Changes et Devises

Marc de Scitivaux : Les Français ne sont pas des Allemands, ni des Anglais

Marc de Scitivaux  : Les Français ne sont pas des Allemands, ni des Anglais

    Mme Merkel n’a plus besoin de voir M. Sarkozy. Elle n’a d’ailleurs plus besoin de perdre son temps dans les différents meetings européens. En effet, ce qu’elle aurait eu beaucoup de mal à obtenir de ses partenaires, les marchés l’imposent avec une violence qui fait passer la rigueur germanique pour un laxisme coupable…

PLUS DE SCITIVAUX EN SUIVANT :

Les marchés qui sont, rappelons-le encore une fois, la réunion des prêteurs permettant aux Etats de faire leurs fins de mois demandent en fait aux pays de la zone euro d’être allemands. Cette exigence ne paraît pas en elle-même extravagante. Le problème est qu’elle est sans doute irréaliste ou, en tout cas, demanderait, pour être satisfaite, beaucoup de temps.

 En effet, l’énorme différence entre un pays comme la France et un pays comme l’Allemagne n’est pas d’être dépendant de l’étranger – les deux le sont –, mais l’origine de cette dépendance. Nos voisins allemands dépendent de l’étranger parce que les autres pays achètent massivement ce qu’ils produisent. Nous dépendons de l’étranger parce que nous empruntons massivement hors de nos frontières de quoi soutenir la consommation, le seul moteur de notre croissance depuis quelques années. Ce n’est pas la même dépendance!

Quand Mme Merkel annonce un plan drastique de diminution des dépenses publiques, elle sait que cela frappera la consommation. Mais cela ne la gêne que modérément, car depuis des années les dépenses des foyers allemands ne contribuent pas à la croissance du PIB. L’important pour elle est de préserver, voire de renforcer la compétitivité extérieure, seul moteur de la croissance allemande. Ce que doit faire la France est autrement compliqué : la baisse des dépenses publiques imposée par les prêteurs réduira l’activité interne et ne trouvera que difficilement une compensation extérieure. Sauf à améliorer notre compétitivité par des pressions sur les salaires (comme les Allemands l’ont fait pendant les années Schröder) ou sur la durée du travail. Chacun peut juger de la facilité de mettre en œuvre une telle politique…

Certes, la baisse de l’euro peut (et va) aider, mais il ne faut pas en attendre des miracles. L’intégration économique à l’échelle mondiale entre les produits a tellement progressé depuis la dernière décennie que les dévaluations ne peuvent plus apporter d’heureux résultats comme par le passé. L’exemple de l’Angleterre, qui a peu profité de la forte baisse de la livre contre toutes les monnaies en 2009, est là pour le rappeler.

WSJ : Le risque de change de la Hongrie (cliquez sur le lien)

Au fait, c’est bien le nouveau Premier ministre britannique, David Cameron, qui vient d’annoncer à ses concitoyens des « décennies » d’efforts et de souffrance. Immédiatement sa popularité a fait un bond en avant. Décidément, comme le dit Obélix: « Ils sont fous ces Bretons. »

 BILLET PRECEDENT : Marc de Scitivaux /Europe: Un plan B est possible… (cliquez sur le lien)

 
FAITES UN DON SOUTENEZ CE BLOG

 
Paiement sécurisé par PAYPAL  
  
 

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s