Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito du Samedi 9 Juin 2012: L’Allemagne perd confiance par Bruno Bertez (actualisé au 14/6/2012 à06h50)

 L’Edito du Samedi 9 Juin 2012: L’Allemagne perd confiance par Bruno Bertez (actualisé au 14/6/2012 à06h50)

Alors que l’échéance des élections grecques se rapproche, que les Espagnols jouent à cache cache avec leur situation bancaire et domestique, que la popularité de Monti s’effondre et que Hollande fait de la provocation dans la gabegie, les Allemands s’interrogent. Ils s’interrogent et leurs yeux se dessillent.

  Pour que les choses soient claires et que vous sachiez de quel point de vue nous nous plaçons, nous répétons nos idées directrices, vous serez ainsi honnêtement prévenus. L’honnêteté de celui qui écrit, c’est d’annoncer ses choix.

- Nous sommes contre tout bail-out, aussi bien au niveau des Banques qu’au niveau des Souverains

- Nous sommes pour des dettes jubilés, des moratoires, destructions de dettes, c’est-à-dire la prise en compte de la perte de valeur des créances non honorables

- Nous sommes pour la dépréciation du capital bancaire et de la dette obligataire des banques, pour leur adossement aux Etats, nationalisation temporaire

- Bref, nous sommes pour des actions Vérité et que les responsables paient

- Nous sommes contre la spoliation du public, des citoyens, des épargnants et contribuables,  pour sauver le statu quo au profit des banques, des Etats, de leur classe politique, de leurs fonctionnaires

- Nous sommes pour le maintien réformé des protections sociales, des retraites, contre la rigidité des lois sur le Travail, pour un rééquilibrage complet de l’Etat providence afin qu’il redevienne incitatif de l’effort et non désincitatif

- Nous sommes contre la mutualisation des dettes et la soi-disant solidarité à la Hollande, solidarité qui ne consiste qu’à mettre en commun les ressources des autres; le tout ce qui est à moi est à moi, tout ce qui est à toi est à nous. La solidarité est détournée, mystifiante, malhonnête, ce n’est une solidarité, c’est du vol. Si un pestiféré vous dit: viens m’embrasser, viens chez moi et que vous refusez, il vous dira, s’il est socialiste, tu n’es pas solidaire, tu es égoïste.  Répondez-lui, je ne suis pas suicidaire, c’est un devoir, une obligation morale de protéger ma vie, celle des miens et celle de mon groupe social. Et vous aurez raison; à partir d’un certain stade, le devoir de ceux qui sont sains et peuvent assurer l’avenir est de se tenir en réserve, de se protéger.

- Nous sommes contre la recapitalisation directe des banques par les Fonds européens, car c’est un bail-out à peine dissimulé des Souverains correspondants. Ces banques ont fait exprès de faire le Sarkozy trade, c’est à dire d’accumuler des emprunts de leur Souverain avec les fonds du LTRO, elles ont triché exprès pour lier leur sort à celui de leur Souverain et faire chanter l’Europe

- Nous sommes pour que l’on mette en place des pare-feux, des coupes-circuits afin d’éviter la propagation de la Peste Financière, nous sommes pour l’isolement des pestiférés donc contre toute alliance qui irait contre ce nécessaire isolement, contre les alliances scandaleuses Hollande, Rajoy, Monti pour entrainer l’Allemagne dans leur chute

- Nous sommes pour une alliance étroite entre la France et l’Allemagne pour maintenir un ancrage sain en Europe, éviter la politique du pire, les « après moi le déluge » et surtout préserver une alternative monétaire saine, non chaotique, pour l’avenir.

Ces choix cohérents reposent sur une analyse de la crise sans concession, c’est une crise du crédit et tout ce que l’on fait pour pouvoir créer plus de crédit est criminel, cela retarde les échéances, mais cela détruit en profondeur et, in fine, les destructions seront au centuple de ce qu’elles auraient été en 2008.

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PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Derrière les dettes officielles, il y a les dettes cachées, regardez l’Espagne, elles enflent chaque jour.

La dette réelle de l’Espagne est un multiple de ce qui est annoncé. Rien que le bancaire, soi-disant audité,  vient d’être multiplié par 4 et les banques privées comme Morgan donnent des chiffres encore 5 fois supérieurs. Bien sûr, on ne parle pas dérivés qui sont de la dette, du leverage caché. Bien entendu tout cela encore sur la base d’inventaires de l’immobilier frauduleux.

Derrière les dettes cachées, il y a toutes celles qui ne sont même pas comptabilisées, les liabilities, les promesses de protection sociale et de retraites non couvertes.

source Bloomberg Business Week

Derrière encore, il y a toutes les assurances que l’on ne peut honorer comme celles données au marché de gros des refinancements, jetez un coup d’œil du coté de Dexia qui vient encore de mander un accroissement subreptice de garanties, c’est un gouffre sans fond. Et puis, il y a les garanties de dépôts bancaires… nous n’insisterons pas sur ce sujet délicat.

Derrière, il y a la pyramide du fractional banking, définitivement touché à mort car ses fondements sont en train de se déliter sous nos yeux, mais personne ne fait le rapprochement entre ce que l’on voit en surface et ce qui se passe en profondeur. Vous êtes-vous interrogé sur les raisons qui poussent le système bancaire à parquer ses excédents auprès des Banques Centrales? Vous êtes-vous interrogé sur la raison qui fait que toutes les mesures non conventionnelles qui devaient expirer en 2010 sont, non seulement reconduites, mais multipliées, et leur échéance repoussée dans le temps, n’avez-vous pas compris que le chômage et la croissance sont des alibis mis en avant pour masquer la réalité; la déconfiture du fractional banking.

Tout ce qui a été fait depuis 2008 va dans le même sens: l’aggravation, l’extension, l’enracinement en profondeur de la crise. Voila la réalité.

La crise européenne n’est pas un symptôme, c’est une manifestation de la crise profonde, définitive du système mis en place il y a 30 ans. La crise a touché l’immobilier américain, la finance privée américaine et globale, les Etats souverains individuels, les blocs d’Etat souverains, le système des Banques Centrales et on en est là.

La gestion de la crise a augmenté le stock de dettes irrécouvrables, augmenté l’insolvabilité, et surtout, tout mis en corrélation, c’est cela la fameuse concertation, la fameuse solidarité: la mise en corrélation du monde global. Ce qui se passe ici, on le retrouve là. Tous doivent être touchés.

C’est comme dans un incendie, les pompiers savent qu’il faut isoler, débroussailler, faire des tranchées pour contenir, et on fait, on fait et on veut continuer à faire l’inverse, on veut que l’incendie gagne l’Allemagne.

Avez-vous réfléchi au sens profond de la situation qui prévaut sur les marchés: on ne connait plus que le risk-on et le risk-off. Les marchés sont plus intelligents que les gouvernements, c’est souvent le cas, l’inconscient sait plus de choses que le conscient, les marchés savent que tout est corrélé et partout. Ce n’est pas une perversion, c’est un message, il n’y a plus que deux choix, une alternative, ou cela saute ou cela ne saute pas. Et le jour où les refuges bidons comme les Treasuries US se révèleront être ce qu’ils sont, lorsqu’ils seront démasqués, alors il n’y aura plus de véhicules papier du risk-off , il n’y aura que le réel, le hard.

Le Bund allemand, c’est le gardien avancé du système, c’est le dernier rempart avancé qui protège le cœur du système global ,qui est le 10 ans du govie US, le dollar, la Fed. Tout l’effort des pestiférés, auquel vient se joindre la France, est de faire en sorte que le Bund chancelle, qu’il se pollue, qu’il perde sa virginité, qu’il se souille; cela les ennuie que quelque chose tienne encore, qu’il reste une référence, une statue du commandeur.

L’enjeu des  combats européens en cours, c’est la confiance.

Pour les uns, c’est de réussir à faire chuter la confiance dans le Bund.

Pour les autres, comme nous, c’est préserver à tout prix cette confiance, cet ancrage, dernier vestige du bon sens, dernier référent.

Revenons à nos Allemands. Le Spiegel du 6 a publié un éditorial que tout responsable politique européen devrait lire, relire, méditer, il devrait convoquer ses conseillers et passer la journée à en tirer les conséquences. Un journal comme le Spiegel est un phare, et un reflet, il fait et exprime le sentiment du peuple allemand;

Que dit cet éditorial? Il dit que les Allemands ont démasqué le jeu des Européens; ils ont fait tomber le masque qui a été plaqué depuis les entretiens Kohl-Mitterrand. l’Europe repose sur le chantage. Editorial puissant, imparable, convaincant. Terrible constat, sévère.

La sévérité est une chose et là n’est pas le plus important, ce qui compte, c’est la nouvelle et publique lucidité des Allemands.

Les Allemands perdent confiance dans leurs partenaires européens.

La confiance, écrit Alain Peyrefitte, « est la loi cachée de la condition humaine, c’est la structure de la matière sociale ». En ces temps-là, il y avait encore d’autres penseurs que les BHL.

BRUNO BERTEZ Le 4 er Juin 2012

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EDITO PRECEDENT : L’ Edito du Mercredi 6 Juin 2012 : A propos de la sécurité des dépôts bancaires, mythes et réalités Par Bruno Bertez (actualisé au 9/6/12 à 9h15)

EN BANDE SON :

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Du Vendredi 8 Juin Il est temps de penser à l’Italie

Pas pour les vacances, non .

