Ou comment lâOccident a appris Ă dĂ©construire le rĂ©el⊠jusquâĂ ne plus savoir ce quâest une femme.
INTRODUCTION â LE VIRUS NâEST PAS AMĂRICAIN.
IL EST FRANĂAIS.
Ironie absolue de lâhistoire.
Le pays de :
- Descartes,
- Pascal,
- Tocqueville,
- et de la raison classiqueâŠ
a fini par produire :
les ingénieurs philosophiques du relativisme terminal.
Le texte viral de Brivael Le Pogam sur X â relayĂ© par Elon Musk et Javier Milei â touche un point nuclĂ©aire :
le wokisme nâest pas nĂ© dans les ghettos amĂ©ricains.
Il est né dans les laboratoires intellectuels français.
Puis :
- exporté,
- muté,
- industrialisé,
- bureaucratisé,
- et finalement transformé :
en systĂšme de contrĂŽle moral global.
Je tiens Ă prĂ©senter mes excuses, au nom des Français, pour avoir donnĂ© naissance Ă la ThĂ©orie française (qui a elle-mĂȘme engendrĂ© la pire de toutes les monstruositĂ©s idĂ©ologiques : le wokisme).
Nous avons donnĂ© au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Puis, dans les ruines intellectuelles de lâaprĂšs-1968, nous avons donnĂ© Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont forgĂ©, dans lâĂ©lĂ©gance de notre langue, lâarme idĂ©ologique qui paralyse aujourdâhui lâOccident.
Nous devons comprendre ce qu’ils ont fait.
Foucault enseignait que la vĂ©ritĂ© n’existe pas, qu’il n’y a que des rapports de pouvoir dĂ©guisĂ©s en savoir. Que la science, la raison, la justice, l’institution mĂ©dicale, l’Ă©cole, la prison, la sexualitĂ© â tout n’est qu’une mise en scĂšne de la domination.
Derrida enseignait que les textes n’ont pas de signification stable, que tout signifiant Ă©chappe Ă la perception, que toute lecture est une trahison, que l’auteur est mort et que le lecteur rĂšgne en maĂźtre.
Deleuze enseignait qu’il fallait prĂ©fĂ©rer le rhizome Ă l’arbre , le nomade au sĂ©dentaire, le dĂ©sir Ă la loi, le devenir Ă l’ĂȘtre, la diffĂ©rence Ă l’identitĂ©.
Prises individuellement, ces thÚses sont discutables. Combinées, exportées et popularisées, elles forment un systÚme. Et ce systÚme est un poison.
Voici ce qui s’est passĂ©.
Ces textes, illisibles en France, ont traversĂ© l’Atlantique. Les dĂ©partements de Yale, Berkeley et Columbia les ont intĂ©grĂ©s dans les annĂ©es 1980. Ils y ont trouvĂ© un terreau qui n’existait pas chez nous : le puritanisme amĂ©ricain, sa culpabilitĂ© raciale, son obsession identitaire. La thĂ©orie française a Ă©pousĂ© ce substrat, et le fruit de cette union s’appelle le wokisme.
Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le postcolonialisme acadĂ©mique. KimberlĂ© Crenshaw hĂ©rite de ce cadre et invente l’intersectionnalitĂ©. Ă chaque Ă©tape, la matrice est française : il n’y a pas de vĂ©ritĂ©, il n’y a que le pouvoir, donc toute hiĂ©rarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identitĂ© est construite et donc nĂ©gociable, toute majoritĂ© est coupable.
Câest ainsi que trois philosophes parisiens, sans doute sans jamais avoir imaginĂ© les consĂ©quences concrĂštes de leurs idĂ©es, ont fourni le mode dâemploi Ă toute une gĂ©nĂ©ration de militants, de bureaucrates universitaires, de responsables RH, de journalistes et de lĂ©gislateurs. Câest ainsi que nous nous sommes retrouvĂ©s avec une civilisation qui ne sait plus dĂ©finir ce quâest une femme, si sa propre histoire mĂ©rite dâĂȘtre dĂ©fendue, si le mĂ©rite existe, ni mĂȘme si lâon peut distinguer la vĂ©ritĂ© de lâopinion.
C’est de la merde pour une raison simple , et il faut l’Ă©noncer calmement.
Une civilisation repose sur trois piliers : la croyance en l’existence d’une vĂ©ritĂ© accessible Ă la raison, la croyance en l’existence d’un bien distinct du mal, la croyance en l’existence d’un hĂ©ritage Ă transmettre.
La thĂ©orie française s’est donnĂ© pour mission de les anĂ©antir. Non par malice, mais par simple curiositĂ© intellectuelle, fascination pour la suspicion et haine de la bourgeoisie qui les avait nourries. Le rĂ©sultat est pourtant lĂ . Toute une gĂ©nĂ©ration a appris Ă dĂ©construire sans jamais apprendre Ă construire. Toute une gĂ©nĂ©ration sait se mĂ©fier sans plus savoir admirer. Toute une gĂ©nĂ©ration voit le pouvoir partout et la beautĂ© nulle part.
