Jour : 25 février 2020

André Siegfried sur les USA : partout ce sont les mêmes trains, les mêmes hôtels, les mêmes restaurants, les mêmes stations d’essence, les mêmes journaux, les mêmes revues, les mêmes slogans, les mêmes idées. Cette uniformité, cette monotonie sont même devenues l’un des ciments, non le moins efficace, de l’unité nationale, et, chose singulière, elles sont, non pas subies, mais acceptées et même volontiers accueillies, comme le serait un progrès. Cette standardisation frappe le visiteur comme étant devenue la marque la plus significative de la société américaine…Nous serons amenés, dans ces conditions, à distinguer, d’une part une élite dirigeante héritière de la tradition morale, et de l’autre une masse plus passive ayant accédé moins à l’esprit qu’aux bienfaits matériels de l’américanisme…

Initialement publié sur nicolasbonnal.com :
L’âme des peuples, des peuples, classiques.uqac.ca

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André Siegfried : Le good will est propre à l’Américain et forme la base de son civisme, qui est avant tout un sens très protestant du « service social ». Selon la tradition d’un certain protestantisme, pareil « service » comprend le devoir, le goût d’évangéliser, le besoin de juger, de départager les bons et les méchants, de faire la leçon. En Amérique l’éloquence devient aisément un sermon : un Wilson faisait autant de sermons que de discours. Du haut de sa rectitude morale, l’Amérique est pleine de bons conseils. L’humilité, on le sait, est une vertu catholique…l’Américain estime que son devoir est de porter cet évangile partout dans le monde : Bible, frigidaire et démocratie à l’occidentale !

Initialement publié sur nicolasbonnal.com :
André Siegfried, L’âme des peuples (1950)

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