Commentaire de Marché

Commentaire du Wolf : Les obligations Brady, la suite qui nous attend?

Commentaire du Wolf : Les obligations Brady, la suite qui nous attend?

  Compte tenu de l’augmentation de la probabilité d’un défaut souverain, rien de mieux que de se replonger dans les vieux livres d’histoire financière  afin de tenter de répondre à la question suivante : que faire si cela devait à nouveau se produire ?

PLUS DE DEFAUT EN SUIVANT :

Quelques lignes sur les obligations Brady.

Au début des années 1980, un grand nombre de pays d’Amérique Latine ainsi que plusieurs autres pays (tels que la Pologne) ont fait défaut sur des prêts bancaires. Cela a eu trois impacts :

Premièrement, des provisions massives ont dû être enregistrées ;

Deuxièmement, un marché secondaire permettant de négocier ces crédits en défaut a pu voir le jour ;

Troisièmement, une solution innovante a été mise en place afin de remédier au problème de solvabilité à long terme des pays ayant fait défaut.

Il s’agit des obligations Brady, qui doivent leur nom au Secrétaire du Trésor américain de l’époque, Nicholas Brady.

L’idée centrale était de restructurer le profil de la dette de telle sorte que le pays puisse retrouver une certaine solvabilité à long terme. Cela a impliqué de massives dépréciations (jusqu’à 60% de la valeur originelle), en contrepartie de quoi les banques ont reçu différents types d’obligations. Ces obligations ont revêtu différentes formes : (1) A taux fixe ou variable, (2) Avec desmaturités allant de 10 à 30 ans, (3) Avec ou sans collatéral.

Cette dernière caractéristique a été la plus marquante, dans la mesure où le principal (et parfois même les intérêts) des obligations à 30 ans était garanti par des bons du Trésor américain. Cela traduisait alors le fait qu’on doutait de la capacité de ces pays à rembourser la dette à très long terme, malgré ces dépréciations massives. Cela a également contribué à créer un système à deux niveaux avec une dette avec ou sans collatéral, dont le prix traduisait la qualité de crédit du pays sous-jacent donné. Au fur et à mesure du retour à meilleure fortune de ces pays, ils ont adopté de vastes programmes de rachat de la dette, tant et si bien que la plupart de ces obligations ont été purement et simplement remplacées par des euro-obligations. Seules quelques unes existent encore à ce jour.

Peut-on recourir à la même solution aujourd’hui ?

En cas de défaut souverain majeur, la restructuration passera par deux voies possibles.

Le premier scénario consisterait à rééchelonner la dette, sans toucher au principal, mais cela est davantage possible lorsque l’on fait face à un problème de liquidité plutôt qu’à un problème de solvabilité.

Le deuxième scénario consisterait à déprécier le principal de manière à ramener le total de la dette à un niveau plus soutenable. Cependant, un collatéral formel ne sera requis que si les créanciers restent sceptiques quant au nouveau niveau de la dette. Il faudra alors une institution à même de jouer le rôle de garant/prêteur de dernier ressort. Dans les années 1980, le Trésor américain était intervenu en tant que tel. Actuellement, on ne voit pas quelle institution de la zone euro pourrait effectivement jouer ce rôle. Le scénario le plus probable semble donc être celui d’une dépréciation, coordonnée par une agence centrale (la BCE), mais sans collatéral. Une politique monétaire quantitative stérilisée en Europe semble constituer une manière élégante de préparer cette perspective, en retirant la dette souveraine émise par les Etats périphériques des bilans des banques européennes pour réallouer dans un deuxième temps le coût induit par ces dépréciations à l’ensemble des contribuables de la zone euro.

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES :  Henri Schwamm : Grèce/ problème de solvabilité (cliquez sur le lien)

Banques Centrales : Dépassons le débat stérile sur la stérilisation par Andreas Höfert (cliquez sur le lien)

 
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2 réponses »

  1. « … réallouer dans un deuxième temps le coût induit par ces dépréciations à l’ensemble des contribuables de la zone euro. »

    Je sens que les 10 prochaines années vont avoir goût d’amertume assez prononcé au niveau de mes finances. Vive la ri-lance … 😦

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