Art de la guerre monétaire et économique

đŸ”„ IRAN, ORMUZ, CRÉDIT PRIVÉ : La guerre visible et la bombe invisible

La guerre visible et la bombe invisible

Les missiles font la une.
Les spreads font l’Histoire.

Les frappes amĂ©ricano-israĂ©liennes contre l’Iran ont ouvert une sĂ©quence dangereuse.
Mais le risque rĂ©el ne se situe pas lĂ  oĂč l’attention mĂ©diatique se concentre.

Ce qui compte n’est pas l’explosion.

C’est la friction.

FRAPPES US CONTRE L’IRAN

+ Crise du crédit privé

= Stress systémique en formation ?

Ce qui se joue n’est pas un simple Ă©pisode militaire.

Ce qui se joue, c’est une collision :

  • gĂ©opolitique dure
  • tension Ă©nergĂ©tique
  • fragilitĂ© du crĂ©dit
  • surendettement occidental
  • architecture financiĂšre dĂ©jĂ  fissurĂ©e

Et cette collision ne produit jamais de l’eau tiùde.


I. L’IRAN JOUE L’ESCALADE CONTRÔLÉE

Les signaux envoyés par Téhéran sont clairs :

  • frappes contre installations militaires rĂ©gionales
  • pas d’attaque sur sol amĂ©ricain
  • discours favorable Ă  la dĂ©sescalade
  • confirmation que le sommet du rĂ©gime tient

Traduction stratégique :

L’Iran ne cherche pas la guerre totale.

Il cherche le levier asymétrique.

Ce levier a un nom :
Strait of Hormuz

20 % du pétrole mondial y transite.

Mais fermer Ormuz serait suicidaire.

Le vrai outil est plus subtil.

Une frappe américaine sérieuse =

1ïžâƒŁ Prime de risque immĂ©diate sur le Brent
2ïžâƒŁ VolatilitĂ© explosive sur le gaz
3ïžâƒŁ Stress sur les chaĂźnes logistiques

MĂȘme sans fermeture effective d’Ormuz,
la simple menace suffit Ă  :

  • dĂ©clencher des couvertures spĂ©culatives
  • faire exploser les options Ă©nergie
  • dĂ©clencher un repositionnement des hedge funds

II. LA FRICTION LOGISTIQUE : LE SCÉNARIO CENTRAL

Déjà :

  • pĂ©troliers Ă©vitent le dĂ©troit
  • assureurs retirent couverture
  • primes explosent
  • armateurs temporisent

Il n’est pas nĂ©cessaire de fermer Ormuz.

Il suffit de crĂ©er de l’incertitude.

Le marché pétrolier fonctionne sur la fluidité.

Quand la fluidité se grippe, le prix monte.


III. LE MARCHÉ EST SOUS-PROTÉGÉ

Données clés :

  • VolatilitĂ© implicite Brent ≈ 60 (vs 90 en juin)
  • Skew call modĂ©rĂ©
  • Positionnement hedge funds loin des extrĂȘmes

👉 Traduction :

Le marchĂ© n’est pas couvert pour une escalade prolongĂ©e.

Si l’opĂ©ration dĂ©passe quelques jours :

Repricing brutal.


IV. L’OR : SIGNAL SILENCIEUX

Or > 5 000 $ / oz.
Volatilité comprimée.
Positionnement fonds gérés faible.

Le marchĂ© n’est pas massivement long.

Donc le potentiel d’accĂ©lĂ©ration existe.

L’or ne rĂ©agit pas aux discours.

Il réagit à la perte de confiance systémique.


V. LE VRAI PROBLÈME : L’INFLATION RÉIMPORTÉE

IMPACT MARCHÉS : LE SÉQUENÇAGE PROBABLE

Phase 1 : Réflexe Risk-Off

  • Or en hausse
  • Dollar en hausse
  • Obligations US court terme achetĂ©es
  • VIX en expansion
  • Tech vendue

La gĂ©opolitique active l’instinct primaire du marchĂ©.

