Art de la guerre monétaire et économique

La seule réponse qui vaille à la crise financière : une scission des Banques !!!

Le seul politicien qui répond logiquement à la crise  Neelie Kroes, commissaire européenne à la Concurrence, a exigé la scission de ING. C’est la seule à agir en toute logique et à réduire la taille des grands navires de la finance, écrit John Gapper dans le Financial Times.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

 Washington et Londres prennent la voie inverse et ajoute des canots de sauvetage au Titanic.

John Gapper propose une scission en trois catégories de banques.

La première serait formée d’entreprises de services aux collectivités, la seconde de casinos et la troisième de gens qui visitent les casinos.

 En clair, il y aurait des banques de détail, très réglementées, stables et ennuyeuses.

 Puis des banques qui offriraient aux entreprises les conseils en financement et fusions. Cela exigerait de Barclays Capital et des banques d’investissement d’UBS, de Deutsche Bank et de JP Morgan d’être séparées de la maison mère.

Enfin, il y aurait des banques d’investissement qui se verraient interdire le négoce pour compte propre et qui devraient se séparer de la gestion d’actifs. Dans ce secteur réformé de l’asset management, de grands groupes coexisteraient avec les hedge funds. Mais les joueurs supporteraient leurs propres risques.

Les défauts majeurs du plan de réforme bancaire US selon le NZZ :

Une commission du Congrès américain vient de présenter son plan de réforme du système de garantie des banques dont la faillite peut mettre le système en difficulté («too big to fail»). Ce serait l’assurance de dépôts bancaires (FDIC) qui reprendrait la grande banque en difficulté. L’exercice ne serait pas gratuit. Une prime serait demandée aux autres banques pour offrir ce service. Mais la proposition ajoute plus de nouvelles incertitudes qu’elle n’en élimine. La prime serait demandée aux «bonnes banques» après la crise de la banque en difficulté. C’est la porte ouverte à des décisions très politiques et à une asymétrie entre actionnaires, créanciers et instituts financiers, selon la NZZ. En général, les primes seront moins lourdes lorsqu’elles sont prélevées dans les phases de conjoncture plus favorable que pendant une crise. Le système pénalise en outre les banques bien dirigées. Enfin, reste la question de la définition d’une banque «too big to fail».

EN COMPLEMENT :

Faut-il interdire aux banques de spéculer ?

LE MONDE | 29.10.09

faut-il casser les banques en deux ? Isoler leurs activités de banques d’affaires, jugées spéculatives et risquées, de celles, plus traditionnelles et socialement utiles, de banques de détail ?

Dix ans après son abandon, les nostalgiques du Glass-Steagall Act, cette législation américaine promulguée en 1933 afin de séparer strictement ces deux fonctions et empêcher qu’une crise bancaire comme celle de 1929 ne se reproduise, font entendre leurs voix. L’implosion du système financier mondial et l’aide des Etats accordée aux banques ont remis à l’ordre du jour la question du démantèlement des mastodontes de l’argent.

 

Au Royaume-Uni, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, a, le 20 octobre, jugé « indispensable » à l’économie une nouvelle division entre les activités bancaires pour les particuliers et le négoce spéculatif. Aux Etats-Unis, c’est Paul Volcker, l’ancien président de la Réserve fédérale (Fed) de 1979 à 1987, et actuel conseil du président Barack Obama, qui s’est fait le chantre du retour de cette séparation des métiers. « Les banques sont vouées à servir le public, a ainsi jugé l’ex-banquier central, et elles doivent se focaliser sur ces activités. »

En Europe continentale aussi, l’idée fait son chemin. Le démantèlement du bancassureur néerlandais ING, indirectement imposé par la Commission européenne, répondrait déjà en partie à cette exigence. « Cela va dans le bon sens », estime Jacques Attali, qui juge une stricte séparation des activités bancaires « indispensable ». Pour éviter une nouvelle crise, « il faut que le métier de banquier redevienne triste et ennuyeux », souligne l’ancien conseiller de François Mitterrand.

Mais l’idée d’un nouveau Glass-Steagall Act compte de nombreux adversaires, notamment en Europe. Ces derniers jugent que le modèle de banque universelle, s’appuyant à la fois sur la banque d’investissement et la banque de dépôt, est un gage de solidité qui a fait ses preuves pendant la crise. Selon eux, le développement des marchés financiers au cours des dernières décennies rend impossible toute séparation stricte entre les deux types de métier.

Les partisans d’un nouveau Glass-Steagall Act s’appuient eux sur l’hypothèse que la crise actuelle est un reflet quasi identique de celle de 1929. A l’époque, la spéculation avait conduit des milliers de banques à la faillite.

