Collapsologie

💣 CRÉDIT PRIVÉ : LE CANARI QUI A DÉJÀ GELÉ

Blue Owl a gelé les retraits.
MFS s’est effondrĂ© Ă  Londres.
Les spreads technologiques IG s’écartent pour la premiĂšre fois depuis 2008.
UBS parle de 15 % de défauts sur le crédit privé en scénario stress.

Et pourtant ?

Les plateaux tĂ©lĂ© parlent encore de “volatilitĂ© technique”.

Non.

Ce n’est pas technique.

C’est structurel.

Le canari ne prévient plus.
Il est déjà congelé dans la cage.

MFS n’est pas une anecdote.

C’est un symptîme.

On nous vend depuis 10 ans le crédit privé comme :

  • Plus flexible que les banques
  • Plus sophistiquĂ©
  • Mieux structurĂ©
  • Moins systĂ©mique

En réalité ?

C’est du levier hors bilan dĂ©guisĂ© en innovation.

On nous a vendu le crédit privé comme :

  • Plus stable
  • Plus disciplinĂ©
  • Moins cyclique
  • ProtĂ©gĂ© des paniques

En réalité ?

C’est :

  • De l’illiquide financĂ© par du semi-liquide
  • Du levier dissimulĂ© dans des SPV
  • Des assureurs-vie recyclant l’épargne des mĂ©nages
  • Des notations internes complaisantes

Le “capital permanent” n’est pas un miracle.

C’est de l’argent qui ne peut pas sortir assez vite.

Jusqu’au moment oĂč il essaie.


🧹 CE QUI EST EN TRAIN DE CASSER

1ïžâƒŁ Le modĂšle

Structure type :

  • 16MÂŁ de fonds propres
  • 235MÂŁ de prĂȘts
  • Le reste : dette

Effet de levier massif.

Puis :

  • RĂ©hypothĂšque multiple
  • Double nantissement
  • SPV en cascade
  • OpacitĂ©

Ce n’est pas du capitalisme moderne.

C’est du 2006 remixĂ©.


2ïžâƒŁ La vraie bombe

Le crédit privé repose sur 3 hypothÚses :

  1. Croissance stable
  2. Valeur des collatéraux stable
  3. Recyclage permanent de dette

Or :

  • Immobilier UK sous pression
  • Logiciels sous pression (IA)
  • Refinancement plus cher
  • Croissance mondiale fragile

Donc ?

Le collatéral devient discutable.
La liquidité disparaßt.
La confiance s’évapore.


đŸ”„ LIEN DIRECT AVEC “INTELLIGENCE ABONDANTE”

Ce que personne ne veut voir :

La crise IA + la crise crédit privé sont liées.

Pourquoi ?

Parce que :

  • Beaucoup de crĂ©dit privĂ© finance des modĂšles SaaS.
  • Beaucoup de SaaS reposent sur du headcount.
  • Beaucoup de headcount est attaquĂ© par l’IA.

Donc :

👉 L’IA fragilise les revenus.
👉 Les revenus fragilisent les cash flows.
👉 Les cash flows fragilisent le crĂ©dit.
👉 Le crĂ©dit fragilise le systĂšme.

C’est la boucle.

Tout le monde parlait d’IA.

Personne ne regardait la dette.

14 % de l’Investment Grade amĂ©ricain = entreprises liĂ©es Ă  l’IA.
Jusqu’à 35–45 % de certains portefeuilles privĂ©s exposĂ©s aux logiciels.

Or que fait l’IA ?

Elle :

  • Érode les marges SaaS
  • Banalise les produits
  • AccĂ©lĂšre la concurrence
  • Compresse les cash flows futurs

Et le crédit privé ?

Il a financé ces cash flows futurs.

Avec effet de levier.


🐀 LES “CAFARDS” DE DIMON (JP Morgan)

Jamie Dimon parle de cafards.

En 2007 aussi on parlait de “cas isolĂ©s”.