Mais le vrai sujet vient aprĂšs.


Phase 2 : Inflation importée

Si le pĂ©trole s’installe durablement > 100 $ :

  • inflation Ă©nergĂ©tique
  • pression sur les banques centrales
  • marges compressĂ©es

Federal Reserve se retrouve coincée.

Couper les taux ?
Impossible si inflation repart.

Maintenir haut ?
Explosion du crédit.

Si le Brent s’installe durablement >110 $ :

  • pression inflationniste
  • marges industrielles compressĂ©es
  • Fed coincĂ©e

Federal Reserve ne peut pas couper si l’énergie repart.

Mais maintenir les taux élevés crée un autre risque.


VI. LE CRÉDIT PRIVÉ : LE LEVIER FRAGILE

Le private credit représente environ 2 000 milliards $.

Caractéristiques :

  • dette illiquide
  • taux variables
  • valorisations internes
  • peu de marchĂ© secondaire

Si :

  • taux restent Ă©levĂ©s
  • spreads HY >600 bps
  • croissance ralentit

Alors les refinancements bloquent.

Et les défauts émergent.

Ce ne sera pas spectaculaire.

Ce sera progressif.


VII. LA MÉCANIQUE DU STRESS

Escalade prolongée
⬇
Brent >110 $
⬇
Inflation
⬇
Taux élevés maintenus
⬇
Refinancements plus chers
⬇
Spreads qui s’écartent
⬇
Crédit privé sous tension
⬇
Contraction du crédit global

La guerre est le déclencheur.
La liquidité est le mécanisme.

Le private credit, c’est :

  • financement hors bilan bancaire
  • dette illiquide
  • effet de levier discret
  • valorisations internes

Si :

  • les taux restent Ă©levĂ©s
  • la croissance ralentit
  • les spreads s’écartent

Alors :

➡ refinancements bloquĂ©s
➡ dĂ©fauts invisibles
➡ NAV fictives

La géopolitique agit ici comme catalyseur.

Le choc énergétique accélÚre les défauts.


VIII. LE DOLLAR ET LE RISQUE SYSTÉMIQUE

Chaque crise renforce le dollar Ă  court terme.

Mais Ă  moyen terme :

  • militarisation du commerce
  • usage stratĂ©gique des sanctions
  • alternatives explorĂ©es par les BRICS

La domination monĂ©taire s’érode par excĂšs d’usage.

Bis repetita : Chaque crise géopolitique renforce le dollar à court terme.

Mais Ă  moyen terme :

  • sanctions rĂ©pĂ©tĂ©es
  • militarisation du commerce
  • usage politique du systĂšme SWIFT

AccĂ©lĂšrent la recherche d’alternatives.

BRICS observent.

China apprend.

La domination monĂ©taire se fragilise par excĂšs d’usage.


IX. LE SCÉNARIO LE PLUS PROBABLE

Pas guerre totale.

Pas fermeture complùte d’Ormuz.

Mais :

Escalade contrÎlée + friction logistique + prime géopolitique durable.

Et dans ce scénario :

La bombe n’est pas militaire.

Elle est inflationniste.

Et l’inflation est l’ennemi mortel du crĂ©dit.

LE SCENARIO NOIR

Si :

  • l’Iran riposte indirectement
  • les Houthis Ă©largissent le théùtre
  • IsraĂ«l intensifie
  • les États-Unis rĂ©engagent massivement

Alors :

1ïžâƒŁ pĂ©trole durablement haut
2ïžâƒŁ inflation collante
3ïžâƒŁ Fed paralysĂ©e
4ïžâƒŁ crĂ©dit privĂ© sous stress
5ïžâƒŁ spreads qui explosent
6ïžâƒŁ correction actions sĂ©vĂšre

Et dans ce cas :

Ce ne sera pas un krach spectaculaire.