Pour le début de campagne qui se dessine contre Monti.

Mario Monti - Caricature

Une double campagne se développe contre Monti , à la fois chez les Anglo saxons du FT et chez les Italiens du Corriere .

La popularité de Monti chute dans les sondages, son soutien populaire s’effondre. Les classes supérieures aussi le lachent, le patronat et certains groupes de presse également.Lui mème le reconnait , tout comme il reconnait qu’il a commis des erreurs et aurait pu faire mieux.

Ses reformes ne sont pas remises en question mais elles sont fortement critiquées et il sera difficile d’aller plus loin; La chute de l’activité économique se fait sentir sur les recettes fiscales et le doute se généralise.

Plusieurs ministres commencent à prendre leur distance, plus soucieux de leur carrière que du succes des réformes en cours.

Face à cette situation Monti s’accroche à la bouée de sauvetage des eurobonds, il veut y croire.

La dette italienne est de 1,9 trillions et les taux recommencent à monter.

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Sur le fil de la crise coté Europe

De la suite des propos de Christine Lagarde sur les Grecs, au succès du Goethe Institute dans les pays du sud de la zone euro

-La directrice du Fonds monétaire international (FMI) a trouvé un soutien. Fin mai, Christine Lagarde avait reproché aux Grecs de ne pas payer leurs impôts, qui s’étaient dits «humiliés». Vendredi, le directeur de la brigade grecque des contrôles fiscaux, Nikos Lekkas, s’est dit d’«accord» avec la Française. «L’évasion fiscale en Grèce atteint 12% à 15% du produit intérieur brut (PIB), ce sont 40 à 45 milliards d’euros par an. […] Si nous pouvions en récupérer ne serait-ce que la moitié, le problème de la Grèce serait résolu», a-t-il indiqué dans un entretien quotidien allemand Die Welt.

-La récession en Grèce continue de s’aggraver. Le PIB a chuté de 6,5% sur un an au premier trimestre 2012, selon les données révisées des statistiques grecques publiées hier, corrigeant des premières estimations évaluant ce recul à 6,2%.

-Les lourdes pertes des grandes banques grecques

Alpha Bank/Eurobank. La première est surtout victime de la récession et de la hausse des provisions. La seconde subit les dépréciations liées à la restructuration de la dette.

La récession et la hausse des provisions pour créances douteuses ont plombé au premier trimestre les résultats des deuxième et troisième banques grecques, Alpha Bank et Eurobank, qui ont respectivement essuyé des pertes nettes de 107,8 et de 236 millions d’euros. Pour Eurobank EFG, la contre-performance a été aggravée par des dépréciations supplémentaires après la restructuration de la dette souveraine grecque. Pour Alpha Bank, la perte, à comparer à un bénéfice net de 10,5 millions au premier trimestre 2011, «découle surtout de la poursuite de la récession, pour la cinquième année consécutive» et d’une hausse de 23,2% sur un an des provisions, à 320,7 millions d’euros, a précisé le groupe. Après les lourdes pertes enregistrées en 2011 par Alpha Bank (-3,8 milliards d’euros) – et par tout le secteur bancaire grec – du fait de la restructuration de la dette souveraine du pays, l’objectif est désormais «la mise en place d’un cadre de recapitalisation facilitant la participation du secteur privé», a souligné le directeur du groupe, Iannis Kostopoulos. Eurobank EFG, qui avait pour sa part affiché au premier trimestre 2011 une perte de 5 millions d’euros, a également imputé sa perte du premier trimestre 2012 à une augmentation de ses provisions pour créances douteuses de 9% sur un an, à 365 millions d’euros. Sa perte opérationnelle s’est élevée à 77 millions au premier trimestre, à laquelle s’est ajoutée une moins-value comptable de 159 millions découlant de l’opération de restructuration de la dette souveraine grecque menée en mars. Eprouvée par la «grave crise économique et budgétaire traversée par la Grèce», Eurobank entend «continuer à renforcer sa position dans le contexte de l’effort de recapitalisation» soutenu par l’Etat et les bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, «pour contribuer activement à la relance de l’économie», a commenté le directeur du groupe, Nicholaos Nanopoulos. Les deux autres piliers du système bancaire grec, la Banque nationale de Grèce (BNG) et la Banque du Pirée ont également conclu le premier trimestre dans le rouge. La BNG a annoncé une perte nette de 537 millions d’euros et la Banque du Pirée de 80 millions d’euros avant impôts. La restructuration de la dette souveraine, dite PSI (Private sector involvment), a permis l’effacement d’environ 107 milliards d’euros de titres de dette grecque détenus par les créanciers privés, mais au prix de pertes de plus de 70% sur leur mise de départ pour ces prêteurs.

-La cinquième banque grecque, ATE Bank, serait menacée de faillite. Cet établissement «devra être fermé ou progressivement liquidé», a indiqué l’agence Reuters, citant une source proche de la Commission européenne. Bruxelles presse la Grèce de liquider certaines banques, mais elle ne peut pas le décider car seule la banque centrale du pays en a le pouvoir.

-Pour rappel : Le Fond de Stabilité Bancaire Grec (« Hellenic Financial Stability Fund ») a apporté €18 Mds de capitaux propres aux 4 grandes banques du pays sous la forme d’apports en nature de titres émis par l’EFSF. National Bank of Greece a reçu €7,4 Mds, Alpha Bank €1,9 Mds, EFG Eurobank €4,0 et Piraeus Bank €4,7 Mds. Après ce 1er round de recapitalisation, le Fond de Stabilité Bancaire Grec dispose encore de €7,7 Mds de ressources dont €700 M de cash. Un 2nd round de recapitalisation de €25 Mds doit se dérouler en septembre prochain.

-Deux caisses d’épargne espagnoles sous tutelle de l’Etat en raison de leurs difficultés, CatalunyaCaixa et Novagalicia, auront besoin de 9 milliards d’euros d’argent public pour se redresser, selon la Banque d’Espagne. Jeudi, l’agence de notation Fitch a abaissé de trois crans jeudi la note de l’Espagne, évoquant le coût d’une restructuration du secteur bancaire, chiffré entre 60 et 100 milliards d’euros et qui rend de plus en plus probable le scénario d’une aide financière européenne à ce pays.

-Gagnant indirect de la crise de l’euro, l’ Institut Goethe enregistre des records de fréquentation au sein de l’Europe du Sud, touchée par la crise, a-t-il indiqué vendredi dans un communiqué. Spécialisé dans la diffusion de la langue et la culture allemandes, il a enregistré sur les trois premiers mois de l’année une progression de ses effectifs de 30% en Italie, 35% en Espagne et «même de plus de 50% en Grèce».

-Banco Popolare di Milano a décidé de suspendre le paiement de ses coupons sur les dettes Tier 1. Deux souches d’un encours total d’environ €260 M et servant des coupons autour de 9% vont donc cesser de produire des intérêts. Cette décision du management de la banque fait suite à la publication d’une perte annuelle de €505 M l’année passée. L’absence de paiement de dividendes rendait optionnel le paiement des coupons : ces deux titres ont perdu 25% de leur valeur environ et supprimé 11 mois de coupons

-La vitesse de circulation de la monnaie (rapport entre le PIB nominal et la masse monétaire M3) au sein de la zone Euro est passée de 1,46 en 1991 à 0,97 en 2011. Sur la période, le PIB nominal a ainsi augmenté moins vite que la masse monétaire M3. La relation s’est toutefois inversée depuis 2010 avec une croissance nominale supérieure à M3. Le « deleveraging » des banques n’étant pas terminé, la progression de M3 risque de demeurer faible durant les prochaines années.

-BRI: chute des créances internationales

Les créances internationales des banques ont enregistré leur plus importante chute depuis l’effondrement de l’établissement américain Lehman Brothers en 2008, principalement dans la zone euro sous pression de la crise des dettes publiques, a annoncé dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI). Les créances transfrontalières ont reculé globalement de 799 milliards de dollars (642,9 milliards d’euros), soit de 2,5%, au quatrième trimestre 2011. Cette baisse a en grande partie été le fait d’une réduction de 637 milliards de dollars, soit un recul de 3,1%, des prêts entre banques. Selon la BRI, les banques actives au niveau international ont réduits leurs prêts aux établissements de la zone euro, mais aussi dans une moindre mesure aux banques dans les pays en développement. Les prêts à destination des banques dans la zone euro ont ainsi reculé de 364 milliards de dollars, soit un recul de 5,9%. Les établissements situés dans la périphérie de l’union monétaire ont particulièrement souffert de cette tendance. Les crédits à destination des banques en Italie ont ainsi baissé de 9,8%. Les prêts ont baissé de 8,7% pour leurs homologues situés en Espagne et se sont «fortement contractés» pour les banques en Grèce, en Irlande et au Portugal.

