La guerre visible et la bombe invisible
Les missiles font la une.
Les spreads font lâHistoire.
Les frappes amĂ©ricano-israĂ©liennes contre lâIran ont ouvert une sĂ©quence dangereuse.
Mais le risque rĂ©el ne se situe pas lĂ oĂč lâattention mĂ©diatique se concentre.
Ce qui compte nâest pas lâexplosion.
Câest la friction.
FRAPPES US CONTRE LâIRAN
+ Crise du crédit privé
= Stress systémique en formation ?
Ce qui se joue nâest pas un simple Ă©pisode militaire.
Ce qui se joue, câest une collision :
- géopolitique dure
- tension énergétique
- fragilité du crédit
- surendettement occidental
- architecture financiÚre déjà fissurée
Et cette collision ne produit jamais de lâeau tiĂšde.

I. LâIRAN JOUE LâESCALADE CONTRĂLĂE
Les signaux envoyés par Téhéran sont clairs :
- frappes contre installations militaires régionales
- pas dâattaque sur sol amĂ©ricain
- discours favorable à la désescalade
- confirmation que le sommet du régime tient
Traduction stratégique :
LâIran ne cherche pas la guerre totale.
Il cherche le levier asymétrique.
Ce levier a un nom :
Strait of Hormuz
20 % du pétrole mondial y transite.
Mais fermer Ormuz serait suicidaire.
Le vrai outil est plus subtil.
Une frappe américaine sérieuse =
1ïžâŁ Prime de risque immĂ©diate sur le Brent
2ïžâŁ VolatilitĂ© explosive sur le gaz
3ïžâŁ Stress sur les chaĂźnes logistiques
MĂȘme sans fermeture effective dâOrmuz,
la simple menace suffit Ă :
- déclencher des couvertures spéculatives
- faire exploser les options énergie
- déclencher un repositionnement des hedge funds
II. LA FRICTION LOGISTIQUE : LE SCĂNARIO CENTRAL
Déjà :
- pétroliers évitent le détroit
- assureurs retirent couverture
- primes explosent
- armateurs temporisent
Il nâest pas nĂ©cessaire de fermer Ormuz.
Il suffit de crĂ©er de lâincertitude.
Le marché pétrolier fonctionne sur la fluidité.
Quand la fluidité se grippe, le prix monte.
III. LE MARCHĂ EST SOUS-PROTĂGĂ
Données clés :
- VolatilitĂ© implicite Brent â 60 (vs 90 en juin)
- Skew call modéré
- Positionnement hedge funds loin des extrĂȘmes
đ Traduction :
Le marchĂ© nâest pas couvert pour une escalade prolongĂ©e.
Si lâopĂ©ration dĂ©passe quelques jours :
Repricing brutal.
IV. LâOR : SIGNAL SILENCIEUX
Or > 5 000 $ / oz.
Volatilité comprimée.
Positionnement fonds gérés faible.
Le marchĂ© nâest pas massivement long.
Donc le potentiel dâaccĂ©lĂ©ration existe.
Lâor ne rĂ©agit pas aux discours.
Il réagit à la perte de confiance systémique.
V. LE VRAI PROBLĂME : LâINFLATION RĂIMPORTĂE
IMPACT MARCHĂS : LE SĂQUENĂAGE PROBABLE
Phase 1 : Réflexe Risk-Off
- Or en hausse
- Dollar en hausse
- Obligations US court terme achetées
- VIX en expansion
- Tech vendue
La gĂ©opolitique active lâinstinct primaire du marchĂ©.
Mais le vrai sujet vient aprĂšs.
Phase 2 : Inflation importée
Si le pĂ©trole sâinstalle durablement > 100 $ :
- inflation énergétique
- pression sur les banques centrales
- marges compressées
Federal Reserve se retrouve coincée.
Couper les taux ?
Impossible si inflation repart.
Maintenir haut ?
Explosion du crédit.
Si le Brent sâinstalle durablement >110 $ :
- pression inflationniste
- marges industrielles compressées
- Fed coincée
Federal Reserve ne peut pas couper si lâĂ©nergie repart.
Mais maintenir les taux élevés crée un autre risque.
VI. LE CRĂDIT PRIVĂ : LE LEVIER FRAGILE
Le private credit représente environ 2 000 milliards $.
