Aristote contre Platon

PMA : la défaite de la philosophie

PMA : la défaite de la philosophie

Le 24 septembre prochain, les députés français vont devoir analyser, point par point, les articles relatifs à la loi de bioéthique comportant l’entrée en vigueur de la procréation médicalement assistée ; l’ordre libéral-libertaire sachant avancer au pas de charge quand bon lui semble : le candidat Macron avait promis cette mesure durant sa campagne présidentielle, en 2017. D’abord, les européistes de tout poil se féliciteront d’une avancée qui ne fait que se conformer aux directives de leur empire brusselo-berlinois. Après tout, la soumission est un droit, voire un confort en soi. Puis, au-delà de la gestation pour autrui à venir – au nom du sacro-saint principe d’égalité des droits –, il demeure un préjugé selon lequel ce serait les sciences humaines et sociales, et notamment la philosophie, qui aurait permis cette pseudo -« évolution des mentalités », selon la novlangue de la gauche sociétale, cette dernière étant aux commandes métapolitiques de notre pays depuis, au moins, 1981. Parce que ce sont bien les idées humanistes qui sont devenues folles.

Cette gauche dépèce, chaque jour, la philosophie dans les lycées. La réforme Blanquer passant par-là, la noble discipline intellectuelle héritée des Grecs du VIe siècle avant notre ère n’est plus guère, aujourd’hui, qu’une voie optionnelle, et de surcroît, annihilée dans un intitulé aussi superficiel que sophistique : Humanités, Littérature et Philosophie. De plus, la puissance du vote de classe – dont le dernier scrutin européen a manifesté tout son éclat –, encouragée en amont par les lobbies du numérique ne pouvait que se répandre dans un pays en proie au manque de transcendance. En dépit, donc, d’une vague écolo-sociétaliste, largement onusienne dans son essence et dont l’immaturité intellectuelle devrait sauter aux yeux de tout le monde, le vivant devait être la dernière part de marché à se partager entre gougnafiers. Ainsi, la raison technicienne est devenue à ce point rusée.

Que l’eugénisme, ou le darwinisme social, inhérent à la globalisation – une standardisation des us et coutumes, ou Mcdonalisation® des Terriens oblige – s’impose sans souci est une chose, mais que le bon sens soit à ce point léthargique en est une autre. De fait, s’est opérée une évolution des idées métaphysiques. « Le champ représente de l’énergie, la matière représente de la masse », avait indiqué Einstein pour expliquer sa théorie de la relativité générale. En l’espèce, le genre comme l’absolu n’ont plus leur place. Car le règne de la matrice artificielle arrive : là où la procréation s’efface au profit de l’autoproduction, y compris au-delà de la mort. En effet, des députés sociétalistes de tous bords voulaient, en commission parlementaire, introduire dans cette loi la possibilité d’utiliser, pour une veuve, les gamètes de son défunt mari (d’après un article publié par lepoint.fr, le 11 septembre, source AFP).

In fine, devant cette barbarie à visage transhumain, rien ne semble se dresser. Parmi les philosophes de profession, il y a ceux qui veulent conserver leur chaire et ceux qui veulent surfer sur la vague de leur petit capital. Mais l’ennemi du vrai n’est pas tant le faux que le vraisemblable. En définitive, il risque de ne plus y avoir de Socrate ; la caverne de Platon ayant, à jamais, son trop-plein d’esclaves.

Sortir de l’hétérosexualité : un programme politique sérieux ?

© Twitter
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« Sortir de l’hétérosexualité » ! Voilà le programme du deuxième volet du festival « Des sexes et des femmes », qui traitait l’an passé de la « dénaturalisation du mot femme » en travaillant sur le « désalignement ». À ce stade, une très large partie de la population se sentira déjà dépassée par les termes et les concepts fumeux de ces militant-e-s qu’on croirait sorti-e-s d’une parodie. Pourtant, tout est bien réel. L’histoire politique le montre : les marges décalent les centres.