« Aujourd’hui la chose est identique », défend Jean-Paul Pollin, professeur d’économie à l’université d’Orléans. « Et si cette crise est grave, c’est que la banque de « base », dont le rôle est de financer l’économie, a aussi été affectée », poursuit-il.

Pour éviter que l’histoire ne se répète, empêcher que les pertes de marchés ne « contaminent » la banque de détail, il serait donc nécessaire d’appliquer un nouveau Glass-Steagall Act. « C’est peut-être ringard de rééditer une loi des années 1930, insiste M. Pollin, mais c’est efficace. » A ses yeux, « une banque doit faire des crédits, collecter les dépôts, gérer des comptes. Les autres activités sont parasitaires ! »

Isoler les deux métiers serait aussi un moyen de freiner, voire d’empêcher, la création de groupes too big to fail (trop gros pour être abandonnés), dont la faillite menace la stabilité financière mondiale. Au plus fort de la tourmente, ces établissements géants, tels AIG, Citigroup ou la Royal Bank of Scotland, ont nécessité des aides colossales de l’Etat.

Institutions attrape-tout

Par ailleurs, les « supermarchés de la finance » disposent, en raison de la diversité d’activités, d’un avantage en matière d’information qui vaut de l’or. En pratique, franchir la « muraille de Chine » séparant d’un côté les fusions-acquisitions, de l’autre l’émission de titres est un jeu d’enfant. De surcroît, les institutions attrape-tout sont souvent l’objet de conflits d’intérêt.

Les détracteurs du Glass-Steagall Act arguent de leur côté qu’avec la crise, aucun modèle bancaire n’a démontré sa supériorité. En réponse à l’intervention de Mervyn King, le premier ministre britannique Gordon Brown a eu beau jeu de rappeler que deux victimes illustres de la crise – la banque britannique Northern Rock et l’américaine Lehman Brothers – agissaient sur des marchés radicalement opposés. La première était une banque de détail, la seconde, une pure banque d’affaires.

Le modèle de banque « universelle », mêlant deux métiers, serait une force. Chaque activité supportant l’autre successivement. Ainsi quand une récession sévit, comme aujourd’hui, les activités de banques de détail perdent de l’argent du fait de défauts de crédits des entreprises et des ménages, tandis que celles des banques d’investissements (BFI) font des profits.

Aussi pour Christian Noyer, le gouverneur de la banque de France, interrogé dans Les Echos jeudi 29 octobre, « le fait que les banques américaines aient choisi le modèle de banque universelle, à l’image des (établissements) français, devrait être également un facteur de résilience pour l’ensemble du secteur ».

Surtout, au fil des années, l’ingénierie financière a brouillé les pistes. Les départements de banques d’affaires offrent maintenant de plus en plus de produits et services sophistiqués destinés aux entreprises, par exemple, pour les protéger des fluctuations des cours des matières premières ou des devises.

« Les activités de banque d’investissement sont loin d’être forcément de la spéculation. Chez BNP Paribas, l’essentiel de nos activités de marché sont dédiées aux clients », assure ainsi Michel Pébereau. « Il y a des synergies entre tous les métiers bancaires, ajoute le président de la banque française. En exercer plusieurs nous permet d’offrir à nos clients une gamme de services plus complète, de nature à réduire nos coûts, donc nos prix. »

« Dans les banques de financement et d’investissement, on ne passe pas son temps à spéculer ! », dit aussi Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis. Selon lui, le Glass-Steagall Act est obsolète. Envisager de le remettre au goût du jour obligerait à inventer « une version plus moderne, qui imposerait de n’isoler que l’activité vraiment spéculative, celle du trading pour compte propre assimilable à ce que font les hedge funds (fonds spéculatifs)« , suggère-t-il.

In fine, imposer une séparation entre les deux activités serait aussi pour certains un aveu d’impuissance des régulateurs à contrôler et surveiller les activités des banques modernes.

Pour l’heure, les anti Glass- Steagall Act ont le vent en poupe. Ancien responsable de la Réserve fédérale (Fed) de New York, qui couvre Wall Street, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, serait favorable au modèle de banque universelle. Le principal conseiller économique de Barack Obama, Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, a été le fossoyeur de la législation, en 1999.

A Londres, l’approche des élections législatives, au plus tard en juin 2010, incite l’opposition conservatrice, grande favorite du scrutin, à la prudence sur ce dossier très sensible aux yeux de la City. Et le gouvernement travailliste veut éviter de se mettre à dos une industrie financière au sein de laquelle il compte encore quelques soutiens de poids.