Caractéristiques :
- dette illiquide
- taux variables
- valorisations internes
- peu de marché secondaire
Si :
- taux restent élevés
- spreads HY >600 bps
- croissance ralentit
Alors les refinancements bloquent.
Et les défauts émergent.
Ce ne sera pas spectaculaire.
Ce sera progressif.
VII. LA MĂCANIQUE DU STRESS
Escalade prolongée
âŹ
Brent >110 $
âŹ
Inflation
âŹ
Taux élevés maintenus
âŹ
Refinancements plus chers
âŹ
Spreads qui sâĂ©cartent
âŹ
Crédit privé sous tension
âŹ
Contraction du crédit global
La guerre est le déclencheur.
La liquidité est le mécanisme.
Le private credit, câest :
- financement hors bilan bancaire
- dette illiquide
- effet de levier discret
- valorisations internes
Si :
- les taux restent élevés
- la croissance ralentit
- les spreads sâĂ©cartent
Alors :
⥠refinancements bloqués
⥠défauts invisibles
⥠NAV fictives
La géopolitique agit ici comme catalyseur.
Le choc énergétique accélÚre les défauts.
VIII. LE DOLLAR ET LE RISQUE SYSTĂMIQUE
Chaque crise renforce le dollar Ă court terme.
Mais Ă moyen terme :
- militarisation du commerce
- usage stratégique des sanctions
- alternatives explorées par les BRICS
La domination monĂ©taire sâĂ©rode par excĂšs dâusage.
Bis repetita : Chaque crise géopolitique renforce le dollar à court terme.
Mais Ă moyen terme :
- sanctions répétées
- militarisation du commerce
- usage politique du systĂšme SWIFT
AccĂ©lĂšrent la recherche dâalternatives.
BRICS observent.
China apprend.
La domination monĂ©taire se fragilise par excĂšs dâusage.
IX. LE SCĂNARIO LE PLUS PROBABLE
Pas guerre totale.
Pas fermeture complĂšte dâOrmuz.
Mais :
Escalade contrÎlée + friction logistique + prime géopolitique durable.
Et dans ce scénario :
La bombe nâest pas militaire.
Elle est inflationniste.
Et lâinflation est lâennemi mortel du crĂ©dit.
LE SCENARIO NOIR
Si :
- lâIran riposte indirectement
- les Houthis élargissent le théùtre
- Israël intensifie
- les Ătats-Unis rĂ©engagent massivement
Alors :
1ïžâŁ pĂ©trole durablement haut
2ïžâŁ inflation collante
3ïžâŁ Fed paralysĂ©e
4ïžâŁ crĂ©dit privĂ© sous stress
5ïžâŁ spreads qui explosent
6ïžâŁ correction actions sĂ©vĂšre
Et dans ce cas :
Ce ne sera pas un krach spectaculaire.
Ce sera une dégradation lente et corrosive.
CE QUE LE MARCHE SURVEILLE VRAIMENT
Pas les bombes.
Les spreads.
- HY US
- CLO
- ETF de private credit
- Volume repo
- Dollar funding
La guerre est un bruit.
La liquidité est le signal.
CONCLUSION
LâOccident est dĂ©jĂ fragile :
- dette historique
- private credit opaque
- banques centrales coincées
- polarisation politique
La frappe US contre lâIran nâest pas un Ă©vĂ©nement isolĂ©.
Câest un multiplicateur de tension.
Et lorsque :
- géopolitique
- énergie
- crédit
- inflation
sâalignent dans la mauvaise direction,
les marchĂ©s cessent dâĂȘtre rationnels.
Ils deviennent mécaniques.
La frappe contre lâIran ne dĂ©clenche pas automatiquement un krach.
Mais elle augmente la probabilitĂ© dâun stress financier latent.
Ce qui fera vaciller les marchés ne sera pas un missile.
Ce sera :
- un Brent durablement haut
- des spreads qui sâĂ©cartent
- un crédit privé qui se contracte
La guerre fait du bruit.
Les spreads font les crises.
⥠FORMULE FINALE BLOG à LUPUS
Le baril est la mĂšche.
Le crédit est la charge.
Et le systÚme financier occidental est déjà sous pression.
La guerre ne fait pas tomber les marchés.
