux s’esbaudissent devant la modernité de MBS qui autorise les femmes à conduire, le Canada lui reproche d’arrêter des leaders féministes. Furieux, il rompt les relations diplomatiques entre les deux pays, gèle les échanges commerciaux et rappelle tous ses ressortissants. MBS menace aussi le Koweït du même sort que le Yémen s’il ne lui offre pas ses réserves pétrolières frontalières. Mais le temps s’écoule rapidement.

      L’opération Khashoggi
      Il suffisait d’attendre. Le 2 octobre 2018, MBS fit assassiner au consulat saoudien d’Istanbul un des hommes de main du prince al-Waleed Ben Talal, le journaliste Jamal Khashoggi, en violation de l’article 55 de la Convention de Vienne sur les relations consulaire [4].

      Jamal Khashoggi était le petit-fils du médecin personnel du roi Abdul Aziz. Il était le neveu du marchand d’armes Adnan Khashoggi qui équipa l’armée de l’air saoudienne, puis approvisionna pour le compte du Pentagone l’Iran chiite contre l’Iraq sunnite. Samira Khashoggi, sa tante, est la mère du marchand d’armes Dodi Al-Fayed (éliminé avec sa compagne, la princesse britannique Lady Diana [5]).

      Jamal avait été associé au coup de Palais que le vieux prince al-Waleed préparait contre MBS. Des spadassins lui coupèrent les doigts et le démembrèrent avant de présenter sa tête à leur maître, MBS. L’opération avait été soigneusement enregistrée par les services secrets turcs et US. »

      http://www.voltairenet.org/article203577.html

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      • Je vous remercie ce développement est bienvenu On a coutume de dire que la diplomatie au Moyen -orient est très complexe a lire.
        C’est le cas, merci pour ces quelques clés jusqu’au meurtre ….de la princesse Lady Diana
        une victime collatérale en somme.!!

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        • « ces quelques clés jusqu’au meurtre ….de la princesse Lady Diana une victime collatérale en somme.!! » ou pas…Le Bédouin a la rancune tenace et le Royaume Uni reste très impliqué au Moyen Orient…

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  2. « Jamal Khashoggi était le petit-fils du médecin personnel du roi Abdul Aziz. Il était le neveu du marchand d’armes Adnan Khashoggi qui équipa l’armée de l’air saoudienne, puis approvisionna pour le compte du Pentagone l’Iran chiite contre l’Iraq sunnite. Samira Khashoggi, sa tante, est la mère du marchand d’armes Dodi Al-Fayed (éliminé avec sa compagne, la princesse britannique Lady Diana [5]).

    Jamal avait été associé au coup de Palais que le vieux prince al-Waleed préparait contre MBS. Des spadassins lui coupèrent les doigts et le démembrèrent avant de présenter sa tête à leur maître, MBS. L’opération avait été soigneusement enregistrée par les services secrets turcs et US. »

    Ce meurtre,si particulier, a tous les ingrédients d’un livre de Gérard de Villiers:série SAS il a beaucoup écrit sur le Moyen -Orient et je crois savoir qu’il était bien renseigné!
    Sur le meurtre de Lady Diana et de son compagnon Dodi -Al -Fayed elle aurait eu aussi
    une dette a payé? Laquelle?

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    • Le meurtre de Jamal Khashoggi est un meurtre rituel, il a été tué comme un traître turc pas comme un arabe : découpé en morceaux, sa tète sur un plateau offerte à MBS. Le décès de Lady D s’apparente lui aussi à une vengeance MAIS CETTE FOIS contre la Couronne Britannique, on peut parler là d’un meurtre symbolique visant à briser le lien unissant Dieu et la Reine, une sorte de revanche d’ALLAH contre le Dieu d’Abraham.

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  3. Il faudrait rajouter un épisode aux » contes » des milles et une nuit.
    Leur férocité est sans limite.
    Je pense a l’émotion planétaire suscitée par la mort de La Lady …toutes les hypothèses invoquées.
    Il me semble a vous lire que l’inconscient collectif a du percevoir le « sacrilège »
    Au delà de toutes les histoires colportés par la presse- qui- dit- ce- que- doit- penser.


    https://polldaddy.com/js/rating/rating.js

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