Anti-ONU, anti-Davos, pro-résultats — ou la paix comme rapport de force assumé
Il fallait que cela arrive.
À force d’impuissance, de procédures vides et de sommets bavards, le multilatéralisme a fabriqué son propre fossoyeur. Il s’appelle Donald Trump. Il parle dollars, tarifs, invitations personnelles et veto instantané. Et il propose désormais une structure qui dit tout haut ce que l’ONU ne fait plus depuis longtemps : la paix n’est pas un sermon, c’est une transaction.
Bienvenue dans le Conseil de la Paix — DonRoe, diront les mauvaises langues — une ONU 2.0 sans Davos, sans moraline, sans illusion procédurale. Une coalition de volontaires présidée par un seul homme, conçue pour produire des effets, pas des communiqués.

I. La méthode Trump : sanctions, humiliations, résultats
La scène est brutale et parfaitement lisible. Conférence de presse nocturne, le président américain réplique à la posture française sur le Groenland par une menace de 200 % de droits de douane sur les vins et champagnes. Et il lie le tout au refus de l’Élysée d’entrer dans le Board of Peace. Traduction : qui veut peser s’aligne ; qui moralise paie.
À Emmanuel Macron, Trump répond sans détour : l’accession à la table se mérite, et le temps politique est compté. Le message est double :
- la crise groenlandaise relève du hard power ;
- la reconstruction de Gaza relève d’une architecture nouvelle, hors ONU.
C’est cru, c’est efficace, c’est assumé.
II. Une charte qui dit la vérité du pouvoir
La charte du Conseil de la Paix est un aveu : le multilatéralisme ne fonctionne que s’il est vertical. Le président du Conseil — Trump en premier, son successeur choisi par lui ensuite — concentre les leviers : invitations, révocations, approbations, veto a posteriori, nomination de l’exécutif, contrôle des entités subsidiaires. Mar-a-Lago, version diplomatique.
Scandale ? Pour les dévots de Davos, oui.
Lucidité ? Pour tous ceux qui savent que sans centre de gravité, il n’y a que de l’inertie.
III. Gaza : payer pour parler
La clause qui fait hurler les belles âmes est aussi la plus honnête : trois ans gratuits, puis un milliard de dollars pour devenir membre permanent — affecté à la reconstruction de Gaza.
Ici, l’influence se paie. Elle ne se déclare pas. Elle ne se performe pas en panel.
Ce mécanisme n’achète pas l’obéissance ; il monétise l’accès. Et Trump ne promet rien : payer n’assure pas d’obtenir gain de cause. Cela garantit seulement une chose : être dans la pièce.
IV. Moscou comprend, Paris moralise
L’invitation adressée à Vladimir Poutine est l’autre révélateur. Moscou sait lire un rapport de forces. Refuser, c’est vexer ; accepter, c’est préserver l’accès. Le Kremlin a confirmé la réception de l’invitation : prudence stratégique élémentaire.
À l’inverse, l’Europe occidentale hésite, sermonne, posture — et s’expose. Résultat probable : retrait américain des ambiguïtés dangereuses sur l’Ukraine, recentrage vers des partenaires plus alignés, et périphérisation accélérée de ceux qui confondent vertu et puissance.
V. Anti-ONU, anti-Davos : la fin du théâtre
Le Conseil de la Paix n’est pas une ONG ; ce n’est pas non plus une utopie. C’est un outil. Là où Organisation des Nations unies empile les résolutions sans exécution, DonRoe promet des chantiers, des financements, des arbitrages rapides. Là où World Economic Forum célèbre la gouvernance par le récit, Trump impose la gouvernance par la contrepartie.
On peut détester la méthode. On ne peut pas nier l’intuition : la paix durable exige un maître d’œuvre.
VI. Les risques assumés
Soyons clairs : le modèle est risqué.
- Personnalisation extrême : que devient DonRoe si la Maison-Blanche change de mains ?
- Humiliation des membres : tout le monde accepte-t-il de “se soumettre” ?
- Succession dynastique : la charte prévoit un successeur désigné.
Mais ces risques sont le prix de l’efficacité. L’ONU a choisi la sécurité procédurale ; elle a récolté l’impuissance. Trump choisit la décision ; il récoltera, au minimum, des résultats mesurables — ou un échec clairement imputable.
VII. La vérité nue
Le Conseil de la Paix n’est pas la fin de l’ONU. C’est son diagnostic. Il ne remplace pas Davos ; il le rend obsolète. Il n’abolit pas le multilatéralisme ; il le recentre autour d’un pivot.
Dans un monde de conflits ouverts, la paix n’est plus un chœur. C’est un contrat.
Conclusion lupienne
On peut rire de DonRoe. On peut s’en offusquer. On peut s’en retirer par principe.
Mais l’Histoire se fiche des principes non armés.
Quand l’ordre ancien n’est plus capable d’agir, un ordre nouveau apparaît — brutal, imparfait, mais opérant.
Le Conseil de la Paix est cela : une paix sans illusions, présidée par un homme qui ne promet pas d’être aimé — seulement d’obtenir quelque chose.

