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Investir suivant la méthode des Dogs du Dow Jones

Investir suivant la méthode des Dogs du Dow Jones

Imaginez que vous soyez capable de pratiquer une stratégie de placement qui vous donne des rendements nettement supérieurs à ceux obtenus par  des professionnels de l’investissement, dans des entreprises géantes et parmi les plus solides des États-Unis, tout en consacrant tout au plus une heure par année à la gestion de votre portefeuille.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette stratégie existe. Elle a d’ailleurs contribué à révolutionner les mentalités de milliers d’investisseurs américains et commence tranquillement à se répandre au Canada, en Australie et ailleurs dans le monde.

PLUS DE DOG EN SUIVANT :

Le Top 10

La version la plus connue de cette simple méthode d’investissement consiste à acheter les 10 titres de l’indice Dow Jones (Top 10) qui offrent le meilleur rendement en dividende et à conserver ce portefeuille pendant 6 mois a un an . En fin d’année, vous refaite la liste des compagnies du Dow qui ont le plus haut taux de dividende, vous vendez les titres qui ne s’y classent plus et vous les remplacez par les nouveaux venus.

On baptise ce portefeuille les Dogs du Dow (Dogs of the Dow), ou les mal-aimés du Dow Jones, car ce sont des valeurs négligées par les investisseurs, sous-estimées, souvent injustement. Elles n’ont pas autant la faveur qu’ont les 20 autres titres qui constituent le célèbre indice Dow Jones, et leurs multiples cours/bénéfices plutôt bas en témoignent.

Comme leurs cours sont relativement bas, mais que le dividende distribué aux actionnaires est assez stable, il en coûte moins cher pour obtenir ce « revenu garanti ».

Les vertus de cette technique d’investissement sont nombreuses. C’est d’abord une méthode qui a l’avantage d’être très simple, disciplinée et systématique. Pas de place ici à l’improvisation, aux coups de cœur pour une compagnie quelconque ou aux sentiments. Pas de pertes de temps non plus et de gaspillage d’efforts à lire une actualité financière qui ne fait qu’embourber trop souvent l’esprit de l’investisseur. La méthode est limpide, ses concepts sont clairs et les étapes à franchir sont d’une simplicité déconcertante.

Le Top 5

En 1991, Michael O’Higgins, un professionnel américain de l’investissement, publiait un ouvrage qui allait connaître un joli succès en raison de la très grande simplicité de sa méthode d’investissement et du rendement étonnant qu’une telle stratégie semble permettre. Intitulé Beating the Dow, le livre proposait une version originale de la méthode d’investissement des Dogs du Dow, et suggérait un ensemble de conditions particulières pour mieux tirer profit de cette stratégie.

Une des variantes des Dogs of the Dow proposé par O’Higgins consiste à réduire la sélection des titres pour ne retenir que cinq compagnies: celles qui, parmi les dix qui offrent le meilleur rendement en dividende, ont les cours les plus bas (nous appelons cette option le Top 5). Cinq titres plutôt que dix c’est évidemment plus risqué, mais historiquement le rendement est supérieur. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que lorsqu’un titre regagne la faveur des investisseurs, son cours grimpe plus rapidement s’il part de 25 $ que de 75 $ ou 100 $.

L’indice Dow Jones

L’indice industriel Dow Jones est de loin le plus connu des indices boursiers. Depuis plus de cent ans, c’est lui qui donne au monde entier le pouls du marché boursier américain. En créant son indice du marché boursier, Charles H. Dow, fondateur avec Edward Jones du très vénérable Wall Street Journal, voulait donner aux investisseurs un instrument leur permettant de savoir quotidiennement la tendance générale, de fond, du plus important marché des valeurs mobilières au monde: le New York Stock Exchange.

Les éditeurs du Wall Street Journal ont effectué à peine une vingtaine de modifications de leur indice du marché en 70 ans, rayant de la liste de vieilles compagnies qui ne sont plus représentatives d’une économie moderne (telles les compagnies de chemins de fer), pour les remplacer par des sociétés plus contemporaines (Microsoft, IBM, Disney, McDonald’s, Wal-Mart, Hewlett-Packard, etc.).

D’autres bouleversements modifiaient la liste du Dow au mois de novembre 1999. Quatre nouveaux titres entraient dans ce Panthéon de la finance : les deux géants de l’informatique Microsoft et Intel, la chaîne de magasins-entrepôts Home Depot et le groupe de télécommunications SBC Communications. Les quatre compagnies éjectées étaient nulles autres que la pétrolière Chevron, le fabricant de pneus Goodyear, le groupe pétrochimique Union Carbide et le détaillant Sears Roebuck. L’intronisation d’Intel et de Microsoft marquait une première : deux compagnies qui ne sont pas inscrites à la Bourse de New York, mais plutôt sur la Bourse électronique NASDAQ, étaient intégrées à l’indice.

Comme on peut le voir, la liste est impressionnante. On y retrouve des compagnies très jeunes (Wal-Mart, Microsoft, Intel, Home Depot), mais d’autres qui sont aussi parmi les plus vieilles des États-Unis, comme c’est le cas pour General Electric qui était de la liste du Dow Jones en 1928.

Les rendements du Top 10

Aussi loin qu’on puisse remonter dans le temps, on constate que ce Dow 10 (autre nom donné à la stratégie) a procuré un rendement annuel moyen de 12,7% entre 1929 et 1996, contre 9,89% pour l’indice S&P 500.

Si vous aviez investi 10 000 $ dans les 10 Dogs du Dow en 1975, votre portefeuille vaudrait près de 600 000 $ en 1999.

Rendement du Top 5

Pour les 25 dernières, le rendement annuel composé de la variation Top 5 des Dogs du Dow Jones a été de 19,6. Votre 10 000 $ de 1975 vaudrait plus de 877 000 $, 25 ans plus tard.

Comme le portefeuille des 10 Dogs du Dow, ce portefeuille exige simplement qu’à chaque année, à la même date que celle où vous avez commencé, vous refaites le même exercice. Vous vendez alors, si nécessaire, les titres qui ne se classent plus dans le groupe des cinq, et achetez les nouveaux titres qui apparaissent dans la liste pour compléter votre portefeuille. Et laissez reposer pendant 52 semaines.

Par André Gosselin chercheur et analyste canadien

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