Bear Stearns hedge funds ? Cas isolé.
New Century ? Cas isolé.
Deux subprime funds ? Cas isolé.

Puis


La question n’est jamais :

La question est :


Ce que Dimon ne dit qu’à moitiĂ©

Jamie Dimon parle de 2006.

Il a raison.

Mais ce n’est pas identique.

En 2006 :

Le problÚme était le logement.

En 2026 :

Le problÚme est la productivité artificielle
+
La dette qui l’a financĂ©e
+
La disparition progressive du travail humain solvable.

Le crĂ©dit privĂ© n’est pas isolĂ©.

Il est branché sur :

  • L’IA
  • Les cash flows SaaS
  • Les marchĂ©s publics
  • Les assureurs
  • Les banques

C’est un nƓud.

🏩 LE VRAI RISQUE : L’ASSURANCE ET LES BILANS CROISÉS

Ce passage est crucial :

Assureurs vie
Réassureurs offshore
SPV
Capital immobilisé
Crédit privé recyclé

Si pertes → ajustement RBC (capital rĂ©glementaire).

Si RBC augmente → besoin de capital.

Si besoin de capital → ventes forcĂ©es.

C’est là que la contagion commence.

Les 20 plus gros prĂȘteurs directs dĂ©tiennent :

  • 45 % des BDC
  • 20 % des prĂȘts Ă  effet de levier
  • 25 % du high yield

Les banques ont :

  • 1 300 milliards $ d’exposition aux IFNB
  • 1 100 milliards $ d’engagements non tirĂ©s

Les assureurs détiennent des poches entiÚres de crédit structuré.

Vous appelez ça “contenu” ?

C’est une chambre d’écho.

Quand le privé casse, le public absorbe.
Quand le public casse, la Fed intervient.

Cycle connu.
Acte II en préparation.


⚠ SCÉNARIO MACRO SI ÇA DÉRAPE

  1. Dépréciations crédit privé
  2. Tension assureurs
  3. Immobilier tech hubs
  4. Stress hypothécaire prime
  5. Contraction crédit
  6. Bourse -30 Ă  -50 %

Pas demain.

Mais la trajectoire devient visible.

Le vrai problÚme : la liquidité fictive

Les ETF dĂ©tiennent dĂ©sormais plus d’obligations corporate que les banques.

Les teneurs de marché ont disparu.
Les courtiers n’absorbent plus.

En cas de vente :

Il n’y a plus d’amortisseur.

Seulement des preneurs de prix.

Un marchĂ© liquide
 jusqu’à ce qu’il ne le soit plus.



🧠 CE QUI EST EN TRAIN DE SE PASSER VRAIMENT

Depuis 2008 :

Les banques ont été contraintes.
Le crĂ©dit s’est dĂ©placĂ© hors bilan.

Shadow banking.
Private credit.
SPV.

On a déplacé le risque.
On ne l’a pas supprimĂ©.

Aujourd’hui :

L’IA accĂ©lĂšre la pression sur les cash flows.
Le levier devient toxique.

Le systĂšme tient tant que :

  • La croissance compense le levier.
  • La liquiditĂ© reste ouverte.

Si les deux se grippent


La Fed reviendra.

Toujours.


🧬 SYNTHÈSE BLOG À LUPUS

Nous sommes à l’intersection de :

  • Intelligence abondante
  • Capital hyper levier
  • Politique monĂ©taire sous contrainte
  • Tensions gĂ©opolitiques

C’est un cocktail.

Pas une crise encore.

Mais un point d’inflexion.

Pourquoi le canari est déjà gelé

Un canari mort alerte.

Un canari gelé immobilise.

Blue Owl bloque.
Les spreads s’écartent.
Les défauts PIK montent.
Les ratios de levier explosent.

Mais la vraie panique n’a pas encore commencĂ©.

Pourquoi ?

Parce que les valorisations internes ne reflÚtent pas encore la réalité du marché.

Quand elles le feront :

La perte comptable deviendra perte réelle.

