L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous

Friedrich Hayek triomphe !!!

Friedrich Hayek triomphe !!!

Que nous apporteront les prochains mois? Une lente reprise ou une rechute qui prolongera la récession?

PLUS DE HAYEK EN SUIVANT :

La fragile reprise, stimulée par les économies émergentes, ne semble pas avoir d’effet tangible sur le taux de chômage américain. Et les pays riches sont endettés à outrance.

Ce qui fait dire aux pessimistes qu’on s’achemine tout droit vers un nouveau creux, le fameux « double dip ».

Quant aux optimistes, ils estiment que la reprise est à nos portes, malgré les apparences.

Le débat a vite fait de ramener à l’avant-plan les théories d’un économiste autrichien,, Friedrich Hayek, décédé voici 18 ans, qui en devient ainsi une superstar posthume aux États-Unis.

Hayek estime en effet que les gouvernements qui s’endettent pour stimuler l’économie ne font qu’aggraver la situation. L’argent dépensé par l’État permet peut-être aux professeurs de conserver leur emploi, mais a peu d’effet pour les travailleurs d’usine ou les ouvriers de la construction.

Si les premiers n’achètent pas de maisons et que les seconds ne trouvent pas de boulot, où est la relance?

Les idées de l’homme connaissent des sommets de popularité dans les médias américains depuis que le commentateur de droite Glenn Beck a parlé de son livre. « The Road to Serfdom » (La route de la servitude) est devenu rapidement un bestseller

Le Wall Street Journal se demande ainsi « Why Friedriech Hayek Is Making a Comeback »,(cliquez sur le lien)  ou pourquoi Hayek, situé à l’opposé du spectre idéologique de à l’opposé de John Maynard Keynes, est de retour.

Hayek a aussi démontré le rôle de la Fed dans l’émergence de bulles et des crises subséquentes. Dans cette optique, on attribue généralement l’endettement généralisé des ménages américains et la dernière bulle immobilière à la politique de bas taux d’intérêts pratiquée par Alan Greenspan, du temps qu’il dirigeait la Réserve Fédérale.

L’économiste soutient également que la démocratie et le libre marché sont interdépendants. Quand l’État cherche à dicter la marche à suivre pour relancer l’économie, rapidement, les bureaucrates à son service abusent de leur pouvoir et favorisent leurs amis.

Enfin, Hayek affirme que l’autoritarisme étatique produit un phénomène contraire : les citoyens ordinaires finissent par réagir naturellement en « prenant les choses en main ». Et ils contournent l’État et ses diktats, de toutes sortes de manières.

La «Constitution de la liberté» de Hayek revisitée 50 ans après (cliquez sur le lien)

Hayek reconnaissait les bonnes intentions derrière la social-démocratie. Mais il estimait que la coopération (surtout capitaliste) entre individus est la base des sociétés modernes. Voilà ce qui explique l’attrait que la droite américaine a pour ses idées.

Friedrich Hayek apporte aussi de l’eau au moulin des économistes « bear », qui ne croient pas que la reprise actuelle soit durable.

À l’opposé, un grand nombre d’économistes « bull » ont remis la statue de Keynes sur son socle. Surtout depuis l’adoption des plans d’aide par Washington et les autres pays riches.

L’antagonisme entre les idées des deux économistes est illustré de brillante façon dans une vidéo rap, « Fear the Boom and Bust »,(cliquez sur le lien) sur YouTube, visionnée 1,3 million de fois et continuant de faire des adeptes dans dix langues, rapporte le WSJ.

Son refrain : « I want to steer markets », affirme Keynes. « I want to set them free », rétorque Hayek.

Sur fonds de musique rap, Keynes et Hayek se livrent à un duel de théories économiques ahurissant. Impossible d’en décrocher jusqu’à la fin.

D’autant que Ben Bernanke, le président de la Fed, et Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, convertis en serveurs d’un bar ouvert de mesures d’aide à l’économie, alignent l’alcool fort.

C’est la fête, un véritable party célébrant l’ampleur des sommes allouées aux plans de relance.

Keynes et Hayek : Une vidéo qui vaut (largement) le détour (cliquez sur le lien)

Keynes en aura la gueule de bois. Hayek lui fera la leçon.

