Commentaire de Marché

It’s the economy, stupid par Marc de Scitivaux

It’s the economy, stupid par  Marc de Scitivaux

  Les vingt dernières années auront désarticulé des mouvements, qui dans les vingt années d’après-guerre semblaient animés d’une force irrésistible.

PLUS DE SCITIVAUX :

Le communisme, tout d’abord. L’URSS faisait partie des vainqueurs de la guerre et la zone communiste s’était étendue sur une partie de l’Europe. Après la victoire de Mao Tsé-toung en Chine, le mouvement semblait doté d’un dynamisme irrésistible et de bons esprits dataient doctement à la fin des années 1970 le moment où le PIB de l’URSS dépasserait le PIB américain. La chute du mur de Berlin en 1989 suivie de l’éclatement de l’URSS a signé l’effondrement d’une utopie qui avait réuni des centaines de millions de personnes dans le monde.

Le second grand mouvement a été celui du tiers-mondisme. Son émergence fut visible lors de la conférence de Bandung (1955) qui affirmait l’indépendance de nombre de pays « sous-développés » constitués en grande partie d’anciennes colonies ou d’anciens protectorats. Aujourd’hui, ces pays pèsent politiquement et économiquement. Mais ils ont tourné le dos au modèle qui semblait avoir leur préférence: une sorte de despotisme éclairé à tendance plus ou moins socialiste.

L’événement majeur des dix dernières années, c’est que les grands pays émergents ont choisi pour accélérer leur développement la voie du capitalisme libéral donnant la priorité à l’économie sur le social. Même dans les régimes communistes (Chine) ou quand d’anciens leaders syndicalistes mettent en œuvre cette révolution (Brésil).

La troisième grande idée remise en cause est le « beveredgisme », ou plus simplement les Etats providence. Cette construction, principalement européenne, est la conséquence des deux rapports remis en 1942 et 1944 par lord Beveridge au gouvernement de Sa Gracieuse Majesté dans lesquels il préconisait que l’Etat garantisse les trois grands risques sociaux: le chômage, la maladie et la vieillesse. Selon l’auteur, cette préconisation devait avoir comme résultat de garantir le plein-emploi, ce qui en assurait le financement. Ce n’est d’ailleurs pas le concept qui est remis en cause que son extension exagérée et irresponsable.

Pourquoi ces trois idées-forces du milieu du XXe siècle ont-elles disparu ou doivent être largement amendées?

 Elles ont bafoué la réponse lapidaire de l’ancien président Clinton lorsqu’on lui avait demandé ce qui comptait vraiment en politique: « It’s the economy, stupid. »

 Les prochaines années seront marquées par l’adoption mondiale du principe du XIXe siècl: « Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne. » Ce qui est gratifiant: l’auteur de cet aphorisme est un Français (Guizot). Ce qui est attristant: c’est en France qu’il est le moins bien accepté.

 Marc de Scitivaux – Le Journal du Dimanche juin10

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2 réponses »

  1. Bonjour Monsieur
    J’ai vu hier votre intervention sur I-Télé en compagnie de Serge Dassault… bravo!!!!
    Pouriez-vous en paler sur votre blog… merci beaucoup
    Cordialement
    A.Vernet

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