Art de la guerre monétaire et économique

Démographie, productivité et donc Croissance économique sont liées

Fertilité et économie : une baisse peut entrainer une hausse, tout est une question de timing de generation  et s’il y a des données qui sont previsibles ce sont bien celles liées à la démographie..

La démographie a toujours son effet en économie. Parlez-en au professeur David K. Foot, auteur du best-seller « Boom Bust & Echo » (Macfarlane Walter & Ross, 1998), qui traitait des effets du vieillissement des baby-boomers. Le magazine The Economist se réjouit, lui, de la chute dramatique du taux de fertilité dans le monde.

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Avec une page couverture percutante, où on voit un bébé souriant chuter dans le vide, un édito sans détour intitulé « Falling Fertility » (cliquez sur le lien)  et un dossier au titre évocateur, « Go forth and multiply a lot less »,(cliquez sur le lien)  le magazine explique certaines choses que l’on savait déjà et d’autres dont on se doutait moins.

Au rang des choses que l’on savait déjà, l’explosion de la population mondiale constitue un véritable cauchemar environnemental. La croissance effrénée de la population dans les pays du tiers-monde pèse sur les écosystèmes de ces contrées et sur la planète entière. En témoigne la déforestation amazonienne ou les poêles au charbon chinois. Mais la création de classes moyennes dans les économies émergentes est encore plus catastrophique. Ces populations veulent calquer le style de vie des pays riches, ce qui est tout simplement insoutenable du point de vue écologique.

Sur le plan des choses que l’on sait moins, c’est que le taux de fertilité mondial baisse à une vitesse ahurissante. Celui de la Corée du Sud a chuté en 20 ans (1965-1985) à un niveau équivalent au Royaume-Uni, qui a pris 130 ans pour l’atteindre (1800-1930) à cause de la révolution industrielle. Tous les pays de l’Asie du Sud connaissent une baisse encore plus brutale de leur taux de fertilité, sauf les Philippines. Même les pays très pauvres, comme le Bangladesh, participent au phénomène.

The Economist fait le lien entre la baisse de fertilité dans certains pays et les changements dramatiques du point de vue social et politique. Prenez l’Iran. Le magazine mentionne que le taux de fertilité y a chuté plus rapidement que partout ailleurs dans le monde, ces dernières années. En 1979, les Mollahs ont aboli le système de planification familiale, incitant du coup les familles à s’agrandir. Le nombre d’enfants par femme a atteint un sommet de sept en 1984. Mais en 2006, il est retombé à 1,9 (1,6 à Téhéran). En 22 ans, le taux est tombé sous le niveau de remplacement des générations. La cassure sociale entre les 15-29 ans, mieux éduqués, et leurs aînés, plus traditionalistes, est évidente dans ce pays et explique les troubles politiques récents.

Pourquoi le taux de fertilité baisse-t-il si rapidement? Dans les pays pauvres, une famille avec beaucoup d’enfants permet de bénéficier d’une main-d’œuvre paysanne abondante les années où les récoltes sont bonnes. Ce qui compense pour le risque d’avoir plusieurs bouches à nourrir les années de disette. Et les parents bénéficient toujours de descendants qui s’occupent de leurs besoins, une fois la retraite sonnée.

Mais quand les générations s’enrichissent et s’urbanisent, la police d’assurance des familles nombreuses est moins nécessaire. Et les plus jeunes, qui ont goûté aux fruits de la société de consommation, veulent moins d’enfants pour profiter davantage de la vie.

L’autre raison qui explique la chute de fertilité est l’éducation des filles, qui s’instaure rapidement dans les pays en émergence. Cette éducation s’accompagne souvent de services de planification familiale. En d’autres mots, les jeunes femmes qui ont accès à la contraception ont moins d’enfants. Et ils ont désormais le temps d’aller à l’école, ce qui est le meilleur moyen de s’enrichir personnellement.

La baisse du nombre d’enfants a des avantages économiques évidents, notamment du point de vue environnemental. Mais, surtout, ça coûte moins cher de nourrir moins d’enfants! De plus, quand le taux de fertilité chute dramatiquement dans un pays, il se produit un phénomène bien connu ici et en Europe. Le pays en question compte moins de grands-parents et d’enfants, mais une abondance de jeunes adultes actifs sur le marché du travail ou sur le point de l’être. Le phénomène des « trente glorieuses » (1960-1990), marqué ici par la Révolution tranquille, crée rapidement une forte croissance économique ininterrompue sur plusieurs décennies.

C’est exactement ce qui se produit actuellement en Asie du Sud-est et, bientôt, en Amérique latine. Ce qui fait dire à certains stratèges, , de miser davantage sur les titres ou les fonds spécialisés dans ces zones géographiques. Leur potentiel est probablement bien plus élevé que certains économistes ne le soupçonnent….

3 réponses »

  1. “fertility rate” se traduit par “taux de fécondité”
    “dramatically” se traduit en francais par “drastiquement”
    ( mais on va pas en faire un drame;-)

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