-Europe les entreprises se tournent vers les USA pour emprunter

La crise de la dette en Europe pousse les entreprises du continent à se tourner vers les marchés américains pour emprunter de l’argent, selon le Wall Street Journal de hier. Elles ont ainsi emprunté environ 14,4 milliards d’euros (environ 18 milliards de dollars) depuis le début de l’année sur le marché américain des prêts à effet de levier, selon des données de S&P Capital IQ LCD. C’est plus du double du total de l’année 2011 (6,7 milliards d’euros) et le plus haut niveau au moins depuis 2007, où le volume pour l’ensemble de l’année était de seulement 12,2 milliards d’euros. Les prêts à effet de levier sont consentis aux entreprises déjà endettées ou qui ne sont pas bien notées par les agences de notation, ce qui rend ce marché sensible à la crise de la dette en Europe.

-BCE les banques françaises stabilisent leurs emprunts

Les emprunts des banques françaises auprès de la Banque centrale européenne (BCE) se sont stabilisés en mai après avoir augmenté sans discontinuer depuis décembre, selon des chiffres publiés mardi par la Banque de France. Au 8 mai, l’encours des banques françaises auprès de la BCE atteignait 1,6 milliard d’euros à court terme emprunté lors des opérations principales de refinancement à sept jours (Main refinancing operation ou MRO) et 169,1 milliards lors des opérations «à plus long terme» (LTRO), c’est à dire 1 mois, 3 mois, 1 an et 3 ans. A 170,7 milliards d’euros, le niveau des prêts de la BCE aux établissements français est peu ou prou le même que début avril (170,5). En revanche, les banques françaises ont nettement augmenté les dépôts qu’elles effectuent auprès de l’institut francfortois, les portant à 138,7 milliards d’euros contre 103,8 un mois plus tôt. Ces dépôts ont été progressivement renforcés depuis juillet 2011, mouvement favorisé par l’aggravation de la crise de la zone euro et de la défiance du marché vis-à-vis des banques européennes.

-Moody’s dégrade Commerzbank et six autres banques allemandes. Deutsche Bank, elle aussi sur la sellette, est l’objet d’un examen à part

L’agence de notation Moody’s a annoncé hier qu’elle avait abaissé la note d’une série de banques allemandes et autrichiennes, comme elle l’avait laissé entrevoir en février. L’agence américaine de notation Moody’s avait dressé en février une liste de 114 instituts européens et 17 banques d’envergure internationale – dont Deut­sche Bank – menacés de voir baisser leur note. Au cours des semaines passées, 16 banques espagnoles et 26 instituts italiens avaient vu baisser la leur.Puis il y a peu c’était au tour des trois plus grandes banques autrichiennes et de sept banques allemandes dont Commerzbank, la deuxième banque du pays en partie nationalisée dans le sillage de la crise bancaire. «Les banques allemandes sont engagées dans de nombreux pays et secteurs d’activité tels l’immobilier ou les transports maritimes internationaux particulièrement affectés par l’aggravation de la crise de la dette», explique l’analyste de Moody’s Carola Schuler. Fin mars, le bilan de Commerzbank faisait état d’un engagement à hauteur de 14 milliards d’euros en Espagne, dont 4,4 milliards de créances bancaires. La note de la dette à long terme de Commerzbank baisse d’un point (à A3) et sa perspective est abaissée à «négative».

Les banques DZ Bank et Dekabank passent à A1; Deutsche Hypothekenbank, et les banques régionales du Bade-Wurtemberg et Nord LB à A3, la banque régionale de Hesse-Thuringe Helaba à A2. La banque coopérative WGZ Bank garde sa note assortie d’une perspective négative.

Deutsche Bank, elle aussi sur la sellette, est l’objet d’un examen à part. Sa note devrait être connue d’ici à la fin du mois, selon Moody’s. Globalement, Moody’s analyse d’un œil critique le modèle de la banque d’investissement d’envergure internationale à Deutsche Bank, affecté de graves problèmes structurels aux yeux de l’agence: manque de confiance des investisseurs, coûts de refinancement en hausse, trop faible concurrence, trop forte imbrication des instituts les uns avec les autres… Pire encore aux yeux de l’agence serait la situation des banques européennes d’envergure régionale, type Landesbank allemande.

-Nouvelle baisse des crédits au secteur privé

Les crédits au secteur privé ont continué à ralentir en avril, enregistrant une croissance de 0,3% sur un an contre 0,6% en mars et 0,8% en février, a annoncé  la Banque centrale européenne (BCE). Dans le détail, les crédits aux entreprises non financières, un sous-indice particulièrement suivi par les économistes, ont en revanche accéléré en avril (+0,5% contre 0,3% en mars).Mais cette reprise reste «anémique» et «décevante», a estimé Howard Archer d’IHS Global Insight, alors que la BCE a injecté plus de 1.000 milliards d’euros de prêts exceptionnels sur trois ans aux banques de la zone euro en décembre et fin février pour précisément soutenir le crédit.«Les conditions resserrées du crédit restent un problème sérieux pour les perspectives de croissance de la zone euro», a-t-il conclu.La progression des prêts aux ménages a ralenti à +0,5% en avril, contre +0,6% en mars. La croissance des crédits immobiliers a également légèrement baissé de rythme, à 1% contre 1,1% le mois précédent.

S’agissant de la croissance de la masse monétaire M3, qui permet de déceler les pressions inflationnistes à moyen terme, elle a également ralenti, s’affichant en progression de 2,5% sur un an en avril contre 3,1% en mars sur un an. Le consensus d’analystes de Dow Jones Newswires attendait +3,4%. Sa croissance moyenne de février à avril, de 2,7%, reste bien en deçà de la valeur de référence de 4,5% que la BCE considère appropriée avec son mandat de maintenir la hausse des prix à un niveau proche mais inférieur de 2% sur le moyen terme.

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Du Dimanche 10 Juin : Bailout des Banques espagnoles . on verra !!! par Bruno Bertez

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Un mouvement de protestation s’oppose au sauvetage de la banque espagnole Bankia à l’aide de milliards d’euros d’argent public. Ainsi, le 17 mai dernier, un collectif de chanteurs et danseurs flamenco, disséminé dans une succursale de Bankia à Séville, comme de simples clients, s’est soudainement lancé une bulería, schéma rythmique du flamenco, intitulée « Bankia, pulmones y branquía » (Bankia, poumons et branchies). Les paroles satiriques étaient notamment destinées à Rodrigo Rato, ancien ministre de l’Economie d’Aznar, président de Bankia de 2010 à 2012. Avant que les danseuses n’entrent en scène, le chanteur évoque également la suppression de dizaine de milliers d’emplois du secteur bancaire, les diminutions de salaire et l’augmentation des prix.Ce genre de mobilisation instantanée appelée « flamenco protesta » s’est répandu ces derniers temps en Espagne. L’année dernière, d’autres actions du même type avaient été menées dans la banque Santander de Séville et BBVA de Malaga.

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Tenir jusqu’aux élections grecques, après on verra…. Tel est l’objectif européen, un objectif commun, contesté par personne. Dans ces conditions, ce qui compte c’est d’occuper le terrain, multiplier les effets d’annonce en jouant sur la connivence des médias et corps intermediaires. Plus on entasse, plus on empile et plus cela finit par devenir sinon vrai du moins convaincant : Telle est la politique.

Ainsi donc on a annnoncé un accord pour un bailout des Banques espagnoles qui leur garantirait 100 milliards par le biais d’un apport aux Fonds européens EFSF ou ESM.

source Business Week

source Zerohedge

Nous ne déconstruirons pas maintenant ce plan de sauvetage car ce serait faire preuve de partialité, les détails, les principes, l’architecture du dispositif ne sont pas connus.

Nous nous contenterons de quelques remarques, quelques jalons :

Notre fil conducteur depuis quelque temps étant la confiance, nous rappelerons que le 28 mai , le menteur systèmique Rajoy a déclaré:  »Il n’y aura pas de plan de sauvetage des Banques espagnoles ». Citation extraite du rappel par Nuevatribuna. La confiance est rarement produite par le mensonge et le reniement. Or en matiere financière, la confiance est essentielle, tout repose sur le crédit, c’est-à-dire sur la croyance, sur le fait de croire.

Donc, cela commence mal.

Ensuite il y a la comédie. Vous avez vu tous comme nous la valse hésitation de s Espagnols, demandera, demandera pas formellement un bail out?

Le sens de la comédie c’est :

1) faire un chantage sur l’Allemagne en menacant implicitement de destabiliser les marchés

2) sauver la face face aux citoyens espagnols.

Est ce que cela a trompé le moindre investisseur ? Non, bien sûr car on sait depuis le premier jour que le bail out sera mis en place et que le chantage de Rajoy fonctionnera, comme nous l’avons dit Merkel est dans la seringue, elle n’a pas encore touvé la parade au chantage.

Enfin il y a l’habillage.