La guerre révÚle ce qui était déjà fragile.
Et le crĂ©dit privĂ© est aujourdâhui plus fragile que le pĂ©trole.
⏠ENCADRà EXPLOSIF
PRIVATE CREDIT : LE LEHMAN SILENCIEUX ?
On parle pétrole.
On parle Iran.
On parle missiles.
Mais le vrai champ de mines est ailleurs.
Il est dans les bilans invisibles.
I. CE QUE PERSONNE NE VEUT REGARDER
Le private credit, câest :
- 1 800 à 2 000 milliards de dollars estimés
- dette non cotée
- valorisations internes
- absence de marché secondaire liquide
Ce nâest pas rĂ©gulĂ© comme les banques.
Ce nâest pas transparent comme les marchĂ©s obligataires.
Câest une poche de levier hors radar.
II. POURQUOI LE CHOC IRAN PEUT DĂCLENCHER LE RESTE
Un choc énergétique durable :
- compresse les marges des entreprises financées en dette privée
- ralentit la croissance
- bloque les refinancements
Or le private credit fonctionne sur une hypothĂšse implicite :
La liquidité reviendra toujours.
Mais si :
- les taux restent élevés
- les spreads HY sâĂ©cartent
- les investisseurs demandent leur argent
Alors la mĂ©canique sâenraye.
III. LA BOMBE : LES VALORISATIONS
Les fonds de private credit ne marquent pas au marché quotidiennement.
Ils marquent au modĂšle.
Ce qui signifie :
- défauts retardés
- pertes lissées
- illusion de stabilité
Jusquâau moment oĂč le refinancement Ă©choue.
Et là , la perte devient réelle.
IV. QUI PORTE LE RISQUE ?
- Fonds de pension
- Assureurs
- Banques via expositions indirectes
- Family offices
Ce nâest pas concentrĂ©.
Câest diffus.
Et le risque diffus est le plus dangereux.
V. LE SCĂNARIO LEHMAN SILENCIEUX
Ce ne sera pas une grande banque en faillite.
Ce sera :
- une série de défauts discrets
- une montée progressive des spreads
- une contraction du crédit
- un gel progressif de la liquidité
Pas un effondrement brutal.
Une asphyxie.
VI. LA VARIABLE DĂCLENCHEUR
La frappe contre lâIran nâest pas la cause.
Elle est le catalyseur.
Elle ajoute :
- inflation
- tension sur les taux
- volatilité
- aversion au risque
Et dans un systÚme déjà surendetté, le moindre choc externe accélÚre les fissures internes.
⥠FORMULE FINALE
Le pétrole fait peur aux écrans.
Le private credit devrait faire peur aux bilans.
Et aujourdâhui, les bilans sont plus fragiles que les raffineries.
EN COMPLEMENT : đ BLOC CHIFFRĂ
Niveaux critiques à surveiller (Stress Iran + Crédit privé)
Ce ne sont pas les bombes quâil faut regarder.
Ce sont les seuils techniques.
1ïžâŁ PĂTROLE â Brent
- đč 90 $ : prime gĂ©opolitique standard
- đč 100 $ : pression inflationniste sĂ©rieuse
- đŽ 110â120 $ : choc macro significatif
- đ„ >130 $ : risque rĂ©cession synchronisĂ©e
Au-delà de 110 $, les modÚles de marges industrielles commencent à dérailler.
2ïžâŁ SPREAD HIGH YIELD US
- đč 350 bps : normalisation
- đč 450 bps : tension
- đŽ 550â600 bps : stress sĂ©rieux
- đ„ >700 bps : dynamique de crise
Le private credit suit le HY avec retard.
Quand le HY dépasse 600 bps,
les refinancements privés se bloquent.
3ïžâŁ VIX
- đč 18â22 : volatilitĂ© normale
- đč 25â30 : stress tactique
- đŽ 35 : risk-off large
- đ„ >40 : dislocation
Le VIX nâest pas la cause.
Il mesure la nervosité sur la liquidité.
4ïžâŁ Taux US 10 ans
- đč 4,00â4,50 % : zone inconfortable
- đŽ >4,75 % : pression sur financement corporate
- đ„ >5 % : strangulation du levier
Le private credit a prospéré avec des taux bas.
Au-dessus de 5 %, la mécanique se grippe.