S’il n’est pas illégitime de penser que Tamar, elle-même lesbienne, trouverait un intérêt personnel à la conversion des femmes aux plaisirs saphiques, il serait réducteur de ne voir dans ces propos que basse trivialité. Ces femmes présentent un programme politique cohérent. Elles veulent déconstruire la société par son fondement le plus essentiel, par ses atomes : les familles.

On sort de l’hétérosexualité en direct sur 106.3 et https://t.co/Beav60VAde !
Avec @Sarah_BenB@LeKitasagite#DesSexesEtDesFemmes#radio#feminisme#lgbtpic.twitter.com/ylGLyXFFtL

Puisque la technique permet désormais aux femmes de s’affranchir de leur dépendance aux hommes pour se reproduire, ces derniers deviennent quantité négligeable. Pis, ils sont un peu gênants ces sales bonhommes avec leur culture du viol et leur fâcheuse tendance à vouloir gouverner la société dans son ensemble. Du travail au cercle privé, en passant par les institutions publiques, l’homme hétérosexuel lourdaud impose son modèle : le patriarcat. L’exploitation des femmes par les hommes dans le cadre de l’hétérosexualité devrait donc être questionnée pour que naisse une société plus inclusive, plus juste et surtout débarrassée de l’hétéro-normativité.

Et ce sont ces femmes qui, au cours des vingt dernières années, ont gagné toutes les grandes batailles politiques relatives aux questions de société. Ce sont elles qui ont voulu et obtenu la PMA dite pour « toutes ». Ce sont elles qui ont voulu et obtenu que la famille nucléaire traditionnelle, qui est à la base de la quasi totalité des sociétés et des cultures dans le monde, ne soit non seulement plus la norme, mais finisse par ressembler à une incongruité voire à un anachronisme.

Nous n’avons même pas idée de la vitesse à laquelle se répandent ces idées délirantes et dangereuses. Elles ne sont plus strictement marginales, elles colonisent les cerveaux des étudiants de sociologie ou de sciences-politiques, avant de s’imposer dans les médias et les fictions. Il est presque impossible d’affirmer à une heure de grande écoute que la PMA pour toutes consacrera philosophiquement une impossibilité naturelle, que la technique était d’abord réservée au couple en tant qu’entité formé par un homme et une femme, ou bien encore que rien ne prouve que les enfants concernés n’auront pas de manques affectifs ou psychologiques dans la construction de leur personnalité d’adultes.

Nous n’avons même pas idée de la vitesse à laquelle se répandent ces idées délirantes et dangereuses. Elles ne sont plus strictement marginales, elles colonisent les cerveaux des étudiants de sociologie ou de sciences-politiques, avant de s’imposer dans les médias et les fictions.

Le droit positif n’est plus seulement supérieur au droit naturel, il fait autorité sur la nature elle-même. Dans pareil contexte, il n’est guère étonnant que l’hétérosexualité soit passée de norme à « choix de vie », puis, bientôt, à viol légal produit par un harcèlement systémique.  Enfin, même parmi les saintes femmes, il y a une hiérarchie à déconstruire, toujours selon Tamar : « on va attribuer à certaines catégories de femmes des tâches différentes, favoriser la maternité des femmes blanches et réprimer celle des femmes non-blanches, assigner aux femmes non-blanches le soin des enfants des femmes blanches ». Cela ne saute pas aux yeux, ni dans la rue ni quand on regarde les courbes démographiques.

Le but de ces gens est simple : détruire notre société, celle qui a généré Michel de Montaigne comme Marie Curie. Assassiner le grand requin blanc hétéro, ontologiquement maléfique et prédateur. Tamar et ses copines ne sont pas tout le temps sous psychotropes, elles savent très bien ce qu’elles font et pratiquent le chantage moral sur des élites politiques larguées et abruties de bons sentiments. Soyons vigilants, nous vivons une accélération historique sans précédent…

Gabriel Robin

EN BANDE SON :

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