On a fait courrir la rumeur de besoins de 45 Milliards par la voie d’estimations bidons du FMI, on attend soi disant les résultats d’une expertise indépendante, mais on annonce un chiffre de 100 milliards: Le jeu consiste comme à l’accoutumée à impressionner en créant de fausses attentes pour faire croire que l’on fait plus et mieux. Hélas nous sommes dans le monde de l’investissement et pas dans le grand public et le monde de l’investissement, les Morgan Stanley, les JPM et autres savent que les besoins minima sont de 150 à 300 milliards,N’oubliez pas la dissymétrie, les Mégabanques sont les Conseillers des Princes. Et encore ces chiffres sont avancés sur la base d’un certain optimisme en matière d’évaluation de l’immobilier et des créances adossées:

Le lapin sorti du chapeau ces derniers temps était celui de l’union bancaire européenne,

Nous avons salué l’un des aspects des travaux de Michel Barnier dans la mesure où il se ralliait à notre vue : cesser de faire payer les contribuables, déprecier les actifs pourris des Banques, dévaloriser le capital et les obligations et adosser les Banques aux Etats. Hélas nous avions aussi stigmatisé l’autre volet, celui de la solidarité et de la mutualisation. Les trous sont trop gros pour ètre mutualisés pensons-nous. Barnier nous dit notre objectif est de séparer les Banques des Souverains, casser ce couple maudit comme nous, nous le disons.

Est ce que l’on casse le couple maudit dans le cas des Banques espagnoles? Non , bien sur, au contraire.

On casse , façon poudre aux yeux le couple maudit Souverain espagnol, Banques espagnoles mais -globalement au niveau européen on charge la barque des Souverains et surtout celle du core , donc on affaiblit le core , aucun lien à ce niveau n’est coupé

-Au niveau espagnol, les banques tierces vont bien entendu comptabiliser dans les dettes de l’Espagne ces 100 Milliards du bail out

-On a ouvert la boite de Pandore de la vraie situation du secteur bancaire européen et c’est à qui va crier et moi et moi et tenter de transférer sur l’ensemble de l’Europe du core les pertes cachées de ses Banques.

Déjà l’irlande dès ce matin a fait savoir qu’elle souhaitait aller dans ce sens.Cela va dans le sens non pas de la coupure des liens, du cantonnement, des coupe circuits mais au contraire dans le sens de l’aggrégation, de la contamination, de la contagion que nous dénonçons et que Barnier a fait semblant de dénoncer.

S’agissant d’argent officiel, l’exemple grec laisse à penser que les fonds de sauvetage seront securisés par des garanties, ce qui implique que la dette ancienne des Banques espagnoles deviendra subordonnée comme ce fut les cas pour la Grèce, au lieu de se revaloriser, elle va se déprécier. Personne ne va en vouloir. Les taux, après un éventuel coup de chapeau, vont recommencer à monter.

Et plus important, toujours dans le cadre de notre fil conducteur de la confiance, le bail out directement indirect des Banques espagnoles donne aux marchés une information fondamentale, objective, incontournable à savoir l’Etat espagnol, le Souverain est incapable, n’a pas les moyens de tratier lui mème le problème de ses banques. Pour ceux qui auraient pu douter de l’insolvabilité du Souverain espagnol, le subterfuge au lieu de la cacher, révèle la situation de faiblesse de l’Espagne!

Nous verrons plus tard s’il ya d’autres choses importantes à mettre en evidence, mais pour l’instant, et c’était évident dès le début, le bail out reste de l’ordre non pas du réaménagement des chaises sur le pont du Titanic, mais de l’ordre de l’astiquage des cuivres sur les rembardes.

Notre interpretation, audacieuse, est que le bail out des Banques espagnoles est le premier pas, la première étape du bail out du Souverain espagnol lui mème. La mécanique que l’on croyait stopper est à notre sens , lancée.

BRUNO BERTEZ Le 10 Juin 2012

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EN BANDE SON :

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La semaine dernière, le journal Der Spiegel a évoqué dans un article le chantage dont l’Allemagne aurait été la victime dès le début de son adhésion à l’Union Européenne. C’était la France qui avait commencé, en obligeant l’Allemagne à adopter l’euro au moment de la réunification allemande, pour l’empêcher de devenir trop puissante. Mais depuis peu, ce sont les Grecs, et maintenant les Espagnols qui sont devenus les maitres de ce chantage, et qui tentent de faire plier Berlin, écrit le journal. 

« De toute évidence, ces nouveaux développements ne devraient surprendre personne. Souvenez-vous qu’il y a deux semaines, le Nigeria a décidé de supprimer son exposition à l’Europe. La dernière fois que nous avons vérifié, il prenait toujours des risques sur l’Ouganda », ironise le blog financier Zerohedge.

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Les prochaines élections en Grèce auront lieu le 17 juin, et le parti Syriza semble bien parti pour les remporter. Son charismatique leader, Alexis Tsipras, pourrait alors devenir le Premier ministre da la Grèce. Pour le Financial Times Deutschland, ce serait un coup dur pour l’Europe. Le journal rappelle que Tsipras a déjà commencé lui aussi à exercer du chantage : 

« Si Tsipras l’emporte, et tout semble déjà l’indiquer, ce sera la première fois depuis le début de la crise grecque que nous assisterons à la prise du pouvoir d’un démagogue. Tsipras affirme que « toute l’Europe est en danger », du fait de l’interdépendance des pays. Il veut, dit-il, et il faut lire attentivement cette phrase, « convaincre ses partenaires européens qu’il est dans leur intérêt de ne pas suspendre le financement (de la Grèce) ». « Si nous ne parvenons pas à les convaincre, et nous n’adopterons pas de mesure unilatérale, mais qu’ils continuent de mettre en place des mesures unilatérales, et qu’ils cessent les paiements du plan de secours, nous serons forcés d’interrompre les paiements de nos créanciers ». C’est la première fois que l’un de nos partenaires utilise notre interdépendance pour nous prendre en otage, convertissant ainsi sa faiblesse et sa dépendance en atout. Pourquoi personne n’avait pensé à le faire jusqu’ici ? Une chose doit être claire après le 17 juin : l’Europe ne doit pas se soumettre au chantage. Si les Grecs décident de s’engager dans cette voie, nous devons les laisser en supporter les conséquences, ou les laisser tomber ».

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Sauver les banques espagnoles

(Chappatte)

Le circuit que devra suivre cette aide de 100 milliards d’euros est semé d’embûches et d’ambiguïtés. L’argent, qui proviendra du Mécanisme européen de stabilité, en vigueur dès juillet, alimentera par tranches – le calendrier n’a pas été fixé – le FROB espagnol, lui-même chargé de le distribuer aux banques «malades». Il se présente sous la forme d’un prêt à 3% d’intérêt, remboursable dans un délai d’une dizaine d’années, par l’Etat espagnol. A l’heure actuelle, Madrid emprunte au taux prohibitif de 6,3%. C’est donc un ballon d’oxygène, même si son remboursement effectif suscite des doutes.

 La question stratégique tient à la répartition du pactole. Il semble que les principales banques du pays (BBVA, Santander, Caixa, soit la moitié du secteur), globalement assainies, n’en bénéficieront pas. Les entités réceptrices seront surtout les nombreuses caisses d’épargne et banques surendettées, qui avaient tout misé sur la spéculation immobilière. La clé sera le ­rapport des consultantsOliver Wyman et Roland Berger, commandité par Madrid et attendu d’ici au 21 juin. Celui-ci déterminera la liste des entités les plus fragiles et les besoins chiffrés pour chacune d’entre elles. Selon le FMI, le système financier espagnol a besoin de 40 à 60 milliards d’euros. D’autres sources indiquent que cette somme est insuffisante, au regard des quelque 300 milliards d’actifs immobiliers, forcément suspects, ayant affleuré ou en passe de l’être.

Y aura-t-il des effets collatéraux? Pour les banques certainement. Les bailleurs de fonds auront à cœur de hâter la «restructuration» du secteur, via la fusion d’entités, la mise aux enchères de certaines banques nationalisées (Banco de Valencia, Catalunya Caixa…), la fermeture d’au moins 8000 agences et le licenciement de 35 000 employés. 

Quid de l’Espagnol de la rue qui depuis ce week-end se demande avec angoisse si le sauvetage bancaire aura un impact sur son portefeuille? Indirectement, il n’en sortira pas indemne: Bruxelles augmentera désormais son exigence de voir ramener le déficit public de 8,9% à 3% en 2014. Or, pour cela, le gouvernement Rajoy va devoir augmenter la TVA, accélérer la réforme des retraites, accroître les coupes budgétaires. «Dans le fond, dit l’analyste Emilio Ontiveros, cette aide est la conversion de dette privée en dette publique. Tous les Espagnols en paieront bien sûr le prix fort.»

L’aide européenne aux banques espagnoles a provoqué un début de polémique au Portugal où le premier ministre de centre droit est désormais sous pression pour améliorer les conditions du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé au pays en mai 2011.

 Le chef du gouvernement, Pedro Passos Coelho, a dans un premier temps rejeté toute renégociation du plan d’aide au Portugal même si le «sauvetage», qui ne veut pas dire son nom, et dont l’Espagne bénéficie, pourrait lui en donner l’occasion. «Il n’y a aucune raison de demander de nouvelles conditions», a dit le premier ministre. 

De son côté, le gouvernement irlandais a estimé lundi que l’aide obtenue par l’Espagne pour renflouer ses banques n’était pas plus avantageuse que celle dont il avait bénéficié en 2010.