Je m’excuse, car nous autres Français portons une responsabilitĂ© particuliĂšre. C’est notre langue, nos universitĂ©s, nos Ă©diteurs, notre prestige qui ont donnĂ© Ă ce nihilisme son Ă©crin chic. Sans la lĂ©gitimitĂ© de la Sorbonne et de Vincennes, ces idĂ©es n’auraient jamais franchi l’ocĂ©an. Nous avons exportĂ© le doute comme d’autres exportent des armes.
Ce qui se construit aujourd’hui dans la Silicon Valley, dans les laboratoires d’IA, les startups, les ateliers, partout oĂč l’on fabrique encore au lieu de dĂ©construire, c’est la rĂ©ponse. Une civilisation se reconstruit par les bĂątisseurs, non par les commentateurs. Par ceux qui croient en la vĂ©ritĂ© et qui croient qu’elle mĂ©rite qu’on s’y consacre. Par ceux qui embrassent une hiĂ©rarchie du beau, du vrai, du bien, et qui n’ont pas honte de la transmettre.
Alors, pardonnez-nous. Et retour au travail.
Brivael Le Pogam sur X
I. FOUCAULT, DERRIDA, DELEUZE :
LES TROIS CAVALIERS DU RELATIVISME
Ce qui est fascinant,
câest que chacun de ces penseurs a commencĂ© :
par une critique intellectuelle sophistiquée.
Puis cette critique est devenue :
une machine civilisationnelle.
FOUCAULT :
âLA VĂRITĂ NâEXISTE PASâ
Chez Michel Foucault,
la vérité devient :
- suspecte,
- oppressive,
- liée au pouvoir.
Science ?
Pouvoir.
Médecine ?
Pouvoir.
Ăcole ?
Pouvoir.
Justice ?
Pouvoir.
Famille ?
Pouvoir.
Résultat ?
Si toute vérité est domination,
alors toute norme devient oppression.
Et Ă partir de lĂ :
plus aucune institution ne peut survivre longtemps.
DERRIDA :
âLE SENS NâEXISTE PASâ
Jacques Derrida introduit la déconstruction permanente.
Les mots nâont plus :
- de centre,
- de stabilité,
- de vérité durable.
Tout devient :
- interprétation,
- glissement,
- négociation infinie.
Autrement dit :
le langage cesse dâĂȘtre un outil de description du rĂ©el.
Il devient un champ de bataille idéologique.
Et nous y sommes désormais complÚtement.
DELEUZE :
âLâIDENTITĂ EST UNE PRISONâ
Chez Deleuze :
- le devenir prime sur lâĂȘtre,
- le flux prime sur la stabilité,
- le nomade prime sur lâenracinement.
Le problĂšme ?
Une civilisation ne peut pas survivre longtemps :
sans continuité,
sans transmission,
sans structures stables.
Le culte absolu du mouvement finit toujours :
par dissoudre les formes elles-mĂȘmes.

II. LE GRAND DĂTOURNEMENT AMĂRICAIN
Et câest lĂ que survient :
la mutation monstrueuse.
Ces théories françaises arrivent :
- dans les universités américaines,
- Ă Yale,
- Berkeley,
- Columbia,
- Harvard.
Mais elles rencontrent alors :
- le puritanisme américain,
- la culpabilité raciale,
- le messianisme moral,
- lâobsession identitaire.
Résultat ?
Le relativisme français fusionne avec la morale punitive américaine.
Et de cette fusion naĂźt :
le wokisme.
III. LE WOKISME NâEST PAS UNE IDĂOLOGIE CLASSIQUE.
CâEST UNE RELIGION DE LA CULPABILITĂ.
VoilĂ le point essentiel.
Le wokisme fonctionne :
comme une religion inversée.
Ancien christianisme :
- péché,
- confession,
- repentance,
- purification.
Version woke :
- privilĂšge,
- culpabilité historique,
- autocritique,
- rééducation.
Et surtout :
hérésie.
Toute dissidence devient :
- violence,
- haine,
- danger moral.
Le systÚme ne débat plus.
Il excommunie.

IV. POURQUOI LE WOKISME DĂTRUIT LE RĂEL
Le problĂšme fondamental du wokisme est simple :
il remplace le réel par le langage.
La biologie ?
âConstruction sociale.â
Le sexe ?
âSpectre.â
La nation ?
âRĂ©cit.â
Lâhistoire ?
âOppression.â
Le mérite ?
âDomination systĂ©mique.â
La beauté ?
âNorme oppressive.â
La compétence ?
âPrivilĂšge.â
Ă partir de lĂ :
plus rien nâa de fondement stable.
Tout devient :
- fluide,
- négociable,
- manipulable,
- rééducable.
V. LE WOKISME EST LE NIHILISME HABILLĂ EN MORALE
Câest probablement le cĆur du problĂšme.
