Art de la guerre monétaire et économique

Bankster : « La politique monétaire de la BCE n’a eu aucun effet sur l’économie »

Le Quantitative Easing (QE) ou « assouplissement quantitatif » de la monnaie est un terme compliqué pour un concept simple. C’est une politique d’achats à grande échelle de titres de dettes détenus par les banques (bons du trésor, obligations d’entreprises, ou autres). Le but de ces achats consiste à transférer les liquidités ainsi dégagées aux banques pour qu’elles les injectent dans l’économie réelle sous la forme de prêts aux entreprises et aux particuliers.

On cherche également de cette manière à stimuler l’inflation. Car comme l’inflation rend les choses plus chères, nous préférons les acheter aujourd’hui plutôt que demain, alors qu’elles coûteront plus cher. L’inflation nous permet donc de dépenser plus facilement de l’argent, et là encore, de stimuler l’économie.

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, manque rarement une occasion de faire savoir que sa politique a réellement fonctionné. La zone euro serait sortie de la crise grâce à son intervention. Au grand dam de l’épargnant, qui est devenu le grand perdant de cette politique. Mais les deux économistes sapent également la version de Draghi ainsi que celle d’autres études sur la politique monétaire de la BCE.

« La conclusion est que certaines des estimations publiées ne sont pas fiables », écrit Adam Elbourne, chercheur au BCP (.pdf)

Il y a deux ans, le BCP avait écrit que la politique de la BCE avait un impact « négligeable » sur l’économie. Or, les deux chercheurs affirment que cette conclusion « était fondée sur des études empiriques qui se sont révélées peu fiables ».

Diverses études internationales ont examiné l’effet d’une politique monétaire aussi extraordinaire sur l’économie. Selon le BCP, les économistes ne sont pas du tout en mesure d’isoler précisément l’effet de la politique de la BCE sur les autres chocs de l’économie.

Dans leur article, les deux chercheurs expliquent qu’ils ont introduit des « nombres aléatoires » dans leur modèle. Leur conclusion ? Cela « produisait des réactions d’impulsion statistiquement indiscernables et des séries chronologiques de prétendus chocs de politique monétaire ».

« De plus, avec cette technique alternative, nous ne trouvons aucune preuve statistiquement significative qu’une politique monétaire non conventionnelle ait un effet sur la production, et une preuve insuffisante d’un effet sur l’inflation », écrivent les chercheurs. 

Cela montrait que les études précédentes ne disent rien de la politique de Draghi.

En janvier, la BCE a cessé d’acheter de nouvelles obligations. Toutefois, les obligations arrivant à échéance sont toujours renouvelées, de   sorte que la taille du bilan de la BCE ne diminue pas encore.

Pendant ce temps, l’économie de la zone euro est déjà en train de se refroidirLa production industrielle dans les 19 pays de la zone euro a connu son plus fort ralentissement depuis la crise financière. La croissance économique ne dépassera guère 1 % cette année, tandis que le moteur économique est déjà en train de caler en Allemagne. L’Italie est entrée à nouveau en récession, tandis qu’en France les « gilets jaunes » pèsent sur l’économie.

BCE: « Une nouvelle tournée d’argent bon marché pour les banques est l’une des possibilités »

Dans une interview accordée au Deutsche Börsen Zeitung, l’économiste de la BCE, Peter Praet, a déclaré qu’une nouvelle tournée de fonds bon marché pour les banques était une possibilité. Celle-ci pourrait prendre la forme d’opérations de refinancement ciblées à long terme (TLRO), qui fourniraient un crédit à long terme supplémentaire aux banques.

Bruxelles prévoit un coup de frein de la croissance en zone euro, de 1,9 % en 2018 à 1,3 % en 2019. C’est pour l’Italie, entrée en récession fin 2018, que le panorama s’est le plus assombri. La prévision de croissance, en 2019, est de seulement 0,2 % alors qu’elle était encore de 1,2 % en novembre 2018, suite aux incertitudes de la politique budgétaire du gouvernement populiste et à la hausse du coût des financements. Le déficit public annoncé de 2,04 % sera impossible à tenir. L’ouverture d’une procédure pour déficit excessif par la Commission de Bruxelles est probable.

Mais c’est d’Allemagne que vient la surprise avec une chute de la croissance de 1,8 % à 1,1 % en raison de la faiblesse des exportations, de la consommation ainsi que du ralentissement de la production de voitures. L’Allemagne est très sensible au cycle industriel, au ralentissement mondial, aux nouvelles normes environnementales, à l’augmentation des salaires en cours, à l’épargne de précaution croissante des ménages.

EN BANDE SON :

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