Conseil de la Paix : le test de vérité
Alliés, faux amis, adversaires — la cartographie impitoyable de l’ère Trump
Le Conseil de la Paix n’est pas seulement une structure diplomatique.
C’est un révélateur. Un test de réalité. Un scanner brutal qui classe les États non pas selon leurs discours, mais selon leur capacité à s’aligner, temporiser ou refuser.
À l’heure où Donald Trump impose une diplomatie transactionnelle, l’adhésion (ou non) au Conseil devient une déclaration stratégique. Trois catégories se dessinent nettement : les alliés opérationnels, les faux amis hésitants, les adversaires assumés.
I. Ceux qui ont accepté : les alliés opérationnels (le réel avant la morale)
Ceux-là ont compris l’essentiel : être dans la pièce vaut mieux que commenter depuis le couloir.
- Israël : alignement immédiat. Pour Tel-Aviv, Gaza est un chantier stratégique ; DonRoe est un levier.
- Émirats arabes unis et Arabie saoudite : pragmatisme absolu. Influence régionale, financement ciblé, accès direct à l’arbitrage américain.
- Inde : lucidité multipolaire. New Delhi sait que l’accès prime sur l’idéologie.
- Pologne : alignement stratégique assumé. Varsovie parie sur la centralité américaine et y gagne une place accrue en Europe.
Lecture lupienne : ce sont des alliés utiles, parce qu’ils parlent le langage du résultat. Ils paieront peut-être — mais ils pèseront.
II. Ceux qui s’interrogent : les faux amis (l’hésitation comme aveu de faiblesse)
Ici se loge la zone grise, la plus dangereuse. Beaucoup de discours, peu de décisions.
- France : posture morale, menace de représailles commerciales, refus affiché. Le symbole avant l’accès.
- Allemagne : embarras stratégique. Dépendance sécuritaire, fragilité économique, hésitation chronique.
- Royaume-Uni : calcul à froid. Entre alignement historique et prudence tactique.
- Union européenne (Bruxelles) : incapacité structurelle à décider vite. Le consensus tue l’initiative.
Lecture lupienne : ce sont les faux amis. Pas hostiles, mais incapables d’assumer. Ils risquent la pire place : ni dedans, ni respectés.
III. Ceux qui refusent : les adversaires (l’idéologie contre l’accès)
Refuser DonRoe, c’est choisir la pureté idéologique contre l’influence. C’est cohérent — et coûteux.
- Iran : rejet doctrinal. Le conflit est la stratégie.
- Chine : prudence distante. Pékin observe, jauge, attend une fenêtre plus favorable.
- Afrique du Sud (et quelques non-alignés) : posture morale, peu de leviers.
Lecture lupienne : ce sont des adversaires clairs. Trump préfère cela aux hésitants. Au moins, le rapport de force est lisible.
IV. Le cas russe : l’intelligence du “oui conditionnel”
La Russie est à part. Vladimir Poutine sait qu’un refus serait perçu comme une provocation inutile. Un “oui conditionnel” préserve l’accès, évite l’escalade et maintient la Russie à la table sans engagement irréversible.
Lecture lupienne : c’est de la diplomatie adulte. Ni soumission, ni bravade.
V. Ce que Trump mesure vraiment
Trump ne cherche pas l’unanimité. Il cartographie :
- qui accepte de payer pour parler,
- qui temporise pour exister,
- qui refuse pour s’opposer.
Le Conseil de la Paix est un outil de tri. Un classement opérationnel qui dira demain :
- à qui confier des chantiers,
- à qui vendre des exemptions,
- qui marginaliser sans états d’âme.
Conclusion lupienne
Le Conseil de la Paix est un miroir cruel.
Il ne juge pas les intentions ; il mesure le courage stratégique.
À l’ère Trump, l’amitié se prouve par l’accès, pas par les discours.
Les alliés entrent.
Les faux amis hésitent.
Les adversaires s’annoncent.
Et l’Histoire, elle, note les noms.