Tordant!

source F&I Juin10

EN COMPLEMENT :  Hoover super star par Pierre-Yves Dugua

Herbert Hoover, le Président des États-Unis au moment de la crise de 1929, pensait sincèrement que les réductions de dépenses publiques rétabliraient la confiance dans l’économie américaine.

Aujourd’hui cet argument est repris par les gouvernements en Allemagne,   au Royaume-Uni et défendu lors des sommets de chefs d’État censés coordonner les politiques destinées à sauver la reprise fragile. Moins de dépenses publiques rapprocheraient les vieux pays européens d’une situation de réduction de leur endettement. De ce retournement de tendance naîtrait un retour de la confiance des investisseurs dans la monnaie des pays endettés, condition sine qua non, d’une croissance saine.

Paul Krugman, le brillant professeur d’économie de Princeton, Prix Nobel, chroniqueur du NY Times, et maître à penser de la gauche dite « progressiste », est alarmé par ce discours. Dans son blogil va jusqu’à prédire une « troisième dépression ». À ses yeux les européens se trompent de danger. Ils combattent une inflation inexistante et vont précipiter une déflation ravageuse.

Que faut-il penser de tout cela ?

1) 1930 n’est pas 2010

En 1930 les États-Unis n’étaient pas surendettés. Et surtout ils n’étaient otages des marchés internationaux de capitaux pour simplement refinancer leurs dettes. Le recours à l’endettement public pour palier l’effondrement des sources de crédit privé et la perte de confiance des entreprises et consommateurs était beaucoup plus facile. Le rôle du gouvernement fédéral dans l’économie était faible. Roosevelt disposait d’une énorme marge de manoeuvre pour utiliser l’État comme instrument de relance.

La donne a beaucoup changé depuis. Aujourd’hui Keynes serait-il keynesien ? Défendrait-il la fuite en avant de l’endettement public, sachant que les signes de saturation de la dette publique sont évidents ?

De ce point de vue, la comparaison entre Angel Merkel et Herbert Hoover semble exagérée.

2) La synchronisation de l’austérité pose problème

Un État surendetté doit faire une cure d’amaigrissement pour assainir ses finances. Voilà qui paraît raisonnable. Mais les cinq plus grandes économies du monde doivent-elles agir de la même manière au même moment ? Le risque de cercle vicieux de la déflation est aggravé par la synchronisation de l’austérité. Sur ce point, Barack Obama au G20 de Toronto avait raison. Les brésiliens et (semble-t-il) les français l’ont approuvé.

3) Des dangers asymétriques

Le piège du retour trop rapide à des niveaux plus raisonnables de dépenses publiques est réel. C’est toute la question du caracatère asymétrique de la menace. Les européens ont peur d’être brusquement traités comme la Grèce: perdre l’accès au marché. Les américains n’ont pas vraiment peur de cela parceque la simple taille, mais aussi la productivité et la diversité de leur économie rendent ce danger moins immédiat. En outre le dollar est encore la première monnaie de réserve, ce qui est d’un grand secours aux États-Unis à court terme. À ratios d’endettement comparables, il vaut mieux être américain qu’espagnol ou britannique.

L’autre asymétrie est celle du dilemne inflation/déflation. Pour Obama, comme pour Ben Bernanke, le risque théorique de déflation est bien plus alarmant que le risque d’inflation. Bernanke a écrit et parlé sur ce sujet: en gros il estime qu’il est plus facile de lutter contre l’inflation que contre la déflation. Mieux vaut commettre une erreur politique qui laisse temporairement grimper les prix les prix et salaires trop vite, que de commettre une erreur inverse, car la déflation est bien plus dévastatrice.

Or les allemands qui sont en train de gagner la bataille en Europe et de dicter les termes de la politique monétaire et fiscale pour les années 2011-2012, pensent le contraire: à leurs yeux l’inflation reste le mal absolu qui mine la valeur du travail et de l’investissement et rend impossible la croissance saine.

Dans ce contexte le G20 de Toronto marque une défaite des keynésiens et une remise au goût du jour du réflexe orthodoxe et bien intentionné de Herbert Hoover.

Le prochain G20 en novembre en Corée sera intéressant car d’ici là, la solidité de la croissance mondiale aura été testée. Si la reprise déraille aux États-Unis, ce qui est très possible, et si les européens découvrent que leurs économies vont se contracter, la thèse américaine sera renforcée. Krugman qui pousse Obama à être plus audacieux, pourra dire « I told you so ».

source figaro juin10

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