La suite logique

Scénario probable si la pression continue :

  1. Défauts concentrés sur le logiciel
  2. Restructurations
  3. Baisse des recouvrements
  4. Stress assureurs
  5. Élargissement IG
  6. Blocage d’ETF
  7. Intervention Fed

Toujours le mĂȘme film.

Toujours le mĂȘme dernier acte.

“Don’t Fear The Reaper.”

Le systĂšme ne craint pas la mort.
Il craint l’absence de sauvetage.

Conclusion Lupus

Le crĂ©dit privĂ© n’est pas la cause.

Il est le révélateur.

Il révÚle :

  • L’excĂšs de levier
  • L’illusion de liquiditĂ©
  • La concentration sectorielle
  • L’opacitĂ© systĂ©mique

Et surtout :

Il rĂ©vĂšle que la rĂ©volution IA n’est pas seulement technologique.

Elle est financiĂšre.

Le canari n’est plus un avertissement.

Il est une preuve.

Et quand la preuve devient évidente,
les marchés passent brutalement
du déni
Ă  la liquidation.


🎧 Blue Öyster Cult – Don’t Fear The Reaper

Parce qu’en finance moderne,
on ne meurt jamais vraiment.

On est refinancé.

Jusqu’au jour oĂč on ne l’est plus.

EN COMPLEMENT – CONTAGION : QUAND LE CRÉDIT PRIVÉ INFECTE LE CRÉDIT PUBLIC (ET QUE TOUT LE MONDE FAIT SEMBLANT DE DÉCOUVRIR)

On a longtemps vendu une fable rassurante :

“Le crĂ©dit privĂ©, c’est Ă  part.”
“C’est illiquide, donc stable.”
“C’est pour des pros, donc maĂźtrisĂ©.”

Traduction : c’est opaque, donc on ne voit pas la fumĂ©e.

Et maintenant que ça tousse dans l’ombre, voilĂ  que le “public” se met Ă  Ă©ternuer.
Étonnant ? Non. InĂ©vitable.


1) LA “TECH” EST DEVENUE UN SECTEUR DE DETTE

On parle d’IA comme d’une rĂ©volution industrielle.
En rĂ©alitĂ©, c’est aussi une rĂ©volution obligataire :

  • Ă©missions record
  • refinancements massifs
  • levier “acceptable” tant que la croissance est une religion
  • et “Investment Grade” comme indulgence plĂ©niĂšre

Le crĂ©dit IG avait besoin d’un nouveau dieu.
Il a trouvé le GPU.


2) LE CRÉDIT PRIVÉ N’EST PAS UN AUTRE MONDE : C’EST LE SOUS-SOL DU MÊME IMMEUBLE

La “contagion” n’est pas un accident :
c’est l’architecture.

MĂȘme sponsors (PE), mĂȘmes secteurs (software / services), mĂȘmes banques en backstop, mĂȘmes assureurs en dernier porteur, mĂȘmes dĂ©rivĂ©s en arriĂšre-plan.

Le crĂ©dit privĂ© n’a jamais Ă©tĂ© un marchĂ© alternatif :
c’est du shadow banking branchĂ© sur la prise murale du systĂšme.


3) LA BOMBE : “LIQUIDE POUR LE CLIENT, ILLIQUIDE DANS LE MOTEUR”

Le tour de passe-passe génial :

  • actifs illiquides
  • promesse de liquiditĂ© (trimestrielle, mensuelle, “on verra”)
  • valorisations “modĂ©lisĂ©es”
  • clauses assouplies
  • PIK qui grimpe
  • covenants qui disparaissent
  • et un grand sourire : “tout va bien, c’est juste mark-to-model.”

Le marché ne casse pas quand ça va mal.
Il casse quand quelqu’un demande le cash.


4) LES ETF OBLIGATAIRES : LA LIQUIDITÉ QUI FUIT

Pendant que les banques se retirent (bilans, réglementation, Volcker, etc.),
les ETF prennent la place.

ProblĂšme :
les ETF ne font pas de marché, ils répercutent la panique.