Source Le Temps+Agences

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La fiesta espagnole va-t-elle être de courte durée? Par John J. Hardy  Stratège et consultant en devises auprès de Saxo Bank

 Il y a deux semaines, j’ai développé dans cette rubrique les quatre issues possibles pour la zone euro. Dans l’un des scénarios que je privilégiais, «la japonisation», la zone euro continuait à mettre en place des dispositifs «extend and pretend» de plus en plus élaborés destinés à empêcher les structures de la monnaie européenne en grande difficulté de s’effondrer. Le renflouement des banques espagnoles de ce week-end en est le bon exemple: pas de nouvelles étapes audacieuses, aucun signe indiquant des choix déterminants comme créer une union fiscale ou encore admettre qu’une réévaluation dans les pays périphériques est une nécessité. Au contraire, on continue à bricoler un énième dispositif visant à garder en vie une poignée de banques espagnoles zombies et à fournir des liquidités aux pays périphériques au bord de l’asphyxie, même s’ils demeurent effectivement insolvables.

 

Le marché des changes a en réalité anticipé le renflouement de ce week-end assez habilement, l’EUR/USD passant d’un niveau extrêmement bas inférieur à 1,2300 le 1er juin à plus de 1,2600 hier à l’ouverture, le marché tentant de saluer le renflouement espagnol. Le niveau le plus bas précédent pour l’EUR/USD avant le creux de fin mai-début juin était d’ailleurs de 1,2620 – un niveau que les techniciens du marché devront surveiller. Mais cette fiesta pourrait être de courte durée car le renflouement et la recapitalisation des banques espagnoles ne s’attaquent pas aux réelles difficultés structurelles du système financier du pays et de son économie en général. Et les élections grecques de ce dimanche ne vont pas arranger les choses.

Ainsi, alors qu’il pourrait y avoir encore un écrasement des positions courtes spéculatives sur l’euro dans les jours à venir, il y aura sûrement une résistance bien au-dessus de 1,3000 pour l’EUR/USD.

 Dans les semaines qui suivront les élections grecques de dimanche prochain, nous verrons si nous continuons avec ce scénario de japonisation à moyen terme ou si nous passons rapidement à un risque plus élevé de notre second scénario «extend and pretend: version légère». Dans celui-ci, la Grèce quitte l’euro pour défaut de paiement de ses dettes et dévalue sa monnaie. De plus, la politique de l’Union européenne (UE) et de la Banque centrale européenne (BCE) sera probablement de passer dans un mode de contrôle des dommages plus approprié – afin d’éviter qu’un défaut de la Grèce puisse faire d’autres dommages collatéraux dans les pays périphériques – plutôt que de vouloir continuer à prétendre que tout va bien se passer comme c’est le cas actuellement.

 En conclusion, plus l’UE persiste à nous faire croire que tout va bien, plus l’euro risque de continuer de baisser. Pour que l’euro se réévalue rapidement, il faut que l’UE prenne ses responsabilités et relève ses défis structurels tout en dévaluant en périphérie. L’été qui nous attend devrait révéler au grand jour la stratégie de l’UE.

Source Le Temps

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Chypre: le prochain sur la liste…

L’île est fragilisée par le besoin de capitaux de Cyprus Popular Bank. Le pays va demander une aide internationale avant la fin du mois…

Chypre, pays membre de la zone euro, a fortement laissé entendre lundi qu’il pourrait nécessiter une aide internationale avant la fin du mois, tant pour ses banques que pour ses finances publiques. « Le problème est urgent. Nous savons que la recapitalisation des banques (de l’île) doit être finalisée avant le 30 juin, et il ne reste plus que quelques jours », a dit le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, à des journalistes.

Chypre est sous pression pour secourir la deuxième banque du pays, Cyprus Popular Bank, fragilisée par son exposition à la Grèce, avant l’expiration du délai réglementaire fixé au 30 juin. Le pays doit prendre la présidence tournante de l’Union européenne pour six mois à partir du 1er juillet.

À la question de savoir si un éventuel soutien porterait principalement sur les banques, Vassos Shiarly a indiqué qu’à ses yeux il s’agirait plutôt d’un ensemble complet de mesures d’aides inspiré de ce qui a déjà été fait. « Quand un pays fait appel au mécanisme de soutien, vous prenez en compte tous les éléments, y compris les besoins qui peuvent survenir par la suite. Par conséquent, il s’agirait d’une demande d’aide complète couvrant non seulement les circonstances actuelles et la recapitalisation des banques mais aussi les besoins futurs », a dit le ministre.

Le pays, lourdement endetté et déficitaire, est exclu des marchés financiers depuis un an. Il aurait besoin de l’équivalent de 10% de son produit intérieur brut (PIB) rien que pour redresser Popular. La banque est à la recherche d’un investisseur pouvant lui apporter 1,8 milliard d’euros, faute de quoi l’Etat devra lui-même y injecter des capitaux frais.

Le ministre chypriote a dit ne pas être en mesure de chiffrer le montant total de l’aide qui pourrait être demandée. Chypre a un peu plus de 2 milliards d’euros de dette à court terme qui arrive à échéance l’année prochaine. Chypre a en théorie la possibilité de demander une aide le week-end prochain, ou celui du 23-24 juin, dans la mesure où l’attention devrait entre-temps se porter sur les élections législatives en Grèce prévues le 17 juin.

Le pays, qui représente 0,2% de l’économie de la zone euro, a jusque là été réticent à faire appel au soutien de l’Union européenne (UE), refroidi par l’expérience de la Grèce et redoutant les pressions qui pourraient s’exercer en contrepartie, notamment sur son régime fiscal, l’un des plus légers de l’UE.

Chypre a donc engagé des discussions séparées avec un pays tiers, dans l’espoir d’obtenir de meilleures modalités de sauvetage de la part des autres pays membres.

Bien que ce pays n’ait pas été nommé, il pourrait s’agir de la Chine. Sur ce point, Vassos Shiarly a indiqué à des parlementaires que des nouvelles étaient attendues « très prochainement ».

Chypre s’est déjà vu accorder l’an dernier un prêt de 2,5 milliards d’euros de la part de la Russie, dont les versements doivent combler une part de son déficit de cette année.

Source Reuters

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Du Lundi 12 Juin : Espagne suite ; Italie suite

Nous renvoyons à notre analyse à chaud du bail out espagnol. Nous n’avons à ce jour pas grand-chose à changer, malheureusement. Les taux de rendement, sur les emprunts espagnols, ne baissent pas. Nous le craignions dans notre article, de mème nous craignions qu’au lieu d’un aboutissement ce sauvetage ne soit premier d’une longue marche vers le bail out du Souverain. Le rendement du dix ans espagnol s’envole à 6,81% nouveau record. Les marchés sont plus que jamais fermés. Honte à ceux qui ont monté l’opération.

Les erreurs théoriques conduisent aux catastrophes pratiques.

Côté Italie, mème évolution, la crise mijote gràce aux initiatives contreproductives du trio Hollande, Monti; Rajoy. Sont-ils capables de comprendre que les marchés sont sur une nouvelle donne ?

Confirmation l’Italie en difficulté : Il y a un vieux truc boursier , très efficace qui dit. ne croyez jamais quelque chose jusqu’à ce que ce soit dementi. L’Italie se rapproche donc de la crise, Monti vient de déclarer sur la radio publique: l’Italie n’a pas  besoin de plan de sauvetage.

Notez que la gauche française vient de découvrir la crise, elle multiplie les fuites dans la presse aux ordres pour faire dire que les objectifs ne seront pas tenus. Ni sur la croissance, ni sur les déficits ! On prépare l’opinion à un virage, dans la plus pure malhonnèteté, comme si la crise et son poids sur les déficits et la croissance s’étaient aggravée en quelques jours.

Notre accent sur la confiance, notre nouveau cheval de bataille est plus que jamais bien venu.

Nous vous signalons que peu à peu les marchés intègrent l’idée que meme si l’Allemagne changeait de position et allait vers la mutualisation, c’est sa solvabilité qui serait menacée. Atlas ne peut porter le monde à bout de bras. Les chiffres sont là.

D’une facon générale, retenez bien ceci, la crise n’est pas affaire de volonté de déclarations ou autres déclamations, elle est réelle, elle suit son chemin. Son traitement est encore possible, mais chaque jour qui passe nous éloigne des possibilités de solution. Pourquoi, parce que les remèdes sont des faux remèdes, ils prolongent le status quo. On tourne le dos aux solutions.

Il faut un grand debt jubilé, il faut que l’argent gaspillé à sauver les kleptos, les créanciers, soit utilisés pour aider les débiteurs, les agents économiques endettés et surendettés; Il faut réduire le besoin de deleveragins et non tenter de l’augmenter sans cesse et dans des conditions de plus en plus douteuses et honteuses.

Bientot on relancera le débat sur le rempart , faux rempart également, que constitue la BCE.

Sur le chemin suivi, tout est écrit.

 BRUNO BERTEZ Le 12 Juin 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

16 replies »

  1. Pfiouuuuu ! Et ben et ben ??????

    Enfin HEUREUSEMENT ….

    ÇA VA BEAUCOUP MIEUX QUE L’ANNÉE PROCHAINE N’EST-CE PAS ?

    Ceci dit, MERCI ENCORE pour cette analyse sans concession et ces prises de positions
    aussi courageuses que lucides.
    Que Dieu nous vienne en aide ! C’est peu dire QUE NOUS EN AVONS GRAND BESOIN.

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  2. « Les Allemands perdent confiance dans leurs partenaires européens. »

    J’adore ce que vous écrivez, et la manière dont vous écrivez (unique parmi les « éco blogers »).