Le wokisme prétend défendre :
- les minorités,
- la justice,
- lâinclusion,
- les victimes.
Mais sa logique profonde est différente.
Elle consiste Ă :
déconstruire toute structure de stabilité.
Famille.
Nation.
Sexe.
Histoire.
Culture.
Tradition.
Mérite.
Transmission.
Pourquoi ?
Parce quâune sociĂ©tĂ© stable produit :
- des hiérarchies,
- des continuités,
- des héritages,
- des normes.
Et le wokisme considĂšre :
toute structure comme suspecte.
VI. LE PARADOXE :
LE WOKISME A ĂTĂ ADOPTĂ PAR LE CAPITALISME GLOBAL
VoilĂ le grand retournement historique.
Les théories postmodernes se voulaient :
- anti-bourgeoises,
- anti-capitalistes,
- révolutionnaires.
Mais elles ont fini :
absorbĂ©es par les multinationales elles-mĂȘmes.
Pourquoi ?
Parce quâun individu :
- déraciné,
- fragmenté,
- désidentifié,
- culpabilisé,
- et sans structure stableâŠ
est beaucoup plus facile :
- Ă manager,
- Ă surveiller,
- Ă influencer,
- et Ă transformer en consommateur pur.
Le wokisme est devenu :
lâidĂ©ologie culturelle du capitalisme liquide.
VII. LA SILICON VALLEY ENTRE DĂSORMAIS EN RĂACTION
Câest ce que comprend trĂšs bien Brivael Le Pogam Ă la fin de son texte.
Le centre de gravité commence à se déplacer :
- vers les ingénieurs,
- les bĂątisseurs,
- les entrepreneurs,
- les techniciens,
- les créateurs de systÚmes réels.
Autrement dit :
les gens confrontés au réel matériel.
Car dans le réel :
- un pont tient ou sâeffondre,
- un moteur fonctionne ou casse,
- un code compile ou non,
- une fusée décolle ou explose.
Le réel finit toujours :
par humilier les constructions purement idéologiques.
VIII. LE VRAI COMBAT :
CONSTRUCTION CONTRE DĂCONSTRUCTION
Le conflit actuel dépasse largement :
- la gauche,
- la droite,
- ou les guerres culturelles classiques.
Le vrai affrontement devient :
civilisation constructive
CONTRE
civilisation déconstructive.
Dâun cĂŽtĂ© :
- transmission,
- continuité,
- enracinement,
- vérité,
- mérite,
- réalité biologique,
- structures stables.
De lâautre :
- fluidité permanente,
- relativisme,
- culpabilité,
- fragmentation,
- dissolution identitaire,
- et négociation infinie du réel.
CONCLUSION â UNE CIVILISATION NE SURVIT PAS LONGTEMPS SANS CROIRE EN QUELQUE CHOSE
Le plus dangereux dans le wokisme,
ce nâest pas son absurditĂ©.
Câest :
son vide.
Une civilisation peut survivre :
- à la pauvreté,
- Ă la guerre,
- à la crise économique.
Mais elle survit difficilement :
à la destruction de son propre principe de réalité.
Car une société qui ne croit plus :
- à la vérité,
- Ă la transmission,
- au mérite,
- à la continuité historique,
- ni mĂȘme Ă la rĂ©alitĂ© biologiqueâŠ
finit toujours :
par devenir incapable de se défendre.
Le wokisme nâest peut-ĂȘtre pas :
la cause premiÚre du déclin occidental.
Mais il pourrait bien ĂȘtre :
le langage culturel de sa phase terminale.
RAPPEL SUR LES 4 CHEVALIERS FRANCAIS DE L’APOCALYPSE WOKE
Michel Foucault (1926-1984), qui soutenait que le pouvoir Ă©tait la seule chose qui comptait et qu’on pouvait faire accepter n’importe quelle absurditĂ© concernant le sexe, la maladie mentale et la criminalitĂ© aux masses⊠Jacques Derrida (1930-2004), qui affirmait que la rĂ©alitĂ© dĂ©pendait de la façon dont on la perçoit⊠Jean-François Lyotard (1924-1998), qui dĂ©nonçait la vĂ©ritĂ© en soi au profit de la vĂ©ritĂ© personnelle ⊠et Gilles Deleuze, pĂšre de la fluiditĂ© de genre .
Eric Hoffer Ă©crivait souvent sur ces individus dans les annĂ©es 50 et 60, la premiĂšre vague d’intellectuels français et allemands, ainsi que sur de nombreux universitaires amĂ©ricains, soulignant frĂ©quemment qu’ils n’avaient jamais travaillĂ© de leur vie. Il Ă©tablissait Ă©galement un lien entre leur radicalisme relativiste et nihiliste et l’antisĂ©mitisme. Hoffer savait qui ils Ă©taient et il les connaissait bien.

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Catégories :Déconstructivisme, Douce France, Etats-Unis













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