Quand ça tourne mal :

  • les spreads s’écartent
  • les volumes se dĂ©placent
  • les vendeurs se multiplient
  • et les “fournisseurs de liquiditĂ©â€ deviennent des preneurs de liquiditĂ©.

Autrement dit : la liquiditĂ© est un mirage tant qu’elle n’est pas testĂ©e.


5) LE DÉCLENCHEUR ? PAS BESOIN D’UN TSUNAMI : UN SECTEUR SUFFIT

L’histoire ne demande pas un effondrement global.

Il suffit d’un choc concentrĂ© :

  • software endettĂ©
  • marges comprimĂ©es par l’IA
  • churn accĂ©lĂ©rĂ©
  • pricing power dĂ©truit
  • LBO fragilisĂ©s
  • refinancement plus cher
  • et la machine Ă  dĂ©fauts s’allume

Un secteur devient l’épicentre.
Puis les corrélations montent.
Puis les spreads “re-pricent” tout le reste.

Et soudain, l’IG “solide” ressemble à un couloir d’hîpital.


6) LA VÉRITÉ QUI FAIT MAL : LE SYSTÈME A BESOIN D’UN SAUVETAGE POUR RESTER “SÉRIEUX”

Quand la contagion déborde :

  • banques exposĂ©es via lignes et financements
  • assureurs exposĂ©s via allocations et arbitrages rĂ©glementaires
  • BDC exposĂ©es en direct
  • et public exposĂ© via ETF et fonds “tranquilles”

Alors on réinvente la morale officielle :

“Nous sauvons l’économie rĂ©elle.”
(en sauvant la chaßne de collatéraux)

Et la Fed revient :
pas par idéologie,
par nécessité mécanique.


đŸ”„ CONCLUSION (VERSION BRUTE)

Le crĂ©dit privĂ© n’a pas “infectĂ©â€ le public.

Il a simplement révélé ceci :

tout le crédit est désormais un seul organisme,
avec des organes visibles (public)
et des organes cachés (privé).

Quand l’organe cachĂ© nĂ©crose,
le visible fait des spasmes.

Et les commentateurs appellent ça “surprise”.

Non.

C’est la facture.

Blue Öyster Cult — Don’t Fear The Reaper colle Ă  merveille : c’est la bande-son idĂ©ale de la contagion de crĂ©dit quand le systĂšme fait semblant de dĂ©couvrir la mort
 tout en vivant de la rĂ©animation permanente.

🔊 Morceau d’accompagnement
Blue Öyster Cult — Don’t Fear The Reaper
Parce que le crédit ne meurt jamais : il est réanimé. Et chaque réanimation coûte plus cher que la précédente.

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2 rĂ©ponses »

  1. 💣 CRÉDIT PRIVÉ : LE CANARI N’EST PAS EN TRAIN DE CHANTER. IL EST DÉJÀ MORT.

    Blue Owl bloque les retraits.
    MFS explose avec 930 millions ÂŁ de garanties fantĂŽmes.
    KKR, Apollo, Blackstone déprécient.
    UBS parle de défauts à 15 %.
    Dimon Ă©voque 2006–2007.

    Ce n’est plus un incident isolĂ©.
    C’est une mĂ©canique.

    Le crédit privé était présenté comme :

    • plus agile,
    • plus rentable,
    • plus sophistiquĂ© que les banques.

    En réalité :

    • levier 8x,
    • PIK records,
    • double nantissement,
    • liquiditĂ© imaginaire.

    Le systĂšme repose sur une illusion simple :
    tout va bien tant que personne ne demande son argent.

    Le problĂšme ?
    Les particuliers sont entrés dans la danse.

    Et quand le retail panique,
    la liquidité disparaßt.

    Private Credit → BDC → Banques → ETF → MarchĂ©s publics.

    La contagion a commencé.

    Le canari dans la mine n’est pas en train de suffoquer.
    Il est déjà gelé.

    🔎 Analyse complùte sur le Blog à Lupus.

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