Tel l’Amédée d’Ionesco, le Glass-Steagall Act fait ainsi un peu penser à ce cadavre qui ne cesse de grandir à mesure qu’on parle de lui et dont personne ne sait comment se débarrasser.

Claire Gatinois et Marc Roche (à Londres)


Un précédent américain

Origine. Adopté en 1933, le Glass-Steagall Act doit son nom au sénateur démocrate de Virginie Carter Glass, et à celui du représentant démocrate de l’Alabama Henry B. Steagall. Issu du krach de 1929, il a longtemps interdit aux banques commerciales américaines de réaliser des activités de marché.

Abrogation. Confrontée au développement spectaculaire des marchés financiers, la banque centrale américaine va tenter plusieurs fois, à partir de 1986, d’assouplir le système. Mais ce n’est que face au lobby réclamant la légalisation de la fusion géante entre Citicorp et Travelers que le Sénat se résoudra à abroger la loi, en 1999.

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Et pendant ce temps là La Deutsche Bank reprend Sal. Oppenheim

C’en est fini de l’indépendance de la banque privée Sal. Oppenheim, 220 ans après sa création : la première banque allemande, Deutsche Bank, a annoncé, mercredi 28 octobre, qu’elle allait acquérir 100 % du prestigieux établissement pour un milliard d’euros. L’opération doit être finalisée au premier trimestre 2010. Pour le groupe de Josef Ackermann, l’objectif est de se renforcer sur le segment de la gestion de patrimoine.

Sal. Oppenheim va maintenant devoir céder ses activités de banque d’investissement. Son rachat marque la fin d’un mythe de la finance allemande : fondée en 1789 à Cologne, la « banque des riches » était jusqu’ici le plus gros institut privé indépendant en Europe. Mais la crise et des investissements malheureux l’avaient gravement fragilisée et avaient contraint ses actionnaires familiaux à appeler Deutsche Bank à la rescousse. – (Corresp.)


 EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : WSJ : Vers une scission des Banques Européennes ??? (cliquez sur le lien)

DERNIERE MINUTE

Londres veut créer trois nouvelles banques de détail

Trois nouvelles banques de détail devraient être créées en Grande-Bretagne quand le gouvernement cèdera des actifs des banques Royal Bank of Scotland, Lloyds Banking Group et Northern Rock, dont il est actionnaire, a annoncé le ministre des Finances Alistair Darling dimanche.

Le gouvernement devrait céder ces actifs aux cours des prochaines années « quand le moment s’y prêtera » afin de récupérer les sommes investies pour sauver les banques menacées par la crise financière et d’accroître la concurrence, a expliqué le ministre dans un entretien à la chaîne BBC1.

Lloyds est contrôlée à 43% par l’Etat, RBS à 70% tandis que Northern Rock a été totalement nationalisée.

« Ce qu’il faut faire, ce sont des cessions assez importantes, de succursales ou de certaines sociétés dont (les banques) sont propriétaires, qui soient proposées à d’autres », a déclaré Alistair Darling.

Les nouveaux établissements issus de cette restructuration devraient être des banques de détail, dont l’essentiel de l’activité reposera sur les dépôts et les prêts immobiliers.

Refusant de préciser exactement combien de nouveaux établissements bancaires pourraient être créés, le ministre a dit espérer « que l’on verra trois nouveaux venus au cours des prochaines années, dont certains déjà impliqués dans le secteur bancaire et d’autres qui pourraient décider de s’y mettre ».

Les propriétaires actuels de banques de détail britanniques ne devraient pas être autorisés à acquérir des part des nouvelles banques créées, ce qui ouvre potentiellement la porte à des acquéreurs étrangers ou à des entreprises d’autres secteurs, comme le distributeur Tesco ou Virgin.

Le ministre des Finances a indiqué que le gouvernement prévoyait de diviser par deux les actifs de Northern Rock d’ici la fin de l’année, pour en vendre une partie au cours des trois à quatre prochaines années.

Selon les journaux dominicaux, RBS pourrait céder quelque 300 succursales.

L’hebdomadaire The Observer indique également que Lloyds devrait lancer un appel de fonds de 13 milliards de livres (14,5 milliards d’euros).

Et selon le Sunday Times, l’Etat pourrait porter sa part dans RBS de 70% à un maximum de 84%.

L’autorité de régulation européenne a approuvé la semaine dernière le volet d’aide publique prévu dans le plan de scission et de vente de Northern Rock.

Ces trois banques ont reçu d’importantes sommes du gouvernement pour éviter une faillite pendant la crise économique. Mais les autorités de régulation s’inquiètent d’une distorsion de concurrence provoquée par l’aide de l’Etat accordée à certaines banques et pas à d’autres.

source AFP nov09

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