Ce sera une dégradation lente et corrosive.


CE QUE LE MARCHE SURVEILLE VRAIMENT

Pas les bombes.

Les spreads.

  • HY US
  • CLO
  • ETF de private credit
  • Volume repo
  • Dollar funding

La guerre est un bruit.
La liquidité est le signal.


CONCLUSION

L’Occident est dĂ©jĂ  fragile :

  • dette historique
  • private credit opaque
  • banques centrales coincĂ©es
  • polarisation politique

La frappe US contre l’Iran n’est pas un Ă©vĂ©nement isolĂ©.

C’est un multiplicateur de tension.

Et lorsque :

  • gĂ©opolitique
  • Ă©nergie
  • crĂ©dit
  • inflation

s’alignent dans la mauvaise direction,

les marchĂ©s cessent d’ĂȘtre rationnels.

Ils deviennent mécaniques.

La frappe contre l’Iran ne dĂ©clenche pas automatiquement un krach.

Mais elle augmente la probabilitĂ© d’un stress financier latent.

Ce qui fera vaciller les marchés ne sera pas un missile.

Ce sera :

  • un Brent durablement haut
  • des spreads qui s’écartent
  • un crĂ©dit privĂ© qui se contracte

La guerre fait du bruit.

Les spreads font les crises.


⚡ FORMULE FINALE BLOG À LUPUS

Le baril est la mĂšche.

Le crédit est la charge.

Et le systÚme financier occidental est déjà sous pression.

La guerre ne fait pas tomber les marchés.

La guerre révÚle ce qui était déjà fragile.

Et le crĂ©dit privĂ© est aujourd’hui plus fragile que le pĂ©trole.

EN COMPLEMENT : 📊 BLOC CHIFFRÉ

Niveaux critiques à surveiller (Stress Iran + Crédit privé)

Ce ne sont pas les bombes qu’il faut regarder.
Ce sont les seuils techniques.


1ïžâƒŁ PÉTROLE – Brent

  • đŸ”č 90 $ : prime gĂ©opolitique standard
  • đŸ”č 100 $ : pression inflationniste sĂ©rieuse
  • 🔮 110–120 $ : choc macro significatif
  • đŸ”„ >130 $ : risque rĂ©cession synchronisĂ©e

Au-delà de 110 $, les modÚles de marges industrielles commencent à dérailler.


2ïžâƒŁ SPREAD HIGH YIELD US

  • đŸ”č 350 bps : normalisation
  • đŸ”č 450 bps : tension
  • 🔮 550–600 bps : stress sĂ©rieux
  • đŸ”„ >700 bps : dynamique de crise

Le private credit suit le HY avec retard.

Quand le HY dépasse 600 bps,
les refinancements privés se bloquent.


3ïžâƒŁ VIX

  • đŸ”č 18–22 : volatilitĂ© normale
  • đŸ”č 25–30 : stress tactique
  • 🔮 35 : risk-off large
  • đŸ”„ >40 : dislocation

Le VIX n’est pas la cause.
Il mesure la nervosité sur la liquidité.


4ïžâƒŁ Taux US 10 ans

  • đŸ”č 4,00–4,50 % : zone inconfortable
  • 🔮 >4,75 % : pression sur financement corporate
  • đŸ”„ >5 % : strangulation du levier

Le private credit a prospéré avec des taux bas.
Au-dessus de 5 %, la mécanique se grippe.


5ïžâƒŁ Dollar Index (DXY)

  • đŸ”č 100–104 : stabilitĂ©
  • 🔮 >106 : stress global
  • đŸ”„ >110 : tension systĂ©mique mondiale

Un dollar fort = financement mondial plus coûteux.


🧠 SCHÉMA MÉCANIQUE

Choc Iran → Stress CrĂ©dit → Contagion

Voici la séquence logique.