    En revanche, là, je suis en totale opposition.

    J’ai peur que vous ne soyez la dernière victime du « mythe allemand ».

    Je vais tenter de synthétiser :
    -on dit « les Allemands en ont marre ».
    Or les Allemands votent contre le seul vrai parti libéral (anti bailout, membre de la coalition de Merckel)… et votent pour le SPD, et encore un peu pour la CDU. Les 2 Laurel et Hardy de la politique allemande (comme chez nous l’UMPS).

    Le SPD est parfaitement dans la doxa : bailout, plus d’europe, croissance blabla… bref tout le brouet immonde que les crapules bruxelloises nous obligent à manger depuis 15 ans.

    Comment expliquez-vous cela ?

    Ajoutons que le SPD remportera les élections générales de 2013… Mais éventuellement aura besoin de former une coalition avec… la CDU.. Qui serait parfaitement incarnée par… Merckel (encore).

    -Der Spiegel reflet de la société allemande. Non. Reflet d’une minorité. Et cet édito n’est pas une première. Der Spiegel tire à boulets rouges sur les grecs, l’euro etc. Rien de neuf.

    -on dit la Bundesbank, l’aigle, le faucon, le gardien de l’orthodoxie monétaire, en a assez.
    Faux. Ces crapules sont les premières à vouloir déminer le début de polémique en allemagne au sujet de Target 2 (sur le blog de berroyer, un papier du patron de la bundesbank absolument édifiant)
    La Bundesbank en bon toutou, et à l’instar de toutes les autres banques centrales, est complice.
    Elle ment, biaise, triche.

    -on dit « Merckel c’est l’empêcheuse de tourner en rond, c’est Fraulein Nein ».
    Faux. Merckel, formée, formatée en RDA, est une parfaite apparatchick qui pratique l’entrisme politique avec un talent inoui (elle dirige la CDU ! Ses anciens « éducateurs » n’auraient jamais pu rêver plus belle victoire, et plus belle ironie).

    Elle fut la première à faire un bailout bancaire (quelques jours après Lehman)…. Hypo Bank.

    Ensuite, sa stratégie est cousue de fil blanc : depuis 2008, cette hypocrite commence par dire « non », ensuite « peut-être mais »… pour finir par accepter le plan. Relisez les archives. C’est édifiant. Irelande, Grèce, les multiples plans : toujours le même processus.

    Elle est complice, complice active.

    Elle forme avec Baroso, Van Rompuy, Sarkozy et tous les autres, un groupe cohérent. Sans aucune dissension réelle.

    Je n’oublierai jamais qu’en janvier 2011, elle a accepté la sortie de Weber (un vrai faucon, lui) qui devait prendre la tête de la BCE, et a nommé (avec son complice Sarkozy)… un type comme Draghi.

    Draghi n’est pas juste un haut fonctionnaire, comme ça. Non. Il n’a pas été choisi par hasard ou par défaut. Trichet était gâteux et trop timide. La crise européenne allait exploser, Merckel et Sarkozy le savaient bien sûr, il fallait don impérativement nommer un mec capable de passer le SUPER TURBO.

    Draghi remplit parfaitement sa mission.

    Donc comment peut on dire que Merckel dit « nein » ? Au passage, l’indépendance de la BCE est un pur mythe. Est ce que Merckel dénonce cela ?

    Ma thèse :
    -les Allemands sont aussi veules que les Français… Avec une circonstance aggravante : la démographie fait d’eux… fondamentalement des vieux « conservateurs ». Surtout ne rien changer. Consensus mou.

    -les dirigeants allemands sont aussi veules, menteurs, et lâches que tous les autres dirigeants européens.

    -la soit disante vertueuse allemagne a une dette publique très importante (2079 milliards d’euros, chiffres 2011 Eurostat), et sans doute des grosses poussières sous le tapis !

    -la soit disante vertueuse Allemagne a des banques aussi pourries que la France par exemple.

    -il n’y a aucune « solution » technique pour résoudre la crise. La seule obsession des politiciens européens est de gagner du temps, et surtout, surtout, de ne pas paraitre comme responsable d’un drame (exemple éclatement de la zone euro).

    Il n’y a aucun autre objectif. Même le dernier délire repris par les médias-veaux au sujet du plan allemand pour aller vers l’europe fédérale en 2 coups de cuillère à pot, est une vaste fumisterie. Un moyen pour Merckel de se défausser, de réduire son image de « Fraulein Nein »… Elle oblige ainsi ses partenaires à dire « non » à leur tour (ce que vient de faire la France par exemple).

    -bref, nous sommes dans un théâtre, stérile, dans lequel il n’y a même pas un grand plan secret, une conspiration. Juste la petitesse, les mensonges, l’amoralité de toute la classe politique, à l’échelle du continent, doublés par l’écroulement d’un modèle économique, sociétal, et la veulerie des peuples.
    N’oublions jamais : nos dirigeants sont le reflet de nous-mêmes.

    Pour illustrer mon propos au sujet de la dette publique allemande (d’ailleurs, erreur, chiffres 2010) :

    http://www.marianne2.fr/Merkel-la-femme-qui-valait-5-000-milliards-de-dette-publique_a211138.html

    Alors Merckel… si différente de Sarkozy ? Hollande ?

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    • @Christophe

      je suis desolé de vous contredire, si vous lisiez l’historique de ce que j’ecris, je défends la meme these que vous sur Merkel et la situation réelle de l’Allemagne . En particulier j’ai écris recemment sur la trés mauvaise situation des banques allemandes.

      http://leblogalupus.com/?s=angela+marquise+des+banques

      Par ailleurs ma thèse est que l’Allemagne n’a pas les moyens de venir en aide à un pays du core.Ce que j’écris doit se lire comme un feuilleton qui se développe tout en restant cohérent.

      Vous retrouverez ces articles , peut ètre mème nous vous les mettrons en lien.

      Le peuple allemand , voir les derniers sondages ZDF, est en opposition claire au laxisme hypocrite de Merkel, et s’exprime à 79% contre les bailouts.

      Une manif très forte vient de se tenir à Munich contre les bail out avec pour thème n’endettez pas les nourrissons et ceux qui ne sont pas encore nés pour sauver des profiteurs.

      Eviter, pour vous exprimer de préter aux autres des idées qu’ils n’expriment pas, les contributions seront plus riches . Pour s’exprimer, il n’est pas necessaire de contredire, on peut apporter des compléments intéressants en revanche.

      Quand au chiffre de 5000 milliards c’est un chiffre imbécile avancé par quelqu’un qui ne comprend pas la différence entre la dette officielle instantanée et la somme actualisée des liabilities, des engagements qu’un pays a à l’égard de sa protection sociale, ses retraites etc.

      On doit comparer dette officielle et dette officielle
      on doit comparer engagements globaux et engagements globaux.

      Pour vous donner une idée, les 5000 milliards de liabilities de l’Allemagne se comparent a 9400 milliards pour la France, chiffres qui résultent d’une etude commanditée par la BCE.

      Si vous vous interessez a l’économie évitez de la suivre au travers de publications incompétentes, partiales et manifestement motivées par la haine. Les Echos sont un excellent journal

      je vous remercie de votre intéret.

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  3. Un sondage ne fait pas l’opinion. Et une manif encore moins.

    La ZDF peut raconter ce qu’elle veut, et Der Spiegel aussi, je préfère regarder… les résultats électoraux.

    Si on enlève les particularismes locaux (scandales pour la CDU en Rhénanie etc), je note que le LPD (libéraux, les seuls anti bailout) se prennent tôle électorale sur tôle électorale.
    Et le SPD progresse.

    Alors qu’en penser ? Merci de nous éclairer sur ce point précis.

    Quant à la polémique sur les chiffres de la dette, trois remarques :
    -si les choses étaient claires, transparentes, il n’y aurait…. pas de polémique

    -inclure les engagements futurs n’a rien de crétin dans une démarche d’analyse sur la dette et les liabilities d’un état au sens large. Le fait que dans ce cas la France aie la médaille d’or si j’ose dire ne doit pas nous faire oublier que l’Allemagne a elle aussi ses propres casseroles. Il est absurde de mettre en opposition les deux, sans arrêt.

    -et plus largement, ça n’enlève rien au fait que l’Allemagne n’est pas aussi « vertueuse » qu’on veut bien nous le dire, puisque sa dette (officielle) est importante.

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    • @Christophe

      Depuis quand des enjeux d’élections régionales seraient-ils équivalents à des enjeux d’élections fédérales sauf à vouloir pratiquer l’amalgame et ainsi brouiler les pistes….Quand au SPD il s’est prononcé clairement il y a peu il me semble contre les eurobonds et au vu du succès de librairie du dernier brulot de Thilo Sarrazin, encore membre du SPD à ce jour, il ne me semble pas que les Allemands soit tout à fait prets à avaler les couloeuvres françaises et américaines….Mais soyez rassurés ils finieront par céder, la Deutchbank véritable cheval de troie y veille, mais je ne crois pas que ce jour là soit une grande victoire et des libertés individuelles et de la prospérité économique…

      Quant au stock de dettes allemand ne pas oublier d’y inclure celles émanant du système Target2 vértitable camisole de force et qui oblige par la contrainte financière les Allemands à financer le reste de la zone euro….Devant l’étendue du désastre on peut comprendre aisement qu’ils aient quelques réticences à aller de l’avant vers….le précipice.

