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La dette des gouvernements, c’est sacré, cela permet d’en accumuler beaucoup. Et certains voudraient lui ôter ce caractère! Par Bruno Bertez

La dette des gouvernements, c’est sacré, cela permet d’en accumuler beaucoup. Et certains voudraient lui oter ce caractère!

By brunobertezautresmondesbrunobertez.com 10/2/2021

Notre système monétaire et financier repose sur des mythes: mythe de l’indépendance des banques centrales, mythe que la monnaie est neutre, mythe que les dettes souveraines sont aussi bonnes que de l’or, mythe que les dettes doivent être remboursées etc.

Ces mythes sont constitutifs du système et de la confiance que les gens lui accordent? Pourquoi les saboterait-ont?

L’économiste Thomas Piketty, créateur de certaines des propositions les plus absurdes adoptées par l’extrême gauche, a publié un article dans lequel il demande une annulation de la dette publique entre les mains de la Banque centrale européenne «en échange de plus d’investissements publics»… investissements publics qui, soit dit en passant, seraient payés par encore plus d’émission de dette publique.

Fascinant.

Le drame de gens comme Piketty, c’est qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent, ils sont dans leurs livres, glosent , mais n’ont aucune conscience des réalités. Ils sont dans l’unilatéralisme. Ils ne savent pas ce qu’il y a derrière les mots. Je l’avais déjà remarqué dans les fameux écrits de Piketty sur les inégalités, il n’avait rien compris au système capitaliste.

Le système dans lequel nous vivons est articulé autour d’un invariant: la solvabilité des gouvernements et singulièrement ceux des monnaies de réserves. Cet invariant est central à savoir que jamais il ne faut le remettre en question. Pourquoi? Parce que les dettes des gouvernements servent de pierre angulaire au système monétaire et bancaire. Les dettes des gouvernements sont sacrées: c’est un mythe mais il faut s’y tenir.

Si nos systèmes sont régulables c’est parce que l’outil de cette régulation existe et qu’il est souverain, cet outil c’est la dette des états, la dette souveraine, la dette des gouvernements.

Ici l’erreur est de demander une annulation volontaire de la dette publique à des institutions qui précisément vivent du maintien de la fiction que les dettes publiques qui servent de garant au système sont aussi bonnes que l’or et donc qu’elles sont remboursables quoi qu’il advienne. Il faut que la croyance dure, que l’on y croit dur comme fer : elles seront un jour honorées.

Comment peut on être stupide à ce point? Le système de ces gens, les banquiers centraux et les politiciens de l’establishment vivent et survivent grâce à un mythe et on leur demande de le détruire ! C’est comme si on leur demandait de se faire hara kiri. Castrez vous les gars rendez vous impuissants!

Les dettes souveraines ne seront jamais honorées, jamais remboursées , on n’arrive déjà plus a en payer les intérêts; et pour s’en convaincre il suffit d’observer la situation; le maintien de la solvabilité des gouvernements n’est obtenu, en apparence, que par les taux zéro et taux négatifs. C’est à dire que l’on a ôté à ces dettes .. le statut de dettes, elles ne produisent/coûtent plus rien . Ce sont des dettes Canada Dry, elles ont l’air de dettes, on les appellent des dettes, mais elles n’ont pas les vraies caractéristiques de la dette; tout comme le Canada Dry ne contient pas d’alcool, elles, elles ne produisent pas d’intérêt.

Mais formellement, facialement, nominalement on maintient, l’illusion, ce sont des dettes .

Ecoutons la réponse officielle de la BCE en la personne de Luis de Guindos.

Luís de Guindos, vice-président de la BCE, a réglé la controverse par deux affirmations .:

«L’annulation de la dette (dans le bilan de la BCE) est illégale et elle n’a pas non plus de sens économique», expliquait-il à Reuters le 4 février 2020.

La première partie est évidente. Elle est interdite par les statuts de la Banque centrale européenne.

Daniel Lacalle explique ici le manque de sens économique auquel fait allusion de Guindos.

L’annulation d’une dette est la preuve de l’insolvabilité de l’émetteur. Si, comme le répète Piketty, la solvabilité et la crédibilité du crédit de la zone euro ne sont pas en jeu, alors pourquoi demander une annulation?

Si, en plus, comme le soutiennent Piketty et d’autres défenseurs de l’endettement massif de l’Etat, les déficits ne sont pas un problème et si l’augmentation de la dette n’est pas une préoccupation car elle crée des réserves, alors pourquoi l’annuler?

N’oublions pas que bon nombre des partis politiques qui ont adopté l’idée de Piketty en Europe, Podemos, Syriza et d’autres partis radicaux européens, ont déposé une proposition de sortie de l’euro en 2016 qu’ils n’ont par la suite jamais éliminée ou rejetée.

Les députés de Podemos ont présenté une résolution à Strasbourg pour que l’Union européenne prépare les mécanismes de «dissolution ordonnée de l’euro». Ils ont également proposé de mettre en place «les mécanismes qui permettraient à un pays intégré dans la monnaie unique de l’abandonner pour adopter une autre monnaie».