Étape 1 : Choc Ă©nergĂ©tique

Frappe US →
Risque Ormuz →
Brent >100 $

⬇

Inflation énergétique

⬇

Banques centrales contraintes


Étape 2 : Taux Ă©levĂ©s maintenus

Fed ne peut pas couper.

Taux longs restent élevés.

⬇

Refinancements plus coûteux.


Étape 3 : Entreprises fragiles sous pression

Entreprises financées en private credit :

  • marges comprimĂ©es
  • dette floating rate
  • cash-flow rĂ©duit

⬇

Défauts progressifs.


Étape 4 : Spread HY s’élargit

Marché coté anticipe.

Spread >600 bps.

⬇

Blocage des sorties private credit.


Étape 5 : IlliquiditĂ©

Pas de marché secondaire profond.

Valorisations marquées au modÚle.

⬇

Découverte tardive des pertes.


Étape 6 : Contagion

  • Fonds de pension touchĂ©s
  • Assureurs exposĂ©s
  • Banques via lignes de crĂ©dit

⬇

Ralentissement crédit global.

⬇

Marchés actions sous pression.


⚠ POINT CRITIQUE

Le private credit n’est pas systĂ©mique comme Lehman.

Il est diffus.

Et le diffus est plus difficile Ă  stopper.

Ce n’est pas une explosion.
C’est une contraction.


đŸ”„ SCÉNARIO SYNTHÉTIQUE

Si simultanément :

  • Brent >110 $
  • HY >600 bps
  • 10 ans >4,75 %
  • DXY >106

Alors :

On entre en zone de risque macro-financier sérieux.


⚡ FORMULE LUPUS

La guerre déclenche le bruit.
Les spreads déclenchent la crise.

Surveille les spreads.

Monsieur Comédie de Trust est parfaitement cohérent avec le papier.

Parce que ce morceau n’est pas seulement du hard rock.
C’est une dĂ©nonciation de la mise en scĂšne du pouvoir.

Et cet article parle précisément de cela :

  • la guerre comme théùtre
  • la gĂ©opolitique comme dramaturgie
  • la finance comme mĂ©canique invisible
  • les dirigeants comme acteurs sous projecteurs

🎧 Pourquoi c’est stratĂ©giquement pertinent

1ïžâƒŁ “Monsieur ComĂ©die” = la politique spectacle

Les frappes.
Les déclarations martiales.
Les communiqués.
Les vidéos présidentielles.

Tout cela relĂšve de la scĂšne.

Mais pendant que la scùne s’agite :

  • les spreads s’écartent
  • le Brent grimpe
  • le crĂ©dit se contracte

Trust l’avait formulĂ© avant l’ùre des algorithmes :

Le pouvoir joue.

Le systĂšme encaisse.


2ïžâƒŁ Le contraste parfait avec l’article

Le papier dit :

Trust dit :

C’est cohĂ©rent.


Parce que pendant que les dirigeants jouent la partition martiale,
les marchés recalculent le risque.

La guerre est un spectacle.

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1 rĂ©ponse »

  1.  IRAN + CRÉDIT PRIVÉ = BOMBE LENTE

    Ce ne sont pas les missiles qui inquiÚtent les marchés.

    Ce sont les spreads.

    Une frappe amĂ©ricaine contre l’Iran peut faire monter le Brent.

    Mais ce qui peut casser le systùme, c’est autre chose :

    • Brent >110 $
    • High Yield >600 bps
    • Taux US >4,75 %
    • Dollar >106

    Le pĂ©trole dĂ©clenche l’inflation.
    L’inflation bloque la Fed.
    Les taux élevés étranglent le private credit.

    Et le private credit, c’est 2 000 milliards de dette illiquide.

    Pas marquée au marché.
    Pas transparente.
    Pas prĂȘte pour un choc prolongĂ©.

    Ce ne sera pas un Lehman spectaculaire.

    Ce sera une asphyxie lente.

     Surveille les spreads, pas les communiqués militaires.

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