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  4. Vous jouez un peu sur les mots. Des élections locales peuvent aussi avoir une composante nationale/fédérale. Le LPD s’écroule partout. Irez vous jusqu’à dire que le LPD avait des contentieux locaux dans chaque länder ? ;-)
    Quant aux eurobonds, dont même le SPD ne veut pas… il s’agit d’un simple red herring. Par derrière, le SPD s’accomode fort bien (comme tous les partis dits « majoritaires » en Europe) de la cuisine qu’on nous sert depuis 2008 : bailout, officiels, officieux, j’en passe et des meilleures.

    Donc là encore, ça ne veut pas dire grand chose. C’est une vieille technique que mettre la barre très haut verbalement (« il faut les eurobonds », « il faut l’union budgétaire, l’europe féférale totale ») pour créer un point d’opposition virtuel, et ensuite s’entendre sur un « compromis », quelques crans en-dessous.

    Quant à Sarazzin (quelle ironie) son « succès » repose principalement… sur ses positions anti-immigration.

    Bref, je crois qu’il est inutile de chercher des excuses aux Allemands ou d’avoir de faux espoirs… Et là, nous nous rejoignons : ils feront comme tous les autres, bien sagement, à la queue leu-leu vers l’abattoir.

    La soirée d’hier le confirme : pouf « 100 milliards pour les banques espagnoles, sans conditions ».

    A chaque fois (grèce, irelande, portugal) on nous dit : « ils n’oseront pas, les peuples se révolteront »…

    Et à chaque fois ça passe comme une lettre à la poste.

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    • @Christophe

      Je joue sur les mots tout comme vous qui refusez la pertinence de sondage émanant du Siegel ou de la ZDF, de manifs anti endettement mais qui par contre accorder bcp d’importance aux élections régionnales allemandes….Pour rappel la Presse Allemande est beaucoup plus libre de ton et de paroles que la Presse française véritablement aux ordres et prisonnière du système des accréditations…

      Quant à réduire Sarrazin uniquement à ses positions sur l’immigration cela me parait quelque peu léger d’autant plus que ce n’est pas le thème central de son dernier opus :

      http://leblogalupus.com/2012/06/05/leuro-de-thilo-et-le-modele-allemand-par-andreas-hofert/

      Mais ceci dit ce n’est vraiment cela qui me gène dans votre argumentaire c’est le fait que vous développiez un système d’équivalences qui abouti à nier les rapports de force, les différences, une sorte de « tous pourris » qui ne permet en fait de ne voir aucune esquisse de solutions mème quand celles ci existent et par voix de conséquence cela dégage de toute responsabilité tout le monde….car tout le monde est responsable donc personne ne l’est et la prochaine crise se chargera de remettre les pendules à l’heure !!! et bien nous maintenons l’idée qu’aussi peu vertueuse que soit l’Allemagne de Merkel elle l’est davantage que la France de Hollande…qu’il y a en Allemagne des forces vives et une partie des élites qui sont contre la gabegie généralisée et qui le prouvent parce que leurs carrières professionnelles s’en trouvent brisées et leur honneur roulée dans la boue…Rien de tel dans la France de Hollande ou le seul mot d’ordre reste et demeure : continuons comme avant et si possible bien pire encore surtout quand c’est les autres qui payent…Car concretement qui va payer l’addition des repas servis gratuit pendant 30 ans : majoritairement les allemands parce que sont les sont à avoir un modèle économique basé sur autre chose que de la consommation de produits importés…

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  5. Dimanche 10 Juin Bailout des Banques espagnoles . on verra !!!

    Tenir jusqu’aux élections grecques, après on verra…. Tel est l’objectif européen, un objectif commun, contesté par personne. Dans ces conditions, ce qui compte c’est d’occuper le terrain, multiplier les effets d’annonce en jouant sur la connivence des médias et corps intermediaires. Plus on entasse, plus on empile et plus cela finit par devenir sinon vrai du moins convaincant : Telle est la politique.

    Ainsi donc on a annnoncé un accord pour un bailout des Banques espagnoles qui leur garantirait 100 milliards par le biais d’un apport aux Fonds européens EFSF ou ESM.

    Nous ne déconstruirons pas maintenant ce plan de sauvetage car ce serait faire preuve de partialité, les détails, les principes, l’architecture du dispositif ne sont pas connus.

    Nous nous contenterons de quelques remarques, quelques jalons :

    Notre fil conducteur depuis quelque temps étant la confiance, nous rappelerons que le 28 mai , le menteur systèmique Rajoy a déclaré:  »Il n’y aura pas de plan de sauvetage des Banques espagnoles ». Citation extraite du rappel par Nuevatribuna. La confiance est rarement produite par le mensonge et le reniement. Or en matiere financière, la confiance est essentielle, tout repose sur le crédit, c’est-à-dire sur la croyance, sur le fait de croire.

    Donc, cela commence mal.

    Ensuite il y a la comédie. Vous avez vu tous comme nous la valse hésitation de s Espagnols, demandera, demandera pas formellement un bail out?

    Le sens de la comédie c’est 1) faire un chantage sur l’Allemagne en menacant implicitement de destabiliser les marchés 2) sauver la face face aux citoyens espagnols.

    Est ce que cela a trompé le moindre investisseur ? Non, bien sûr car on sait depuis le premier jour que le bail out sera mis en place et que le chantage de Rajoy fonctionnera, comme nous l’avons dit Merkel est dans la seringue, elle n’a pas encore touvé la parade au chantage.

    Enfin il y a l’habillage.

    On a fait courrir la rumeur de besoins de 45 Milliards par la voie d’estimations bidons du FMI, on attend soi disant les résultats d’une expertise indépendante, mais on annonce un chiffre de 100 milliards: Le jeu consiste comme à l’accoutumée à impressionner en créant de fausses attentes pour faire croire que l’on fait plus et mieux. Hélas nous sommes dans le monde de l’investissement et pas dans le grand public et le monde de l’investissement, les Morgan Stanley, les JPM et autres savent que les besoins minima sont de 150 à 300 milliards,N’oubliez pas la dissymétrie, les Mégabanques sont les Conseillers des Princes. Et encore ces chiffres sont avancés sur la base d’un certain optimisme en matière d’évaluation de l’immobilier et des créances adossées:

    Le lapin sorti du chapeau ces derniers temps était celui de l’union bancaire européenne,

    Nous avons salué l’un des aspects des travaux de Michel Barnier dans la mesure où il se ralliait à notre vue : cesser de faire payer les contribuables, déprecier les actifs pourris des Banques, dévaloriser le capital et les obligations et adosser les Banques aux Etats. Hélas nous avions aussi stigmatisé l’autre volet, celui de la solidarité et de la mutualisation. Les trous sont trop gros pour ètre mutualisés pensons-nous. Barnier nous dit notre objectif est de séparer les Banques des Souverains, casser ce couple maudit comme nous, nous le disons.

    Est ce que l’on casse le couple maudit dans le cas des Banques espagnoles? Non , bien sur, au contraire.

    On casse , façon poudre aux yeux le couple maudit Souverain espagnol, Banques espagnoles mais -globalement au niveau européen on charge la barque des Souverains et surtout celle du core , donc on affaiblit le core , aucun lien à ce niveau n’est coupé

    -Au niveau espagnol, les banques tierces vont bien entendu comptabiliser dans les dettes de l’Espagne ces 100 Milliards du bail out

    -On a ouvert la boite de Pandore de la vraie situation du secteur bancaire européen et c’est à qui va crier et moi et moi et tenter de transférer sur l’ensemble de l’Europe du core les pertes cachées de ses Banques.

    Déjà l’irlande dès ce matin a fait savoir qu’elle souhaitait aller dans ce sens.Cela va dans le sens non pas de la coupure des liens, du cantonnement, des coupe circuits mais au contraire dans le sens de l’aggrégation, de la contamination, de la contagion que nous dénonçons et que Barnier a fait semblant de dénoncer.

    S’agissant d’argent officiel, l’exemple grec laisse à penser que les fonds de sauvetage seront securisés par des garanties, ce qui implique que la dette ancienne des Banques espagnoles deviendra subordonnée comme ce fut les cas pour la Grèce, au lieu de se revaloriser, elle va se déprécier. Personne ne va en vouloir. Les taux, après un éventuel coup de chapeau, vont recommencer à monter.

    Et plus important, toujours dans le cadre de notre fil conducteur de la confiance, le bail out directement indirect des Banques espagnoles donne aux marchés une information fondamentale, objective, incontournable à savoir l’Etat espagnol, le Souverain est incapable, n’a pas les moyens de tratier lui mème le problème de ses banques. Pour ceux qui auraient pu douter de l’insolvabilité du Souverain espagnol, le subterfuge au lieu de la cacher, révèle la situation de faiblesse de l’Espagne!

    Nous verrons plus tard s’il ya d’autres choses importantes à mettre en evidence, mais pour l’instant, et c’était évident dès le début, le bail out reste de l’ordre non pas du réaménagement des chaises sur le pont du Titanic, mais de l’ordre de l’astiquage des cuivres sur les rembardes.