Donc, fondamentalement, les partis radicaux en Europe exigent que la BCE annule leur dette et en imprime davantage tout en gardant la possibilité de quitter l’euro.

Appelez ça vouloir le beurre et l’argent du beurre.

La plupart des États de la zone euro se financent aujourd’hui à des taux négatifs ou à des rendements extrêmement bas. Ce serait une erreur de penser que ces faibles taux d’intérêt sont la conséquence d’une bonne politique budgétaire de leur gouvernement. Si la zone euro a des taux d’intérêt bas et des rendements faibles, c’est parce que ce sont les contribuables européens qui la maintiennent solvable.

En fait c’est surtout grâce à la solvabilité financière de l’Allemagne. C’est l’Allemagne qui inspire confiance par ses excédents et son orthodoxie de gestion.

Les contribuables européens et l’économie allemande soutiennent la crédibilité de l’euro en tant que monnaie et, grâce à cela, la BCE peut mener des politiques expansionnistes.

En pratique c’est la crédibilité de l’Allemagne qui est mise a contribution et la parole de Markel qui a toujours voulu préserver l’oeuvre de son maitre, Helmut Kohl. L’actif du bilan de la BCE, constitué par les dettes souveraines est une sorte d’euroBond, c’est une mutualisation qui ne veut pas dire son nom, mutualisation obtenue sur le dos des allemands.

Une obligation en euros est un actif attrayant pour de nombreux investisseurs dans le monde uniquement parce qu’elle est censée présenter le risque le plus faible. L’ouverture de la boîte de Pandore des annulations signifie que son statut d’actif sur et sans risque .

Ce que nous lisons dans la colonne de Piketty sont les arguments populistes fallacieux typiques.

Les allégements de dette et les défauts de paiement existent, bien sûr: ils sont la preuve de l’insolvabilité d’un émetteur. Ce qui n’existe pas, c’est un allégement de la dette pour dépenser plus et s’endetter encore plus, or c’est précisément ce qu’ils proposent, ce qui conduit à une monétisation constante et à des annulations en chaine qui finissent par miner la solidité de l’euro. Ce que demande Piketty, en dernière analyse c’est la monétisation directe par la BCE de toutes les dépenses publiques sans limites ni différenciation. Autrement dit, il veut copier l’Argentine.

Ni les États-Unis, ni le Japon, ni le Royaume-Uni ne pensent à de telles absurdités. Parce qu’ils savent qu’ils perdraient leur statut de réserve mondiale.

La Banque centrale européenne a déjà acheté 100% des émissions nettes de la plupart des États membres de la zone euro et environ 30% de l’encours de leur dette. Avec quoi la BCE l’a-t-elle acheté? Avec la solvabilité des agents économiques de toute la zone euro. Ceci est essentiel pour comprendre pourquoi la dette n’est pas une simple note comptable et que la BCE ne peut pas l’annuler à volonté.

La Banque centrale européenne peut emprunter grâce à la force de l’épargne et de l’économie des pays membres de la zone euro.

Lorsque la BCE achète des obligations souveraines de la zone euro, pour la banque centrale, notre dette est un actif de qualité maximale et à faible risque qui a de la valeur si les États membres respectent leurs engagements de crédit et sont des débiteurs fiables. Si la BCE retirait cette dette de son bilan, elle détruirait ses actifs et, avec elle, la confiance en sa viabilité ainsi que sa capacité à rester une banque centrale de premier plan.

L’annulation de la dette souveraine détenue par la BCE détruirait sa position mondiale en tant que prêteur et garant de dernier recours, car cela montrerai aux investisseurs mondiaux que ses actifs (la dette des pays qu’elle a achetés) ne sont pas de haute qualité et à faible risque, mais indésirable insolvable.

N’importe quel investisseur peut comprendre que ce qui semble «unique» maintenant se reproduira à l’avenir, surtout à en juger par les politiques de déficit massif que les partis qui suivent Piketty réclament

Le lecteur peut nous dire que la Grèce a obtenu un allégement de sa dette. C’est vrai, mais en échange de quoi? En échange d’un vaste programme énergique de réformes et de coupes budgétaires qui ramènerait le pays à un excédent primaire dans un court laps de temps.

Des restructurations de dette existent, bien sûr, ce qui n’existe pas, ce sont des restructurations de dette en échange de dépenses supplémentaires et de plus d’emprunts .

En tout cas, une réduction des dettes ne résout rien si les déficits annuels continue de se creuser, problème que ni Piketty ni les partis qui défendent ses théories n’entendent résoudre, bien au contraire. Dans quelques années, l’endettement du pays redeviendrait au même niveau car il accumulerait des déficits structurels plus élevés.

La dette n’est pas un nombre, c’est un contrat d’engagement dont la valeur est maintenue car la garantie et la fiabilité de l’émetteur sont assurées. La dette, qui est un actif du bilan de la BCE, maintient la stabilité et la solvabilité de l’euro en tant que monnaie car l’engagement des États membres à le rembourser n’est pas remis en question. Une fois qu’ils rompraient cet engagement, l’euro, et avec lui la capacité de financement de notre économie, disparaîtrait en peu de temps.

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