5ïžâŁ Dollar Index (DXY)
- đč 100â104 : stabilitĂ©
- đŽ >106 : stress global
- đ„ >110 : tension systĂ©mique mondiale
Un dollar fort = financement mondial plus coûteux.
đ§ SCHĂMA MĂCANIQUE
Choc Iran â Stress CrĂ©dit â Contagion
Voici la séquence logique.
Ătape 1 : Choc Ă©nergĂ©tique
Frappe US â
Risque Ormuz â
Brent >100 $
âŹ
Inflation énergétique
âŹ
Banques centrales contraintes
Ătape 2 : Taux Ă©levĂ©s maintenus
Fed ne peut pas couper.
Taux longs restent élevés.
âŹ
Refinancements plus coûteux.
Ătape 3 : Entreprises fragiles sous pression
Entreprises financées en private credit :
- marges comprimées
- dette floating rate
- cash-flow réduit
âŹ
Défauts progressifs.
Ătape 4 : Spread HY sâĂ©largit
Marché coté anticipe.
Spread >600 bps.
âŹ
Blocage des sorties private credit.
Ătape 5 : IlliquiditĂ©
Pas de marché secondaire profond.
Valorisations marquées au modÚle.
âŹ
Découverte tardive des pertes.
Ătape 6 : Contagion
- Fonds de pension touchés
- Assureurs exposés
- Banques via lignes de crédit
âŹ
Ralentissement crédit global.
âŹ
Marchés actions sous pression.
â POINT CRITIQUE
Le private credit nâest pas systĂ©mique comme Lehman.
Il est diffus.
Et le diffus est plus difficile Ă stopper.
Ce nâest pas une explosion.
Câest une contraction.
đ„ SCĂNARIO SYNTHĂTIQUE
Si simultanément :
- Brent >110 $
- HY >600 bps
- 10 ans >4,75 %
- DXY >106
Alors :
On entre en zone de risque macro-financier sérieux.
⥠FORMULE LUPUS
La guerre déclenche le bruit.
Les spreads déclenchent la crise.
Surveille les spreads.

Monsieur Comédie de Trust est parfaitement cohérent avec le papier.
Parce que ce morceau nâest pas seulement du hard rock.
Câest une dĂ©nonciation de la mise en scĂšne du pouvoir.
Et cet article parle précisément de cela :
- la guerre comme théùtre
- la géopolitique comme dramaturgie
- la finance comme mécanique invisible
- les dirigeants comme acteurs sous projecteurs
đ§ Pourquoi câest stratĂ©giquement pertinent
1ïžâŁ âMonsieur ComĂ©dieâ = la politique spectacle
Les frappes.
Les déclarations martiales.
Les communiqués.
Les vidéos présidentielles.
Tout cela relĂšve de la scĂšne.
Mais pendant que la scĂšne sâagite :
- les spreads sâĂ©cartent
- le Brent grimpe
- le crédit se contracte
Trust lâavait formulĂ© avant lâĂšre des algorithmes :
Le pouvoir joue.
Le systĂšme encaisse.
2ïžâŁ Le contraste parfait avec l’article
Le papier dit :
La guerre fait du bruit.
Les spreads font les crises.
Trust dit :
Monsieur Comédie joue son rÎle.
Câest cohĂ©rent.
Parce que pendant que les dirigeants jouent la partition martiale,
les marchés recalculent le risque.
La guerre est un spectacle.
Réaliser un don ponctuel
Réaliser un don mensuel
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IRAN + CRĂDIT PRIVĂ = BOMBE LENTE
Ce ne sont pas les missiles qui inquiÚtent les marchés.
Ce sont les spreads.
Une frappe amĂ©ricaine contre lâIran peut faire monter le Brent.
Mais ce qui peut casser le systĂšme, câest autre chose :
Le pĂ©trole dĂ©clenche lâinflation.
Lâinflation bloque la Fed.
Les taux élevés étranglent le private credit.
Et le private credit, câest 2 000 milliards de dette illiquide.
Pas marquée au marché.
Pas transparente.
Pas prĂȘte pour un choc prolongĂ©.
Ce ne sera pas un Lehman spectaculaire.
Ce sera une asphyxie lente.
 Surveille les spreads, pas les communiqués militaires.
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