    Notre interpretation, audacieuse, est que le bail out des Banques espagnoles est le premier pas, la première étape du bail out du Souverain espagnol lui mème. La mécanique que l’on croyait stopper est à notre sens , lancée.

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  6. C’est vrai, je ne vois pas de « rapports de force ». Du moins pas entre ces gens.

    Le seul rapport de force est celui contre le bon sens, la vérité, la common decency (allez j’ose!).

    Dans ce cadre, même si c’est un peu galvaudé et très connoté, oui on peut dire « tous pourris ».

    Vous même vous épinglez Rajoy qui tente de battre (avec talent) la veulerie, et la bêtise d’un Papandréou.

    Je ne nie pas qu’il y ait des gens très bien en Allemagne, et qui possèdent encore quelques neurones en état de marche. Weber me plaisait.

    Mais je doute que cela suffise, pour une raison très simple : les peuples ne suivent pas.

    Le plus terrifiant à mon sens c’est cela. Et je ne parle pas que de la France, de la Grèce, Espagne etc.

    Quant aux révoltes populaires, là encore, artifices et gaudrioles.

    On a eu les « enragés ». Bilan ? Rien. Ca a duré quelques mois. On a maintenant les « flamenco protesta ». C’est quand même un peu léger. ;-)

    En outre, il ne faut pas se tromper : ces protestations ne visent pas le système, mais simplement les effets des politiques d’ »austérité ».

    En clair : « on veut me baisser ma pension (indue), on veut me baisser mon salaire (indu), on baisse les budgets publics (de la dette), et on file de l’argent aux banques, donc je ne suis pas content du tout ».

    Tout ce qu’on peut concéder : les gens votent contre les sortants. Fair enough. Sauf que les entrants sont des copies conformes. Zapatero est le miroir parfait de Rajoy et vice versa !

    Les mêmes arguments, les mêmes mensonges. Bref.

    On sera vite fixés : élections générales en Allemagne 2013.

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  7. Christophe soulève un point particulier et interessant, même si effectivement il lisse trop les rapports de force et les paramètres de cette crise:

    Le peuple veut-il vraiment absoudre ce système qui les a tant glorifié, qui leur fait croire à ce qu’il ne sont pas, qui leur fait profiter de ce qu’ils n’aurait jamais pu avoir sans prendre de risques et travailler 3x plus que la normale? A quoi a vraiment servi la dette? L’argent et lez zéros leur a fait tourner la tête. Ils ne sont pas prêt de lacher leurs « acquis » (comprenez le boulet de la dette).

    Sommes nous assez à dénoncer ce sytème? Je ne le crois pas. Le peuple veut continuer cette ronde infernale, oui, je le crois. Il n’y a qu’à écouter parler. Pour eux c’est Noir ou Blanc. Les tenants du sytème l’ont compris, et ils capitaliserons là dessus tant que çà marchera.

    Je crois que le changement ne sera pas provoqué par des forces externes aux cercles de pouvoirs.

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  8. J’ajoute à mon commentaire ci-dessus. Effectivement il serait bien de developper ce thème, car la confiance (ou l’interêt) du peuple est une des clefs de la réussite de ce système. On parle ici souvent du système, des décideurs, des politiques etc… Mais on néglige de parler de l’evolution de notre société et des gens.

    Malgré l’accès à l’information (Internet) qui est une révolution, elle n’a pas engendré d’evolution majeure des modes de pensée, qui restent toujours très basiques. La génération actuelle n’a pas les capacités ou l’envie de s’extirper de leur carcan idéologique qu’on leur a inculqué. Peut etre la génération des 2000 ne se soumettre pas à l’autorité et disposera des atouts pour etablir une meilleure société, basée sur une vrai liberté de l’information et des choix.

    Moi j’ecoute parler les gens. Ils continuent à favoriser / croire aux « get rich quick » sheme… ils croient qu’on devient riche rapidement et facilement, parce qu’on a eu de la chance. T’a réussi si t’es milliardaire, ils ont vu ca à la télé. Entre, tout le monde est pareil. L’effort au travail, l’investissement, ils ne connaissent pas. « vous avez vu le jeune de facebook, il a trouvé un truc il s’est gavé ». Ils ne peuvent meme pas comprendre qu’on peut se contenter de se qu’on a, que pas tout le monde a envie d’être milliardaire. Enfin faut se rendre compte qu’on finit tous au meme endroit. Leurs idoles les font rêver. Les zeros sur les comptes en banque. C’est tout. La finalité.

    Une totale inculture economique domine notre pays, et ce n’est pas faute d’avoir des moyens de savoir. Tout le monde a maintenant un accès à la planete entière via Internet.

    Le système est toujours bien en place.

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    • Je suis d’accord. En étudiant l’économie agricole et rurale j’arrive toujours à des réflexions similaires.
      On ne peut pas avoir une économie saine basée sur les zéros sur le compte en banque.
      L’économie doit être au service de la société, pas de quelques privilégiés.
      Par ailleurs, les allemands importent des piigs quantités énormes de tomates, courgettes et toute sorte de fruits et légumes, voire même huile d’olive et fromage. Tout ça a une valeur qui va au-delà des zéros.
      Faudra-t-il passer par des révoltes, des soulèvements populaires, des guerres pour comprendre que tout le monde a besoin de tout le monde ?

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  9. Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne, Chypre : les dominos tombent les uns après les autres.

    L’Espagne et l’Italie foncent vers un défaut de paiement total.

    Jeudi 14 juin 2012 :

    L’Italie emprunte 4,5 milliards d’euros à moyen et long terme, bond des taux.

    L’Italie a vu ses taux flamber et dépasser les 6% sur les échéances les plus longues jeudi lors d’une émission de dette très suivie, alors qu’elle est de nouveau sous la pression des marchés, mais elle a atteint son objectif maximum en levant 4,5 milliards d’euros.

    Le Trésor italien a emprunté 3 milliards d’euros de titres à trois ans à un taux de 5,30%, contre 3,91% le 14 mai, dans un marché tendu, marqué par la dégradation de la note de l’Espagne de trois crans par Moody’s, qui a propulsé les taux de Madrid à des nouveaux sommets sur le marché secondaire.

    Selon le résultat de l’opération communiqué par la Banque d’Italie, Rome a en outre émis 627 millions d’euros de titres à échéance 2019 et 873 millions à échéance 2020.

    Sur ces deux maturités, les taux ont franchi la barre symbolique des 6%.

    Pour l’emprunt à 7 ans, l’Italie a dû payer un taux de 6,10%, contre 5,21% lors de la précédente émission le 27 avril.

    Pour l’emprunt à 8 ans, l’Italie a dû payer un taux de 6,13%, contre 5,33% lors de la précédente émission le 14 mai.

    Mercredi, Rome avait déjà enregistré un bond de ses taux à 3,972%, contre 2,34% le mois dernier lors de l’émission de 6,5 milliards d’euros de titres à un an.

    L’Italie, qui avait réussi à regagner la confiance en début d’année grâce aux mesures de rigueur et aux réformes du gouvernement Monti, alimente à nouveau l’inquiétude des marchés.

    A présent que l’Espagne a accepté un plan d’aide pour ses banques, certains analystes craignent que l’Italie, dont la dette colossale dépasse les 120% du PIB, ne soit le prochain domino de la zone euro à tomber.

    (AWP / 14.06.2012 12h00)

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  10. Vendredi 15 juin 2012 :

    Espagne : dette publique à 72,1% du PIB fin mars, nouveau record.

    La dette publique de l’Espagne a atteint fin mars un nouveau record historique, représentant 72,1% du PIB, huit points et demi de plus qu’il y a un an (63,6%), selon les chiffres publiés vendredi par la Banque d’Espagne.

    Le niveau de la dette espagnole devrait fortement progresser au cours de 2012, le gouvernement tablant sur 79,8% du PIB en fin d’année, une prévision ne tenant pas compte du prêt européen aux banques espagnoles, qui pourrait atteindre 100 milliards d’euros et augmenter alors la dette de dix points.

    La dette publique de l’Espagne s’élève, fin mars, à 774,549 milliards d’euros, soit 72,1% du PIB, alors qu’elle représentait 68,5% du PIB trois mois plus tôt.

    La dette du pays est en hausse continue depuis le premier trimestre 2008, où elle atteignait 35,8% du PIB, après plus d’une décennie de baisse, alors que l’Espagne était en forte croissance avec des comptes publics excédentaires.

    Le pays est retombé en récession au premier trimestre, deux ans après en être sorti, et le nouveau gouvernement de droite prévoit pour 2012 un fort accroissement de la dette, qui attendrait 79,8% en fin d’année.

    Mais le plan d’aide aux banques espagnoles, dont le chiffre n’est pas encore connu après l’accord de principe conclu le 9 juin entre l’Espagne et ses partenaires de la zone euro, pourrait encore gonfler la dette.

    Si l’Espagne prend le maximum de l’enveloppe prévue, qui sera injectée sous forme de prêt dans le fonds public d’aide au secteur bancaire, le Frob, la dette du pays bondirait alors de dix points.

    (Dépêche AFP)

    En clair :

    Fin 2012, la dette publique de l’Espagne sera de 90 % du PIB.

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