Art de la guerre monétaire et économique

Divergences Europe-USA par Roy Damary

Divergences Europe-USA par Roy Damary

Il faut s’attendre à des années difficiles. Dans un environnement de taux bas et un risque de crédit modéré. Voire maîtrisé.

LES VUES DES COMMENTATEURS BOURSIERS VARIENT DANS UNE AMPLITUDE QUI VA DE LA PANIQUE À LA QUIÉTUDE MERCANTILE.

PLUS DE DAMARY EN SUIVANT :

Quelle différence de perspectives selon que l’on se trouve aux Etats-Unis ou en Europe!

_ Sur le Vieux Continent, le débat est clos: quasiment tous les  gouvernements ont adopté des plans de rigueur visant à réduire les déficits publics. L’espoir qu’austérité et expansion puissent aller de pair relève davantage du rêve que de la réalité; néanmoins, on a le sentiment d’avoir remis le système sur les rails. Même les doutes sur l’euro se dissipent – l’Espagne a émis de nouveaux emprunts à des conditions plus ou moins normales – toutefois, ce sera la réponse du marché à l’emprunt grec, attendu courant juillet, qui donnera l’aulne au succès du Fond Européen de Stabilité Financière.

_ Outre-Atlantique, par contre, le débat est loin d’être terminé.

Nombreuses sont les voix qui réclament davantage de stimulus gouvernemental; on les nomme ‘Demand Siders’ et leur modèle repose sur une consommation soutenue. Pour eux, le risque d’une grave récession est désormais tel, que le gouvernement fédéral devrait augmenter ses dépenses et lancer toute ses forces dans le soutien. Qu’importe comment les déficits seront éventuellement financés; tout ce qui compte à leurs yeux, c’est que la croissance soit suffisamment robuste pour venir à bout des problèmes.

Beaucoup plus alignée sur l’Europe, l’opinion contraire est moins articulée et n’a donc pas eu l’honneur de se voir attribuer un nom (que diriez-vous de «Deficit Cutters»?)

Au cours de ces dernières semaines, nous insinuions que les États-Unis étaient contraints à l’austérité et à la réduction de ses déficits par les forces du marché.

Un article de David Brooks dans le New York Times vient encore étayer cet argument. Pour Brooks, davantage de dépenses et de dettes publiques n’augmentent pas la confiance, elles la détruisent:

_ la grande majorité des Américains ne croient pas que les stimuli gouvernementaux aient créé des emplois

_ les consommateurs «répugnent » à augmenter leur endettement

 _ les entrepreneurs estiment que des déficits accrus instaurent une forme de précarité et développent une aversion claire au risque.

En outre, nous savons que les banques ne relayent pas leur masse monétaire, même substantielle, au secteur privé et que le problème des grandes entreprises est de trouver des possibilités d’investissement attrayantes à leur liquidités. Ainsi, ces grands générateurs d’emplois et d’idées que sont les petites et moyennes entreprises souffrent, à l’instar de ces jeunes diplômés (appelés «génération du millénaire ») qui restent désoeuvrés une fois leur cursus académique achevé.

Après avoir confronté les attitudes européennes et américaines, on pourrait également comparer les bourses et les marchés de taux.

Les vues des commentateurs boursiers varient dans une amplitude qui va de la panique à la quiétude mercantile.

L’opinion du marché obligataire est plus unanime: il faut s’attendre à des conditions adverses et des années difficiles, mais dans un environnement de taux bas et un risque de crédit (pour ce qui est des entreprises et des marchés émergents) modéré, voire maîtrisé.

Le taux d’inflation au Royaume-Uni est l’un des plus élevé d’occident ou presque, ce qui n’est pas forcément flatteur. Cela n’est guère surprenant quand on sait que l’augmentation de sa TVA est d’ores et déjà programmée cette année et la prochaine. Nous doutons cependant que la BoE relève ses taux pour juguler l’inflation – mieux vaut vivre avec et maintenir une modeste croissance.

Compte tenu de ce qui précède on pourrait conclure, du moins pour ce qui est de l’Europe, que les investisseurs peuvent se porter (ou revenir) sur des risques de crédit «normaux», tout en élargissant leur gamme de monnaies.

ROY DAMARY Bridport Investor Services juil10

EN COMPLEMENT : Bernanke: il faut favoriser le crédit aux PME

Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a appelé lundi les banques et les régulateurs à rechercher de nouveaux moyens de faciliter l’accès des petites entreprises au crédit, de façon à les aider à créer des emplois. 

« Rendre le crédit accessible pour les petites entreprises en bonne santé est crucial pour la reprise de notre économie, et cela devrait être un élément central de notre politique », a déclaré B.Bernanke selon les notes d’un discours sur les PME. 

Le patron de la Fed a estimé qu’il n’y avait pas assez de mesures destinées à aider les entreprises financièrement solides à obtenir les crédits dont elles ont besoin. 

B.Bernanke n’a pas fait de commentaires relatifs à la politique monétaire.

Dow Jones Newswires juil10

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s