L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous

Robert Higgs dénonce le nouvel Etatisme à effet de cliquet…

et à effet de criquet c’est à dire qu’il dévore tout sur son passage….

 Les dépressions débouchent souvent sur un renforcement des pouvoirs publics. Sans  recul équivalent lorsque la conjoncture se rétablit.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :  

 Les déboires économiques et financiers récents ont provoqué, dans le monde avancé, des réponses gouvernementales les plus diverses et parfois sans précédent dans leur ampleur. Or, l’analyse montre que les crises, qu’elles soient militaires ou économiques, servent systématiquement de prétextes pour avancer toutes sortes de revendications qui, en temps normal, n’auraient aucune chance d’être adoptées.

 Le célèbre politologue Robert Higgs attribue dans un nouveau rapport* la dynamique de cet «opportunisme de crise» en premier lieu à l’idéologie sociale-démocrate dominante, en Europe occidentale comme ailleurs, qui fait de l’Etat l’institution de premier recours pour résoudre les problèmes économiques et sociaux. La peur et l’appréhension du public envers des dangers perçus le conduisent à réclamer quasi-instinctivement que le gouvernement fasse «quelque chose», quoi que cela puisse être. De façon générale, «la situation de crise accroît la déférence du public envers les agents de l’Etat, sa confiance dans leur jugement et sa volonté de les laisser agir à leur discrétion», observe Robert Higgs.

L’Etat en profite selon trois axes.

Le premier consiste à faire passer des projets politiques déjà prévus, mais bloqués en raison de l’opposition de groupes d’intérêts ou d’autres prérogatives. Il ne reste alors plus qu’à les sortir des tiroirs et à les dépoussiérer, par exemple au nom de la «relance».

La deuxième piste de l’activisme de crise relève de propositions mises en avant par les groupes d’intérêts les plus divers, à l’image du lobby écologiste et de son «green new deal». Comme les projets dépoussiérés du gouvernement, en l’absence d’une crise, ces propositions languiraient encore longtemps, sans grand espoir de succès politique.

 Enfin, la troisième avenue de l’opportunisme de crise consiste à «battre le fer pendant qu’il est chaud», c’est-à-dire de faire passer de nouveaux projets formulés rapidement, soit par le gouvernement, soit par des groupes d’intérêts, alors que la crise se déploie. La nationalisation de banques, le subventionnement de l’achat d’automobiles ou les tentatives de réglementer les rémunérations sont autant de réponses précipitées qui étendent l’influence de l’Etat. Toutes ces mesures, bien qu’oscillant entre la futilité et la contre-productivité, ont des chances d’être adoptées, car elles répondent à l’impératif de «faire quelque chose».

Or, remarque Robert Higgs, le danger réside moins dans la menace perçue que dans ces réponses de l’Etat, dont les conséquences à long terme, en particulier le déclin des libertés économiques, sont le plus souvent ignorées.

 C’est d’autant plus vrai que l’expérience montre que les mesures mises en œuvre ne se résorberont qu’en partie une fois la crise passée. En effet, la logique de l’action politique consiste à obtenir des privilèges concentrés sur un petit nombre de bénéficiaires, alors que les coûts sont dispersés sur la multitude de contribuables. Ceux-ci ne peuvent que perdre face aux groupes d’intérêts organisés.

Pour contrer les excès de l’opportunisme de crise, Robert Higgs souligne la nécessité d’analyser, dans un effort d’éducation du public, l’ensemble des coûts des politiques contemplées ou mises en œuvre, au-delà de leurs effets immédiats. Un autre moyen de contenir l’expansion de l’Etat lors d’une crise est de limiter les nouvelles réglementations dans le temps, en leur attribuant une date d’expiration de deux ans ou moins. Cela réduirait l’incitation des groupes d’intérêts de faire passer de nouvelles lois, étant donné que leur durée serait moins certaine et qu’elles seraient moins susceptibles d’être reconduites plus tard. Ces clauses d’expiration diminueraient ainsi les gains des groupes d’intérêts, tout en augmentant leurs coûts.

Pour combattre l’hystérie du public, Robert Higgs en appelle également à moins d’émotivité: l’Etat n’est pas là pour «prendre soin» des gens, mais pour servir l’intérêt général, ce qui passe notamment par la protection des droits de propriété, l’exécution des contrats privés agréés volontairement et la non-interférence avec les échanges commerciaux. *

«The Political Economy of Crisis Opportunism», Mercatus Center, George Mason University, novembre 2009.

Pierre Bessard  economiste et journaliste économique

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Charles Gave : Les évangiles et la justice sociale (cliquez sur le lien)

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