Postface — Le retour du réel
Le Conseil de la Paix n’est ni une promesse de concorde, ni un gadget trumpien.
C’est un symptôme historique.
Quand les institutions cessent de produire des effets, d’autres architectures surgissent. Non pour être justes, mais pour être efficaces. Non pour rassurer, mais pour trancher. Le multilatéralisme de procédure a vécu de son inertie ; il meurt de son incapacité à décider.
Ce qui se joue ici dépasse Gaza, le Groenland ou les tarifs.
C’est la fin de l’âge moral en politique internationale. Le retour d’une grammaire ancienne : payer, livrer, s’aligner — ou sortir du cadre.
Les capitales qui s’offusquent aujourd’hui apprendront demain la même leçon que les empires tardifs d’hier : on peut commenter longtemps le monde, mais on ne l’ordonne qu’en acceptant le coût de l’ordre. Les règles n’existent que portées par une force qui les fait respecter. Sans cela, elles deviennent un folklore.
Trump n’a pas inventé la dureté.
Il a retiré le maquillage.
Dans cette ère nouvelle, la paix ne se proclame plus ; elle se négocie. Elle ne s’énonce pas ; elle se finance. Elle ne s’universalise pas ; elle se contractualise. Les États qui l’acceptent resteront à la table. Les autres découvriront ce que signifie parler depuis la marge.
L’Histoire n’est pas aimable.
Elle est exacte.
Et elle commence toujours par poser la même question, implacable :
que livrez-vous — et à quel prix ?

THE BEATLES : With a little help from my friends
Accompagnement musical — ironie collective et clin d’œil historique
Pourquoi ce morceau fonctionne parfaitement avec l’article et l’affiche façon Abbey Road (Plus haut) :
- Le titre dit tout
With a Little Help from My Friends résume à lui seul la logique du Conseil de la Paix :
pas d’universalisme abstrait, pas de grande famille humaine fictive, mais un cercle de proches, d’alliés choisis, de partenaires utiles. La paix par les amis — les vrais, pas les invités de Davos. - Sgt. Pepper comme anti-Davos
L’album était une mise en scène, une fanfare alternative, une prise de distance ironique avec l’establishment culturel. Exactement ce que fait DonRoe face à l’ONU :
une contre-scène, assumée, personnalisée, presque pop, face au rituel figé. - Le collectif sans l’illusion égalitaire
La chanson n’est pas un hymne à l’humanité indistincte.
C’est un morceau sur le groupe, la bande, la confiance minimale pour avancer.
Pas besoin que tout le monde soit d’accord — il suffit d’être ensemble au bon moment. - Ironie finale, très lupienne
Utiliser les Beatles — icône culturelle européenne et mondiale — pour accompagner un texte anti-ONU / anti-Davos, c’est retourner les symboles contre ceux qui les ont momifiés.
Lecture lupienne de clôture
La paix ne se construit plus avec le monde entier,
mais avec quelques-uns —
et un peu d’aide de ses amis.
Un choix musical à la fois léger en surface et très politique en profondeur, parfait pour accompagner :
- l’affiche Abbey Road version Trump,
- le Conseil de la Paix,
- et la fin de l’illusion multilatérale chantée en chœur.
« Dans un monde qui ne tient plus que par des contrats, la paix ne se chante plus en chœur : elle se construit, avec un peu d’aide de ses vrais amis. »

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Catégories :Art de la guerre monétaire et économique, CONSEIL DE LA PAIX, DAVOS, Etats-Unis, ONU













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Le Conseil de la Paix voulu par Donald Trump n’est pas une lubie.
C’est un test de réalité.
Un instrument brutal, assumé, transactionnel, qui distingue désormais :
L’Europe occidentale a cru pouvoir opposer la morale au rapport de force.
Elle récolte des droits de douane, des ultimatums, et une périphérisation stratégique.
La Pologne avance.
L’Europe centrale devient utile.
Bruxelles commente.
Paris moralise.
Berlin hésite.
Et le Canada ?
Après avoir joué les donneurs de leçons, Ottawa accepte en principe.
Non par conviction.
Par contrainte.
Voilà la vérité du moment :
le Conseil de la Paix ne cherche pas l’unanimité,
il classe.
Il ne promet pas la justice,
il exige la livraison.
Ce n’est pas l’ONU 2.0.
C’est la fin de l’illusion multilatérale.
👉 Dossier complet à lire sur Le Blog à Lupus.
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